‹ La divine épopéeChapitre 8 sur 18 · L'AN6£ DES MERS · texte numérisé non relu

L'AN6£ DES MERS

Sémida, tu meurs et je descends du trône ;

renferme en ton eearcoeil ma Umpide ecraromie ;

Des ombrai de ta mort mon regard s'est voilé,

Je perds trop de splendeurs poinr être consolé!

Ce monde ^k à moi... mon flot que rien n'altère

Disputait aux volcans le noyau de la terre;

Je m'y CRusais ma rcrate, et duique sept mille ans.

Pour submerger ses monts je sortais de ses flancs.

J'emportais, je etei^ea» sa verdoyante rc^

Et j'étais, a^pès Dieu, l'arciiitecte du glofie;

Et ne cherchant que moi dans leur course sans fin,

Tous les fleuves baisat^it mes pieds de sâBi^iiin.

C'est ma main qui dressait les vagues des d«ux pôks

En étages ^acés de fumantes ccmpoles ;

Et puis, pour démolir leur stérile hauteur.

Mon vol allait chercher les vents de Té^uiteur :

Préparés au combat, ces vents, comme une armée.

Suivaient, chaque printnnps, leur route aocoutamée,

En poussant vers les blocs dont l'hiver est gardioi

Les courants attiédis du flot torndien.

Attaquée à sa cime, attaquée à sa base,

La coupole croulait sur la mer qu'dle écrase;

Elle croulait... sauvant du choc retentissant

Chacun de ses cristaux en mont éblouissant.

Des fleuves en tombaient plus grands que FAniasoM,

Et ces pics de glaçons allai^t, de zone 9& zone,

Étaler au soleil leur prisme voyageur.

Vers l'océan du Sud promener la frateheur ;

Et leur vapeur, volant sur la terre épuisée,

Lui versait la jeunesse en perles de rosée.

Si je frappais les eaux de mon pied souverain.

Jaillissait jusqu'au cieux le volcan sous-marin ;

Et la trombe à grand bruit, smr Tâém^it Mquide.

LA FIN DU MONDE. ti9

Tombait d'un pli flottait de ma eeintare haimd«. Livrant mon aile verte aux feux blancs de Téclair, J'emportais l'Océan dans tes plaines de Fair. raiguiUonnais l'orage, et ma main, sous la brume, Me suspendait aux crins de mes coursiers d'écume. La forêt de corail dans mes flancs végétait; La vie à gros bouiUons de ïnes vagues sortait; £t j'alimentais seul les sources étemeltes Que la terre versait par toutes ses mamelles. Symbole universel de la fécondité, Quels cbants à mon pouvoir voua l'antiquité!

Oh ! quel oithousiasme a couru sur mes grèves. Quand la Grèce en riant les peuplait de ses rêves; Lorsque Honore chantait, lorsque, de flots en flots, MoB soulQe balan<^it les fêtes de Délos; Lors^pie briUait aux yeux des poètes sublimes La moitié de l'Olympe au fond de mes abîmes; Et que l'on saluait d'harmonieux transports Vénus, fleur lumineuse, édose sur mes bords ; Ou que, mille ans plus tard, m'enivrant d'autres fêtes, L'anneau ducal d'un doge épousait mes tempêtes. Quel silence à présent sur mes rocs désolés! ! ! Seigneur, j'ai fait ma tâche, et vous me rappelez! J'ai bercé, chaque jour, au vent de ma poitrine. Le nid de l'alcyon sur la vague marine.

J'ai servi de tombeau, sans que rien ait surgi, Aux batailles tonnant sur mon gouffre rougi ; £t Léviathan seul pourrait compter le nombre Des trésors que mon flot possède sous son ombre! Seigneur, j'ai fait ma tâche, et je pleure pourtant, Tout prêt à remonter vers le ciel qui m'attend ; Je pleure cette vi^ge à notre amour ravie !

a*» CHANT VU.

Qui sur le globe encor faisait flotter la vie. Je pleure l'univers, et de ce grand trépas Mon immortalité ne me console pas ! ! !

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