DEDICACE
Ces fruits : Science et Conscience
Parvenus à maturité,
Tout cela c'était la naissance
Chaleureuse de notre été !
Le mot de passe était : Lumière.
Je n'en connais pas de plus beau,
Surtout quand le cœur s'accélère
Pour accourir vers le flambeau I
Hélas! un rude coup d'épée
A partagé le monde en deux.
Rien jamais fut-il plus hideux
Que ce mensonge d'épopée.»^
Tu t'appelles u Mort », capitaine!
Héros, tu t'appelles « Forçat. »
Je tends les mains : mets-moi la chaîne!
Désormais je serai cela,
Cela : ton esclave, ô matière!...
Tant pis! Si tout est à refaire.
Bah! les autres le referont!
En attendant que vienne l'âge
De déboucler les ceinturons,
Soumettons-nous au paysage.
Mon pays n'est plus qu'un tombeau
Sur lequel dans la pierre dure
L'homme a gravé sa signature,
Chaque soldat, son numéro.
Ceux qui tombèrent ont signé
Comme on signe au bas d'un tableau,
Xorsque l'ouvrage est terminé.
Et qu'on dit aux races futures :
(( Effacez, quand vous ferez mieux.
Sans hésiter, nos signatures. «
0 vallonnements radieux.
Paysages de mon pays
Qui portez ces noms mal écrits,
Déjà grattés par l'herbe verte,
Je reste devant vos décombres.
Triste et la tête découverte.
Mais parmi ces fosses sans nombre
Qui couvrent tout un quart de France
Ma foi renaît. J'ai confiance.
Que ce livre soit le registre
Où leur gloire est contresignée,
Où l'on tient le compte sinistre
De ces morts semés à poignées !
Qu'il soit l'ossuaire où repose
L'espoir humain trop tôt couché.
Drapé dans son apothéose,