Voy. ch. XIX, 35; et XVIII
5. Dante se souvient d'un encouragement déjà donné par Virgile en ces propres termes, qu'à son tour il lui répète. (Voy. XVII, 81.)
L'Enrer XXIV 185
Voulant dissimuler ma faiblesse, je me mis à parler en marchant. Et voilà que du fond de la fosse prochaine s'élève une voix qui me parut irritée,
mais dont les sons m'étaient inintelligibles, bien que je fusse déjà au milieu de l'arche passant sur cette fosse.
J'avais beau darder mes plus perçants regards, l'obscurité empèêchait mes yeux d'atteindre jusqu’au fond. Aussi je dis à mon Maître :
« Descendons ce mur et gagnons l’autre enceinte, car d'ici je ne puis « rien distinguer, ni de l'oule ni de la vue. »
« Je nete répondrai — dit-il — qu'en agissant, car une sage demande « doit être suivie d'une action silencieuse. »
Nous descendimes par l'autre extrémité du pont, à l'endroit où il aboutit à la huitième rive ; alors la bolge se découvrit à mes yeux.
Elle contenait une horrible multitude de serpents de mille espèces. le souvenir m'en glace encore le sang.
Que les déserts de Libye ne se vantent plus de produire chelydres, Jacules, pharées, cenchres et amphisbènes ?,
car, même en leur adjoignant toute l'Éthiopie et les pays qui bornent la mer Rouge #, jamais à eux tous ils ne parviendraient à fournir autant d'animaux si méchants et si venimeux.
Parmi celte quantité d’'affreux et cruels reptiles, des gens qui n'avaient aucun espoir de refuge et qui ne possédaient aucun héliotrope * couraient nus et épouvantés.
Leurs mains étaient liées par derrière avec un serpent dont la tête et la queue transperçaient leurs reins pour venir se nouer par devant {°.
Et voilà que sur l’un d'eux, qui était près du bord que nous suivions, s'élance tout à coup un serpent qui le pique à la jonction du cou et du dos.
Aussitôt le maheureux se consuma tout entier ; et, plus rapidement que jamais on ne put tracer un O ou un I, il se réduisait en cendres ‘!.
Mais, à peine tombées en résidu sur le sol, ces cendres se reconstituaient d'elles-mêmes et reprenaient aussi vite la forme qu'elles venaient de perdre.
Les grands Sages {? affirment que le Phænix ne se nourrit ni d'herbes ni de baies, mais seulement de larmes, d’encens et d'amome,
6. Les deux poètes remonteront ce même mur dans le chant XXV({, 13-15.