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Une glace sans tain, et non pas un miroir

#. Narcisse, voyant son image dans l'eau, et en devenant amoureux, prenait une image pour une substance. Dante, su contraire, prend ici des substances pour de images. Ces vierges sont représentées en traits effacés pour indiquer qu'elles auraient pu se montrer plus énergiques dans la défense de leur vœu. C'est pourquoi, bien qu'admises en Paradis, elles sont reléguées dans le Ciel le moins élevé. (Voy. au sujet de Narcisse, Enf., XXX, 198.)

« t'égare de nouveau — car ce sont bien de vraies substances que tu « vois : elles sont reléguécs ici pour avoir manqué à leur vœu.

« Parle leur donc, écoute, et crois; car la Lumière de vérité, qui « les récompense, ne les laisse pas s'éloigner d'elle. »

M'adressant à celle qui semblait le plus désireuse de parler, je lui dis, comme un homme ému par un trop grand désir :

« O esprit bien créé, toi que la vie éternelle réjouit par l'inimagi- « nable douceur de son rayonnement,

« accorde moi la grande faveur de m'apprendre comment tu te « nommes, et quel sort est le vôtre. » Les yeux riantst elle me répondit aussitôt :

« Notre charité — pas plus que Celle qui veut que toute sa cour lui « ressemble — ne ferme jamais la porte à un juste vœu.

« Dans le monde, je fus vierge et religieuse. Bien qu'ici je sois « devenue plus belle, si tu me regardes avec attention, tu me recon- « naîtras.

« Bienheureuse parmi les bienheureuses, et placée dans la sphère la plus lente ?, je fus Piccarda #.

« Nous n'avons qu'un amour : l'Esprit Saint, avec joie nous lui obéissons.

« Si la situation qui nous est donnée ici parait inférieure, nous la « méritons, car nos vœux ont été négligés et rompus en partie. »

« Je ne sais — répliquai-je — quelle divine splendeur t'a transfigurée « au point

« que je ne te reconnaissais pas : tes paroles viennent de réveiller « ma mémoire.

« Mais, dis moi : bien qu'ici vous soyez heureuses, ne souhaitez- « vous pas un rang plus élevé, qui vous procurerait une jouissance « contemplative plus intime et plus intense ? »

Elle sourit d'abord un peu, ainsi que les autres ombres, puis, Joyeuse comme au premier feu d'amour, parla ainsi :

« Frère, par sa vertu, la Charité calme notre désir et borne notre « vouloir à ce que nous possédons. |

« Si nous avions une aspiration plus élevée, elle ne s’accorderait « plus avec la volonté de Celui qui nous place ici,

« ce qui serait incompatible avec l’esprit de charité indispensable à

5. La lumière de vér:té, Lux vera de Saint Jean (I, 9), Dieu (Cf. IV, 94-90).

6. Les yeux riants. On a sans doute remarqué la fréquence de plus en plus grande du sourire, du rire, des yeux riants, à mesure que Dante s'élève dans son voyage surnaturel. Ce sourire, ce rire, cette lumière des yeux symbolisent la joie céleste, et sont gradués avec un soin tout particulier de régularité progressive jusqu'à l'éblouissement dans lequel disparaît le Paradis au regard de Dante devenu impuissant à le contempler.

7. La sphère la plus lente, c'est le 1°" Ciel, ou Ciel de la Lune, dont la rotation est la moins rapide.

8. Piccarda était fille de Simon Donati, et sœur de Corso et de Forese Donati (Voy. Purg., XXIV, 10; 82-87). Elle avait pris le voile au couvent de Sainte-Claire, sous le nom de Constance ; mais son frère Corso l'en arracha pour la marier à Roselino della Tosa, ainsi qu'elle va le raconter.

Le Paranis III 449

« ces Cercles ; pour peu que tu en comprennes la nature, tu te rendras < compte de mon explication.

« Dans notre heureux état, il faut donc absolument se tenir dans « la volonté divine ; c'est pourquoi notre volonté s’identifie avec elle.

« Ainsi, de degré en degré, partout dans cette Cour, règne le con- « tentement, puisque le Roi, d’où vient toute volonté, est content.

« En sa volonté réside notre paix : elle est un océan vers lequel tout « se dirige, et ce qu'elle crée et ce que produit la nature. »

Ces éclaircissements me permirent de comprendre comment il se fait que le Paradis existe partout dans les Cieux, quoique la grâce du souverain bien y soit inégalement répandue.

Mais comme, satisfait d'un mets, on remercie pour en demander un autre,

du geste et de la parole je manifestai mon désir de connaître en entier la toile que sa navette avait laissée inachevée ?.

« Une vie parfaite — ajouta-t-elle — et un haut mérite valurent une « place plus élevée à une Dame, selon l'ordre de qui, dans votre « monde, on prend l’habit et le voile,

« pour veiller et dormir jusqu’à la mort, fidèle à l'époux qui « accueille tous les vœux de charité conformes à son désir ‘°,

« Toute jeune je m'étais retirée du monde pour la suivre, promet- « tant, en prenant son habit, d'observer sa règle.

« Mais des hommes, plus habitués au mal qu’au bien, m'arrachèrent « du doux cloître ‘ : Dieu sait ce que fut ma vie depuis!

« Vois-tu auprès de moi, à ma droite, cette autre splendeur qui « brille de tout l'éclat de notre sphère ?

« Ce que je dis de moi s'applique aussi à elle, car, comme moi, elle « fut sœur, et comme à moi on lui ôta du front l'ombre du voile sacré.

« Mais, rejetée contre son gré dans le monde, et contre le saint « usage, jamais, dans son cœur, elle ne se dépouilla du voile.

« C’est la lumière de la grande Constance, qui, du second glorieux « empereur de la Souabe, engendra le troisième et dernicr prince de <« cette Maison ‘2, »

9. La toile laissée inachevée, c'est l'histoire de la vie de Piccarda que Dante lui demande.

10. Cette Dame c'est Sainte Claire, née à Assise (1193), qui fonda, sous la direction de son compatriote Saint Francois, un ordre de vierges. Elle mourut en 1223 et fut canoniseée dès 1260. La place plus élevée que Sainte Claire occupe dans le Paradis n'est pas spécifiée par Dante.

11. D'après Rodolphe de Tossignano, Corso Donati, podestat de Bologne, s'adjoignit Farinata, sicaire fameux et douze autres brigands, escalada les murs du cloître, s'empara de sa sœur Piccarda, la porta chez lui, arracha ses habits religieux, la vêtit d'un costume laïque et l'obligea à se marier ; mais elle tomba malade aussitôt et retourua vers l’époux céleste à qui elle s'était vouée.

12. Constance — la grande Constance — lille de Ruggiero, roi de Pouille et de Sicile, prit — avait-on dit — l'habit religieux au monastère de San-Salvatore, à Palerme, d'où le roi Guillaume, son petit-fils, l'aurait enlevée de force, à un àge très avancé, pour épouser l’empereur Henri IV, fils de Barberousse. Mais cette histoire est une légende. La vérité est que la grande Constance, sans ètre religieuse, menait une vie pieuse et retirée dans le palais royal, lorsque, par raison d'Etat, elle se trouva engagée à devenir

Après avoir ainsi parlé, elle se mit à chanter Ave Maria et disparut comme un corps pesant dans une eau profonde.

Mes yeux la suivirent autant qu'ils le purent, puis se tournèrent vers l'objet d’un plus grand désir,

et se fixèrent sur Béatrice ; mais l'éclat dont elle brillait les ayant d’abord blessés,

cela retarda la question que je voulais lui adresser.

mpératrice. Elle avait 31 ans. (Voy. Giannone 1. XIII, c. 2. Voy. aussi Purg., LIL, 113et

Par. IV, 98-99.) Dante dit qu'elle engendra le troisième et dernier prince de cette Maison, du deuxième glorieux empereur parce que la puissance de la maison de Souabe commencée par Frédéric Barberousse (père du mari de Constance) s'éteignit avec Frédéric Il, fils de Constance. — Jamais dans son cœur elle ne dépouilla le voile, dit Dante. Cette phrase sera expliquée au chant suivant.

CHANT IV

Premier Ciel, la Lune : les Vierges dont les vœux ont été violés malgré elles, 111.

se

ARGUMENT. — Béatrice répond à deux questions, 1° sur le retour des âmes à leur étoile; 2° sur les vœux involontairement rompus. — Question de Dante sur la compensation parmi les actions humaines.

Comme un homme, libre de choisir entre deux mets également distants et également attrayants, mourrait de faim avant de mettre les dents à l’un ou à l’autre;

comme un agneau qui, entre deux loups féroces et affamés, resterait immobile, les redoutant autant l’un que l’autre; comme un chien qui s’arréterait hésitant entre deux daims;

tel je restais silencieux; et je ne me blâme ni ne me loue de mon incertitude entre deux doutes égaux, puisqu'il n'en pouvait être autrement.

Je me taisais : mais mon désir et mes questions se peignaient sur mon visage beaucoup plus clairement et vivement que si j'avais parlé.

Béatrice, faisant comme Daniel lorsqu'il calma la colère qui avait rendu Nabuchodonosor injuste et cruel ?.

me dit : « Je vois bien que deux désirs te sollicitent, chacun d'un « côté différent, et que ton anxiété se lie elle-même, et ne peut s’ex- « primer.

« Tu raisonnes ainsi : Lorsque la bonne volonté persiste, pourquoi « la violence d'autrui diminue-t-elle la mesure du mérite 3 ?

1. Tigris ut auditis diversa valle duorum Extimulata fame mugitibus armentorum, Nescit utro potius ruat, et ruere ardit utroque.

Ov. Met. V.

2. Daniel calma la fureur de Nabuchodonosor en devinant et expliqnant son rêve mys: térieux (A).

3. 11 s'agit des vœux des religieuses violés malgré elles (Voy. Ch. précéd.)

452 La Divixe CoMÉDIE

« Ton second motif de doute est de voir que les âmes semblent, « selon la doctrine de Platon, retourner à leur étoile {.

« Tels sont les doutes qui stimulent également ta volonté. Je trai- « terai d'abord le plus dangereux *.

« Celui des Séraphins qui approche le plus de Dieu, Moïse, par «exemple, Samuel, l’un des deux Jean (à ton choix) ou Marie elle- « mème‘,

<na pas Son siège dans un autre Ciel que les esprits qui viennent « de t'apparaîitre, et son existence n'est ni plus ni moins longue;

« mais tous embellissent le premier Cercle, et la douceur de leur vie «ne differe que par le plus ou moins de souffle éternel quils re- « coivent ‘.

« Ceux qui viennent de se montrer sont dans cette sphère non « parce qu'elle leur a été assignée, mais pour prouver que cette sphère <est la moins élevée.

«Il faut bien parler de la sorte à votre esprit puisqu'il ne perçoit « d'abord que par les sens ce qu'il élève ensuite à la dignité de son « intelligence *.

« Voilà pourquoi l'Écriture condescend à se mettre au niveau de

« vos facultés en attribuant à Dieu des pieds et des mains quoique «elle entende autre chose;

« voilà pourquoi la Sainte Église donne une forme humaine à « Gabriel, à Michel et à celui qui a guéri Tobie®.

« Ce que Timée dit des âmes, diffère de ce que tu vois ici, cepen- « dant il semble convaincu ‘.

4. Dans son Timée, Platon dit que les âmes, crétes d'abord d'habitants des étoiles, descendent sur Terre, puis, après la mort, remontent dans l'astre d'où elles viennent. et y restent plus ou moins longtemps. suivant leur mérile (Bj. Aristote combat cette opinion. (Voy. Saint Augustin, Cilé de Dieu, XULL, 19.)

n. Le plus dangereux, c'est le second, qui vient d'une doctrine platonicienne fondamentalement hétérodoxe {Note précéd.).

6. Dans la hiérarchie angelique les Séraphins occupent le rang le plus élevé (Vos. Ch. XXVIID).

7. L'explication donnée ici est sirblile, el assez malaisée à comprendre. Dante veut dire que bien que les âmes heureuses se montrent à lui dans différentes sphères que leur assigne, ilest vrai, jusqu'à ur certain point, leur spécial mérite, toutes appartliennent, néanmoins, en réalité, au plus haut des Cieux, c'est-à-dire à l'Empyrée, séjour divin, aussi bien que le plus grand des Séraphins. lesquels sont les plus élevés dans la hiérarchie angélique. Si les esprils se montrent dans différentes sphères, c'est seulement pour indiquer le degré et le genre de leur mérile ; mais tous, indistinctement. habitent l'Empyrée avec Dieu, et, nonobstant leur rang, contribuent à sa splendeur et y participent. Bref, les âmes sont représentées par leur ombre dans les différents Cieux, mais habitent toutes le Paradis proprement dit, qui est lFEmpyree. (Cf. XXII, 61-69.)

8. Nouvelle allusion au Nüihil est in intellectu d'Aristote (Voy. Il, 51-53), mais modifié el, pour ainsi dire christianisé par Saint Thomas.

9. La question des images est ici fort bien traitée contre les iconoclastes et les protestants à vue courte el terre-à-terre qui ne voient que la lettre et non l'esprit. — Les trois Archanges cités: Gabriel (IX, 138); Michel (Enf. VIEIL 11); Raphaël, qui, sous la forme d'un pèlerin vint indiquer au jeune Tobic le moyen de rendre la vue à son vieux père (Voy. le livre de Tobie).

10. Timée est pris ici pour Platon lui-même, qui le fait parler dans son dialogue Timée. C'était un philosophe grec, contemporain de Platon, dont il fut l'un des professeurs.

Il était pythagoricien.

Le Paranis IV . 433

« Selon lui, l'âme retournerait à l'étoile dont elle croit avoir été « séparée lorsque la nature l'incorpora ‘*.

« Peut-être son idée n'est-elle pas ce que ses paroles expriment et « renferme-t-elle un sens dont il n’y ait point à rire.

« S'il veut dire que le mérite ou le démérite des influences remonte « à ces sphères, son trait peut bien toucher quelque chose de vrai‘.

« Mais une mauvaise interprétation de ce principe a tellement four- « voyé le monde presque tout entier qu'il a été Jusqu'à les procla- « mer Jupiter, Mercure et Mars ‘?.

« Quant au second doute qui t'émeut, il a moins de venin, car sa « malignité ne pourrait t'éloigner de moi ‘{.

« Trouver injuste un de nos décrets prouve la foi, et exclue la per- « verse hérésie ‘?.

« Cependant, comme cette vérité est accessible à votre intelligence, « je vais contenter ton désir.

« La violence n'est intégrale que si celui qui la subit ne cède en rien « à celui qui l'impose; or ces âmes ne sont pas dans ce cas; elles ne « sauraient donc être tout à fait cxcusées.

« En effet, la volonté ne faiblit que quand elle veut faiblir. Elle est « comme le feu, dont mille efforts répétés ne parviennent pas à dévier « la tendance fi.

« Par conséquent, si peu qu’elle cède, elle obéit à la force. C’est ce « qu'ontfait ces âmes, puisqu'elles auraient pu retourner au saint « lieu. :

« Si leur volonté était restée ferme — comme celle qui retint Lau- « rent sur le gril et qui rendit Mucius inexorable à l'égard de sa « main ‘7? —

« elle leur aurait fait reprendre, dès qu'elles furent libres, le che-

11. Cette opinion sur le retour des âmes à leur étoile était des plus répandues, Cicéron ditqu'« après avoir achevé une bonne vie, l'âme retourne à son étoile » (De Univ.) et Platon, dans Timée, dit : « Anima est semen deorum stellas moventium ».

492. Nouvelle allusion à cette influence divine qui n’exclue nullement chez les mortels la liberté pour le bien ou le mal, c'est-à-dire le libre arbitre. (Voy. Par., I, 109 ad in. et Purg. XVI, 73-78 et XXX, 109-117.)

43. La croyance que certains êtres, après leur séjour sur la Terre, retournaient habiter et diriger une étoile, a porté le monde à donner à des étoiles le nom de ces êtres dont on faisait des divinilés. On verra plus loin un passage qui confirme cette interprétation : « . cette belle eéloile que Phæbus caresse reçul le nom de Vénus »... (Ch. VIII, 10-11).

15. Des deux doutes qui agitaient Dante, Béatrice vient donc de détruire le plus dangereux (25-27) puisqu'il constituait une hérèsie. Elle passe maintenant à celui « qui a moins de venin » car il néloigne pas de Béatrice — la Théologie catholique — pour conduire à l'hérésie.

15. En effet, croire à une justice plus ou moins parfaite n'ébranle pas la foi en cette justice puisque c'est la reconnaitre.

16. Nouvelle allusion à l'ancienne théorie des éléments tendant toujours, par nature, à regagner leur habitacle, comme la flamme montant vers la sphère du feu.(Voy. I, 129.)

47. Saint Laurent, martyr romain, brûlé sous Dioclétien (258) sur un gril, où — dit-on — aucun lien ne l'attachait, mais où il eut le courage de se maintenir volontairement pour s'ouvrir le ciel. Mucius Scævola, Romain qui, voulant tuer Porsenna, roi des Etrusques, frappa par erreur son secrétaire. Pour montrer au roi la fermeté romaine, il posa sa main droite sur un brasier ardent et l'y maintint jusqu’à ce qu'elle fût consumée (507 av. J.-C.)

451 La Divixe CoMépiE

« min dont on les avait détournées.. mais de pareilles énergies sont « trop rares !

« Si tu as bien saisi mon explication, elle a détruit chez toi un « argument qui t'aurait encore tourmenté plus d’une fois.

« Mais voici une autre difficulté dont tu serais impuissant à te sortir « seul.

« Je l'ai certifié qu'une âme heureuse est incapable de mensonge, « attendu qu'elle est toujours près de la suprême vérité ‘#.

« Et pourtant Piccarda vient d'affirmer que Constance jamais dans «son cœur ne se dépouilla du voile, ce qui semble me contredire ‘*.

« Bien souvent, frère, pour fuir un péril on est contraint à ce quil « ne faudrait pas.

« C'est ainsi qu'Alcméon, impie par piété sur l'ordre de son père, « tua sa propre mère 2.

« Songe donc à ceci: la violence, et la volonté mêlées ensemble, « Ôtent l’excuse à l'offense,

« car la volonté absolue ne consent pas au mal, mais le tolère « seulement dans la crainte du pire,

« En s'exprimant comme elle l’a fait, Piccarda parlait de la volonté « absolue, tandis que je visais l’autre : nous disions vrai toutes « deux. »

Ainsi s'épancha le fleuve saint, formé par la source de toute vérité, et l’un et l'autre de mes désirs furent apaisés.

« O divine amante du premier Amant®*, à vous dont la parole « m'inonde, me réchauffe et me vivifie de plus en plus,

« si profonde que soit mon affection, elle est impuissante à vous « rendre grâces pour grâces... mais Celui qui voit et qui peut, s'en « chargera 2?

« Non, jamais notre intelligence ne saurait ètre satisfaite sans la « lumière de cette Vérité hors laquelle rien n'existe.

< Elle se repose en elle comme la bête dans son antre dès qu'elle

Urere quam potuit contempto Mutius igne Hanc spectare manum Porsenna non potuit

(Martial.)

Ce qu'on fait par crainte — dit Saint Grégoire -— implique la volonté de craindre.

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