XIV DISCOURS PRÉLIMINAIRE
honneurs divins, Jésus ne craint pas de dire en défiant les Juifs de le convaincre de péché : a Je suis descendu du ciel et sorti du sein de Dieu. J*étais avant les collines , avant Abraham ; je suis la vérité, la résurrection, la vie; mon père et moi, nous ne sommes qu'un. Croyez-en mes œuvres , afin que vous connaissiez que mon père est en moi et moi dans le Père. » Quand ces paroles scandalisent , loin de les rétracter, il les èonfirme. Il veut que Pierre reconnaisse qu'il est le Christ, le fils du Dieu vivant, et cette confession de sa divinité est Torigine du sacerdoce qu'il lui communique.
£n vain on l'accuse devant Hérode d'aspirer à la royauté, devant Pilate de soulever les peuples, comme il s'est dit Dieu , fils de Dieu , égal à Dieu , tout se décide au tribunal du grand Prêtre. Entendez son interrogatoire.
Les deux pontifes sont en présence , le pontife de l'ancienne loi, le pontife de la nouvelle alliance , le pontife choisi pour une année , le pontife consacré dès l'éternité. Je vous adjure au nom du Dieu vivant , dit le grand-prétre , de nous déclarer si vous êtes le Christ , le fils de Dieu. Jésus répond : vous l'avez dit : je suis le Christ , et je vous déclare que vous verrez venir sur les nuées du ciel le Fils de l'homme assis à la droite de Dieu. A ces mots le grand-prétre s'écrie que Jésus a blasphémé , il déchire ses vêtements et prophétise ainsi sans le savoir, selon saint Léon , qu'à Jésus-Christ appartient désormais le souverain sacerdoce.
Ses ennemis l'envoient à Hérode, tous veulent échapper au crime de sa mort. Yaines précautions ! Inutiles détotirs de la faiblesse et de la lâcheté ! La loi de Tétat l'absout , la loi romaine le "reconnaît innocent, il faut en revenir à l'accusa-
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tioB de blasphème, à la première sentence de Caiphe, et quand Pilate hésite: Nous avons une loi , disent les prêtres, et selon cette loi il doit moorir parce qu*ii s'est dit Bien. Déjà les Juifs avaient voulu le lapider dans le temple en disant : a nous ne te lapidons pas pour tes bonnes œuvres , mais a cause de tes blasphèmes , parce qu'étant homme tu te fais toi-même un Dieu. »
Ainsi vous le voyez , on ne peut convaincre Jésus de péché; ses ennemis ne peuvent Taccuser d'un mensonge; son crime, c'est sa mission, c'est sa gloire; son crime, c'est de s'être dit, c'est d'être le fils éternel de Dieu.
Voilà pourquoi la croix sur laquelle il est attaché va devenir l'instrument de sa victoire, la preuve éclatante de sa divinité. Les disciples témoins de ses prédictions et de ses prodiges ont disparu , aucun de ceux qu'il a ressuscites ou guéris ne vient déposer en sa faveur. Ceux qui lui rendaient témoignage au Jour de son triomphe , et qui racontaient la résurrection de Lazare , se taisent au milieu de ses opprobres. Mais Jésus-Christ a mis toute sa confiance en son père , son père ne lui manquera pas. La vérité ne peut être étouffée ni par le sang de la victime , ni par les clameurs de la multitude , ni par les jugements iniques. Jésus-Christ est le Messie, il est fils de Dieu , égal à Dieu , le bois de sa croix sera plus puissant que la verge miraculeuse qui ouvrit un passage dans la mer Rouge et fit sortir l'eau du rocher, son tombeau va devenir un trône, sa croix l'étendart de sa gloire.
A défaut de ses disciples , à défaut des Juifs , le malfaiteur qoi expire à ses côtés reconnaît sa divinité, et lui demande âne place dans son royaume. Le centenier qui veille à son
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supplice déclare qu'il est vraiment le fils de Dieu, Verè hic homo filim Dei, Le voile du temple se déchire, les pierres se fendent, les tombeaux s'entr^ouvrent Jes morts ressuscitent, les ténèbres couvrent la terre, la nature entière rend témoignage à sa divinité. Les anciens oracles sont accomplis. U n'est pas possible d'en douter. Jésus-Christ est ce Messie qui devait être mis à mort selon Daniel , dont les pieds et les mains devaient être percés , selon David , qui devait être conduit à la mort comme un agneau , selon Isaïe. Dieu Tavait signalé d'avance à l'adoration de l'univers.
La Judée vient d'être témoin de ses opprobres , le monde sera rempli de sa gloire. Dieu lui-même va réaliser les nouveaux oracles , les prédictions de son Fils , et dire à funivers, conmie autrefois sur le mont Thabor : Celui-ci est mon fils bien-aimé , écputez-le.
Jésus Christ n'avait pas seulement annoncé à ses disciples qu'il serait crucifié, que Pierre serait le chef de son Eglise ; il avait dit que Jérusalem 3erait assiégée , qu'il ne resterait pas pierre sur pierre du temple, et que l'univers viendrait à lui lorsqu'il aurait été élevé sur la croix.
Il pleurait sur Jérusalem quand le peuple venait en foule à sa rencontre et le recevait en triomphe ; et dans le lieu même témoin des larmes de Jésus-Christ , une légion romahie commence ses attaques contre la ville déicide!
Au temps de Pâqties, époque de sa mort, quand la génération qui avait vu Jésus-Christ subsistait encore , en trois jours s'élève cette étonnante muraille, cette cireonvallation prédite par le Sauveur, et qui enferme comme dans un tombeau les Juifs accourus de toutes parts à cette solennité. G*est
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la remarqae de Josèphe, Thistorien des Juifs; et pour que le crime fût rendu plus évident par la punition, tous ceux qui voolurent franchir cette muraille furent flagellés et cruciûés, et le nombre en fut si grand, ajoute Josèphe, qu'il n'y eut plus d'espace pour planter des croix, et que le bois manqua pour en faire. SpctHum crucibus deerat et corporilms cruces,
Qu*an seul périsse pour le salut de tous , avait dit Caîphe , et tons périssent pour la mort d'un seul : onze cent mille morts expient une seule mort.
Ne pleurez pas sur moi, pleurez sur vous et sur vos en* fants , disait Jésus aux filles de ,Jérusalem qui raccompagnaient au Calvaire; heureuses les stériles, car en ce jour l'affliction sera extrême I Et nous lisons dans Josèphe : « Je ne crois pas qu'une ville ait jamais souffert une misère semblable à celle de Jérusalem. »
n n'est pas une circonstance de la Passion qui ne prouve la divinité de Jésus-Christ
Quand Fllate dit au peuple : Voici votre Roi , le peuple s'é* cria : Nous ne voulons pas qull règne sur nous , nous n'avons pas d'autre roi que César. Peuple insensé ! tu n'auras pas , en effet , d'autre roi que César, César viendra; mais César, le plas doux des empereurs romains, sera pour toi un tyran impitoyable , le vengeur le plus terrible , le ministre le plus implacable de la vengeance divine. Désormais tu n'auras plus de roi de ta nation ; étranger dans tout l'univers , tu subiras le joug de tous les maîtres, tu seras soumis aux Césars de tous les temps et de tous les lieux , parce que tu as crucifié ton roi au moment où il allait devenir le roi des nations.
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Jésus-Christ avait dit que le temple et Jérusalem seraient détruits : le vainqueur ordonne de renverser toutes les murailles , et tout fut tellement aplani , au rapport du même historien ^ que personne, à la vue du lieu où fut Jérusalem, n'aurait pu soupçonner qu'une ville eût existé là autrefois.
Le vainqueur veut sauver le temple. Dans un conseil, il est arrêté qu'il sera épargné , comme un monument de la grandeur romaine ; mais un soldat , poussé par une force divine, lance la flamme qui dévore cet édifice auguste, et Josèphe ly'oute cette réflexion aussi inconcevable que Taction du soldat romain : a Dieu avait condamné ce temple à être consumé par les flammes. »
Mais avant que le seul temple où Dieu était adoré fàt détri|it ; avant que le flambeau qui brillait aux yeux des nations s'éteignit à Jérusalem , il fallait que la lumière de la vérité fat portée dans un autre lieu. Eh bien I au moment même où les Romains pénétraient dans la Judée pour punir sa révolte, saint Pierre et saint Paul entraient dans Rome; au moment où 1^ idoles romaines étaient arborées dans la ville sainte, la croix était plantée dans la ville des Césars , et cimentée avec le sang de Pierre et de Paul , elle n*a cessé d'y subsister jusqu'à ce jour,
Jésus-Christ, disait autrefois saint Jean-Chrysostôme , a bâti son Eglise sur la pierre, rien ne l'a pu renverser; il a renversé le temple, rien ne l'a pu relever : nul ne peut abattre ce que Dieu élève , nul ne peut relever ce que Dieu abat.
Que son sang soit sur nous et sur nos enfants , s'écriaient les Juifs en parlant de Jésus-Christ , et le sang qui nous sauve les perd ; la bénédiction est sur nous , la malédiction sur eux :
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la malédiction, pour parler comme le prophète, leur tient b'ea de vêtement et de ceinture , elle entre dans leurs os comme Doe huile enflammée. Et cependant , si Jésus-Christ n'est pas Dieu, les Juifs ont vengé Thonueur de Dieu ,Jls ont eu raison contre lui , il est venu séduire le monde , se placer à eôté du Très-Haut , plonger Tunivers dans une nouvelle idolâtrie. Mais alors pourquoi Dieu a-t-il mis Jésus-Christ dans la gloire et les Juifs dans l'opprobre , et que voudrait dire la plus grande calamité qu'ait jamais soufferte aucun peuple , si elle n'avait été envoyée pour punir le plus grand des crimes?
Le peuple , qui demandait que Jésus-Christ descendit de la croix afin de le reconnaître comme Dieu : Si rex Israël est , descendat de cruce et credamus ei , s'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix , et nous croirons en lui , peut voir aujourd'hui s'il n'en est pas descendu , et s'il n'est pas assis à la droite du Tout-Puissant , ainsi qu'il le disait à Caïphe. La croix est maintenant plantée dans tous les lieux où les Juifs sont dispersés sans autels , sans pontife , sans roi , sans territoire, sans oracles. Allez à Jérusalem, vous n'y trouverez qu'un tombeau , l'objet des adorations et du respect de l'anivers; allez à Rome , vous y verrez la royauté spirituelle du monde , et la croix , après avoir passé du lieu infâme des supplices sur le front des empereurs , surmontant aujourd'hui toute la splendeur ro*naine. Les apôtres et les pontifes ont remplacé au Gapitole les Césars et les faux dieux. Le soleil est-il plus éclatant que ces prodiges? Le Verbe incamé est-il moins visible que l'astre du jour? Le monde a été changé par la mort de Jésus-Christ. Lft
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mort termine ordinairement Tœuvre des antres hommes. G*est du haut de la croix que Jésus-Christ commence la sienne. Il meurt , et sa mort remue tous les cœurs , elle crée un monde nouveau. Quand il a été sur la croix , le monde est venu , la conversion des hommes s'est opérée , les idoles sont tombées et la superstition a été vaincue ; runité de Dieu a conquis Tunivers , et la croix adorée a produit des martyrs , des saints , des vierges^ des solitaires , des docteurs. L'Eglise ^fin est sortie du bois du Calvaire comme du bois de Farbre de la science du bien et du mal étaient sortis tous les pécheurs.
Jésus-Christ , le Rédempteur promis au monde , n'avait pas seulement annoncé à ses apôtres qu'il serait raillé, flagellé , crucifié ; il leur avait dit plusieurs fois que , le troisième jour après sa mort, il ressusciterait : Ce n'était pas seulement à ses disciples, mais à ses ennemis mêmes que Jésus-Christ avait ainsi parlé : « Abattez ce temple , leur disait-il, et je le rebâtirai en trois jours. J'ai le pouvoir de quitter la vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre : Ce peuple demande un signe, il ne lui en sera point donné d'autre que le signe de Jonas , le miracle de la résurrection. » Voilà la marque éclatante de son autorité , le signe principal que Jésus- Christ donne de sa mission , signe qui l'élève au-dessus d'Elie et de Moïse , signe de la puissance qui réside en sa personne, signe auquel tout l'univers doit reconnaître i'Homme- Dieu.
Je suis le fils du Dieu vivant, avait dit Jésus-Christ à Caîphe, et Jésus avait été condamné à mort comme blasphémateur. Il faut donc pour confondre ses ennemis que Jésus-
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Glirist montre dans son sépulcre qu*il est le Fils de Dieu , et le Fils de Thomme , rhomme libre au milieu des morts, dont parle le Roi prophète.
L'idée que le Messie ressusciterait et que Jésus-Christ avait annoncé qu'il sortirait du toipbeau était répandue par* mi les Juifs : « Nous nous souvenons , disent les princes des prêtres à Pilate , que ce séducteur a répété plusieurs fois durant sa vie qu'il ressusciterait au troisième jour, » et ils demandent des gardes, dans la crainte que les apôtres ne viennent enlever son corps. Si l'on faisait croire au peuple qu'il est ressuscité , cette erreur, ajoutent-ils, serait pire que la première : « Vous avez une garde , répond Pilate , faites ce que vous voudrez de Jésus. » Admirable disposition de la Providence I « Si Pilate eût envoyé ses gardes, les Juifs, dit saint Jean-Chrysostôme, auraient pu se défier de la fidélité de soldats dont ils n'auraient pas été les mattres ; Dieu a ôté ce prétexte à leur incrédulité. »
Jésus-Christ avait été enseveli dans un tombeau , couvert d'on linceul , les pieds et les mains liés, le corps chargé de myrrhe et d'aloes. Une pierre énorme était placée à l'entrée do sépulcre , où avait été apposé le sceau de l'Etat. Le Pasteur était mort , les brebis dispersées. L'effroi régnait parmi les apAtres, et pleins de confusion, ils se croyaient réduits à reprendre leur première vie et à devenir la risée du peuple, car seuls ils n'avaient pas compris la promesse de la résorrection : Jérusalem était attentive à ce qui se passait au tombeau du Christ. Le spectacle de la Passion du juste était encore présent à tous les esprits ; on redisait ses paroles, ses prodiges, ses opprobres, son jugement, lorsque Pierre qui
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avait renié Jésns-Ciirist à la voix d*une servante, et Jean, qui avait fui an Jardin des Olives, paraissent devant leis princes des prêtres et les docteurs de la loi et les accusent d'avoir crncifié le Messie^ le fils éternel de Dieu.
Les saintes femmes ont entendu Tange du Seigneur leur dire : Jésus est ressuscité, il n^est plus ici. Les gardes ont va un ange ouvrir le sépulcre , et son visage briller comme un éclair. Tous ces témoins ont rempli Jérusalem du récit de ces grands événements. La synagogue se trouble , le conseil s'assemble.
Pourquoi les apôtres désespérés de la mort de Jésus , timides et tremblants Jusqu'à renier leur maître , se présentent^ils au milieu des rues de Jérusalem ? Jésus-Christ a paru devant eux ; non une seule fbis, mais à plusieurs reprises ; non pas à quelques-uns , mais à tous. Pendant quarante Jours , ils Font vu s^asseyant à table avec eux , leur montrant ses pteds, ses mains, son côté percé d'une lance; ils Font vu près du tombeau , dans la Galilée, sur le chemin d'Emmaûs à Jémsa^ lem, dans le cénacle, sur les bords du lac de Génésareth. Ils ont en beaucoup de peine à croire ce qu'ils voyaient de leurs propres yeux. Lorsque les saintes femmes sont venues parler de Tapparition des anges aux apôtres , les apôtres n'ont pas cru. Les disciples d'Emmaûs disaient à Jésus-Christ qu'ils ne reconnaissent pas : Nous espérions que celui-ci serait le rédempteur d'Israël. Qui ne sait comment Thomas, avant de croire, voulut toucher le côté et les mains qu'il avait vu percer? « Heureuse incrédulité, dit saint Hilaire, qui a contribué à la foi de tous les siècles !» Le doigt de Thomas , dit saint JiBan-Chrysostôme, est le mattre et le docteur de l'univers.»
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A ces témoignages qu^opposent les prêtres ? Ils hésitent, ils font répandre le bruit que les disciples sont venus enlever le corps de Jésus-Christ, ce corps porté publiquement au tom* beau y gardé avec soin , et que Ton ne trouve plus. C'est ici le fait le plus important de Thistoire. Il s'agit pour Funi vers de savoir qui dit vrai des Chrétiens ou des Juifs ; il s'agit de savoir si le corps de Jésus-Christ a été dérobé du tombeau , ou s*il en est sorti victorieux. Rien nMntéresse plus Thumanité tout entière que la résurrection d*un de ses enfants.
Le tombeau est ouvert , la pierre qui était à l'entrée renversée , le corps de Jésus-Christ n'y est plus , ce corps qu'il suffisait de présenter pour confondre les apôtres et soulever rindignation contre une imposture publique , qu'est-il devenu ? Les Juifs disent que les disciples l'ont enlevé ; mais des soldats veillaient autour du sépulcre ; toute la nation juive avait le plus grand intérêt à ne pas être accusée d'avoir crucifié le Messie , et les soldats sont des Juifs. « Folie , disait saint Augustin ^ si les soldats veillaient , comment Font-ils souffert ? S'ils dormaient, comment ont-ils su ce qu'on leur fait dire ? v
Si Jésus-Christ n'est pas ressuscité , son corps est entre les mains des princes des prêtres; si les apôtres Font enlevé, les princes des prêtres, maîtres de toute la force publique , vont dévoiler Fimposture. Il est impossible aux criminels de cacher le corps de leur victime; le fleuve le rend à ses rives, la trace du sang ne se perd pas; en vain on déchire les membres pour les disperser, ils se retrouvent toujours. Le corps a-t-il été brûlé, une enquête peut diviser