Riphée. (Voy
17. Ces trois Dames sont les trois Vertus Théologales, vues près de la roue droite du char symbolique de l'Eglise. (Voy. Purg., XXIX, 39 et suiv.)
Le Paranis XX 547
Comme un bon guitariste augmente par l'harmonie de ses accords le charme produit par un chanteur habile ;
ainsi, pendant qu'elle parlait, les deux lumières bénies accordaient entre elles — il m'en souvient — les éclats de leur flamme,
semblables aux battements simultanés de nos paupières.
NOTE COMPLÉMENTAIRE
(A) Pati radios et lumine recto : Sustinere diem cϾli.
Lucain, Phars., IX.
Saint Augustin dit que l'aigle ne reconnaît pour ses aiglons que ceux dont le regard fixe et soutient la lumière du soleil, et que ceux dont la vue se trouble, dont l'œil vacille, sont rejetés hors du nid et tuës. — Ai-je besoin d'ajouter, encore une fois, que c'est là une pure fiction puétique ?
CHANT XXI
Septième Ciel, Saturne : les Contempiatifs, ].
ARGUMENT. — L'Echelle de Jacob. — Pourquoi Béatrice ne sourit pas, et pourquoi l'on n'entend aucun chant. Pierre Damien : explication sur la prédestination. — Pierre Peccator. — Dante est comme assourdi par un grand cri.
J'avais de nouveau fixé mes yeux sur le visage de Béatrice, où se concentrait mon esprit aussi bien que mon regard.
Et, comme elle ne souriait plus : « Mais‘, me dit-elle, si je souriais « tu serais réduit en cendres comme Sémélé 2;
« car, ainsi que tu l'as vu, à mesure que je gravis les degrés du « Palais éternel, ma beauté devient de plus en plus resplendissante, « et si je n'en tempérais le rayonnement, ta faiblesse mortelle en serait frappée et brisée, comme une feuille par la foudre. « Nous avons atteint la septième Sphère, dont les rayons redoublent en ce moment de puissance, car ils sont mélés à ceux que darde la poitrine ardente du Lion 3.
« Que ton esprit suive donc tes yeux { : fixe et réfléchis la figure qui va paraître dans cet éternel miroir *. »
RAR A
1. Par ce mais, Béatrice indique qu'elle a compris l'étonnement muet de Dante qui ne la voit plus sourire, et elle lui fournit en partie l'explication désirée, laquelle sera complétée plus loin (58 et suiv. et chant suivant). — Nous sommes dans la planète Saturne, où se trouvent les âmes de ceux qui se vouèrent, sur Terre, à la vie contemplative. Saturne fut, de tous temps, considéré comme présidant à l’Astrologie (astronomie) et à la contemplation, c est pourquoi le sourire de Béatrice cesse et les chants s'arrétent. On attribuait aussi à cette planète une influence froide (Purg., XIX et Par., XVIII, 6:-70). Sous Saturne enfin régna l'Age d'or (Enf., XIV, 96) et Macrobe lui trouve une vertu chaste, simple et contemplalive (Convito, EE, 14).