Quidilé(Voy. XX
12. Nous revoici en pleine scolastique. L'intention est la connaissance d'une chose (bn).
13. Ces connaissances qui nous viennent par la science sont acquises, el non infuses.
« mais, dis moi, l’as-tu dansta bourse ? » — « Oui — répondis-je — « je l'ai, si brillante et si ronde, que je n'ai aucun doute sur la valeur « du coin ‘!.»
Ensuite, de la profonde lumière dont il resplendissait sortit cette question : « Ce précieux joyau, fondement de toute vertu ‘”,
« d'oùte vient-il? » — « L'abondante pluie répandue par l'Esprit « Saint sur les parchemins anciens et nouveaux ‘,
«est le syllogisme qui m'a conduit si nettement à l’aigu de cette « conclusion que toute démonstration inverse me paraît obtuse. »
« Ces antiques et nouvelles propositions qui t'ont ainsi convaincu, pourquoi les tiens-tu pour parole divine ? »
« Les preuves qui me révèlent la vérité, je les trouve dans les œuvres résultantes, pour lesquelles la nature n'a point chauffé le « fer ni battu l’enclume ‘’. »
« Et qui t'assure de la réalité de ces œuvres, puisque leur attesta- « tion ne provient que de ceux qui les voulurent prouver, mais ne « s'appuie sur aucun autre témoignage ?
« Hé, quoi ? le monde serait devenu chrétien sans miracle ? Entré « pauvre et sans pain dans le champ, tu serais parvenu à l’ensemencer « de cette bonne graine qui devint vigne... et qui maintenant n'est « plus qu’une ronce ‘ ?
« Mais cela seul est un miracle cent fois plus grand que tous les « autres réunis ‘?! »
A ces mots, de toutes les sphères de la haute et sainte Cour, s’éleva un Deum laudamus, chanté sur une mélodie comme on n’en peut entendre que là-haut.
Puis ce Baron ?, dont les questions m'avaient conduit de branche en branche jusqu'aux plus hautes frondaisons, reprit
« La Grâce, qui se plait au commerce de ton esprit, t'a fait parler « convenablement;
« j'approuve donc tes réponses; mais maintenant il te faut dire ce « que tu crois et pourquoi tu le crois. » |
« O Saint Père — répondis-je — Ô esprit qui contemples ici l'objet « de ta ferme croyance, de cette croyance qui t'a fait dépasser l’agi-
RAR
14. Saint Pierre compare la Foi à une monnaie, et constate que la définition de Dante est de hon aloi; mais la définir ne suffit pas il faut la posséder. « Je l’ai intacte dans mon cœur », répond Dante.
15. Fondement de loute vertu, la Foi : « sine fide impossihile est placere Deo. s
16. Les parchemins anciens et nouveaux, l'antique et la nouvelle propositions, c'est-àdire l'Ancien et le Nouveau Testament.
17. Ces preuves sont les miracles produits par le Christianisme, en dehors des lois matérielles et des forces de la nature.
18. Dante ne résiste gutre à lancer, au milieu de ses plus sereines contemplations, au milieu des saints les plus pacifiques, des joies paradisiaques les plus pures, des coups de griffe à l'Eglise de son temps et à Boniface VIII, son grand ennemi. Cette vigne devenue ronce, c'est ici l'Eglise chrétienne.