XII PRÉFACE
Tu connaîtras alors quel sel amer on goûte Au pain de Tëtranger, et quelle dure route De descendre et monter par Tesealier d'autruil
Mais par dessus tout ce qui fait la vie et Tanimation de ces royaumes de l'éternité, ce sont les passions du poète qui ne l'abandonnent jamais. Ironique, indigné , il trouble la paix du Pçiradis de ses colères, de ses haines; il le fait retentir de ses espérances, de ses prédictions, de ses anathèmes. Le ciel le ramène à la terre : chaque glorification est doublée d'une imprécation, d'une vengeance. De la sphère oîi triomphent les rois justes il maudit les mauvais rois ; du séjour glorieux des pauvres et pieux défenseurs de la foi il maudit les mauvais prêtres. Écoutez saint Pierre, au milieu du ciel qui se couvre d'un nuage de sang, jeter cette foudroyante apostrophe à ses indignes successeurs :
Quegli ch' usurpa in terra il luogo mio, II luogo mio, il luogo mio, etc.
Celui qui s'est assis à ma place sur terre, A ma place, à ma place ! et pontife adultère, Laisse vacant mon siège aux regards du Sauveur,
Fait de mon cimetière un cloaque de fange,
Un charnier plein de sang ! Par lui le mauvais ange
Tombé du haut du ciel goûte un baume aux enfers.
Avons-nous, Clet et Lin et moi le premier Pierre, Nourri de notre sang l'Église notre mère Pour la faire servira recueillir de l'or?