PRÉFACE. IX
rentes , pâles « comme des perles sur un front blanc» ou comme des feux vacillant sous l'albâtre; plus vives et plus pures à mesure que les sphères s'élèvent, jusqu'à ce qu'au sein de l'Empyrée, lumières dans la lumière, elles fulgurent comme des rubis enchâssés dans Tor. Elles se présentent au poëte, ainsi que nous l'avons dit, dans la planète dont elles ont subi l'influence et dont l'élévation correspond au rang hiérarchique qu'elles occupent dans l'Empyrée. Il y a donc des degrés entre elles; mais il n'y en a pas dans leur bonheur, car leurs désirs sont conformes à la volonté divine et elles ne peuvent vouloir que ce qu'elles ont. Les yeux tendus sur le centre éternel, sur le miroir qui réfléchit tout, elles y lisent le passé, le présent, l'avenir; elles y découvrent les secrètes pensées du poôte et lui répondent avant qu'il ait parlé. Au dernier étage du Paradis, Béatrice disparaît : elle est allée s'asseoir presque aux pieds de la Vierge Marie, sur le trône qui est le prix de ses vertus. Saint Bernard la remplace. Sous la protection de ce soleil de charité et par l'intercession de la Vierge Mère, il est donné au poëte de pénétrer du regard dans le Point suprême, dans l'Essence divine elle-même; son œil traverse les derniers voiles de l'infini; un éclair de grâce illumine pour lui jusqu'au mystère de la Trinité. Il défaille dans cette inexprimable extase; mais, en revenante lui, il a recueilli le fruit de sa vision et l'amour de Dieu conduit son
cœur.