‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 235 sur 314 · Cf. Purg., XXX · texte numérisé non relu

Cf. Purg., XXX

Ceci est extrait du chapitre XV du traité III du Convilo. Que le lecteurse souvienne seulement de ce passage explicatif du personnage de Béatrice, de la signification de son sourire, de son rire, de son éclat et de sa joie, et chaque fois qu'il rencontrera un mot relatif à ce personnage et à ces manifestations, il verra le sens caché se détacher tout naturellement des figures qui l'entourent et des allégories qui le voilent.

{(B) Jephté, 9% juge d'Israël, avait fait vœu, s'il revenait vainqueur des Ammonites, de sacrifier à Dieu ce qui sortirait d'abord de sa maison et viendrait à sa rencontre. Ce fut sa fille qui, la première, s'avança pour Île féliciter. et il accomplit le sacrifice. (Juges, XI,30-39.)

{c) Agamemnon, roi des Grecs, obéit à l'oracle de Diane lui ordonnant de sacrifier sa fille Iphigémie s'il voulait obtenir des vents favorables au départ de sa flotte prète à mettre à la voile pour le siège de Troie. (Euripide, Racine: 1phigénie en Aulide. Voy. particulièrement la préface de l'Iphigénie de Racine.)

(D) Dans le Convilo, nous trouvons cette phrase : « Ceux-là doivent « étre appelés brebis et non pas hommes, car si une brebis se jette d'une «rive haute de mille pieds, toutes les autres la suivent. » Ces brebis-là sont des ancètres de celles de Panurge. Dante leur à déjà emprunté une charmante comparaison dans le chant II] du Purgatoire (79-84).

(E) I n'y a aucun doute possible à ce que Dante ait entendu désigner ici le Soleil qui éclaire le monde et lui verse la vie, et non l'Empyrée, dont il est encore trop loin. Dans le Chant I du Paradis, Béatrice tourne de même les yeux vers le Soleil — et non vers l'Empyrée (v. 47).

(F) On a déjà vu (entre autres par la note À) que les esprits bienheureux expriment leur joie en augmentant d'éclat, comme les mortels en souriant et en riant. Dante s'explique là-dessus, dans le Convilo, en ces termes : a Qu'est-ce que le rire, Sinon l'expression de la joie de l'âme, c'est-à dire une lumière apparente extérieurement de ce qui existe intérieurement? » "JTE, &.)

CHANT VI

Deuxième Ciel, Mercure: les Héros vertueux mais trop épris de gloire terrestre, 11].

Je

ARGUMENT. — Discours autobiographique de Justinien. — Rôle et histoire de l'Aigle impériale : Rome; la Rédemption; Charlemagne; Guelfes et Gibelins; Charles II d'Anjou. — Explications sur la planète Mercure. — Roméo ct Raimond Bérenger.

« Avec l’antique époux de Lavinie, l’Aigle avait d'abord suivi le « cours du ciel; puis, retournant sur son vol, elle revint avec Cons- « tantin!,

« vers l'extrême Europe, où, pendant plus de deux cents ans, elle « resta voisine des monts d’où elle était sortie 2.

« Là, étendant sur le monde l'ombre de ses ailes sacrées 3, l'oiseau « de Dieu a gouverné l'Empire, passant de main en main jusqu'à moi.

« Je fus empereur et je suis Justinien*. Par la volonté du Premier « Amour ÿ que je ressens ici, j'ai rejeté des lois l’inutile et le superflu 5.

« Avant de m'appliquer à ce travail, je ne voyais dans le Christ « qu’une seule nature et m'endormais dans cette vague croyance.

« Mais la parole du bienheureux Agapet, souverain pasteur, m'a « ramené à la vraie foi’,

< et maintenant je comprends son explication aussi clairement que

4. En transférant le siège de l'Empire Romain de Rome à Byzance, l'empereur Constantin (Voy.Enf, XIX, 115-117, XXV1I,95-96) opéraitun mouvement d'Occident en Orient, sens opposé à celui de la marche apparente du Ciel, marche considérée comme réelle à l'époque de Dante. Enée au contraire (l'antique époux de Lavinie. Voy. pour Lavinie : Enf., I, 13-15; IV 196; Purg., XVII, 34-39) en venant de Troade en Romagne avait suivi ce mouvement céleste, c'est-à-dire marché d'Orient en Occident.

2. L'Empire Romain est resté 203 ans (22:-527) à Byzance-Constantlinople, siluée près des monts de la Troade, patrie d'Enée.

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