‹ La divine tragédie, poèmeChapitre 2 sur 63 · OBLATION · texte numérisé non relu

OBLATION

(( Humain, trop humain », a dit l'autre.

Non, jamais trop, jamais assez!

Par-dessus les temps entassés

Cette gloire sera la nôtre

D'avoir fait tenir le divin

Dans les parois du cœur humain! ^

La guerre la plus inhumaine

Tombe au néant des profondeurs.

Seul l'humain subsiste et s'enchaîne

Aux grandes conquêtes du cœur.

Guerre terrestre, aérienne.

Tout disparaît. Ce qui s'accroît,

C'est le territoire des âmes.

Là, nul ne s'y sent à l'étroit.

Il est d'acier. Rien ne l'entame.

Toute noblesse y fructifie...

De l'universelle folie

De ce grand drame, ne retiens Qu'une expression de la vie.

Poète ! Ne compte pour rien L'autre phase du sacrifice. Rien ne demeure, — hors l'humain.

Deux vastes forces créatrices Se partageaient jadis le monde.

Qu'un unique amour les confonde !

Et comme le prêtre au calice.

Lorsqu'il mêle l'eau et le vin, Mêlons aussi les deux espèces :

Mêlons rhumain et le divin.

Pareille au breuvage des messes Faisons-en la substance unique.

Et toi, sanctificateur, Saisis le calice mystique Oii s'amalgame la liqueur.

Puis, à la face du ciel bleu.

Lève le calice.

Et bois-le.

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