XIV PREFACE
la couronne du poëte, sur les fonts mômes de son baptême :
Se me continga che il poema sacro Al quai han posto mano lo cielo e la terra....
SMI arrive jamais que ce poème austère Auquel ont mis la main et le ciel et la terre Et qui m'a fait maigrir pendant de si longs ans.
Désarme la fureur cruelle qui m'exile
Du beau bercail où je dormis, agneau tranquille,
Sans autres ennemis que les loups dévorants ;
Avec une autre voix alors, une autre laine, Je reviendrai poète, et là, sur la fontaine Où je fus baptisé, je ceindrai le laurier !
Assurément, des difficultés, des longueurs, des étrangetés, peuvent déconcerter le lecteur moderne dans tout le cours et surtout dans cette dernière partie de l'œuvre d'Alighieri, Somme poétique du moyen-âge. Mais qu'on se souvienne, pour ne pas se laisser rebuter par quelques obstacles, de ce mot de Gacciaguida encourageant Dante à raconter sa terrible vision et qu'on pourrait donner pour épigraphe au poëme :
Ta voix au premier goût pourra paraître amère; Mais elle laissera, quoique rude et sévère, Une fois digérée, un vital aliment !
Que de fruits de toute sorte, en effet, on en peut retirer? Quand ce ne serait, toute poésie à part,