Sub ombrà alarum tuarum (Ps. XVI
&. Justinien 1 empereur d'Orient.
5. Le Premier Amour, c'est le Saint-Esprit. (Voy. Enf., II, 6.)
6. Justinien est resté célèbre par ses travaux de jurisconsulte en abrégeant, élagant, coordonnant les codes, recueils, etc. (Voy. Purg. VI 89.).
7. L'hérésie d'Eutychès ne reconnaissait dans le Christ que la nature divine. Saint Agapet pape, vint combattre cette doctrine à Constantinople même (8).
«tu comprends qu'entre deux contradictions l'une est fausse et « l’autre vraie.
« Dès que mes pas suivirent l'Église, la grâce de Dieu m'inspira ce « grand travail, et je m’y adonnai tout entier.
« Je confiai à mon cher Bélisaire # le commandement des armées, «et le ciel l’ayant favorisé avec éclat, je compris que je devais me « reposer sur lui,
« Ce que je viens de te dire pourrait suffire comme réponse à ta « première question ‘, mais clleest si importante qu'il faut la déve- « lopper davantage,
« afin que tu comprennes combien le signe sacro-saint est outragé, « autant par ceux qui se l’approprient que par ceux qui le com- « battent ‘!.
« Depuis la mort de Pallas — qui assura son règne‘? — que : « d'héroïsmes l'ont rendu vénérable !
« Tu sais que, jusqu'au combat des trois contre trois — livré encore « pour l'oiseau divin — Albe-la-Longue fut pendant plus de trois « cents ans, sa première demeure ‘;
« tu sais que depuis le rapt des Sabincs jusqu'à la souffrance de « Lucrèce‘#, sous les sept rois, l’Aigle vainquit tous les peuples « VOISINS ;
« tu sais par quels hauts faits elle couvrit de gloire les Romains, « qui l’arborèrent contre Brennus, contre Pyrrhus et contre tant de « princes et de peuples ‘‘;
« tu sais quelles actions éclatantes elle inspira à Torquatus, à « Quintus Cincinnatus, ainsi surnommé à cause de sa chevelure « négligée — aux Decius, aux Fabius, dont je suis heureux de saluer « la renommée.
« C'est elle qui abattit l'orgueil des Arabes'f lorsque, sous la
8. Son cher Bélisaire, qui fit si souvent triompher les Aigles de Justinien — en Orient, en Afrique, en Italie — n'en mourut pas mains disgracié en 564%, un an avant le docte empereur glorifié par Dante.
9. Me reposer sur lui pour diriger mes armées pendant que je continuerais mon grand travail de législateur.
10. Cette première question, c'est : qui es-tu ? (Voy. V, 127.)
41. Le signe sacro-saint, l'Aigle impériale, envers laquelle sont aussi coupables, par exemple, les Gibelins en se l'appropriant, que les Guclfes en la combattant (c).
12. Pallas, envoyé par son père Evandre, chef des Pélasges arcadiens, au secours d'Enée, attaqué par Turnus, roi des Rutules, mourut dans le combat. (Voy. Enéid., X, 487.)
13. Albe-la-Longue, fondée par Ascagne, fils et successeur d'Enée (vers 1100 av. J.-C.), a été sous la protection de l'Aigle jusqu'au combat des Horaces (667), qui assura la suprématie de Rome et y transporta le signe symbolique (b).
14. Remarquez la distinction entre le rapt (mal) des Sabines et la souffrance (dolor) de Lucrèce. Celle-ci souffrit sans honte, tandis que les Sabines — quoique leur enlèvement ait été suivi d'heureux effet — furent coupables en subissant ensuite volontiers leurs vainqueurs. Raptas sine more Sabinas, dit Virgile (Éneïd., VIII, 635.)
15. Toutes les citations qui vont suivre sont l'objet de notes complémentaires collectives.
16. Les Arabes, c'est-à-dire les Carthaginois et autres peuples des côtes d'Afrique, d'origine arabe. D'ailleurs, au temps de Dante, et longtemps après, on appelait Arabes tous les peuples nomades.
Le Paranis VI 463
« conduite d'Annibal, ils franchirent les rocs alpestres où le Pô prend « sa course.
« Sous ce même signe, triomphèrent Scipion‘? et Pompée encore « fort jeune; mais il parut bien cruel à la montagne au pied de « laquelle tu es né '#!
« Puis, l'époque approchant où le Ciel allait gratifier la Terre d'une « paix aussi sereine que celle dont il jouissait lui-même ‘, Rome « confia l’Aigle à César.
« Alors ®, depuis le Var jusqu'au Rhin, son vol triomphal eut pour « témoins l'Isère, la Saône, la Seine et le Rhône avec toutes les val- « lées qui grossissent son cours.
« Au sortir de Ravenne, pour sauter le Rubicon, sa rapidité devint « telle que la parole et la plume restent impuissantes…
« Bientôt dirigeant ses ailes vers l'Espagne, puis vers Durazzo!, « elle guide les légions de César, et frappe un tel coup, à Pharsale, « qu'il retentit douloureux jusqu'au Nil brûlant 22,
« Revenue à Antandros et au Simoïs — où son vol avait pris nais- « sance — elle revoit le tombeau d’Hector #3, et, pour le malheur de « Ptolémée, s'élance en Égypte ?{.
« De là, comme la foudre, elle fond sur Juba; mais rappelée par « les clairons de Pompée, accourt en Occident *#.
« L'Aigle impériale passe ensuite aux mains d'Auguste; et Brutus «ct Cassius hurlent en Enfer # le nom de ses victoires qui firent « pleurer Modène et Pérouse ?7.
« Vaincue à son tour, la triste Cléopâtre s'enfuit éplorée et meurt « sous la dent rapide d'un serpent ?8.
« Avec le même empereur, l’Aigle vole jusqu'à la Mer Rouge *?, puis
17. Scipion (Voy. Enf., XXXI, 115-117; Purg., XXIX, 115-116; Par., XXVII, 61-63.)
48 Cette montagne est Fiesole (Voy. Enf., XV 62, 73), qui domine Florence, où naquit Dante. L'Aigle « parut bien cruel aux Fiesolais » à l'époque des ravages causés par Catilina (E).
49. L'époque de divine pacification, c'est la Rédemption (r).
30. Remarquer les cinq strophes suivantes qui peignent à larges traits et dans Île plus fier langage les campagnes de Jules César, véritable vol d'aigle où le génie de Dante s'est surpassé.
2. Durazzo, — anciennement Dyrrachium — en Hllyrie, où se trouvait une partie de l'armée de Pompée, que César courut vaincre après avoir battu, en Kspagne, les lieutenants de Pompée: Petreius, Afranius et Varron. Voy. César, De bell. civ. LIL, 41 et suiv.).
22. Vaincu à Pharsale, Pompée s'était réfugié auprès de son allié Ptolémée XII, qui le fit assassiner (48 av. J.-C.).
23. Anlandros, en Asie Mineure, d'où Enée s'emharqua (Voy. Enéïde, II, 5): le Simots, auj. le Mendes, fleuve de la Troade ; le tombeau d'Hector c'est Troie. Voy. Enf., IV, 122 et la Pharsale, IX, 961 et suiv.)
2%. Pour le malheur de Plolëéméee XH parce que César le dépouilla au profit de Cléopâtre et de Ptolémée XIII.