‹ La divine tragédie, poèmeChapitre 4 sur 63 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

Ces fruits : Science et Conscience

Parvenus à maturité,

Tout cela c'était la naissance

Chaleureuse de notre été !

Le mot de passe était : Lumière.

Je n'en connais pas de plus beau,

Surtout quand le cœur s'accélère

Pour accourir vers le flambeau I

Hélas! un rude coup d'épée

A partagé le monde en deux.

Rien jamais fut-il plus hideux

Que ce mensonge d'épopée.»^

Tu t'appelles u Mort », capitaine!

Héros, tu t'appelles « Forçat. »

Je tends les mains : mets-moi la chaîne!

Désormais je serai cela,

Cela : ton esclave, ô matière!...

Tant pis! Si tout est à refaire.

Bah! les autres le referont!

En attendant que vienne l'âge

De déboucler les ceinturons,

Soumettons-nous au paysage.

Mon pays n'est plus qu'un tombeau

Sur lequel dans la pierre dure

L'homme a gravé sa signature,

Chaque soldat, son numéro.

Ceux qui tombèrent ont signé

Comme on signe au bas d'un tableau,

Xorsque l'ouvrage est terminé.

Et qu'on dit aux races futures :

(( Effacez, quand vous ferez mieux.

Sans hésiter, nos signatures. «

0 vallonnements radieux.

Paysages de mon pays

Qui portez ces noms mal écrits,

Déjà grattés par l'herbe verte,

Je reste devant vos décombres.

Triste et la tête découverte.

Mais parmi ces fosses sans nombre

Qui couvrent tout un quart de France

Ma foi renaît. J'ai confiance.

Que ce livre soit le registre

Où leur gloire est contresignée,

Où l'on tient le compte sinistre

De ces morts semés à poignées !

Qu'il soit l'ossuaire où repose

L'espoir humain trop tôt couché.

Drapé dans son apothéose,

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