‹ La Divine comédie de DanteChapitre 10 sur 77 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

que d'y trouver débattue cette question qui agitait déjà le monde catholique au moyen-âge, à savoir si l'épée peut, sans danger pour les peuples, s'unir au bâton pastoral, le spirituel au temporel; quand ce ne serait que de s'y attendrir déjà aux soulfrances et aux efforts de la malheureuse Italie, déchirée à l'intérieur ou envahie par l'étranger, se tournant et se retournant sur le lit de douleur où elle n'a plus trouvé le repos.

En achevant ce travail, j'en adressais dans mon cœur l'humble et ardent hommage à cette noble nation qui, une fois de plus, secouait ses chaînes séculaires^ et, avec les encouragements et les secours de là France arrêtée au milieu de son œuvre, arrosait de son sang sa terre esclave. Elle a bien cru, cette fois, comme Dante dans les yeux de Béatrice, toucher le fond de son bonheur et de son Paradis. Sera-t-elle encore trompée? Puisse son infatigable espérance recevoir enfin le prix qui lui est dûl qu'elle atteigne enfin à l'indépendance et à l'unité I L'unité, c'était déjà le rêve de Dante pour l'Italie, et ne semble-t-il pas qu'il ait voulu lui en léguer le modèle, lui en montrer la puissance dans la construction de cette Comédie vraiment a divine», monument impérissable de son génie?

Louis Ratisbonne.

Novembre 1859.

Page 1