XXVI DISCOURS PRÉLIMINAIRE
Gomment comprendra, en effet, sans la résurrection de Jésus-Christ , les tergiversations , la faiblesse des Juges d*bj raël ? Pourquoi ne poUrsuivent-ils pas les apôtres ? Pourqadf ne condamnent-ils pas les soldats? Ils ont fait garder le sé<^ pulcre ; les soldats qui se sont endormis ont manqué à lepn premier devoir et méritent la mort. Pourquoi leur distribofll une somme considérable , pecuniam copiosam ? Ppurqiua leur commander le silence, ainsi qu'aux apôtres ? Pourquoi, les soldats ne sont pas les premiers témoins de la résurrec«*.l tion , et les apôtres les seconds ? Les chefs dlsraêl ont mourir Jésus-Christ parce qu'il s'est dit Dieu , ils ront pour-^ suivi comme blasphémateur ; le grand-prêtre a déchiré flei^ vêtements, tous les anciens, tous les docteurs de la loi on» condamné le juste ; le peuple a demandé par ses clameoit* qu'il fût crucifié ; et les princes de la nation se contentenWJ d'abord de renvoyer, en leur recommandant le silence , dfi% hommes qui disent que Jésus-Christ est ressuscité par sa propre vertu, qui accusent toute la nation d'avoir crucifié le Messie , le fils éternel de Dieu ; des hommes qui , suivant princes des prêtres, auraient rompu les sceaux publics , violé la sainteté du sépulcre ; des hommes qui accréditent , qui en*, seignent une opinion que les chefs d'Israël ont déclaré pinl: funeste que la première ; des hommes qui font peser sur toute: leur nation le crime du déicide. Mais enfin le grand-prétre s'inquiète des progrès de l'Evangile , les apôtres sont amenés devant lui au milieu des anciens du peuple. Ecoutez leurs • premières paroles : Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésos que vous avez fait mourir en l'attachant à une croix. Le pontife , transporté de colère , demande leur mort. Mais Ga
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xxvii
naliel se lève : Si cette entreprise vient des hommes , dit-il , die tombera d'elle-même; mais si elle vient de Dieu, vous ne sauriez Tempécher. Les anciens du peuple décident comme loi , et les apôtres sont mis en liberté. Les princes de Jérusalem comprennent donc que celui qui a ressuscité Lazare a Uen pu se ressusciter lui-même. L*effroi des gardes, Tintrépidité des apôtres parlent assez haut. Mais, dira-t-on, si la i lésarrection leur est prouvée , pourquoi ne proclament-ils pas que Jésus-Christ est le Messie ? parce que Torgueil et Tintèr^t leur ferment la bouche, parce que la Jalousie , Tambi- Ikm, le soin de leur réputation et de leur puissance les rendent aveugles. S'ils reconnaissent la mission de Jésus-Christ, Bfaut avouer qu'ils ont mis à mort le fils de Dieu, celui qu'a^ tadent les Juifs. Le peuple criait hosanna ! gloire au fils de David, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, quand KsQS'Christ est entré dans Jérusalem. Le peuple proclamait lie Sauveur. Mais les prêtres et les pharisiens ont poursuivi I ^us-Christ , en Taccusant d'imposture et de blasphème. Si b mission de Jésus est reconnue , les chefs d'Israël ont altéré l'Ecriture , obscurci la lumière des prophètes, porté la Dutin sur le Christ; juges et bourreaux du Messie , ils ont à tedouter le supplice qu'ils ont fait 3ubir au juste ; ils ont tout è craindre du peuple qu'ils ont trompé.
Tous les intérêts humains s'opposent donc à l'aveu des pharisiens comme à la confession des apôtres. Les apôtres avaient à vaincre tous leurs préjugés. Si Jésus-Christ n'est pas ressuscité, tout est contre eux , la terre , le ciel , la synagogue, les gentils , mais ils ont triomphé de tous ces obstacles , donc ils ont vu Jésus-Christ ressuscité. Tout empêche l'aveu des