‹ La Divine comédie de DanteChapitre 8 sur 77 · PREFACE. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XIII

Non, c'était pour gagner cette immortelle vie, Que Calixte et qu'Urbain et que Sixte et que Pie Ont répandu leur sang après beaucoup de pleurs.

Nous n'avons pas voulu que nos successeurs fissent Du peuple des Chrétiens deux parts, et qu'ils les missent A droite ou bien à gauche, au gré de leurs fureurs ;

Ni que les clefs du ciel, qtie Dieu m'a confiées, Comme un signe sanglant fussent armoriées Sur un drapeau levé contre des baptisés!...

Anathèmes d'autant plus amers dans la bouche du poëte et dont Telfet devait être, est encore d'autant plus puissant, que le poète catholique les prononce au nom de l'Évangile, au nom de sa foi même, et que son génie orgueilleux reste en ses révoltes captif de l'orthodoxie. A côté de ces tempêtes, il y a place pour la tendresse et le sourire. Avec quelle grâce, quelle subtilité d'imagination ravissante il trouve des louanges sans cesse renaissantes pour cette beauté mystique, pour cette Béatrice dont les yeux lui reflètent le ciel, dans les regards de làquelle il croit toucher à chaque instant

Le fond de son bonheur et de son Paradis !

Et quels retours touchants vers la patrie, vers cette Florence si tendrement haïe qui l'a exilé ! Au moment oîi le prince des apôtres, content de lui, le sacre pour le ciel, il revient en pensée « au beau bercail » que la proscription lui a fermé. C'est là qu'il rêve de recevoir un jour une chère couronue.

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