‹ La Divine Comédie de Dante AlighieriChapitre 39 sur 44 · I.E PARADIS · texte numérisé non relu

I.E PARADIS

comme s il avait été percé. Là le murmure se fit jour sans retard, et je l’entendis sortir par le bec en forme de paroles, telles que les attendait mon cœur, où je les gravai, et il dit :

— Il faut maintenant que tu regardes bien en moi cette partie qui voit et qui soutient l'éclat du soleil dans les aigles mortels. Parmi les feux dont se compose ma figure, ceux qui font briller mon œil sont les premiers de toute leur hiérarchie (1 ). Celui qui forme ma prunelle fut ce chantre du Saint-Esprit qui transporta l’arche de ville en ville; maintenant il sait le mérite de son chant, selon la part qu’y prit sa volonté, . par la récompense proportionnée qu’il en tire. Des cinq qui forment l’arc de mon sourcil, le plus rapproché de mon bec est celui qui consola la veuve de la mort de son fils; il connaît maintenant ce qu’il en coûte de ne pas suivre le Christ, par l’expérience qu’il a faite de celte douce vie et de la vie contraire. Le second, en remontant par le sourcil dont je parle, recula sa mort par une sincère pénitence; il s’aperçoit maintenant que les arrêts éternels ne se changent pas, quoique d’ardentes prières remettent à demain ce qui devait arriver aujourd’hui. Celui qui vient après m’entraîna ailleurs avec ses lois, et, pour faire place au Pontife, se fit Grec avec de bonnes intentions, qui ont porté de mauvais fruits. Il apprend aujourd’hui que le mal qu’on a tiré de sa bonne action ne lui est pas imputé, quoique le monde en ait péri. Celui que tu vois vers la fin de cet arc fut Guillaume, pleuré mort par cette terre qui pleure vivants Charles et

Frédéric. 11 reconnaît à celte heure comment le ciel s’éprend d’un roi juste, et il le montre par son éclat. Qui croirait jamais, dans votre monde aveugle, que le Troyen Riphée est la cinquième de ces saintes lumières? Il voit à présent dans la Grâce divine bien au delà de ce que le regard du monde peut atteindre, quoiqu’il n’en distingue pas le fond.

Telle que l’alouette qui plane dans les airs chante d’abord, et puis se tait, contente des derniers sons qui la ravissent; telle me parut l’image de ce signe en qui se complaît l’éternel plaisir, par le vouloir duquel toute chose est ce qu’elle est. Et quoique mon doule parût en moi comme la couleur sur la vitre qu elle revêt, il ne put pas attendre une réponse en silence; et, par la force de son poids, il lit sortir de ma bouche ces paroles : — Quelles sont donc ces choses?

Je vis alors une grande joie se manifester par des rayonnements, et le signe béni me répondit ensuite avec l’œil plus enflammé, pour ne pas me tenir plus longtemps dans ma surprise :

— Je vois bien que tu crois ces choses parce que je te les dis, et non parce que tu les comprends; si bien que si elles sont dans ta foi, elles ne sont pas dans ton intelligence. Tu fais comme celui qui apprend les choses par leur nom, mais qui n’en connaît pas l’essence, si d’autres ne la lui expliquent.

Le royaume des cieux est pris de force par un ardent amour, et par une vive espérance, qui entraînent la volonté divine, mais autrement que l’homme ne subjugue l’homme; ils la soumettent parce qu’elle

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veut être soumise, et, quoique vaincue, elle triomphe par sa bonté.

La première et la cinquième vie de ce sourcil te font t’étonner de ce qu’elles resplendissent à la région des anges. Elles ne sortirent point païennes de leurs corps, comme tu le penses, mais chrétiennes affermies dans la foi, l’une de la passion à souffrir, l’autre de la passion soufferte. La première revint à la vie du fond de l’enfer, d’où l’on ne sort jamais pour redevenir juste, et ce fut là le prix d’une vive espérance; espérance bien vive, qui mit tant de force dans les prières faites à Dieu pour ressusciter cette aine, que sa volonté en fut ébranlée. L’âme glorieuse dont je parle, revenue dans la chair où elle demeura peu de temps, crut en celui qui pouvait la sauver, et cette foi s’enflamma de l’ardeur d’un amour si vrai, qu’à la seconde mort elle fut digne d'entrer dans cette béatitude.

L’autre, par une grâce qui découle d’une fontaine si profonde, que jamais créature humaine ne porta son regard au delà de la surface de ses eaux, donna sur la terre son amour tout entier à la justice; et Dieu, de faveur en faveur, lui ouvrit les yeux sur notre rédemption future. Alors elle crut en elle, ne souffrit plus désormais la corruption du paganisme, et en reprenait les hommes pervers. Ces trois femmes que tu as vues à la roue droite du char lui servirent de baptême plus de mille ans avant que le baptême fût institué. Ü prédestination, comme ta source est éloignée des yeux de ceux qui ne connaissent pas la

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cause première ! Et vous, mortels, soyez retenus dans vos jugements; car nous, qui voyons Dieu, nous ne connaissons pas encore tous les élus, et cette ignorance nous est douce, parce que notre bonheur s’augmente de ce bonheur, que nous voulons ce que Dieu veut.

C’est ainsi que l’image divine, pour aider la faiblesse de mon regard, me donna cette leçon salutaire; et comme un bon joueur de cithare accompagne un bon chanteur avec la vibration de ses cordes, afin que le citant en acquière plus de douceur, ainsi, pendant qu’elle parlait, je me rappelle avoir vu les deux lumières saintes, comme des paupières qui battent ensemble, lancer des étincelles au son de ses paroles.

CHANT XXI

Déjà mes yeux étaient de nouveau fixés sur le visage de Béatrix et mon àmo avec eux, et j’avais détourné mon attention de tout autre objet. Béatrix ne riait pas: Mais si je riais, me dit-elle, tu deviendrais comme Sémélé lorsqu'elle fut réduite en cendres. Car si ma beauté, qui brille d’un plus grand éclat, comme tu l’as vu, à mesure que l’on monte les degrés de ce palais éternel, ne se modérait pas, elle deviendrait si éblouissante, que tes forces mortelles seraient sous ses rayons comme une feuille brisée par le tonnerre.

Nous sommes parvenus à la septième sphère, qui,

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placée maintenant sous la poitrine ardente du Lion, rayonne avec lui vers la terre. Suis de l’esprit la direction de tes yeux, et fixe- les sur l’image qui viendra s’y réfléchir.

Celui qui saurait avec quel bonheur mes yeux se repaissaient de celte contemplation heureuse, lorsque je me tournai vers un autre objet, comprendrait combien ce devait être doux pour moi d’obéir à mon céleste guide, puisque je contre-balançais un plaisir par l’autre. Dans celle planète, qui dans sa révolution autour du monde porte le nom de ce roi chéri sous lequel le vice était mort sur la terre, je vis une échelle ayant la couleur de l’or qu’un rayon de soleil a frappé, et tellement élevée, que mon regard ne pouvait la suivre; je vis encore descendre par les degrés des splendeurs si nombreuses, que toutes les étoiles du ciel me parurent ruisseler le long de cette échelle.

Et comme, suivant leur usage, des corneilles s’agitent ensemble, à la naissance du jour, pour réchauffer leurs ailes froides ; puis les unes partent et ne reviennent pas, les autres revoient au lieu d’où elles sont parties, d’autres enfin s’arrêtent en tournant ; ainsi me parurent faire ces clartés qui descendirent ensemble, jusqu’il ce que chacune d’elles s’arrêta sur son degré ; et celle qui se trouva le plus près de moi devint si éblouissante, que je me disais : Je vois bien l’amour que tu m’annonces ; mais celle dont j’attends un signe pour savoir si je dois parler ou me taire, reste immobile, aussi faut-il que, contre mon désir, je ne demande rien.

Beatrix lisant ma pensée dans les yeux de celui qui voit tout, me dit — Apaise l’ardeur de ton désir. Et je parlai ainsi :

— Mon mérite ne me rend pas digne de ta réponse; mais au nom de celle qui me permet de t’interroger, ô vie heureuse voilée dans ta joie ! fais-moi connaître la cause qui te rapproche autant de moi, et dis-moi pourquoi se tait dans cette sphère la douce symphonie du Paradis qu’on entend retentir si dévotement dans toutes les autres.

— Tu as l’ouïe mortelle, ainsi que la vue, me répondit-elle, et l’on ne chante pas ici, par la môme raison qui fait que Beatrix ne rit pas. Je suis descendue autant par les degrés de l’échelle sainte, seulement pour te bien accueillir par mes paroles et par ta lumière dont je suis enveloppée, et ce n’est pas une plus grande affection qui m’a rendue plus empressée; car on brûle là-haut d’autant et de plus d’amour, ainsi que le rayonnement te le manifeste. Mais la haute charité qui nous rend esclaves soumises de la volonté par laquelle est gouverné le monde nous place ici, comme tu le vois.

— Je vois bien, dis-je, ô lumière sainte ! que dans cette cour un amour libre vous transporte à exécuter les ordres de la Providence éternelle; mais voilà qui me paraît diflicile à comprendre : pourquoi seule entre tes compagnes as -tu été prédestinée à cet emploi :

J’avais à peine achevé ces paroles lorsque la lumière, faisant un centre de son milieu, se mit à tour-

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ner comme line meule rapide. Puis l’Amour qui y était enfermé répondit :

— Un rayon divin descend sur moi, en pénétrant cette clarté dans laquelle je m’enveloppe, et sa puissance, jointe à ma vue, m’élève tant, que je vois l’essence divine d’où elle émane. C’est de là que vient la joie dontje rayonne, parce que la clarté de ma flamme est égale à la clarté de ma vision. Mais l’amc qui a le regard le plus perçant dans le ciel, le séraphin qui pénètre le plus en Dieu, ne sauraient répondre à ta question, parce que ce que tu demandes s’enfonce tellement dans l’abîme des décrets éternels, que cela est inaccessible à toute vue créée. Et lorsque tu reviendras dans le monde mortel, rapporte-lui ceci, afin qu’il ne présume jamais de s’avancer vers un but si redoutable. L’esprit qui est lumière ici est fumée sur la terre; vois donc s’il pourrait là-bas ce qu’il ne peut pas meme lorsque le ciel l’accueille.

Ses paroles m’arrêtèrent tellement, que je laissai la question, et que je me bornai à demander humblement à cette lumière qui elle était.

— Entre les deux rivages d’Italie, et non loin de ton pays natal, des rochers s’élèvent si haut, que souvent le tonnerre éclate au-dessous de leur cime, et ils forment une crête qui se nomme Catria, au pied de laquelle est un ermitage consacré au culte de Dieu.

L’esprit me répondit ainsi pour la troisième fois, et il continua en ajoutant :

— Là je m’affermis tant au service de Dieu, que, nourri seulement de mets assaisonnés avec la liqueur

de l'olive, j’y bravais à l’aise la chaleur et le froid, content de mes pensées contemplatives. Ce cloître était fertile pour cette sphère; mais à présent il est devenu si vide, qu’il faudra qu’on s’en aperçoive bientôt. Je fus en ce lieu Pierre Damien (1), et Pierre le Pécheur vécut dans le couvent de Notre-Dame, sur le rivage de la mer Adriatique. Peu de vie mortelle me restait encore, lorsque je fus requis et forcé d’accepter ce chapeau, qui passe de mal en pis. Pierre vint avec le Vase d'élection du Saint-Esprit, tous deux maigres et nupieds, recevant leur nourriture de maison en maison. Et maintenant les pasteurs d’aujourd’hui veulent qu’on les soutienne de part et d’autre, et qu’on les mène, et qu’on les soulève par derrière, tant ils sont lourds. Ils couvrent de leur manteau leur palfroi, si bien que deux bétes vont sous la même peau. 0 patience divine, qui souffre tant!

A ces mots, je vis plusieurs clartés descendre et tourner d’échelon en échelon, et chaque tour les rendait plus brillantes. Elles se réunirent et s’arrêtèrent autour de celle qui m’avait parlé, et là elles pous sèrent un cri si immense, qu’on ne saurait le comparer à rien ici-bas, et je ne l’entendis point, tant m’assourdit le tonnerre.

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CHANT XXII

Accablé d'étonnement, je me retournai vers mon guide, comme un petit enfant qui implore toujours la femme en laquelle il a le plus de confiance ; et Béatrix, comme une mère qui vient en aide promptement à son fils pâle et haletant, avec celte voix dont il est rassuré, me dit :

— Tu ne sais donc pas que tu es dans le ciel? et tu ignores que le ciel est tout plein de sainteté, et que ce qui s’y fait provient d’un zèle louable? Tu peux voir maintenant, puisque ce cri t’a tant ému, combien t’auraient changé le chant de ces lumières et mon sourire. Et si tu avais entendu les prières contenues dans ce cri, tu connaîtrais déjà la vengeance que tu verras avant de mourir. L’épée de Dieu ne frappe jamais ni trop tôt ni trop tard, si ce n’est d’après l’opinion de celui qui l’espère ou qui la redoute. Mais retourne-toi maintenant, et tu verras beaucoup d’esprits illustres, si tu portes tes regards sur eux comme je te le dis.

Je dirigeai mes yeux comme il avait plu à Béatrix, et je vis cent petites sphères qui s’embellissaient en s’éclairant de leurs rayons mutuels. J’étais comme

celui qui modère l’ardeur de son désir, et qui ne se hasarde pas à interroger, de peur de demander trop. La plus grande et la plus brillante de ces perles s’a-

ôao LA DIVINE COMÉDIE.

vança pour satisfaire ma curiosité, puis j’entendis

cette voix qui sortait d’elle :

— Si tu voyais comme moi la charité qui brûle en nous, tu nous exprimerais tes pensées. Mais, afin que par trop d’attente tu n’arrives pas trop tard à ton but, je vais répondre directement à la pensée que tu hésites à énoncer. Celte montagne sur le versant de laquelle est le monastère de Cassin , fut fréquentée autrefois à son sommet par des hommes pleins d’ignorance et d’erreurs. Je portai le premier en ce lieu le nom de celui qui fit descendre sur la terre la vérité par laquelle nous sommes élevés si haut. Et tant de grâce se répandit sur moi, que j’arrachai les villes environnantes au culte impie qui avait perdu le monde. Toutes ces autres lumières furent des hommes contemplatifs, embrasés de cette ardeur qui fit naître les Heurs et les fruits de la sainteté. Celui-ci est Macaire, celui-là estRomuald( l); ceux-ci sont mes frères, qui s’enfermèrent avec moi dans le cloître et eurent un cœur persévérant.

Et moi à elle : — L’affection que tu me montres en me parlant, et la bienveillance que je vois et que je reconnais dans toutes vos splendeurs, a épanoui mon courage, comme le soleil fait de la rose, lorsqu’elle s’ouvre autant qu’elle a de sève. Je te prie' donc, ô mon père! de m’apprendre si je puis espérer assez de grâce pourvoir ton image à découvert.

Et la lumière : — Frère, ton sublime désir s’accomplira dans la dernière sphère, où les autres vœux et le mien sont satisfaits. Là, tous les souhaits sont

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parfaits, remplis et couronnés; en elle seule, toute partie est au lieu où elle a toujours été, parce que cette sphère n’est pas dans l’espace, ne tourne point sur des pôles; et notre échelle monte jusqu'à elle, ce qui fait qu’elle se dérobe à tes yeux. Le patriarche Jacob la vit appuyant sa partie supérieure sur le ciel, lorsqu’elle lui apparut toute chargée d’anges. Mais personne aujourd’hui ne quitte la terre pour la gravir, et ma règle ne sert plus qu’à user inutilement du papier. Les murs qui étaient jadis un monastère sont devenus des cavernes, et les capuchons des sacs pleins de farine moisie. Mais l’usure la plus avide ne se révolte pas autant contre la volonté de Dieu, que le gain qui rend le cœur des moines si insensé. Tout ce que l’Église épargne appartient aux pauvres qui mendient au nom de Dieu, et non à des parents et à d'autres plus infâmes encore. La chair des hommes est si faible, qu’il ne suffit pas de bien commencer sur la terre; car il y a loin du moment où naît le chêne jusqu’à ce qu’il porte le gland. Pierre fonda l’église sans or et sans argent; moi-, mon couvent avec des prières et des jeûnes, et François le sien avec l’humilité. Et si tu considères le commencement de chacun, et si tu regardes ensuite le point où l’on est arrivé, tu verras comment le blanc est devenu noir. Il fallut néanmoins un plus grand miracle pour faire reculer le Jourdain et fuir la mer devant la volonté de Dieu, que pour redresser ces erreurs.

Ainsi me parla-t-elle, et elle se relira vers sa troupe, qui se resserra en elle-même, en s’élevant comme un

tourbillon. Ma douce dame m’entraîna par un signe à les suivre sur cette échelle, tant sa puissance triompha de ma nature. Et jamais sur la terre, où l’on monte et où l’on descend, il n’y eut essor naturel si rapide qui se put comparer à la vitesse de mes ailes.

Puissé-je, lecteur, revenir à ce triomphe glorieux, pour mériter lequel je déplore souvent mes péchés en frappant ma poitrine, comme il est vrai qu’en moins de temps qu’il ne t’en faudrait pour retirer ton doigt du feu, j’aperçus ce signe qui suit le Taureau et que je me trouvai en lui. O glorieuses étoiles! ô lumière empreinte d’une grande vertu, desquelles je reconnais avoir reçu l’esprit, quel qu'il soit, qui est en moi! Avec vous naissait et avec vous se cachait le père de toute vie mortelle, lorsque je sentis pour la première fois l’air de la Toscane; et puis, lorsque me fut accordée la grâce d’entrer dans la sphère sublime qui vous fait tourner, j’eus le bonheur de traverser votre région. Maintenant mon âme soupire dévotement vers vous, alin que vous lui donniez la vertu nécessaire pour franchir le difficile passage qui l’attire vers lui.

— Tu es si près de la dernière béatitude, nie dit Béatrix, que tu dois avoir les yeux ouverts et pénétrants ; avant donc que tu t’enfonces plus en elle, regarde en bas, et vois combien de monde j'ai déjà mis sous tes pieds, afin que ton cœur se présente aussi heureux que possible à l’armée triomphante qui s’avance joyeuse sous cette voûte éthérée.

J’abaissai alors mon regard sur les sept sphères, et je vis notre globe si misérable, que je souris à son

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