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fable épique , il y en a deux perdus pour raction , mais non certes pour la poésie; Tun est la peinture du ciel, Tautre celle de l'enfer. Quoique le premier abonde en détails d'un coloris pur, frais et varié , le second me paraît d'une exécution supérieure. Il est à remarquer que les poètes ont toujours mieux réussi à peindre Tenfer que le ciel. Serait* ce que le génie tourmenté de Tbomme est inhabile à ^gurer rintini des joies? Toujours est-il que Tenfer de M. Alexandre Soumet est un morceau d'une touche vigoureuse, et il résulte des couleurs morales, substituées par lui aux tourments physiques de Dante, une grande diversité possible de supplices d'un haut effet poétique. La Vision de la chaîne ouvre la série des tortures décrites, et présente à l'imagination un tableau bien capable de la vivement émouvoir. Un maudit passe son éternité à gravir le long d'une chaîne , dont chaque anneau renferme une àme que l'exemple de ce réprouvé a conduite au crime, si bien qu'à chaque degré de sa perpétuelle ascension au puits de feu , une voix accusatrice retentit à son oreille. Le supplice des mères criminelles, dont chaque baiser fait éclore une ride au front de leur enfant, n'est pas une idée moins tragique.
Le style de la Divine Épopée, style brillant, large, figuré surtout, se déploie avec une ampleur cadencée qui dénote une grande science de la période et un sentiment exercé de l'harmonie. On voit que l'auteur dispose du vers comme d'un instrument fait à obéir à sa fantaisie dans tous ses caprices.
<c Versificateur expérimenté , M. Alexandre Soumet n'ignore aucun des secrets de l'art, et ne néglige rien pour atteindre la perfection théorique de la forme. Sa rime est d'une richesse a désespérer M. Hugo lui-même.»
Après avoir cité des vers d'une grâce et d'une fraU cheur incomparable , el des vers d'une majestueuse simplicité , M. Auguste Desplaees continue ainsi :
<f Je dois ajouter que M. Alexandre Soumet a enrichi son livre de comparaisons nombreuses, dont quelques-unes frappent les yeux de leur éblouissant éclat poétique. On dirait de grands médaillons, suspendus à distances , aux parois d'un temple.
M. Théophile Gautier, l'un des détracteurs les plus ardents de la Divine Épopée, écrit dans ul Reyue des Deux-Mondes :
« Les treize visions sont des morceaux d'un grand mérite, et le tableau de la coquette brûlée par ses pierreries et contente de son supplice, pourvu qu'elle garde sa beauté, est un morceau d'un éclat et d'une élégance peu communes. L'homme qui monte du fond d'un puits le long d'une chaîne dont chaque anneau représente un de ses crimes , est une invention digne du poêle florentin. Le récit de Néron a vraiment la grande,ur et la simplicité antiques.
M. Antoni Deschamps dans la Fbange littébaire :
« Celte conception est grande, et on doit savoir gré au poète d'avoir laissé bien loin derrière lui , quant au choix du sujet, tous les imitateurs de l'épopée homérique: lia tenté une nouvelle voie et il a réussi. Fidèle aux traditions antiques dans son culte pour le beau dégagé de tout alliage, M. Alexandre Soumet rappelle souvent la manière de Racine , son style est large et harmonieux, et , s'il manque un peu de contrastes, en revanche il a tout l'éclat, toute la pureté des grands écrivains delà Grèce et de Rome.
Homère, Virgile, Tasse, Gamoens, Klopstock, Milton luimême, sont des poêles de la même famille ; la lyre épique n'a qu'une corde pour eux , la corde sublime : Dante seul en a ajouté une seconde à cette lyre divine, et c'est par elle qu'il existe , qu'il vit de sa vie propre et indépendante et qu'il prend fièrement sa place après les deux premiers et
avâÂt tous \eé ànt^s, qui , malgré leur gërife, né sont que des fleuves sortis de la grande urne d*Iïomère.
et Bl. Alexandrie Soumet ùe récusera pas celle noble orî- ^ne, lui le chantre de Clytefhnèstre , de Saiil; car, ainsi que nous Favons dit plus haut, s'il a secdUé le joùg classique dans le choix de son sujet , il a cependant conservé Tunité et la sévérité constante du ton , qui sont les principaux attributs de la poésie antique. »
M. Edouard d'Anglemont, dans un jountôl semipériodique :
« Plus heureuse que tant de belles œuvres méconnues à leur naissance , que tant de grandes créations qui n'ont reçu que d'une longue suite d'années leur auréole de gloire, LAÏ)iTiNE Epopée est déjà jugée; déjà la magnifique composition de IMl. Alexandre Soumet est regardée par tous les bons esprits, comme le plus beau poëme qui ait été publié en notre langue. La Henriade , Ce récit sans intérêt, sans imagination, sans coloris poétique, sans feu sacré , avec son appareil allégorique , avec ses vers monotones.
D'une moitié de rime habillés au hasard.
cet ouvrage , dont il fallait bien nous contenter faute de mieux , et qui a eu l'honneur insigne d'être enfermé dans le piédestal de la statue de Henri IV, ne peut , sous aucun rapport , être opposé à l'œuvre de M. Alexandre Soumet : ïes compaiteï Serait un blasphème ! ce serait mettre en parallèle l'ange et l'homme! — Le Paradis perdu, tant rabaissé par la mesquine jalousie de Voltaire , malgré les détails absurdes et ridicules qui le déshonorent, est à notre sens le seul poème épique des temps modernes qui puisse lutter contre la Divine Épopée. Le livre de M. Alexandre Soumet est une vaste et éubiime conception dont toutes les parties s'harmonisent mervêtrteusement, dont l'action, en coniraditlion, il eét vrai, afe6 t*aUtorîté dès conciles, mais con-