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La seconde beauté de Béatrice, c'est sa beauté divine

21. Le Parnasse, comme le Pinde, n'était que consacré à Apollon et aux Muses, tandis que l'Hippocrène prenait sa source sur l'Hélicon, leur séjour. Ici, Dante a confondu le ne avec l'Hélicon : il ne l'avait pas fait au Chant XXIX, 40. (Voy. aussi XX VII,

22. L'harmonie musicale dela rolation astraïe a déjà été notée par Dante, XXX, 92-93.

Le PurcarToire XXXI 419

mentateurs, aurait été la maîtresse de Dante,comme la Gentucca, de Lucques, dont parle Buonagiunta, ou ne formant avec celle-ci qu'une seule et même personne. (Voir notre note À du chant XXIV.) Ce mème mot, pargoletta, est employé par Dante dans sa neuvième Ballata, et plusieurs fois il l’applique à la science physique considérée comme de second ordre par rapport à la science théologique. Il peut donc fort bien 8e faire qu'ici, où l'allégorie et le symbole coulent à pleins bords, Béatrice parle au figuré et que de même qu'elle n’est plus amante mais objet d'amour divin, Théologie enfin, elle ne vise que les distractions spirituelles qui, trop longtemps — encore que peu de temps — ont détourné Dante des études élevées qui seules conduisent à Dieu, distractions qui l'ont égaré au point de le perdre tout à fait, et auxquelles Béatrice l'a arraché en lui envoyant Virgile pour le ramener à elle, ainsi d'ailleurs qu'elle le lui dit ici même. Nous ne prétendons en aucune façon imposer, ni même prouver, notre manière de voir, mais comme l'opinion contraire n'offre pas de bases plus probantes, nous nous contentons de présenter la nôtre, laissant au lecteur le choix entre deux interprétations, purement hypothétiques, destinées à rester à jamais dans le domaine des conjectures.. et ce ne sont pas les seules dans le même cas au nombre des obscurités, plus d'une fois voulues par le poète.

(B) Dante appelle — à plusieurs reprises — les Vertus des Nymphes, non seulement par assimilation comme habitant les ombrages du Paradis Terrestre, mais aussi pour se conformer à la doctrine des Pères de l'Eglise quiles désignent ainsi, entre autres Saint Thoinas et Saint Augustin. Elles sonteneffet considérées comme infuses à l'humanité sur Terre, tandis qu'au Ciel elles sont essences ou principes. En d’autres termes, les Vertus influent immatériellement au Ciel et matériellement sur Terre. Leur patrie est là-haut, leur action est ici-bas ; ici, œuvre, effet, mérite ; là, source, cause, récompense.

(c) La couleur de l’émeraude est, comme on sait, variable. Le vert est sa teinte propre, et Dante l'a compris ainsi deux fois, sans qu'il puisse y avoir doute (VII, 75 et XXIX, 125). Mais il en est autrement ici, car il n’est guère probable que Béatrice ait eu les yeux vert-émeraude, ou que Dante les lui attribue tels. La nuance fréquente des yeux chez les blondes florentines est d’un vert-bleu qui doit rappeler le glaucopis grec dont parle Homère et

qu'on prête à Vénus, ce glaucopis qui est une cer) eymboe à entre

le vert-clair et l'azuré, exprimé par le mot francais\pers,)symbole d'espoir céleste. Quant au perso italien, employé aussi par Dan nf. V, 89; VII, 103; Purg., 1X, 97, et Convilo, IV, 20), c'est d'une nuance brune absolument différente. Ajoutons que l'émeraude fut considérée comme joignant des vertus magiques et morales à sa valeur et à ses qualités, et que l'oiseau de proie appelé griffon guette, dit-on, les émeraudes et est attiré par elles.

CHANT XXXII

Le Paradis Terrestre (suite,.

Je

ARGUMENT. — Départ du saint Cortège. — Reverdissement de l'Arbre de Science. — Sommeil de Dante. — Béatrice, les Nymphes et Mathilde restent près de lui. — La bataille symbolique. — Transformation et départ du char.

Mes regards étaient fixés avec une telle intensité sur ce visage, dont une séparation de dix années les avait privés, que mes autres sens, restés inactifs!

étaient comme emprisonnés dans un mur d'indifférence, tandis que ce divin sourire ramenait mes yeux dans leurs anciens rets.

Les trois créatures divines m'arrachèrent à cette extase : à ma gauche, l'une d'elles me dit : « Tu fixes trop ?. »

Je restai quelques instants ébloui, comme après que le Soleil vous a frappé les yeux;

mais quand ma vue eut été un peu raffermie sur des objets moins éclatants — et cn disant un peu je n'entends établir de proportion relative qu'entre les différents degrés de force de mes yeux, et non entre le brillant d'aucun objet et l'éclatant rayonnement de Béatrice —,

je m'aperçus que la glorieuse armée avait tourné à main droite, et que, maintenant, elle avait en face de ses pas, et le Soleil et les sept flambceauxi.

Comme un bataillon, protégé par ses boucliers et guidé par ses enseignes, converge sur place jusqu'à complète évolution;

ainsi la milice du royaume céleste{ défila tout entière avant que lc timon du char eût viré.

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