Cette Dame est Mathildg{Voy. XXVITI
13. Asperges me, Domine, hyssopo, et mundabor. (Ps. L,v. 9.) Paroles prononcées par le prêtre à l'aspersion de l'eau bénile, qui précède la grand'messe dominicale.
14. Ces quatre danseuses sont les quatre Vertus Cardinales que nous avons vu danser auprès de la roue gauche du char (chant XXIX, 130-132).
45. C'est-à-dire avaut la Révélation du Christ, les Vertus Cardinales tenaient lieu des Vertus Théologales ct préparaient le monde à la pratique de celles-ci. Elles étaient alors les premicres servantes de la Théolouie et sont passées au second rang à l'apparition des Vertus Théologales. La mème idee est exprimée, sous une autre forme, au chant VIII, lorsque les quatre premieres étoiles se couchent, tandis que les trois nouvelles se lèvent. (Voy. 88-95 et Ch. E, 22-24.) (B).
« Nous allons te conduire vers elle, mais d’abord, les trois nym- « phes qui sont là-bas aiguiseront et fortifieront tes regards, pour « qu'ils puissent pénétrer la joyeuse lumière qui brille dans ses « yeux. »
Ce disant, elles m'emmenèrent près de la poitrine du Griffon, du côté où se tenait Béatrice, le visage tourné vers nous.
« N'épargne pas tes regards — ajoutèrent-elles. Nous t'avons « placé devant les émeraudes ‘’ où naguère l'amour aiguisa le trait « dont ilt'a blessé. »
Mille désirs, plus ardents que la flamme, lièrent mes yeux au rayonnement des siens qui restaient fixés sur le Griffon ‘f,
et reflétaient — comme un miroir le Soleil — les feux projetés alternativement par les deux natures de l'animal.
Pense, lecteur, à ma surprise quand je vis l’image varier ainsi, tandis que son objet ne se modifiait pas‘?!
Pleine de stupeur et d’allégresse, mon âme jouissait de cette nourriture céleste, qui sans cesse rassasie et sans cesse renouvelle l'appétit pu'elle excite pour elle-même et pour elle seule,
lorsque les trois autres nymphes, dont la démarche indiquait leur rang plus élevé, s'avancèrent en dansant et en chantant ainsi :
« Tourne les yeux, Béatrice, tourne tes yeux sacrés vers ton fidèle, « qui, pour te revoir, vient de faire un si grand voyage.
« Par grâce, écarte le voile qui lui cache ton visage, et permets lui «< de contempler ta seconde beauté *°. »
O splendeur éblouissante de lumière éternelle! Qui donc, même longtemps pâli sous les ombrages du Parnasse, ou abreuvé à l'onde pure de l'Hippocrène *,
ne trouverait son génie impuissant s'il tentait de te peindre telle que je t'ai vue, lorsque, rehaussée par l'harmonie des cieux?? qui t'entourent et te divinisent,
tu m'apparus enfin dégagée du voile qui me cachait tes yeux!
(A) Voici cette fameuse Pargolelta, la fillette, qui, au dire de tant de com-