Les Actes des Martyrs , appelés Seillitains
irnin , proconsul d'Afrique , interrogea les martyrs , de les envoyer à la mort. Parmi eux , était un chré- )mmé Spérat, à qui le proconsul demanda sll contià vouloir rester chrétien. Il répondit : « Oui , je le suis !; c'est la grâce que j'ai reçue et que j'espère conserver à la fin, non par mes propres forces., mais par la bonté îu. » Tous ceux qui étaient avec Spérat ayant fait la réponse, le proconsul leur offrit un délai pour rece- 3ur dernière déclaration. « Il n'y a point à délibérer ,
répondit Spérat , dans une chose si juste ; fidtes ce que iroof voudrez ; nous mourons avec jolé pour Jésus-Christ » Satn^ nin demanda quels étaient ces livres, devant lesquels Us N prosternaient en les lisant : Spérat dit que c'étaient les quatre Evangiles de notre Seigneur Jésus-Christ, les Ëpltresde l'apôtre saint Paul , et toute l'Ecriture inspirée de Dieu (B»- ^ zon. sur Tan 202 ).
' An 202. — Judeet les Anonymes,
Jude écrivit sur les soixante dix semaines de Daniel (En* \. sèb., liv. 5, cap. 27). Il continuait dans cet ouvrage la sop* j: putation des temps , jusqu'à la dixième année du r^gne de i Sévère, de Jésus-Christ 202. ï
Un des auteurs anonymes dont parle Eusèbe ( liv. 5 , du § 27 ), écrivit un livre contre Artémon, hérétique de ce temp§- '^ la , qui soutenait que Jésus-Christ était seulement homme. L'auteur dont parie Eusèbe avait intitulé son livre , le Lih byrinthe. Il y démontrait que ceux qui enseignaient Fhérésle d'Artémon, avaient tort de se vanter de ne rien enseigner hors des doctrines orthodoxes, puisque les auteurs ecclésiastiques qui avaient écrit jusqu'alors (sous le pape Victor), tels que saint Justin , Miltiade , Tatien , saint Clément, saint I renée, saint Méhton et plusieurs autres, avaient tous cm et proclamé que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Il ajoutait en preuves les hymnes et les cantiques que les Chrétiens avaient composés dès le commencement de l'Eglise , et daus lesquels ils confessaient publiquement que Jésus-Christ est le Verbe de Dieu et Dieu lui-même; il prouvait la même vérité par rexcommunication du pape Victor contre Théodoté.
DE JËSUS-QIRIST. 9i
fin 204. — Saint Hippolyte^ évéqne et martyr , docteur
de l'Eglise.
Ptirmi les ouvrages qne saint Hîppolyte nous a laissés, on remarque une homélie intitulée : D'un setU Dieu en trois 'Personnes et de Pincamation , contre Thérésie de Noétius. il nous reste entière celle qu'il composa sur la Théophanie , m présence de Dieu parmi les hommes , prouvée par son in« samation et par le baptême qu'il reçut des mains de saint lean. Il dit que, pour rendre plus sensible la profonde humilité du Christ , il a permis que celui qui est Dieu , Sauveur Bl Créateur du monde , fût baptisé par saint Jean. Saint Hippolyte traite des deux natures qui sont en Jésus-Christ, et, parcourant les actions de la vie du Sauveur, il distingue avec Min ce qui se rapporte à sa nature divine et à sa nature humaine. « Celui , dit-il , qui reçoit le baptême descend avec M dans le bain de la régénération , renonce au n^échant , et se consacre à Jésus-Christ ; il renie son ennemi , mais il confesse que Jésus-Christ est Dieu; il quitte la condition d'eselave pour prendre celle denfant adoptif ; il sort du baptême tout éclatant de lumière comme un soleil de justice; il devient fils de Dieu et co-héritier de Jésus-Christ » ( Hipp. , tom. 1, p. 264.)
Théodoret nous a conservé quelques passages du discours de saint Hippolyte sur Elcana et Anne, mère de Samuel. Par ce qu'il en reste , on voit que saint Hippolyte avait pour objet n dans ce discours , de montrer que Jésus-Christ descendait de David; qu'il était en même temps roi et prêtre, et que le Verbe de Dieu s'était véritablement incarné dans le seio de la bienheureuse Vierge Marie ( Théod. , diaiog. 1 , p. 36 ).
Dans son Livre de TAntechrist , saint Hippolyte résout les deux questions suivantes, gui lui avaient été proposées par
Théophile. La première : comment le Verbe de Dieu i*étaik 1 fait connaître aux prophètes ayant rincamationîLa seconde: | pourquoi ce même Verbe est devenu serviteur de Dieu par l'incarnation ? ( Hipp., nomb. 29 ).
Après avoir répondu à ces deux questions, saint Hippolyte explique en peu de paroles comment le Verbe de IMea, quoique pur esprit, s'est incarné dans le sein d'une Vieigei et conclut qu'il s'est uni à notre chair mortelle pour la rendra incorruptible et sauver Thomme, qui s'était perdu (Id., id^ Domb. 4 ).
On a du même saint une Homélie d*nn Dieu en trois pe^ sonnes et du Mystère de llncarnation , coptre Thérésie de Noétius. Tout ce que saint Ëpiphane dit contre les Noétiens, n'est presque autre chose que la première partie de L'ouvrage de saint Hippoiyte. L'hérésie de Noétius consistait à dira que Jésus-Christ était le même que le Père, que c'était le Fera qui avait été incarné dans le sein de la Vierge, qui avait souffert (Hipp., contre Noét. , n. 1 ). Noétius fut chassé de l'Eglise.
Saint Hippoiyte cite contre Noétius le passage d'Isaie ( 45-14 ) , où il est dit : « C'est moi qui le susciterai pour rétablir la justice , et qui aplanirai devant lui tous les chemins. » Et ce passage de l'Evangile : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé , en qui j'ai mis toute mon affection » ( Math.,
Saint Hippoiyte expose ensuite le dogme de la foi catholique au sujet de la sainte Trinité, qu'il termine par ces mots : « C'est donc le Verbe qui , parlant lui-même par la bouche des prophètes, nous a annoncé le mystère de son incarnation ; c'est lui qui , s'étant fait chair , a fait connaître aux hommes sa puissance; c'est par lui que nous connaissons le Père, que nous croyons au Fils et au Saint-Esprit.... Le Verbe, sachant que son Père ne voulait point être glorifié autrement que par la glorificattpn des trois personnes, are-
yilé ce mystère à ses disciples après sa résurrection, en leur dfsant : Allez et instruisez tous les peuples , les baptisant au Qom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit... (Id., id., Domb. 12, 13 et 14). Ce n'est point le Père qui s*est fait himiine, mais le Yerbe de Dieu. Il nous l'apprend lui-même, quand il dit : Je suis sorti de mon Père et je suis venu dans le monde. » (Id., id., nomb. 16).
Le même saint a réfuté avec la même force Thérésie des Béron, qui admettaient la confusion des deux natures en lésus-Ghrlst : il fait yoir que Jésus-Ctirist est tout ensemble Dieu et homme parfait, sans confusion des deux natures, et sans- aucun changement de leurs propriétés naturelles; qu'il n'y a en lui qu'une seule personne qui conservant à chacune des deux natures ce qu'elles ont de propre et d'essentiel , produit les actions divines par sa divinité , et les actions humaines par son humanité (Fragm. i, tom. i).
Le même saint Hippolyte dit encore, en parlant du Verbe : « C'est lui qui est descendu dans le sein de la Vierge Marie, y a pris un corps et une âme semblables aux. nôtres, et qui, par l'union du premier Verbe né de Dieu avec le premier né d'une Vierge, est tout ensemble vrai Dieu et vrai homme, sans aucun changement de l'une ni de l'autre des deux natares.... La fin de lincarnation a été le salut des hommes; car Dieu veut les sauver, tous. Jésus-Christ est Dieu; il est co-éternel au Père; il est dans le Père.... Le Père lui a donné toute puissance, et l'a constitué roi et juge de toutes les créatures qui sont dans le ciel , sur la terre et dans les enfers.
An 210. — Teriullien^ prêtre et docteur de V Eglise.
Tertullien , dans son Livre des Prescriptions ( ch. 1 1 ) , résume ainsi ce que nous devons croire : « Qu'il n'y a qu'un seal Dieu , créateur du monde, qui a tiré toutes choses du
U lA DIVINITÉ
néant par son Verbe, produit lui-même avant tontes Im créatures; que ce Verbe, appelé Fils de Dieu , est celui qd s'est incarné dans le sein de la vierge Marie, qui est né d'cUe et a vécu parmi les hommes sous le nom de Jésus; que ee même Jésus-Christ , après avoir prêché et fait plusieurs miracles, a été attaché à la croix ; qu'il est ressuscité le troisième jour ; qu'il est monté au ciel ; qu'il est assis à la droite de son Père... ; qu'il viendra dans sa gloire pour juger les justes et les méchants. »
U dit ( ch. 20 des Prescriptions ) : « Il est constant que Jésus-Christ a choisi douze apôtres pour enseigner toutes les nations ; qu'après avoir reçu le Saint-Esprit, qui leur avait été promis, ils ont d'abord prêché la foi dans toute la Judée, et y ont établi des églises.... Jésus-Christ n'a révélé qu'à ses apôtres la doctrine qu'il avait reçue de soii Père, et nous ne pouvons connaître cette doctrine que par le moyen de TEglise fondée par les apôtres , et à qui ils ont transmis la vraie doctrine , ^it de vive voix, soit par écrit. Ainsi, les hérétiques, qui ne croient pas à l'Eglise de Jésus-Christ, n'ont pas le droit de la combattre, puisqu'ils ne la connaissent pas. »
Tertullien rappelle les hérétiques au jugement futur ( Id. , ch. 44), où nous devons tous être présents devant le tribU' nal de Jésus-Christ pour y rendre compte de nos actions e1 surtout de notre foi. Que répondront alors ceux qui ont corrompu cette foi, qui leur avait été confiée dans toute sa pureté par Jésus-Christ...
Dans son Apologétique (ch. 21 ), Tertullien s'exprime ainsi sur la divinité de Jésus-Christ : il explique la nature du Verbe , sa génération , son unité de substance avec le Père. Il établit clairement sa divinité, son incarnation, et rappelle ensuite ses miracles, sa passion, sa mort , les miradet qui l'accompagnèrent , et qui parurent si remarquables wa païens eux-mêmes, qu'on en inséra le récit et les Gircons<
inoes dans les archives de la ville de Rome. Il signale la mrreeUoD et l'ascension du Christ.
Saint Jérôme et Vincent de Lerins citent le Livre de Terillien contre les Juifs.
Tertaliien prouve dans cet ouvrage que Tobservation du ibbat ne devait avoir lieu que pendant un certain temps, i que les sacrifices de la loi devaient être abolis, parce que, "un côté, elle défend de sacrifier en un autre lieu qu'à Jé- Qsalem , et que , d^ailleurs , le prophète Malachie promet m sacrifice qui sera offert par toute la terre (ch. 4 et suiv.) ; l prouve ensuite que le Messie est venu ( Id., ch. 7), en fai- «nt voir l'accomplissement de la prophétie d'Isaie , qui dit pie les nations croiront en lui. Outre ceux qui crurent en blutant la parole du Christ, et ceux qui crurent à la prélieation des apôtres, il nomme les nations qui avaient reçu la foi à l'époque où écrivait Tertullien : il cite les Gétules Bt les Maures, FËspagne entière, plusieurs nations des Graoles, les parties de la Grande-Bretagne où les Romains n'avaient pas pénétré, les Sarmates, les Daces , les Germains, les Scythes , et plusieurs peuples , plusieurs provinces et tles inconnues aux Romains. Jésiis-Christ règne sur tous ces peaples, ce qui n'est arrivé à aucun roi des Juifs.... Tertul- Ken explique ensuite ( ch. 8 ) la célèbre prophétie de Daniel BQ sujet des soixante-dix semaines marquées pour le temps le la venue du Messie; il compte ainsi 490 jusqu'à la ruine le Jérusalem et du temple sous Yespasien. Pour preuve de 'accomplissement de cette prophétie, Tertullien défie les oUs de citer quelques nouveaux prophètes ou quelques mi- Bcles dont Dieu les ait favorisés depuis la venue du Messie, omme cela avait eu lieu dans les temps qui précédèrent, assant ensuite aux autres prophéties relatives au Messie Id., ch. 9 et suiv. ), il démontre qu'elles sont toutes accom-> lies en Jésus-Christ, dans son nom, dans les circonstances ; le lien de sa naissance , dans sa passion , dans sa mort ,
dans les miracles qui raccompagnèrent ou la snivirent, A a dans le fait de la raine de la nation Jaive, prédite par chiel. A la fin du même ouvrage, Tertullien (Id., ch. 14! établit la distinction des deux avènements de Jésus*Ghriiti le premier dans l'humiliation , l'autre dans la gloire; Vnvié]
l'autre prédits par les prophètes.
An 230. — Saint Pione, prêtre de l'église de Smtfme •
et martyr.
Saint Pione, avant d'être conduit à la mort, ayant été in^ terrogé sur son nom, répondit : « Je suis Chrétien. » « Dr quelle église? » demanda Polémon. Pione dit : « De laca? tholique. — Quel Dieu adbrezrvous ? — Le Dieu tout-pubsant qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qalto contiennent, que nous connaissons par Jésus^'Chrlst soir Verbe. » Un autre Chrétien étant aussi interrogé ^répondit» qu'il adorait Jésuis-Christ. « Quoi donc, dit Polémon , est^ee un autre Dieu ? — Non, répondit le Chrétien, c'est le même qu'ils viennent de confesser ( Àct. de saint Pione )•
An 231. — Origène, prêtre et confesseur.
Le savant Origène, dans son Livre des Principes (le Périarchon), qu'il composa à Alexandrie, démontre, dans le livre premier de cet ouvrage contre les Yalentiniens, les Bftsilidiens et les Marcionites , qu il n'y a qu'un Dieu , seol principe de toutes choses, bon et immuable de sa nature; que ce Dieu est incorporel , qu'il a un Fils éternel comme lui , né de lui et de sa propre substance , et d'une manière ineffable, sans commencement; ce ûls est appelé sagesse. Jésus-Christ est ce Fils et cette sagesse , l'image du Père , la splendeur de sa gloire et le caractère de sa substance , selon sa nature divine , car il est Dieu et hoinme tout ensemble.
le quatrième Livre des Principes, Origène prouve ion divine de FAnden et du Nouveau-Testament s consentement et l'aveu unanime de toutes les na- ^ par l'accomplissement des prophéties qu'ils ren- 3^ par le sang dont les martyrs ont scellé la foi qui seignée ; 4^ parce que tout y est empreint d*un caivin. Cet ouvrage se termine par une récapitulation :e que l'auteur a dit dans les Livres précédents sur re de la Trinité.
mmencement de son cinquième Livre contre Celse , Origène dit que l'on doit, suivant la pratique an- 3 FËglise , prier le Père par ie Fils , et il igoute ces « Que tous nos vœux, nos prières, nos demandes, ns de grâces doivent s'adresser à Dieu , qui est Seitoutes choses, par le souverain sacrificateur, qui ssus de tous les anges; le Verbe vivant qui est Dieu ).... Nous rendons l'hommage de nos prières à un et à son seul Fils , qui est son Verbe et son image ; ire que nous offrons nos vœux au Dieu de l'Univers Fils unique. »
e premier livre de son Traité contre Celse (p. 5) , lit : « La religion chrétienne prouve les principes els elle repose par un genre de démonstration qui lui :ulier, c'est-à-dire par les effets sensibles de Fesprit )uissance de Dieu , comme parle Fapôtre ; les effets it sont les prophéties qui rendent témoignage à Jét; les effets de la puissance sont les miracles qui lits pour prouver la vérité de cette doctrine. » >in, Origène prouve que Jésus est le seul en qui se compiles toutes les prophéties relatives au Messie : kfiehée, qui met sa naissance en Bethléem; celle de ui le fait descendre de la race de Juda ; celle dTannonce que les gentils croiront en lui, et qu'il sera )rt à cause des iniquités de son peuple (Id., p. 40 et
suiv. ). Il dit plus loin : « Que si Jésus-Christ avait choisi, pour prêcher sa doctrine, des hommes qqi eussent eu dans le monde une grande réputation de sagesse , et dont les discours eussent été capables de plaire au peuple , on aurait pu avec raison douter que sa doctrine eût un caractère divin. >
Dans le deuxième livre du même ouvrage , Origène dit : « Il est certain que les cérémonies de la loi et les écrits des prophètes servent d'introduction au Christianisme, et que c'est par leur moyen que Ton parvient à la connaissance du mystère qui étant resté caché dans tous les siècles passés , dans les oracles des prophètes, a été découvert par la manifestation de Jésus-Christ notre Seigneur. Le Christ ne disait-il pas, en parlant de lui-même : Si vous croyiez Molseï vous me croiriez aussi, car il a écrit de moi (Jean, v. 46; id., p. 59 et 60)?
A l'occasion des miracles de Jésus-Christ, que Celse trai** tait d'illusions, voulant qu'on les attribuât à Tait magique et à l'opération des démons , Origène soutient , qu'en admettant quelque puissance (Id., 80, 81, 88 ) au-dessus de la nature, s'il y en a une mauvaise, il faut qu'il y en ait une bonne encore supérieure,* et par conséquent, s'il y a de faux miracles dont les démons soient auteurs, il y en a dé vrais qui viennent de Dieu. Les règles pour discerner les faux miracles sont les mœurs de ceux qui les font , leur doctrine et les conséquences qu'elle produit. Jésus-Christ n'a donné aux hommes que des préceptes utiles; la doctrine qu'il leur a enseignée a eu la vertu de les détourner des péchés auxquels ils s'abandonnaient ; le fruit de ses miracles a été le salut des âmes, donc ses miracles sont vrais.... Jésus-Christ était donc plus qu'un homme, puisqu'il a répandu sa doctrine et sa religion par toute la terre , malgré l'opposition des rois et des princes, du sénat et du peuple romain, et ensuite malgré toutes les puissances du monde (Id., p. 102)«
Daus le troisième livre du même ouvrage, Origène s'ex-
me ainsi, en parlant de rame hmnaiDe (p. 198 et suiv.) : /âme , réfléchissant sur sa propre nature, et reconnaissant 3Qnité qu'elle a avec Dieu, se sent naturellement portée à mer, et, par uae suite de cet amour, elle s'attache fortent à celui qui a le premier appris à tous les peuples ce ils doivent croire sur Dieu et son royaume éternel , c'estiire à Jésus-Christ, Dieu lui-même et Fils de Dieu, la pae, la sagesse, la vérité de Dieu. »
Les Chrétiens ne croyaient poiat (Id., id., p. 149), comme Ise le prétendait, que Jésus-Christ ne fût venu que pour pécheurs; mais ils disent que Dieu le Verbe, comme mécin des âmes, a été envoyé pour les pécheurs, et que, mme docteur des divins mystères, il a été envoyé pour nx qui sont déjà purifiés et qui ne pèchent plus, quoii*ils aient péché auparavant; car il n'y a point d'homme J n'ait péché.
Voici ce que dit Orlgène sur rincamation (Id., liv. 4, 169) : « Le Fils de Dieu n*a souffert aucun changement sa nature divine en descendant sur la terre ; il avait la *me divine , mais son amour pour les hommes l'a porté à baisser, afin qu'ils pussent le comprendre. Restant toujours rbe de Dieu dans son essence , il n*a rien souffert comme eu , ni des faiblesses , ni des peines auxquelles il a bien alu assujétir le corps mortel et Fâme humaine qu'il a pris or l'amour de nous.
Celse reprochait aux Chrétiens de rendre à Jésus-Christ le Ime culte qu'ils rendaient à Dieu; Origène répond (Id., . 8, p. 384) par ces paroles de Jésus-Christ même : « Mon re et moi nous sommes une même chose. Mon Père est moi et je suis dans mon Père. » ( saint Jean , 10, y. 30 ). , après avoir remarqué qu'on ne pouvait conclure de ces ssages l'unité des personnes divines , pas mieux que du ssage suivant des Actes des Apôtres , que a toute la multide de ceux qui croyaient n'était qu'un cœur et qu'une âme,»
iOO LA DIVINITÉ
( Act., 4 9 y. 82 ) on pourrait dire que touA ces Chrétiens ne faisaient qu'une seule personne, Fauteur ajoute : « Mous adorons donc un seul Dieu le Père et le Fils. Nous adorons (Id. ) le Père de la vérité, et le Fils qui est la vérité, les considérant comme deux choses, quant aux personnes, mais comme une seule quant à la parfaite union de la volonté ; m sorte que celui qui a vu le Fils, qui est la splendeur de la gloire de Dieu et le caractère de sa substance (Héb., 1, v. 3 ) , a vu Dieu en voyant celui qui est Timage de Dieu. Il est engendré par le Père, et pour cela il est nommé son Verbe et sa sagesse, la vérité et la justice. Un tel Fils ne peut avoir qu'un Père étemel. »
An 236. — Saint Grégoire Thaumaturge ^ évéque dé
Néocésarée.
Dans récrit de ce saint , connu sous le nom de Symbole de saint Grégoire, il dit : « Il n'y a qu'un Seigneur , seul d'un seul. Dieu de Dieu , Verbe efficace , sagesse qui comprend toutes choses , et puissance qui a fait toutes les créatures; vrai Fils d'un vrai Père, Fils invisible d'un Père invisible. Fils incorruptible d'un Père incorruptible, Fils éternel d'un Père éternel. Le Père n'a jamais été sans le Fils, ni le Fils sans le Saint-Esprit ; mais la Trinité a toijours été immuable et invariable. »
An 246. — Saint Cyprien, évêque et martyr.
Dans son Livre contre Donat (p. 13) saint Cyprien dit , en parlant des Chrétiens et des martyrs : « Le Christ mourat volontairement sur une croix ; trois jours après 11 ressuscita, donnant par là des preuves de sa msy'esté et de sa puissance. Il apparut ensuite à ses disciples , leur commanda d'aller par toute la terre prêcher sa parole ; et , afin de faire éclater da-
DE JÉSUS-CHRrST. 101
itage leur foi et la confession qu'ils funt de son nom ,
itenant qu'il est dans le ciel, il permet qu'ils soient
tyés par diverses sortes de souffrances ; car ces souf-
r jfenaices sont comme autant de témoins qui déposent -pour la
."Avlnité de Jésus-Christ , qui , ayant été donné au monde
Jtmr communiquer la vie , a voulu que le sacrifice de ses ado-
Titeurs fut une prédication encore plus puissante que celle
le leur voix. »
Le même père, dans le second des trois Livres à Quirin, traite de l'incarnation du Verbe ; il dit que Jésus-Christ est h premier né, la sagesse , la parole , la main , le bras et l'ange de Dieu; Fils de Dieu , 11 est né d'une Vierge , afin qu'étant Ris de Dieu et fils de l'homme tout ensemble , il pût être médiateur entre nous et son Père; qu'il est ce juste que les Aiifs deyaient faire mourir, l'agneau destiné à être immolé , Il lierre angulaire qui , selon la prophétie de Daniel , deviendra une montagne qui remplira toute la terre ; l'époux de relise, de laquelle doivent naître des enfants spirituels. Il fronve, dans le même livre, que les prophètes ont prédit sa passion y sa mort, sa résurrection, son règne éternel, la vortu attachée au signe de la croix , sur laquelle 11 est mort. Dans le Traité de l'Unité de l'Eglise catholique (p. 8t ) , saint Gyprien dit , en s'élevant contre Novatien , qui voulait interprêter en faveur de son hérésie ces paroles de Jésus- Christ : « Partout où deux ou trois seront assemblés en mon nom, Je serai avec eux; » qu'il est clair que, par les paroles qui précèdent celles qu'invoque Novatien, Jésus- Cbrist a eu plutôt égard à l'union de ceux qui prient, qu'à leur nombre; que les paroles du Christ , en cet endroit, s'ap* pliquent particulièrement à ceux qui sont unis dans le sein de l'Eglise, qui y vivent avec crriinte et simplicité, qui prient unanimement ensemble. Or, comment peut-il être en union avec quelqu'un, celui qui est en désunion avec le corps do l'Eglise et avec tous les fidèles? Comment deux ou trois peu-
veot-ils s'assembler au nom de Jésus-Christ, lorsqu'il est Ib certain qu'ils se sont séparés de Jésus-Christ et de son Eglise? p Quelle paix se promettent de la part de Dieu ceux qui n'ont point de paix avec leurs frères? »
Il dit ( p. 85 ) : « La confession du nom de Jésus-Christ est le commencement de la gloire, mais elle n'en est pas le couronnement. »
Dans son Traité de ceux qui sont tombés pendant la persécution (p. 93), saint Cyprien dit : « Si ceux qui renient Jésus-Christ ne sont point coupables , ceux qui la confessent ne seront point récompensés; mais si la foi qui est viotorieuse remporte des couronnes, il faut que l'inâdélité Taincoe souffre des supplices. Notre-Seigneur ne dit-il pas dans l'fivangile : Celui qui m'aura confessé devant les hommes , je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux , et je renoncerai celui qui m'aura renoncé. » ( Luc, 12 , v. 18.)
Dans le Traité de TOraison Dominicale (p. 102), en expliquant ces paroles : « Que votre règne arrive , » saint Gy« prien dit : « Par ces paroles , nous ne demandons pas que Dieu règne , mais nous implorons Favénement du royaume que Dieu nous a promis, et qui nous est acquis par le sang et les souffrances de Jésus-Christ. »
Dans son livre de la Vanité des Idoles , saint Cyprien dit, en parlant de Jésus-Christ (p. 11 ) : « Le Verbe, le Fils de Dieu, dont tous les prophètes ont parlé comme du maître du genre humain, a été envoyé au monde pour être l'arbitre et le dispensateur des grâces de Dieu. C'est lui qui est sa vertu, sa raison , sa sagesse et sa gloire. Il est descendu dans le sein d'une Vierge , et il y a pris un corps par Topération du Saint-Esprit. Dieu s'étant ainsi uni à Fhomme, cet homme est devenu par là notre Dieu , notre Christ et notre médiateur auprès de son Père. Jésus-Christ est donc Fils de Dieu et fils de rhomme, Dieu et homme tout ensemble. S'il est mort, c'est qu'il l'a bien voulu , afin de vaincre la mort et
DE JËSUS-GURIST. i05
ODner, en ressuscitant , des preuves de sa majesté et de lissance , faisant voir à ceux aux yeux de qui il apparut Dt quarante jours après sa résurrection , la même chair le et palpable quli avait auparavant. C'est à lui que devons d'abord adresser nos prières , et ensuite nous ser , par son intermédiaire, à Dieu le Père. » Ds sa Lettre 63% saint Gyprien appelle Teucharistie, le et le sang de Jésus-Christ. C'est un sacrifice qui a sucaux sacrifices de l'ancienne loi. Le sacrifice de Tane loi (éptt. 57^) en était la figure ; Jésus-Christ Ta imité Tant du pain et du vin, c'est-à-dire son corps et son C'est encore Jésus-Christ que Ton offre dans Teucha- , c'est son corps que l'on touche dans la communion.
An 259. — Saint Denis, pape*
pape tint un concile à Rome, et écrivit contre les Sans , les Ariens et les Marcionites. Il prouve , dans les lents restés de ses écrits, « Que le Verbe n'a été ni fait, ;é, mais engendré de toute éternité par le Père. » Il nt que le Père , et son Verbe , et le Saint-Esprit, cette ; trinité , ne fait qu'un seul Dieu.
An 263. — Saint Denis y évéque,
as son écrit contre Sabellius, il s'exprime ainsi sur la té de Jésus-Christ : « Le Fils est co-éternel au Père , la splendeur de la lumière éternelle ; de même que lé et la clarté qu'il produit sont indivisibles et ont la I date de création. Jésus-Christ a toujours été, il est le : , la sagesse et la vertu de Dieu ; le Père étant éternel , (e peut que le Fils ne soit aussi éternel. »
Amobe, m,.
Arnobe, surnommé Torateur à cause de son éloqaencei L ne fut admis au baptême parFévéque de Sieques, qu'après avoir rendu un témoignage public de la foi qu'il venait d'edftbrasser. Ce fut Toccasion des sept livres qull composa contre les Gentils. Il y prouve la divinité de Jésus-€hrist (p.4S7) par le grand nombre des miracles qu*il a faits. Il démontre qu'il serait absurde de supposer que ceux qui ont écrit la vie de Jésus-Christ fussent assez fourbes pour se dire témoins oculaires de choses qu'ils n'avaient point vues, puisqu'ils auraient pu être démentis à chaque instant ; qu'on ne pmit non plus les supposer assez fous pour aller annoncer an monde des faits et une doctrine, sans autre espérance que d'encourir la haine publique et de s'exposer à la mort. Si les miracles que Jésus-Christ a faits n'étaient pas plus évidents que le jour, la religion chrétienne ne se serait pas répandued rapidement dans tout Tunivers , et on n'aurait point vu tant de nations si éloignées les unes des autres , si différentes par leurs mœurs et par leurs coutumes^ se réunir en si peu de temps pour l'embrasser.
Arnobe, dans tous ses écrits, confesse l'humanité et la divinité de Jésus-Christ , et qu'en lui s'est faite l'unioa du Verbe avec la nature humaine ( Arnob., liv. 1 et 2).
An 300. — Saint Pierre , patriarche d'Alexandrie
et martyr.
On met avec raison saint Pierre d'Alexandrie au nombre des pères qui, avant le concile de Nicée, ont rendu témoignage, par leur sang et par leurs écrits, à la divinité de Jésus-Christ. II professe hautement (de la Divinité, p. 508 ) que le Verbe s'est fait homme sans cesser d'être Dieu; qu'il
D£ JÉSUS-CHRIST. iOtt
I fait diair dans le sein de la Vierge par l'opération dn at-Esprit; et que , lorsque l'ange la salua pleine de grâce, loi disant : « Le Seigneur est avec vous , » c'était la même M que sll loi eût dit : « Dieu le Verbe est avec vous. » lémontre, par les miracles de Jésus-Christ et par les ciristanees de sa pa^ion, qu'il était tout ensemble Dieu et nme*
An SOS. — Saint Lucien, prêtre SAntioche
et martyr.
Les écrits de saint Lncien sont perdus ; mais Ëusèbe fait ntton de TApologie qn'il prononça devant le magistrat qui ecusait, et avant d'aller à la mort. Voici le commencement; eette formule de foi de saint Lucien. L'an 341 , quatreigt*dix-sept évêques assemblés à Antioche proposèrent et prouvèrent une formule de foi qu'ils disaient avoir trouvée ite de la propre main de saint Lucien d'Antioche , martyr, e commençait ainsi : « Suivant la tradition de l'Evangile des apôtres, nous croyons en un seul Dieu, Père toutssant , Créateur de toutes choses, et en un seul Seigneur ns-Christ, Fils unique de Dieu, par qui tout a été fait, a été engendré du Père avant tous les siècles.... Verbe ant, sagesse, vie, lumière véritable.... Image invariable la divinité, de Tessence, de la puissance, de la volonté et la gloire du Père, qui était au commencement en Dieu , rbe-Dieu , comme il est dit dans l'Evangile : Et le Verbe it Dieu.... médiateur de Dieu et des hommfls, apôtre de tre foi, auteur de la vie, comme il le dit lui-même : Je s descendu, non pour faire ma volonté, mais la volonté celui "qui m'a envoyé; qui a souffert pour nous, est rescité , est monté au ciel , est assis à la droite du Père , et i viendra une seconde fois pour juger les vivants et les Tts. Comme notre Seigneur Jésus-Christ a ordonné à ses
disciples , en disant : Allez , instruises toutes les nattons, et baptisez au nom du Père,idu Fils et du Saint-Esprit; il est évident que e'est au nom d'un Père qui est vraiment Père, d'un Fils qui est vraiment Fils, d'un Sain^Esprlt qui est vraiment Saint-Esprit. » ( Eusèbe , liv. 9, eh. IS. )
Voici ce qui est rapporté dans les Actes des Martyrs à l'ofr casiou des Chrétiens morts pour la foi et qui furent samommes les vingt martyrs d'Afrique. Après qu'ils eurent été a^ rétés 9 le Juge leur demanda pourquoi ils désobéissaient aux ordres de l'empereur : a C'est, répondirent-ils, que notre maître céleste nous dit dans l'Evangile : Quiconque abandonnera pour moi son père et sa mère , sa femme et ses enfants , et tout ce qu'il possède , en recevra le centuple et aura pour héritage la vie éternelle. »
An 803. — Saint Félix , évéque.
Voici les dernières paroles que prononça, sur le point d'être immolé, saint Félix , évéque de Tbibure en Afrique et martyr : ^ Je vous rends grâces , mon Dieu ; J'ai vécu cinquante-six ans en ce monde ; j'ai gardé la virginité ; j'ai conservé l'Evangile; J'ai prêché la foi et la vérité. Seigneur Jésus-Christ , Dieu du ciel et de la terre , je baisse la tète pour vous être immolé, à vous qui vivez éternellement (Act des Mart, p. 357).
An 304. — Saint Dative.
Le procofisul insultait saint Dative dans les tourments, en lui disant : « Commences-tu à sentir ce qu'il faut que ta souffres? » Il répondit : « C'est pour ma gloire; Je commenee à voir le royaume éternel. Seigneur Jésus-Cbrist, nous sommes Chrétiens, vous êtes notre espérance. Dieu très-saint,. Dieu très-haut , Dieu tout-puissant , nous vous rendons nos actions de grâces. » ( Act. des Mart., p. 384. ) ,
Saint Euplice et saint Philippe.
Saint Euplice ayant été arrêté portant avec lui les Saintes- Ecritures, le juge lui dit, comme par ironie, d'en lire quelque chose. Euplice lut aussitôt cet endroit de saint Matthieu : < Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, puisque le royaume des cieux est à eux. » Et cet autre : « Que celui qui vent venir après moi porte sa croix et qu'il me suive. » Le juge lui demanda ce que cela signifiait. Il répondit : « C'est la loi de mon Seigneur , qui m'a été confiée par Jésos-Éhrist, Fils du Dieu vivant. » ( Act. des Mart., p. 407 ).
Saint Philippe , évéque d'Héraclée , dit à ceux qui le persécutaient : « Un Chrétien n'adore point des pierres, quelque bien taillées qu^elles soient; qu'il vaudrait mieux pour les païens reconnaître la majesté de Jésus-Christ , élevée bien au-dessus de toute la sublimité de nos pensées ! » (Id., id., p. 41$.)
An 806. — Saint Procope , martyr.
n était de Jérusalem , mais demeurait à Seythople sur le Jourdain, où il servait l'Eglise en qualité de lecteur et d'interprète en langue syriaque. Une persécution contre les Chrétiens eut lieu alors par les édits de Dioclétien. Ce saint fut arrêté à Césarée. Le gouverneur, nommé Florien, lui ayant ordonné de sacrifier aux dieux , Procope répondit qu'il ne connaissait qu'un seul Dieu , créateur de l'univers , à qui il faut sacrifier de la manière qu'il l'enseigne. Alors Florien ordonna au martyr de sacrifier aux quatre princes qui régnaient alors , Dioclétien et Maximien , Constance et Galère. Le saint répondit par un vers d'Homère , où il est dit : « Qu'il n'est pas bon d'avoir tant de maîtres , qu'il n'y a qu'un sei-
gneur et roi. » Florien aussitôt lui fit trancher la tête ( AcL des Mart. , p. 858 ).
Saint Alphée et saint Zacharie.
Saint Alphée et saint Zacharie souffrirent le martyre sooi la même persécution de Dioelétien. Les Actes que nous venons de citer disent qu'ils confessèrent « qu'il n*y a qn*anieal ; ^ Dieu et que Jésus-Christ est l'unique roi. »
Saint Romain. .
Saint Romain, mis à la torturé par le Juge nmnmé AscMpiade , ne cessait, au milieu des tourments, de confesser que Jésus-Christ est le vrai roi ( Id., ch. a ).
Le bienheureux Paul.
La prière du bienheureux Paul pour la conversion à la fol de Jésus-Christ , au moment où il allait être immolé , est ad* mirable et sublime. Il pria le bourreau, dit Ëusèbe ( Liv. dei Martyrs , ch. 3 , p. 332 ) de surseoir un instant. Aussitôt il se mit à prier Dieu à haute voix , premièrement pour tiMis .les Chrétiens, afin qu'il les reçût en grâce et leur rendit la paix et la liberté ; ensuite il pria pour les Juifs , et demanda pour eux qu'ils ^e convertissent à Dieu par la foi en Jésus-Ghriat Il fit la même prière pour les Samaritains, puis pour les Gentils ; enfin il pria pour les empereurs , pour le juge qui Tarait condamné, et pour le bourreau qui devait le faire mourir.
Dans le même temps périt le cabaretier Théodote. Ce saint montra une constance héroïque. Le gouverneur l'ayant fidt attacher à un chevalet , plusieurs bourreaux , l'un après Fantre , le déchirèrent longtemps avec des ongles de fer. On répandit du vinaigre sur ses plaies et on y mit le feu. Théodote, sentant l'odeur de sa chair brûlée, détourna an peu le
^, ce qoi fit croire au gouverneur qu*i1 commençait de r aux tourments. Le saint ne fit que sourire , et lui dit : vente de nouveaux supplices pour m*éprouver , ou plutôt nnais le courage que me donne Jésus-Christ. » On le fit lite frapper sur le visage pour lui casser les dents. Mais , raversant la place , il montrait au peuple qui accourait Mites parts son corps découpé et couvert de plaies, comme preuve de la puissance de Jésus-Christ et de la force qu'il De à ceux qui souffrent pour lui (Act. des Mart.^ p. 848).
1313. — Saint Alexandre y archevêque d'Alexandrie.
aint Alexandre convoqua un concile à Alexandrie ^ vers I 321 , dans lequel Arius fut condamné et chassé de TEie. Il assista au concile de Nicée en 325. Il ne reste de lui, mi ses Lettres, qu*il écrivit pour la défense de la divinité Yerbe, que deux. S'élevant avec force contre les partisans ifios, il s*écrie : « Qui peut entendre dire à saint Jean : \wmmencement était le Verbe , sans condamner ceux qui lit : Il a été un temps qu'il n'était point? Qui peut lire IB TEvangile : Le Fils unique et tout a été fait par lui, s détester ceux qui disent que le Fils est du nombre des Itures? Comment peut-il être Tune des choses qui ont été es par lui ? ou comment est-il Fils unique , s'il est mis au ibre de tous les autres ? Comment pourrait-il être dissemûe au Père en substance, lui qui est Timage parfaite et la lemblance du Père , et qui dit : Celui qui me voit y voit st mon Père? S'il est le Verbe, c'est-à-dire la raison et la sue du Père, comment n'aurait-il pas toujours été?Comit pourrait-il être sujet au changement, lui qui a dit : Je tdans le Père et le Père est en moi7 Et encore : Le Père toi nous ne sommes qu'un. Et selon Tapôtre : Jésusist est le même aujourd'hui qu'hier et dans tous les siè* • » (Alex, cité par Athan., tom. 1, p. 401.) I. 7
Dans la deuxième Lettre conservée de saint Alexandre , i saint explique la doctrine de TEglise sur la divinité du Y( et il insiste surtout sur ces paroles de saint Jean : « Le unique qui est dans le sein du Père, » pour montrer qui sont inséparables ; puis , pour faire voir que le Fils n'a été tiré du néant , il examine ces autres paroles : « An mencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et Verbe était Dieu ; il était au commencement avec Dieu ; clioses ont été faites par lui , et rien de ce qui a été fait n'ij été fait sans lui. » Or, si toutes choses ont été faites par lui,, comment celui qui a donné Fêtre aux créatures pent-il n'a-, voir pas toujours ité?
Saint Alexandre cite ensuite ces paroles de saint Paul (Ep.j aux Goloss. , 1 , V. 1^.) : « Qu'il est né avant tonte créature; que Dieu la établi héritier de tout, et qu'il a fait par lui leisiècles mêmes ; que tout a été créé par lui dans le ciel et sur ^ la terre, les choses visibles et invisibles, les principautés, le» puissances, les dominations, les trônes; qu'il est avant toutes choses. » Et ces paroles du Livre des Proverbes : « J'étais avec lui, et je réglais toutes choses. » (Alex., cité par Théodoret, liv. i ). Saint Alexandre dit encore dans la même Lettre : « iSous croyons, avec lËglise catholique, en un seul Père non engendré , qui n'a aucun principe de son être , immense et inaltérable ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, engendré, non du néant, mais du Père; non à la manière des corps , par retranchement ou par écoulement, comme veulent Sabellius et Valentin, mais d'une manière ineffable et inénarrable , comme il est dit : Qui racontera sa génération? » (Id. )
An 320. — Lactance, orateur et défenseur de PEglist.
Dans son livre des Institutions divines ( liv. 4 , p. 870 ) , Laetauce traire de la vraie Sagesse : « Dieu, dit -il , avant de
DE JÉSUS-CHRIST. lii
!r le inonde, engendra un esprit de même puissance et de de majesté que lui-même, qu'il nomma son Fils. Le vrai i de ce Fils n'est connu que du Père seul , qui ne doit s le révéler qu'après que toutes choses seront accomplies Q ses desseins. Il y a en lui deux générations (id. ch. 8 , o), Tune spirituelle^ lorsqu'il est sorti de Dieu, comme »arole ; Taotre humaine, lorsque, envoyé par le Père , il descendu sur la terre pour y enseigner aux hommes la ice et établir son Eglise, en enseignant la vraie religion Gentils, dont les Juifs s'étaient rendus indignes. Le Fils Dieu est appelé par les Latins Verbe , et par les Grecs m. » Lacfance, pour convaincre les Juifs de la venue du laie , rapporte plusieurs prophéties tirées de leurs propres es, où il est dit que le Fils de Dieu devait devenir un rfils de rhomme par la chdir; qu'il naîtrait d'une vierge la maison de David, ferait grand nombre de miracles^ retrait le culte de Dieu par toute la terre , mettrait fin à la lé Moïse pour fonder une loi nouvelle ; qu'il serait battu erges, couronné d'épines , et souffrirait plusieurs outraet enfin la mort de la croix ; que le troisième jour il resterait , et enfin monterait au ciel quarante jours après surrection.
»t ainsi que Lactance prouve contre les Juifs la vérité uearnation.
ur prouver la même vérité aux païens , Lactance leur qu*un simple mortel (id. ch, 25, 26, 27.) ne pouvait atre au suprême degré de sagesse nécessaire à un législaquî devait être parfait , et il fallait qu'il fût homme , nous encourager par son exemple à la pratique després de sa loi. D'ailleurs nous avions besoin d'un médiaqui, par Tunion de la nature divine avec la nature hu- B, nous élevât jusqu'à lui. »
:raite ensuite (id. ch. 29.) de Jésus-Christ en tant que le Dieu , et soutient qu'en cette qualité « il est un même
esprit et nne même substance avec le Père; qn*ib ne: point séparés l*un de Taatre, non plus que le soleil dtj rayon, ou une source de son ruisseau. »
Le principal argument dont se sert Lactance dans vers ouvrages, pour prouver la vérité de la religion tienne, repose sur l'accomplissement des prophéties personne de Jésus-Christ , sur ses miracles, snr ceux disciples.
Juvencus , poète chrétien , prêtre esptigntd*
On a de cet auteur un poëme de la Vie de JésDS* vers hexamètres , divisé en quatre livres. Le poèto texte des évangélistes , et s'attache principalement à 1' gile de saint Matthieu. Juvencus, en coaunençaot poëme, invoque le Saint-Esprit; il fait la description Cène , où Jésus-Christ enseigna à ses disciples qu'il leur < nait son propre corps et son propre sang. Le poète s^es] ainsi:
Hœc ubi dicta dédit, palmis sibi firangere panem, Divisumque deliinc tradit, sanctèque precatusi Discipulos docuit proprium se tradere corpus. Hinc calicein sumit Dominus, vinoque repletimii Magnis sanctificat verbis, potumque ministrat, Edocuitque suum se divisisse cruorem.
(St. Jift.y.GataLy di. 84.)
An 320. — Saint AthanasSy archevêque dTAi docteur de l'Eglise et cortfesseuf.
Le Discours sur llncarnation, par saint AthanasOi cité très-souvent par les auteurs ecclésiastiques, entre très par Théodoret ( Theod. Dialog., 3, p. 161). « Les
tant de rAncien que du NouveaurTestament, dit saint ase , témoignent et déclarent que Dieu a créé toutes
par son Verbe. L'Incarnation du Verbe a eu lieu par de la chute de l'homme. Il n'y avait que le Fils de ]ui fût capable dlnstituer dans le monde le culte du ^ieu. »
es effets produits par rincarnation peuvent se réduire i principaux : le premier, la rédemption etlerenonlent du genre humain; le second, la manifestation îs de Dieu dans un corps de même nature que le nô- §sus-Christ a opéré le premier par sa mort, le second is miracles. » ( Disc, sur Une, p. 50 et suiv. ) s loin , saint Athanase prouve contre les Juifs que Jéiirist est le Messie promis par la loi , 1^ parce que c'est
qu'a été accompli ce que les prophètes ont dit de la nce, de la mort et de la croix du Sauveur du monde; ce que c'est en lui seul aujourd'hui , comme Tont an-
les mêmes prophéties , que tous les hommes placent ance de leur salut , et embrassent sa doctrine en re- Dt au culte des idoles; 3^ parce que c'est en lui seul té accomplie cette prophétie d'Isaïe : « Alors les yeux iTcugles seront ouverts; » 4^ parce que, ainsi qu'il avait 'édit par Jacob et par Daniel^ à la venue de Jésust, les visions et les prophéties ont cessé dans Israël, le me a été ôté aux Juifs, la ville de Jérusalem et le e ont été détruits; 5^ parce qu'il a accompli ce que les 1res avaient prédit de lui : « Les Gentils ont embrassé , le culte des Idoles a été détruit, la mort vaincue. » ives de rincarnation , p. 75.)
trouve , au nombre des ouvrages composés par saint aase, le Traité sur ces paroles : « Toutes choses m'ont onnées par mon Père. » Il dit, contre les fausses intertions d'ËUsèbe de Nicomédie et les autres fauteurs de nîsme , que ces paroles, qui font l'objet de son discours,
ne s'appliqiient pas. au Verbe-, qui , à ce titre, est le matM et le créateur de toutes choses, mais à Jésus-Christ, coonri rédempteur, comme au médecin qui devait nous guérir da morsures du serpent, comme à la vie qui devait nous déK* vrer de la mort ; ainsi , de même que toutes choses ont M faites par le Verbe , de même elles ont toutes été renouveléei par Jésus-Christ (Id., p. 105). Ensuite saint Athanase prouTi Funité de substance entre le Verbe et le Père, par ces parola de Jésus-Christ dans saint Jean : <^ Tout ce que mon Père i est à moi. » Il en tire deux conclusions principales : la pre mière , que , par l'union indivisible du Père et du Fils , lei attributs du Père, son éternité, son immortalité, sa tout» puissance , sont aussi les attributs du Fils, en sorte qu'il esl éternel, immortel, tout-puissant comme son Père; la seconde^ que c'est avec raison que Jésus-Christ a dit : « Tout ce qan mon Père a est à moi , » afin d'établir la distinction de M personne avec celle du Père , ce qui condamnait d'avance l'hérésie de Sabellius ; car si , dans Isaïe , le Fils unique est appelé Père , c'est avec cette qualification : « Père du siècle futur. » (Id.,p. 108. )
Dans son Traité des Décrets de Nicée, saint Athanase »• conte de quelle manière on procéda, dans le concile de Nicée, contre les Eusébiens, comment leur doctrine y fut l'objet d'un examen approfondi. Les Eusébiens s y trouvèrent réduits au silence, et forcés à reconnaître les définition! qu'ils avaient d'abord rejetées, savoir ; « Que le Fils est de la substance du Père, et qu'il lui est substantiel ; qu1l n'est point une chose créée, mais engendré de la substance du Père.» Saint Athanase rapporte encore (p. 210 à 223) qu'Eusèbe de Césarée en Palestine , qui avait nié un Jour avant la consubstantialité du Verbe, l'approuva le lendemain par sa signature ; et qu'ayant envoyé à son église le symbole du concile, il reconnut qu'il était l'expression de la foi de l'Ëglise et de la tradition des pères; que tous ceux qui
DE JÉSUS-CHRIST. liS
iraient pensé autrement s*étaient trompés, en s'élevant sans iaeoôs contre la vérité catholique.
^ Nous citerons encore de saint Athanase ce résumé remarquable de sa réponse à la doctrine d'Arius, tiré de son outrage intitulé : Quatre Discours contre les Ariens (p. 41 3) : « Il n'est point dit, dans rEcriture, qu'il fut un temps où [k Fils n'était pas; elle déclare formellement, au contraire, ^ qu'il est éternel, qu'il est la vertu de Dieu et sa sagesse. En parlant du Fils de Diea , elle emploie le mot toujours , qui eiprime son éternité. Si le Verbe n'était pQS éternel, Dieu ne serait pas, à proprement parler, créateur, puisqu'il aurait créé UmU^ choses par un Verbe d'une nature différente de la sienne. Le Fils doit être semblable à son Père. Puis donc ' ^e le Père est éternel , il faut que le Fils le soit également , 8t comme toutes choses ont été faites par le Fils, il doit donc être hors du nombre des choses qu'il a faites. Si le Fils n'était pas avant de naître dans le temps, la vérité n'a donc pas toujours été en Dieu; car le Fils est la vérité, comme il nous l'assure lui-même. »
Dans sa Lettre à Jovien , saint Athanase rapporte dans son ^tier le symbole de Nicée, et il ajoute : « Il faut, Seigneur, que tout le monde reste ferme dans cette foi , comme étant toute divine et apostolique, et que personne ne cherche à l'altérer par des paroles artificieuses, comme l'ont f^it les Ariens. Le concile de Nicée a anathématisé cette hérésie , et il a de plus exprimé très-clairement la véritable foi à ce sujet. »
Il n'a pas dit simplement que le Fils est semblable au Père ou semblable à Dieu ; mais qu'il est de Dieu et vrai Dieu , qu'il est consubstantiel ( Lettre à Jov., p. 782 ).
Dans sa Lettre à Ëpictète , écrite vers l'an 369 , saint Athanase dit , en parlant des décisions de l'église de Nicée : « Ce n'est pas du corps de Jésus-Christ, mais du Fils de Dieu luimême, que le concile a déclaré qu'il est consubstantiel au
Père. » ( Lett à Epict., p. 904. ) Il prouve entoite, par prophétie d'Isaîe et par révangile selon saint Luc, que snsOirist a pris un corps semblable an nôtre, da sang d' brabam et de la substance de Marie. Ce corps a souffert circoncision, la faim, la soif, le travail, et enfin le sup de la croix, au lieu que le Verbe est impassible. Ce cor|i||| était dans le sépulcre, tandis que le Verbe, sans le quitter, descendit aux enfers. Tout cela n'a pas eu lieu en fictton ct|,r, en apparence seulement, mais en vérité et réalité. Autrenuit le salut des hommes et la résurrection ne seraient que fictioi et apparence, suivant la doctrine de Manès ( Id., id., p. 906). L'incarnation n'a rien ajouté au Verbe : c'est la chair sesb qui a reçu des avantages Infinis par l'union du Verbe....
A ceux qui disaient que le Fils de Marie n'était pas h Christ, Seigneur, Dieu , mais seulement un prophète, saiit Athanase répond : « Pourquoi donc , dès sa naissance , a-t-fl été nommé Emmanuel^ c'est-à-dire , Dieu avec nous? P(Nl^ quoi saint Paul dit-il de lui , qu'il est le Dieu béni dans 1» siècles? Pourquoi saint Thomas, en le voyant, s'écrie-t4l: Mon Seigneur et mon Dieu!.,. Il est dit des autres prophètes, que la parole de Dieu leur a été communiquée, tandis qu c'est de lui seul qu'il a été dit : Que la parole ou le Verbe a été fait chair. C^est lui que le Père a montré sur les bordi du Jourdain et sur la montagne , en disant : Cest ici vum Fils bien-aimé. » (Id., id., p. 910.)
Saint Athanase, dans sa Lettre à Adelphius, écrite vert l'an 369 , déclare que les catholiques n'adorent pas une chose créée , dans le Verbe, mais le Seigneur de toutes choses, qui s'est fait chair; que la chair, prise en elle-même, fait partie des êtres cn'és , mais qu'elle est néanmoins devenue le corpi d'un Dieu; que les Chrétiens, dans l'adoration qu^ils rendent au Verbe , ue séparent pas le corps du Verbe , auquel il est uni ; qu'ils adorent Dieu uni à la chair (Id., id., p. 913).
Ou volt , dans tous les écrits de saint Athanase , qu'il sai*;
fiit toutes les ocèasions qui se présentent ponr établir les
. yreaves de la divinité de Jésus-Christ. Il l'appelle souvent ,
et surtout dans, ses Commentaires sur les Psaumes : Homo
Dominicus.
An 821. — Constantin ^premier empereur chrétien.
« Constantin , dit Eusèbe (Eusèb. Vie de Const. cb. 32.), résolu de n*adorer que le Dieu qui s'était fait voir à lui , fit venir auprès de lui plusieurs évéques , afin d'apprendre â*eax à le connaître, et recevoir une explication particulière de la vision qu'il avait eue. Les évéques lui dirent que ce Dieu qui lui était apparu était le fils unique du seul vrai Dieu , et que le signe qui lui avait été montré était le symbole de llmmortalité et le trophée de la victoire qu'il a remportée 8or la mort pendant son séjour sur la terre. En même temps les évéques expliquèrent à Constantin les motifs de la venue du Christ sur la terre, et tout le mystère de son incarnation.
Constantin ayant vaincu Maxence , revint à Rome , où il fut reçu avec de grandes acclamations le 29 octobre Tan 302. On lui éleva une statue sur l'une des principales places de la ville. Lui-même voulut qu'on l'y représentât tenant une croix au lieu de lance , avec l'inscription suivalite : « Par ce signe salutaire, symbole du vrai courage, j'ai délivré votre Tille du joug d'un tyran , et j'ai rendu an sénat et au peuple romain leur ancienne splendeur. » ( Eusèb., liv. 9 , c. 9.)
Constantin a composé un grand nombre de discours en faveur de la religion qu'il avait embrassée. Il y professe constamment la doctrine de l'Eglise sur Jésus-Christ (Eus., ch. 15,16, 17, 18 et 19),
118 LÀ mVINIT
An 323. — Saint Eusiathe y évéqne éTAniioehe j .eoftfesim] du nom et de la divinité de Jésus-Christ.
C'est ainsi que ce saint est nommé et qualifié par les aotem eeclésiastiqoes. Saint Jérôme appelle saint Enstatbè iflH trompette retentissante , et lui fait honneur d'avoir donné la
premier signal du combat contre Arius. Il reste de eesnint^ plusieurs fragments du livre qu'il avait composé sur ces psroles des Proverbes : « Le Seigneur m'a créé dès le commencement. » On y voit que saint Eustathe enseignait clairement que Jésus-Christ est Dieu par sa nature et engendré de Bien; qu'il a pris sur la terre un corps et une âme semblables aux nôtres; que ce corps a été formé dans le sein de Marie par l'opération du Saint-Esprit , etc. Dans le second concile da Nicée, on cita plusieurs passages de Texplication de saint Eustathe , sur ces paroles du Livre des Proverbes : « Mangei mon pain et buvez le vin que f ai mêlés pour vous. » (Cône., tom. 7, p. 450.)
An 324. — Eusèbey évêque de Césarée.
Le livre des Philalethes ( amis de la vérité) qu'il composa en réponse aux deux livres d'Hiéracle, fut un des premiers ouvrages qu'écrivit Eusèbe. Il y réfute vivement Hiéracle , qui s'était permis une Indigne comparaison d'Apollonius avec Jésus-Christ. Après avoir récapitulé les principaux traits de la vie de Jésus-Christ et de sa doctrine, Eusèbe dit : « Après cela, il y aurait de la folie, je ne dis pas à mettre en question si Apollonius est comparable à Jésus- Christ, mais même à le penser. » (Photins, cap. 30, p. 23.)
Les Livres de la Préparation évangélique attestent une profonde érudition. L'objet qu'Eusèbe se proposait, en composant cet ouvrage, était de mettre en évidence l'impiété et
I folie dtt paganisme. Il commence par établir les preuves vincipales sur lesquelles la religion chrétienne est fondée. La plus forte est Taccomplissement des prophéties. Jésus- Qhrist avait prédit que sa doctrine se répandrait par toute U terre, et que son église résisterait à toutes les attaques de les ennemis. « Qui osera nier , dit-il , que ces prédictions fusteat vraies, puisque les événements accomplis les ont déjà ,eoDfirmées ? Déjà la voix de TËvangile s'est fait entendre par I tonte la terre. » (Liv. i, ch. 3.)
^ Dans les Livres de la Démonstration évangélique , Eusèbe ^ Jémontre la vérité de tout ce que les disciples du Seigneur jOQt raconté de lui, par quatre arguments principaux : il^ parce qu'on ne peut ni supposer ni dire que les disciples •Aient été poussés par aucun motif humain à débiter de faux miracles, eux qui avaient appris de leur maître à mépiiser tout intérêt temporel ; 2® il est contre toute apparence que soixante-dix hommes aient fait entre eux un accord ayant pour objet d'aller en imposer à toute la terre; qu'ils aient pour cela quitté leurs maisons , leurs femmes, leurs enfants, et tout ce qu'ils avaient de plus cher, et qu'ils se soient accordés de manière à ne se contredire en aucun point les nos les autres, même après leur dispersion en des lieux si divers. S'ils avaient connu leur maître pour un imposteur, se seraient-ils exposés pour lui à une mort certaine, tandis qu'ils pouvaient vivre en paix dans leur patrie? Eussent-ils osé entreprendre de soumettre toute la terre à ses doctrines, n'ayant à opposer à l'idolâtrie, enracinée sur la terre depuis si longtemps, qu'un homme mort sur une croix? 3° le suicide de Judas n'eût pas eu lieu , s'il avait connu pour un imposteur celui qu'il avait tant de honte d'avoir trahi ; 4^ si le témoignage de soixante<^dix hommes ne suffisait pas pour ne laisser aucun doute sur les miracles de Jésus-Christ, Il n'y a plus aucun fait dans toute l'histoire que Ton ne puisse révoquer en doute , d'autant plus que la bonne foi qui respire
laO LA DIVINITÉ
dans le récit des apôtres éloigne Datarellement toute idés
qu'ils aient voulu en imposer.
Les ennemis de la religion prétendaient attribuer à la m»' gie les miracles opérés par Jcsus-Christ. Saint Eusèbe leur' répond : « Qu'on n'a jamais pu convaincre de magie , nonseulement aucun disciple du Christ, mais encore aucun Chrétien , quelles que soient les tortures auxquelles on les ait soumis pour arracher d'eux une pareille déclaration; qœ, d ailleurs, aucun de ceux que l'on cite pour avoir excellé dans Tart de la mnf>ie n'a jamais rien fait qui approchât des merveilles opérées par Jésus- Christ. » Ëusèbe remarque qae la sainteté du Sauveur et riimocence de sa vie ont été si éclatantes, que Porphyre lui-même, le plus grand ennemi de notre religion , avait été obligé de le reconnaître.
Voici ce qu'Kusèbe dit de la nature du Verhe : « Le Fils subsiste par lui-même séparément du Père; il n'a pas son essonco de lui-même , mais du Père ; que le Père ne reçoit rien du Fils^ quant à sa nature, et que le Fils, au contraire, tient du Père comme de sa cause, et son être et sa manière d'êtn^; engendré avant tous les temps, toujours co-existant au Père, \orhe. Dieu, non par séparation ou division de la substance du Père, mais par sa volonté et par sa puissance, d'une manière que nous ne pouvons comprendre ; car^ connue personne ne connaît le Pero, sinon le Fils, ainsi personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père, qui Ta engendn\ Kusèbe prou\e que ce Fils» est unique; qu'il est au-dessus de tous les êtres orées , dcuit ii est lui-même le créftteur ot le conservateur; il a ete produit par le Père pour être Pcx eou leur et l'instrumenî de sc> \oKMites.
* La dixinite du Chust . dit KusMv Id.. eh. 6 et suiv. ), n'a rien soutï. rt i:e son union avi-o la nature humaine. Lorsque Jésus Christ, comme homme, c- n\er>ait avec les hommes . étant pre>ont dans un cert.'iin lieu, le Verbe remplissait on môme temps tous les lieux ; il était avec le Père et dans
DE JÉSUS-^CHRIST. lîi
ère^ goavernant toutes choses dans le ciel et sur la terre. divîDité du Verbe n'a rien souffert de sa mort sur ia e, de même que le soleil ne perd rien de sa force et de sa mdeur en pénétrant un corps mort de ses rayons. Le ps du Verbe revint à ia vie aussitôt qu'il reçut en lui ia tu du Verbe; alors ce qui! y avait de mortel dans le ristfut revêtu de Timmortalité. L'homme entier, absorbé • la nature de Dieu , ce fut de nouveau le Dieu Verbe. Ce it là les prémices de notre espérance : le bonheur de cet mme-Dieu étant pour nous le gage de l'immortalité et du [De qui nous est promis en lui et avec lui. » Dans les premiers chapitres de son Histoire ecclésiaS' wc, il traite encore de la divinité du Verbe et de son étér- ;è.
Parmi les nombreux ouvrages composés par Eusèbe, on mve son opuscule intitulé : de la Résurrection et de VÂsnsion. Il y démontre, contre les païens, que Jésus-Christ t véritablement ressuscité, puisque leurs temples sont en ines, leurs idoles abattues. Il s'adresse ensuite directeeut aux Juifs, et, pour preuve de la résurrection du Sauior, il leur rappelle la ruine de Jérusalem, la dispersion îs Juifs, sans autel, sans roi, sans prophète (de la Résur., .59).
U353. — Saint Hilaire^ évêque de Poitiers^ docteur de
r Eglise et confesseur.
Dans son Traité sur la Trinité, livre second , saint Hilaire •mmence par expliquer la doctrine de rEu;lise sur les trois Tsonnes divines. Il rappelle en quoi consistait l'hérésie de ibellius, d'Kbion et d'Arius. Le premier ne distinguait en ieu que les noms de Père, de Fils et de Saint-Esprit. Le eond disait que le Fils de Dieu n'avait commencé d'être l'ao moment de sa conception dans le sein de Marie. Les
Ariens mettaient le Fils de Dieu au rang des créatures. Sain! flilaire continue en disant : « C'est du Père que tous les êtres ont leur existence. C'est lui qui, dans son Christ et par son Christ , est l'origine de toutes choses. Le Verbe est le Fils du non-engendré, seul d'un seul, vrai du vrai, vivant da vivant , parfait du parfait , vertu de la vertu , sagesse de la sagesse , gloire de la gloire , la figure du Père non engendré.... » Quant à la génération du Verbe, saint Hilaire dit : « Elle n'a eu lieu ni par division ni par retranchement de la substance du Père, puisque celui qui a engendré est impassible, puisque d'ailleurs le Christ a dit: Le Père estennud et je suis dans le Père, Il n'est pas non plus Fils par ad(^ tion, mais en réalité, car il a dit : Celui qui m'a vu atw aussi mon Père. Enfin il n'est pas non plus une partie de la substance du Père , puisqu'il a dit : Tout ce que possède mos Père est à moi.... Le Père et le Fils ne sont qu'une même nature divine, quoique distincts l'un de l'autre, parce (joe l'un est Père et l'autre Fils. Ce ne sont pas deux dieux , mais un seul d'un seul.... » Saint Hilaire prouve l'éternité do Verbe par ces paroles de saint Jean. « Au commencement était le Verbe. » S'il était au commencement, il n'a donc pas commencé. Ces paroles « Et le Verbe était dans Dieu , >» annoncent que le Fils n'est pas une production en dehors, et celles-ci : « Que le Verbe était Dieu, » signifient que ce Verbe n'est pas un simple son de voix, comme le prétendaient les Ebionites , mais Dieu même. Ces paroles : « Rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui, » nous enseignent clairement qu'outre le Verbe , sans qui rien n'a été fait, il y a eu encore un autre agent, savoir le Père, par la volonté duquel toutes choses ont été faites.
Le troisième livre du Traité de la Trinité est exclusivement consacré à prouver la génération éternelle du Verbe et sa dixinité. Il rappelle, en parlant des pre^dén/is du siècle j qui niaient la vérité de la génération éternelle du Verbe»
larce qu'ils ne pouvaient la comprendre, ces paroles de l'E- ^ritare où Diea dit : « Qu'il laissera périr la sagesse des sages, 3t qu'il réprouvera leur prudence. » (Isa!e, 29, v. 14 ). Il nous est plus expédient de croire Jésus-Christ que ces faux sages du siècle, puisqu'il ne s'est fait homme qu'afin de nous îDstroire de ces vérités. C'est pour nous enlever tout prétexte ie doute, quMl pria son Père de le glorifier , c'est-à-dire de nanifester par des signes extérieurs la vérité de ses paroles, ifin que, par ce moyen, le Père fût glorifié par le Fils oéme. Le Père glorifia en effet le Fils ; les miracles opérés rendant sa vie et à sa mort , et en particulier la conversion lu centenier, étaient autant de témoignages qu'il rendait à A divinité du Christ.
Ces paroles de l'Evangile de saint Jean : « La vie étemelle onsiste à vous connaître, vous qui êtes le seul IMea vériable et Jésus-Christ que vous avez envoyé , » founiissent à laint Hilaire une autre preuve de la divinité de Jésus-Christ; :ar, puisque nos espérances aboutissent également au Père ît au Fils, c'est une conséquence nécessaire de reconnaître a même divinité dans tous les deux.
Dans le cinquième livre du même Traité, saint Hilaire se propose de prouver deux choses : la première , que le Verbe pst vraiment Dieu, selon les Ecritures; la seconde, que sa âivinîré ne contredit point l'unité de substance en Dieu.
Saint Hilaire fait cet argument , tiré de la création de Tu- Divers : « H est incontestable qu'elle est l'œuvre de Dieu; or, on ne peut douter qu'elle ne soit l'ouvrage du Fils, puisque , selon l'apôtre, tout a été créé par lui et en lui. Le Fils est vrai Dieu encore par un autre principe : la vérité de l'être est inhérente à l'être ; ce qui est feu est vrai feu , ce qui est eau est vraie eau. Or, Jésus-Christ est Dieu , donc il est vrai Dieu. «
Saint Hilaire prouve ensuite que le Père et le Fils ne sont qa'uu seul Dieu; il le démontre en invoquant Tautorité des
paroles de Moïse, lorsqu'il dit (DeutéroQo 82, v. 89): « Considérez que je suis Je Dieu unique, et qu'il n'y en a point d'autre que moi. » Or, il est dit dans ce passage qull n'y a point d'autre Dieu que lui, il faut donc que le Père ne soit pas ui) autre Dieu que le Fils. L'objet de notre foi est de confesser qu'un Dieu procède de Dieu , qu'il lest dans IMea, non d'une manière corporelle , mais par la vertu infinie de la nature divine, qui est tout entière dans le Père et dans lé Fils. C'est à cette vérité qu'il faut rapporter ces paroles d'isale: « Dieu est dans vous (Isaïe, 45, v. 14), et il n'y a point d'antre Dieu que vous. Vous êtes vraiment Dieu , et nous l'ignorions; vous êtes le Dieu sauveur d'Israël. » Et encore ces paroles d'un autre prophète : « C'est lui qui est notre Bien, et nul autre ne subsiste devant lui , si ou le compare avec ce qu'il est. C'est lui qui a découvert toutes les voies de la vraie science , et qui l'a donnée à Jacob son serviteur, et à Israël, son blen-aimé ; après cela, il a été vu sur la terre et il a conversé avec les hommes. » (Baruch., 3, v. 36. )
Dans le septième livre du même ouvrage, saint Hilaîre résume avec beaucoup de force et de clarté les arguments développés dans les livres précédents.
An 354. — Lucifer de Çagliari.
On a de cet auteur ecclésiastique six Livres à l'empereur CoDstantius. Lucifer de Cagliari expose ainsi , dans son premier Livre, la foi de l'Eglise à ce prince , qui penchait alors vers Tarianisme : « Quelle est , dit-il , la foi de l'Ëglise, sinon qu'il y a une trinité parfaite et une divinité du Père , du Fils et du Saint-Esprit.... Que le Fils seul, et non le Père ou le Saint-Esprit consolateur, s'est fait homme , que le Fils est immuable, inconvertible^ inestimable, immense, éternel comme son Père. Il dit inconvertible^ pour marquer que Dieu le Fils, en s'unissant à la nature humaine, n'a pu, par
suite de cette anion, devenir différent de ce qu'il était, stant toujours resté dans le même état d'éternelle grandeur, ^'îi partage avec le Père. Que ces paroles de saint Paul , il î'est anéanti en prenant la forme de Vesclavey ne veulent dire autre diose, si ce n'est que le Fils qui est semblable et égal à son Père, a toutefois bien voulu devenir bomme pour notre salut. » (Id., id., p. 198. )
Dans le sixième livre, qui a pour titre : QuHlfaut mourir pour le Fils de Dieu y Lucifer s'exprime ainsi, en s'adressant à l'empereur Ck)nstantius : « Qui es-tu pour prétendre (p. 246 ) nous ravir les biens que le Tout-Puissant nous a donnés? Tu dis : Niez le Fils dé Dieu, c'est-à-dire sa consubstantialité , autrement Je vous accablerai du poids de ma puissance. Mais il est plus avantageux pour nous que l'ennemi de Jésus-Christ nous tue, que si nous méritions d'être frappés de mort par Jésus-Christ ; qui ne préférera d'être le compagnon , le co-héritier des martyrs, des patriarches, des prophètes, et de tous les justes, que de Judas, dont tu t'es fait rimitateur ? » ( Id. , id. , p. 247. )
Ailleurs, toujours en s'adressant à Constantius, il parle ainsi de la divinité de Jésus-Christ ( 1. 1 , pour saint Ath., p. 195) : « Il est Dieu et Fils unique de Dieu. Il n'est point , comme tu prétends, Constantius, une créature, mais le Seigneur de la créature , éternel , infini , comme celui dont il est le Fils. 11 a revêtu la nature humaine tout entière dans le sein de la Vierge , mais de sorte qu'il est resté le même après Tincarnation, imipuable, incorruptible, inaltérable comme son Père. »
An 364. — Julius Maternus FirmicuSy sénateur romain.
Après avoir embrassé la religion chrétienne, Julius Firfnicus écrivit un ouvrage en faveur du Christianisme, qui a pour titre : De V Erreur et de la Fausseté des Religions
profanes. Il compare les cérémonies et les prières des cnUtt idolâtres à ceux de la foi nouvelle. Il raconte qall avait, avant sa conversion , participé aux mystères profianes : « J'ri mangé du pain sacré , j'ai bu de la cymbale; je vous invite maintenant ( parlant aux idolâtres ) à manger un pain tout différent , et à boire dans une autre coupe, qui sont le corpi et le sang de Jésus-Christ , pour acquérir la vraie vie et Timmortalité. » (Id., ch. 20.)
En parlant d'une certaine prière que faisaient les palem dans les calamités publiques , dans laquelle ils invoqaaioit répoux, la lumière, le dieu de la pierre , Jolius Firmicu montre, par plusieurs passages de l'Ecriture, que Jésofr- Ghrist est la lumière du monde ; qu'il est l'époux, et l'Eglise son épouse; qu'il est la pierre angulaire promise de Diei pour fonder la nouvelle Jérusalem; qu'il n'y a (Id., ch. 31 et 22 ) point de pays sur la terre où son nom nesoitconno, et qui ne soit rempli de sa divinité.
Plus loin, Julius Firmicus traite des mystères de lapittsion du Fils de Dieu , de sa résurrection , de sa naissance, de la chute du premier homme et de la rédemption du genre humain (Id., id., ch. 23 et 24) par Jésus-Christ.
An. 355. — Victorin^ orateur chrétien.
Victorîn a écrit quatre livres contre Arius , que Ton a intitulés quelquefois : De la Trinité. Dans cet ouvrage, il s'applique particulièrement , en commençant , à montrer , par Tautorité des divines Ecritures, que le Verbe est étemel, qu'il n'est point créé, qu il est de la même substance que le Père, qu'il procède de lui ; que , par le Verbe, toutes choses ont été faites, qu'il est la vie et la lumière du monde. Poar prouver qu il est substantiellement dans le Père et de la substance du Père , il rapporte ces paroles de Jésus-Christ, dans l'évangile de saint Jean : » Moi et mon Père sommes une
DE JÉSUS-CHRIST. iV
néme chose. » Et encore ce qui est dit de lui dans l^épître mx Philippieus ( Philipp. , 2 ) : « Ayant la forme de Dieu , il n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation d'être égal à Dieu.... Selon sa divinité , il est Fils de Dieu par nature. Eq sorte que le Père et le Fils sont consubstanriels. Yictorin explique en quel sens il est vrai de dire que le Père est plus grand que le Fils ; savoir , en ce que le Père donne tout au Fils, même 1 être, de même que le Saint-Esprit le reçoit du Père et du Fils.
L'auteur prouve la divinité de Jésus-Christ par les passages de l'i^criture , où nous lisons que l'esprit de Dieu est Tesprit de Jésus-Christ ; que sa génération est ineffable ; qu'il est rimage du Père , du Dieu invisible, le Créateur de toutes choses , soit dans le ciel , soit sur la terre ; qu'il est la vertu, la puissance du Père , la vérité ( saint Victor, p. 267 ).
Dans le deuxième livre , Victorin revient sur la consubstantialité du Fils; il rappelle qu'elle a été reconnue et proclamée par les trois cents quinze pères assemblés à Nicée; que la formule de foi qu'ils ont rédigée a été acceptée par des milliers d'évêques , soit lors du concile, soit d3puis que l'empereur Constantius l'a également approuvée ; que cette foi est celle des apôtres et la foi catholique, qui doit être prêchée et enseignée dans toutes les églises (liv. 2 , p. 271 ). Victorin, dans son troisième livre, prouve l'éternité du Fils par Téternité du Père, l'unité de substance dans tous les deux. Jésus-Christ, qui a pris un corps dans le sein de la Vierge , et a souffert la mort pour nous , est le même qui est engendré du Père avant tous les siècles. ( Id. , p. 279. )
Le petit traité du même auteur, la Défense du Consubs' tantiel^ résume tout ce que Victorin a dit sur le même sujet dans les quatre Livres contre Arius. Il y renvoie encore dans un autre écrit qui a pour titre : De la Génération du Verbe divin.
i« lA mVINITË
AudenUus.
Cet auteor espagnol , placé par Germade an nombre des hommes illustres , avait écrit contre les Manichéens, les Sal>ellîens et les Ariens , et composé nn écrit contre les Photiniens, intitulé : De la Foi contre les Hérétiques. Il y démontrait qne le Fils est co-éternel an Père, et qu'il n'a pas commencé à être Dieu , seulement lorsqull est né de la Vierge.
An 3S7. — Saint Basile , archevêque de Césarée en Cajppa»
doce , et confesseur.
Dans son premier Livre contre Ennomius, on trouve une profession de foi sur la divinité de Jésus-Christ , ainsi conçue : « Nous croyons en un Dieu le Père tout-puissant, de qui sort toutes choses, et en un Fils unique de Dieu , Dieu yerl>e, Notre-Seigneur, par qui toutes choses ont été faites, et en un Saint-Esprit consolateur.
Saint Basile démontre, dans son quatrième Livre contre Eunomius, que le Fils n'e^t pas créé du Père, qu'il est Dieu par nature, qu'il est consubstantiel au Père.... Il explique ces paroles de Jésus-Christ : « Mon Père est plus- grand que moi.... » Sainte Basile explique encore divers passages de FEcriture et celui-ci où Jésus-Christ dit : « La vie étemelle consiste à vous connaître , vous qui êtes le seul Dieu. »
Homélie de saint Basile sur la Foi : Voici en quels termes il s'exprime sur les personnes divines : « T^c Père , le Fils et le Saint-Esprit sont d'une nature incréée , ou plutôt ils ne sont qu'une même nature încréée , égale en puissance , en majesté , en bonté ; le Père est le principe et la cause de tout ce qui existe ; de cette source féconde émane la vie , la sagesse , la vertu , l'image parfaitement semblable du Dieu in-
visible, le Fils engendré du Père, le Verbe vivant qui est Dieu et qui est en Dieu , qui existe avant tous les siècles , qui est l'ouvrier et non pas Touvrage , le créateur et non la créature ; le Fils est de la même nature que le Père ; il possède et renferme en lui-même , par le seul privilège de cette nature, qui lui est commune avec le Père, tout ce que le Père possède; il est la splendeur qui de toute éternité rejaillit de la substance du Père, étant aussi ancien que lui; il représente tout le Père , auquel il est égal eu puissance , en bonté et en majesté. Quand l'Ecriture no\is dit que le Fils est envoyé par le Père, qu'il reçoit les ordres du Père, ces expressions né portent aucune atteinte à la divinité du Fils ; elles expriment seulement Tétat d'infirmité auquel il s'est volontairement soumis par son incarnation. »
La seizième Homélie du même saint roule sur ces paroles de saint Jean : « Au commencement était le Verbe. » Elles avsdent parues si belles à quelques païens mêmes, qu'ils les avaient répétées dans leurs écrits ; mais il les propose à ses lecteurs comme un témoignage admirable de réternelie exis« teuce du Verbe et de sa divinité. Par ces paroles : « Le Verbe était avec Dieu , » Tévangéliste a voulu nous faire comprendre qae le Fils n'est pas moins infini que le Père. Saint Basile termine ses preuves de la divinité de Jésus-Christ par l'explication de ces autres paroles de saint Jean : « Et le Verbe était Dieu. » Quant à sa génération , elle a lieu par voie d'émanation dans Tesprit du Père; comme la parole est l'image de notre pensée, le Verbe est de même limage du Père.
Dans sa Lettre sur la Foi , ouvrage qu'il composa pour quelques personnes qui l'en avaient prié, saint Basile définit la foi, une croyance ferme des choses qui nous ont été révélées par un don de Dieu. Après cela, il vient à la profession le foi qu'on lui demandait. Il y établit l'unité d'un seul et ^rai Dieu II confesse hautement la divinité du Père, du Fils
dans le récit des apôtres éloigne naturel lement toute \àk
qalls aient voula en imposer.
Les ennemis de la religion prétendaient attribuer à la m» gie les miracles opérés par Jesus-Glirist. Saint Ensèbe \mt répond : « Qu'on n'a jamais pu convaincre de magie ^ nonseulement aucun disciple du Christ, mais encore aucun Chrétien , quelles que soient les tortures auxquelles on les ait soumis pour arracher d'eux une pareille déclaration; qoe, d'ailleurs, aucun de ceux que Ton cite pour avoir excellé dans Fart de la magie n'a jamais rien fait qui approchât des merveilles opérées par Jésus- Christ. » Eusèbe remarque qae la sainteté du Sauveur et riimocence de sa vie ont été si éclatantes, que Porphyre lui-même, le plus grand ennemi de notre religion , avait été obligé de .le reconnaître.
Voici ce qu*Eusèbe dit de la nature du Verbe : « Le Fils subsiste par lui-même séparément du Père; il n*a pas son essence de lui-même , mais du Père ; que le Père ne reçoit rien du Fils , quant à sa nature , et que le Fils, au contraire, tient du Père comme de sa cause , et son être et sa manière d'être ; engendré avant tous les temps, toujours co-existant au Père, Verbe, Dieu, non par séparation ou division de la substance du Père , mais par sa volonté et par sa puissance, d'une manière que nous ne pouvons comprendre ; car, comme personne ne connaît le Père, sinon le Fils, ainsi personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père, qui Ta engendré. Eusèbe prouve que ce Fils est unique; qu'il est au-dessus de tous les êtres créés , dont il est lui-même le. créateur et le conservateur; il a été produit par le Père pour être l'exécuteur et Tinstrument de ses volontés.
« La divinité du Christ, dit Eusèbe (Id., ch. 6 et suiv. ), n'a rien soufLrt de son union avec la nature humaine. Lorsque Jésus-Christ , comme homme , conversait avec les hommes , étant présent dans un certain lieu, le Verbe remplissait en même temps tous les lieux ; il était avec le Père et dans
DE JÉSUS-CHRIST. iSl
Dans eelle intitulée : A ses Religieux , écrite vers l'an 360 , il remarque , en répondant aux hérétiques , que lorsqu'il est dit dans l'Ecriture, qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'on ne doit adorer qa*un seul Dieu , ce n'est pas pour marquer une différence du Fils et du Saint-Esprit avec le Père, mais pour établir la différence entre le vrai Dieu et les faux dieux ; comme on voit dans le premier chapitre de Fépître de saint Paul aux Corinthiens, où il dit : « Que, quoiqu'il y ait plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, c'est-à-dire qui sont ainsi nommés, soit dans le ciel, soit sur la terre, il n'y a néanmoins pour nous qu'un seul Dieu, qui est le Père, de qui toutes choses tirent leur être, et un seul Fils, qui est Jésus-Christ , par qui toutes choses ont été faites, qui ne sont qa'un seul Dieu. »
Yoici comment saint Basile définit la Trinité : « Une nature incréée, une majesté souveraine, une bonté naturelle. C'est une essence individuelle et commune de trois incorporels parfaits; car, où est le Saint-Esprit, là est Jésus-Christ; et où est Jésus-Christ, là est aussi le Père. Le Père a en soi un être parfait qui n'a besoin de rien ; il est la racine et la source du Fils et du Saint-Esprit. Le Fils a aussi la plénitude de la divinité; il est le Verbe vivant, la production du Père, et n'a besoin de rien.... Cest le Fils qui prie, le Père qui est prié, et le Saint-Esprit qui est envoyé. »
« .... Le Père est le principe et la cause de toutes choses ; il n'est pas engendré, mais il est Père de toute éternité. Le Fils tire son origine du Père , et il est comme lui sans commencement, parce que sa génération est éternelle. Sa génération est ineffable et incompréhensible à la raison humaine... Le Fils est engendré du Père , vrai Dieu, parfait de parfait, sa vive image , ne différant de lui ni en essence , ni en puissance, ni en bonté, ni en majesté, ni en œuvres.... C'est donc une impiété de dire que le Fils n'est pas semblable au Père par sa nature. Toutefois, le Père étant le principe et
loriginc du Fils, il est à cet égard plus grand qne lui, i comme le dit Jésus-Christ dans rËvangile : i/on Père est plus grand qtie moi , c'est-à-dire comme Père. » On sait que les Arieus abusaient de ce passage pour combattre la divinité de Jésus-Christ. Saint Basile avoue que le passage que nous venons de rappeler peut s'entendre de Jésus-Christ dans son humanité.
An 861. — Saint MilecCy évêque éCAntioche
et confesseur.
Saint Milece a composé un discours célèbre , dont Tempereur Jovien lui-même lui avait indiqué le sujet ; c'était d ex* pliquer le passage du Livre des Proverbes, où on lisait, suivant la version des Septante : « Le Seigneur m*a créé le commencement de ses voies par ses ouvrages. » 11 parait que saint Mélecc prononça ce discours en présence de Tempereur. 11 y dit : « Le Fils de Dieu est Dieu de Dieu , un d'un, engendré de non-engendré , que sa génération était sans commencement et ineffable ; qu'il procède du Père , sans division de sa substance ; qu'il est son Verbe , subsistant et agissant par lui-même, puisque, comme dit Tapôtre, toutes choses ont été créées par lui et sont en lui.... » Saint Milece, faisant ensuite remarquer combien il était difficile d'expliquer la génération du Verbe, puisque celle de Phomme ne nous est pas même connue , s'écrie avec l'apôtre : « O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu I que ses jugements sont impénétrables , et ses voies incompréhensibles! »
An 370. — Saint Cyrille ^ archevêque de Jérusalem,
Dans sa quatrième Catéchèse , dans laquelle saint Cyrille explique aux catéchumènes le symbole de la foi , il leur dit ;
DE JÉSUS-CHRIST. ISft
uHIs sont M\gés de croire qu'il n'y a qu*an seul Dieu, tient son être de lui-même, sans commencement ni fin; I susceptible de changement; que Jésus-Christ notre Seimr est fils unique de Dieu, Dieu né de Dieu, semblable Père qui l'a engendré avant tous les siècles et de toute imité , d*une manière incompréhensible ; qu'il lui est égal autorité, en dignité et en sagesse; qa'il n'est pas d'une tre nature que le Père , quoique distinct de lui ; qu'il est Verbe de Dieu et la parole de Dieu.... Qu'étant descendu r la tarre, il y avait en lui deux natures, l'humanité qui ait visible, et la divinité, qui était invisible. » La dixième Catéchèse de saiAt Cyrille a spécialement pour ijet de prouver la divinité de Jésus-Christ. Il commence ir démontrer contre les Juifs la nécessité où ils sont de roire en Dieu le Fils et de Tadorer.... Il explique ensuite ir l'Ecriture comment les différents noms par lesquels il est (ligné dans les livres saints s'appliquent uniquement à JékCbrist.... C'est au Fils que Dieu parlait (Catéchèse 10 ), ilque, voulant créer l'homme, il disait : « Faisons l'homme Qotre image. » Et, lorsque Adam fut formé, il est dit : Dieu fit l'homme , et il le fit à l'image de Dieu , » pour faire ir que la dignité de Dieu n'appartenait pas seulement au re , mais au Fils. C'est le Père qui parle à son Fils dans psaume 109, où nous lisons : « Le Seigneur a dit à mon gneur. » Jésus-Christ est aussi appelé souvent Seigneur 18 rEvangile. Lorsque Tange annonça sa naissance aux iteurs , il leur dit : « Il vous est né aiyourd'hui un Sauir qui est le Christ , le Seigneur. » Dans les actes des ^res, il est dit que Jésus-Christ est le Seigneur de toutes )ses, même des anges, puisque, selon qu'il est écrit dans Qt Matthieu : c Ils vinrent et le servirent ; » et , après sa urrection , l'ange dit aux femmes : « Allez dire à ses disles que le Seigneur est ressuscité. »
>aint Cyrille explique l'étymologie du nom de Christ^ h 8
qui signifie TonctioD en vertu de laquelle, comme il Ta dit lui-même^ il a été établi prêtre de toute éternité.
La onzième Catéchèse contient une explication approfim* die de ces paroles du second article du symbole : « Je croii au Fils unique de Dieu, né du Père, vrai Dieu avant tout les siècles , par qui toutes choses ont été faites. » Saint Cyrille traite de la génération éternelle du Fils de Dieu , et de sa naissance temporelle.... Il prouve ( onzième Gatéch. ) es- T suite que le Fils est en tout semblable au Père, et que tel L caractères de la divinité sont les mêmes dans le Père et dam L le Fils ; en sorte que le Père est parfait et le Fils est parfait L Le Père qui engendre est Dieu , et le Fils qui est engendré est | Dieu , et le Dieu de toutes choses , et engendré avant tous les siècles d'une manière ineffable , selon ce qui est écrit dans le prophète Michée : a Et vous, Bethléem, vous êtes petite entre les villes de Juda ; mais c'est de vous que sortira celai qui doit régner en Israël, dont la génération est dès le commencement de l'éternité. » (Michée, 5, v. 2). Jésus-Ghriit n'a-t-il pas dit aux Juifs , en parlant de lui-même : « Je vooi dis que je suis avant Abraham ? »
Dans la quatorzième Catéchèse, saint Cyrille explique cette partie du symbole : 11 est ressuscité des morts h troisième jour, est monté aux cieux, où il est assis à ta droite du Père. » Il prouve que sa résurrectior. avait] été prédite par les prophètes , de même que les circonstances de sa passion. Il trouve ces prédictions écrites principalement dans les psaumes vingt-neuvième et quatre-vingt-septième , et encore dans Sophronie, où le Seigneur dit à ses disciples : « Attenâez-moi au jour de ma résurrection dans te lieu du martyre. » Le prophète Osée a prédit aussi la résa^ rectipn du Christ en ces termes : « Il nous fera vivre dans deux jours, et, le troisième jour, nous ressusciterons en sa présence. »
« Il est assis à la droite du Pèi*e. » Saint Cyrille établit œ
stère sur les témoignages d'Isaïe et da psalmiste, en averlant ses auditeurs de confesser que Jésus-Oirist est assis a droite de son Père , non-seulement depuis son incarna- RU y mais avant tous les siècles.
Dans récrit de saint Cyrille connu sous le nom de VHoméî sur le Paralytique y il démontre que Jésus-Christ est en Ime temps Dieu et homme ; qu'il est absolument nécessaire I eonfesser qu'en lui la divinité est unie à l'humanité. Il koave ( id., p, 336 ] la toute-puissance de Jésus-Christ, tant
fie miracle quHi opéra sur le paralytique , que par un id nombre d'autres rapportés dans les Evangiles.
[in 871. — Saint Optât ^ évêque de Mileve, défenseur
de l'Eglise.
^ Saint Optât a écrit sept Livres contre les Donatistes. 11 hunence le premier par une profession de foi du mystère V rincamation ; il dit, entre autres choses , qu'une partie B la foi consiste à croire que Jésus-Christ est Fils de Dieu Dieu même... En parlant du baptême de Jésus-Christ par int Jean , saint Optât dit : « Il fallait qu'un Dieu fut oint ir un Dieu (Liv. 4, p. 75), et que cela s'accomplit, lorsle, aux bords du Jourdain, le Saint-Esprit descendit sur sus-Christ sous la forme d'une colombe.
An 372. — Saint Grégoire de Nazianze^ archevêque de Constantinople et confesseur.
On a de ce saint deux discours à Julien TÂpostat, à Focsion des persécutions exercées contre les Chrétiens. Cet spereur fit un édit d'après lequel les Chrétiens devaient re à l'avenir désignés sous le nom de Galiléens, A ce sujet, s'adressant à l'empereur, saint Grégoire s'écrie : « Gomme j en changeant de nom , nous eussions changé nos mœurs
et roQgi de porter le nom de Galiléens , lorsque nous savmis qae notre Sauveur lui-même, qui a créé le monde, qui le gouverne, qui est le Verbe et le Fils étemel de Dieu, qui est assis sur son trône , qui est le médiateur et le grand-pontife, s'est fait esclave pour nous, et qu'il ne s'est pas pMnt de ce qu'on rappelât Samaritaiû. »
Dans son douzième Discours , saint Grégoire s'exprime ainsi : « Conservons fidèlement le dépôt que nos pères nous ont laissé ; adorons le Père, le Fils et le Saint-Esprit; reconnaissons le Père dans le Fils, et le Fils dans le Saint-Esprit, au nom de qui nous avons été baptisés. Nous les divisoni avant de les unir , et nous les unissons avant de les diviser Nous ne confondons point les trois personnes en une; now ne croyons point non plus que les trois personnes n'en fassent qu'une. L'unité n'est relative qu'à la divinité , et non aux personnes. Nous adorons l'unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité. Elle est incréée et invisible; elle cit avant le temps; elle seule se comprend. »
Dans le dix-septième Discours de saint Grégoire de Nazianze, on lit ces belles paroles sur Jésus-Christ. S'adrenant au gouverneur de Nazianze , à l'occasion d*une sédition qui avait éclaté dans cette ville, « Vous présenterai-Je , dit-il, mes cheveux blancs au lieu de requête , et le sacerdoce que j'ai rempli depuis tant d'années? Ma douleur m'inspire de la hardiesse ; je vous présente aussi Jésus-Christ , ses anéantissements, ses souffrances, sa croix , ses clous, par leisquelsil nous a délivrés de nos péchés; son sang, son tombeau, sa résurrection, son ascension, cette table vers laquelle nous approchons pour communier , et cet adorable mystère qoi nous élève au ciel. »
Le vingt-quatrième Discours est en l'honneur des Egyptiens. Dans plusieurs passages , l'auteur établit clairement la divinité de Jésus-Christ et de chacune des personnes divines: « Lorsque vous lisez ces paroles : Mon Père et mtn nous ne
sommes qu^un , entendez-les de la même essence. Celles qui suivent : Nom viendrons en lui et nous ferons 'en lui notre demeure y marquent la distinction des personnes sons le nom de Père , de Fils et de Saint-Esprit. » Il ajoute ensuite : « Parlez des choses divines j comme Tapôtre qui fut ravi jusqu'au troisième ciel. » Il fait quelquefois mention des trois personnes, sans garder le même ordre en les nommant, pour montrer qu'elles n'ont qu'une même nature; mais , lorsqu'il veut distinguer les personnes , voici comment il s'explique : « Il n'y a qu'un Dieu, Père de. tous, qui est au-dessus de tous, qui étend sa Providence sur tous; il n'y a qu'un Seigneur Jésus-Christ qui a tout fait, et nous avons été faits par lui. »
Bans le vingt-septième Discours, il donne aux Chrétiens eette règle de leur croyance, au milieu des disputes de i'Ârianisme : « Confessez constamment le Père, le Fils et le Saint-Esprit , sans rien ajouter à la divinité et sans en rien retrancher... ».
Dans le trente*cinquième Discours, qui est le troisième de la Théologie, saint Grégoire traite de la divinité du Fils : « Quoiqu'il n'y ait qu'un Dieu , dit-il , il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait qu'une personne ; mais la pluralité des personnes ne fait pas une pluralité de puissances ; l'unité, passant par deux, s'arrête à la Trinité : voilà ce qui fait que nous reconnaissons le Père, le Fils et le Saint-Esprit... Le Fils et le Saint-Esprit reconnaissent un principe , mais il est évident que la cause n^est pas toujours antérieure à l'effet pour la durée , comme nous le voyons dans le soleil à l'égard de la lumière... Comment le Fils pourrait-il être Dieu, s'il n'était qu'une créature? »
La divinité du Fils est encore l'ohjet du trente-sixième Discours de saint Grégoire.
Le Discours trente-huitième est intitulé : De la Naissance de Jésus-Christ^ que l'on appelait au&^v Tiiéopliame. Y&
trente-neuvième roule sur le baptême du Sauveur , que ron appelait alors. ia Fête des Lumières^ parce que le baptême était appelé illumination.
Saint Grégoire de Nazianze a composé an grand nombre de poésies sur différents sujets ; ces poésies sont connues sons le nom des Poèmes de saint Grégoire. Le trente-neavième de ces poèmes est intitulé : Généalogie de Jésus^Christ. Les deux poèmes suivants, les quarante et quarante-unième, présentent un récit abrégé des miracles de Jésus-Girist et de ses paraboles. Le cinquante-sixième est intitulé: J9ym9M à Jésus-Christ au jour de Pâques.
Le soixante-dixième poème est un des plus remarquâmes; il traite de Dieu et de la divinité de Jésus-Christ : « Le Fils est Dieu comme le Père, il est son Verbe et ia vive image do Père; il est Fils unique, seul d'un seul, parfaitement égal au Père , Fauteur et le modérateur de Tunivers. Le deuxième chapitre du même poème est intitulé : Du Fils \
La tragédie le Christ souffrant , rapportée par les auteurs, ne peut pas être attribuée à saiut Grégoire de Nazianze.
Les poésies de saint Grégoire , conservées par Tollins, sont intitulées : Carmina Cygnea,
An 374. — Saint Phebadey évéque d'Agen.
Saint Phebade a écrit un Traité contre les Ariens. En pa^ lant du mystère de Tincarnation, il démontre, par lés termes de l'Ecriture , que , dans Jésus-Christ , Tesprit n'est pas devenu chair (Jean , il ), ni la chair esprit , et qu'il n'est pas devenu passible par le mélange de ces deux substances; mais qu'il a été vraiment Dieu et vraiment homme; et que chacune de ces deux natures , la divine et l'humaine , ont ea
* Ces derniers poèmes ont été traduits en vers français par M. Victor deP&rodil; ils ont paru en i^^i k \a \\V)T«im Saj^ia.
m. JÉSUS-CHRIST. iS9
bacune en lui les effets qui leur sont particuliers ( Traité de Hînt Pheb., p. 801 ). Ensuite l'auteur demande à ses adversaires : « Pourquoi donc nous est-il ordonné à tous d'honorer feFils comme le Père? S'il était différent du Père, nous UasphémerioDs tous les Jours dans nos actions de grâces et dans les sacrifices que nous offrons , puisque nous les offrons avec la croyance que le Fils ne peut point avoir tout ce que
I b Père a lai-méme , puisqu'il est dans le Père. » Sur ces paxoles du Christ , « Le Fils ne saurait rien faire de lui-même, » saint Phebade dit qu'elles contiennent une affirmation de son unité avec le Père. »
' An 876. — Saint Ambroisey archevêque de Milan.
Parmi le grand nombre d'ouvrages composés par saint Ambroise , nous ne citerons ici que ceux qui se rapportent plus particulièrement à notre sujet ; de ce nombre est le Commentaire de saint Ambroise sur saint Luc. Il y démontre que les évangélistes ont écrit, sous Tinspiration du Saint- Esprit, le récit de la vie et de la mort de Jésus-Christ. Dans le Livre des Mystères ou des Initiés, composé par saint Ambroise, il démontre clairement le dogme de la présence réelle dans Teucharistie. Il cite comme contenant une prédiction de Teucharistie, les paroles du psaume 22. 1-2 : « Vous avez préparé une table devant moi ; c'est le Seigneur qui me nourrit, rien ne pourra me manquer; il m'a établi dans un lieu abondant en pâturages. »
Les cinq Livres de la Foij par saint Ambroise. — Dans le )[>remier Livre de cet ouvrage , saint Ambroise prouve que Jésus-Christ est Fils de Dieu, et qu'on lui doit ladoration comme à un Dieu, puisqu'il en a les attributs, et que, dans TËcriture, il est nommé de quatre noms qui marquent sa divinité : « Verbe, Fils, Vertu de Dieu, Sagesse de Dieu. »
II prouve, en citant Isaïe et Jérémie, et un grand nombre
de passages du Nonvean-Testament, runtté de nature daM le Père et dans le Fils^ et que le Fils, quant à la divinitéi est en tout semblable au Père.
Saint Ambroise poursuit la même démonstration de ladt ^ vinité de Jésus-Christ dans le deuxième livre du Traité de la Foi. Il prend pour base de ses explications la distinction des deux natures en Jésus-Christ , en particulier des deux volontés , remarquant ce qui lui est particulier , soit comme Dieu , soit comme homme. Jésus-Christ parlait comme homme , lorsqu'il disait : « Mon Père est plas grand que moi. » (Id., ch. 16.) f
Dans le troisième Livre , saint Ambroise fait voir que l'e^ \ reur d'Arius venait de la confusion qu'il faisait des deuxna- |^ tures en Jésus-Christ, et pour avoir attribué à sa divinité, ' selon laquelle il est le Créateur et le Très-Haut, ce qui ne F convient qu'à son humanité , selon laquelle il est véritable- î ment rédempteur et créé. Il montre ensuite que le Fils est j vrai Dieu comme le Père, n'ayant l'un et l'autre qu'un règne, j qu'une majesté, qu'une gloire (Id., id., ch. 14).
Le cinquième livre du Traité de la Foi est encore employé à établir la divinité de Jésus-Christ (Id., ch. 1).
Dans son Livre de llncarnation , saint Ambroise s'attache à expliquer et à démontrer , contre Jes Apollinaristes , la différence et la distinction de la nature humaine et de la nature divine dans Jésus-Christ. « La foi de l'Eglise, dit-il, consiste à croire que Jésus-Christ est Fils de Dieu , qu'il est né du Père de toute éternité , et que, dans le temps , il est né de la vierge Marie , sans avoir éprouvé aucun changement dans sa divinité. »
Dans son Hexameron (liv. 1 , ch. 8 ) , saint Ambroise cite les deux premiers versets du premier chapitre de la Genèse, où il est dit : « Que Dieu lit au commencement le ciel et la terre , et que l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. » Saint Ambroise y trouve In preuve que les trois personnes de la
Trinité ont eoopéré à la création de l'univers ; il soutient de plus qpe , dans ces paroles du verset 26 , où il est dit : « Faisons l'homme à notre image ^ » il faut voir que Dieu le Père parlait au Fils, qui est son image , et non aux anges, comme le prétendaient les Juifs , et, après eux , les Ariens.
Saint Ambroise explique le cantique des séraphins : « Saint, saint, saint, » en disant qu'ils répètent trois fois saint pour désigner les trois personnes de la Trinité.
An 377. — Valentinien, empereur.
Dans la Lettre de ce prince à l'occasion du Concile dlllyrie , on lit , entre autres choses remarquables : « Plusieurs évéqnes s'étant assemblés en Illyrie, ont déclaré, après un examen fort long et fort minutieux, que nous devons croire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont une même substance.... Nous avons ordonné que cette doctrine serait prêchée (Théodoret, liv. 4, ch. 7, p. 667 ). Notre intention, néanmoins, n'est pas que personne dise qu'il a suivi la religion du prince, sans garder les commandements qui nous sont prescrits pour notre salut... » Et plus loin : « Nous vous envoyons les actes du concile , afin que vous sachiez comment les choses s'y sont passées ; et nous y avons joint la profession de foi dont voici les termes : Nous confessons , d'accord avec le grand et orthodoxe Concile , que le Fils de Dieu est consubstantiel à son Père... Nous croyons, avec les conciles qui ont été tenus depuis peu , tant à Rome que dans les Gaules, que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, n'ont qu'une même substance en trois personnes... Nous croyons aussi, conformément à la profession de foi rédigée dans le concile de Nicée, que le Fils unique de Dieu , consubstantiel à son Père, a pris chair de la sainte vierge Marie; qu'il a conversé parmi les hommes; que, pour notre salut, il a accompli tous les mystères de sa nativité, de sa passion , de sa
résurrection et de son ascem^on^ qu'il Tiendra, dans tout réelat de sa gloire , an Jour du jugement , pour rradre à chacun selon ses œuvres , et qu'il y fera éclater sa puissance divine, parce que c*est la divinité qui a revêtu en lai Thumanité, et non Thumanité qui a revêtu la divinité. Noos condamnons ceux qui sont dans un autre sentiment. » (Saint Ambroise, Lett. à Valent., tom. 3, p. 860. )
Pierre d'Alexandrie.
Il succéda à saint Athanase dans le siège d* Alexandrie. Il parle de réternîté de Jésus-Christ dans une lettre conserfée par Théodoret , écrite à Foccasion des troubles suscités dm Alexandrie par les partisans d*Arius. « Si le Fils, dit-il, était une créature, comme les Ariens le prétendent, et qa*B ne fût point de même substance que le Père, le Père serait par cela même réduit au néant ; puisque le Fils est limage du Père, cette image n'existant point, celui qui doit la produire n'existerait pas. » Saint Grégoire deNysse a fait usage de ce même argument avec une grande force.
Diodore , évêque de Tarse et confesseur.
Théodoret, qui l'appelait le divin Diodore, parle de ses quatre Livres contre Fhotin et Sabellius ; il y prouvait que Jésus-Christ, Dieu avant tous les siècles, s'était fait homme dans les derniers temps pour le salut des hommes. » (Théod., liv. 2. )
On attribue encore à Diodore un écrit contre Apollinaire, intitulé : Contre les Sumousiastes , c*est-à-dire , contre ceux qui confondaient les deux natures de Jésus-Christ ( Id. , di? scctis).
Saint Éphreniy diacre d'EdessCy solitaire et docteur
de l'Eglise,
Ce saint a composé an grand nombre d'ouvrages sur divers sujets de piété et trés-estimés. On trouve de lui, dans divers manuscrits syriaques , arabes et grecs du Vatican , un grand nombre de discours où il traite de la foi , c'est-à-dire des mystères de la Trinité et de l'incarnation , contre les hérétiques; d'autres, où il établit la consubstantialité du Verbe.
Etant exposé à souffrir le martyre, saint Ephrem renouvela la profession de foi de toute sa vie, sur la sainte Trinité, Il l'explique par la comparaison qu'il fait avec le soleil, trouvant dans ce corps lumineux une image de la distinction des personnes et de l'unité de leur essence. Le Père est le soleil; le Fils, la lumière; le Saint-Esprit, la chaleur. Ces trois choses n'ont qu'une même essence , et sont cependant distinctes entre elles (saint Ephr., hym. de la Foi ).
An 878. — Saint Grégoire^ évêque de Nysse^ docteur de
VEglise et confesseur.
Cest surtout dans son ouvrage l'Anterretique , ou Traité contre Apollinaire , que ce grand saint établit la divinité de Jésus-Christ. Il trouve la divinité et l'humanité de Jésus- Christ signifiées dans ces paroles de TEcriture , où nous lisons : « Que le Verbe s'est fait chair ; que la gloire a habité sur la terre ; que Dieu s'est fait voir dans la chair et a conversé parmi nous.... La divinité du Fils comprend la vie, la vérité, la justice, la bonté, la lumière et la puissance; or, ces attributs sont tellement inséparables de la divinité du Fils , qu'en retrancher un ce serait les détruire tous. Si donc la divinité était morte en Jésus-Christ ( c*était l'argument
iU LA DIVINITÉ
d'Apollinaire) , la vérité et toas ses autres attributs sont mortlj avec elle. » C'est ainsi que saint Grégoire combattait les oon-j tradictions d'Apollinaire (Id., p. 132, 133).
Dans la suite du même ouvrage, saint Grégoire établit la doctrine des Catholiques sur Téternité et la divinité du Verbe (Id., p. 264 et suiv.).
Le Discours de saint Grégoire sur la divinité du Fils et do Saint-Esprit (et mtitxi\é sur Abraham y dans Théodoret) fot prononcé à Constantinople pendant la tenue d'un concUar En voici un passage remarquable : « Qu'on ne croie point, dit-il , que les Anoméens croient du moins à la divinité du .| Père, ce que ne faisaient pas les Epicuriens; car je soutiens que ceux-là, en niant la divinité du Fils, nient aussi celledn Père , puisqu'il y a une telle relation entre Tun et Tautre^q^: ce qu'on nie de Fun, on le nie nécessairement de Tautre. Or, les Anoméens nient que le Fils ait toujours été; il3 ne croieiit donc pas non plus que le Père soit éternel , le Père n'ayant pu être sans le Fils, qui est sa splendeur et l'image de sa substance , de sa puissance , de sa sagesse, sans lesquelles il ne peut y avoir de Dieu. »
A ces paroles souvent rappelées ( et dont cherchèrent à se prévaloir les hérétiques ) : « Mon Père est plus grand que moi , » saint Grégoire oppose ces autres paroles du Christ : « Celui qui m'a envoyé est avec moi ; » et celles-ci : a Je suis dans le Père et le Père est en moi ; » ce qui ne serait pas vrai si le Père était plus grand que le Fils, puisqu'une grande { chose ne saurait être contenue dans une petite, et qu'une petite n'en peut contenir une grande (Id. ,id. , p. 301 et suiv. ).
Saint Grégoire renouvelle sa profession de foi sur la Trinité dans la deuxième de ses Lettres , adressée aux Catholiques de la ville de Sébaste. Il y établit la distinction des trois personnes en une seule divinité, rappelant le précepte de Jésus-Christ à ses apôtres, de baptiser les nations au nom
m JÉSUS-CHRIST. i4K
e , da Fils et da Saint-Esprit ; et il dit anathème a que reconnaît on deux , ou trois dieux , ou trois divicomme à ceux qui disaient avec les Ariens que le Fils ■ait de rien.
Isaacy Juif converti.
; auteur, dont il est parlé dans Genade , était Juif à*o* i. Il se convertit à la religion chrétienne; il composa on ige conservé par le père Sirmond , intitulé : Livre de la de la très-sainte Trinité et de V Incarnation du Seir. Isaac établit, par un grand nombre de raisonnements, pstère de la Trinité; il distingue les trois personnes ne mt qu'une seule divinité ; il prouve que le Fils est égal •étemel au Père ; que , dans Vinearnation , les deux es subsistent distinctes.
in 380. — Saint Astère^ archevéqtie d^Amasée.
a de ce saint plusieurs discours remarquables. Nous lierons ici le Discours sur TAveugle-né, où Tauteur ; occasion de parler de la divinité, de Jésus-Christ, y il dit que Jésus donna la vue à Taveugle-né, afin ter et d'animer notre foi en sa -divinité; pour nous ai-
croire que cette lumière et cette splendeur de la divi- 'est unie à la chair humaine. Le reste de ce Discours iployé à prouver la vérité du miracle contre Tincrédui quelques Juifs , et à montrer que celui qui Ta opéré aiment Dieu.
nt Astère est auteur aussi d'un Discours sur saint Pierre Ht Paul. Il ne peut s& lasser d'admirer la force et Tefû- : de la réponse que saint Pierre fit à Jésus-Christ , en sant : « Vous êtes le Christ , Fils du Dieu vivant. » Il ive une profession de foi de la divinité de Jésus^Christ
et de son humanité , de la génération éternelle dn
qui est dès le commencement avec le Pèra , et qui est comme lui.
Saint Flavien^ évêque éTAntioche.
Il a composé plusieurs homélies dont saint Chryi fait le plus grand éloge. On voit , par les fragments qui sont restés , qull professait hautement la divinité de ià Christ ; il disait : « Qu'il a été oint du Saint-Esprit nature humaine, et non dans sa nature divine; que Toi de lanature humaine à la divinité, s'est faite de telle mf que chaque nature est demeurée entière avec ses propi particulières. Qu'on ne peut pas dire que le Verbe ait changé en chair, ni qu'il ait cessé d'être Dieu; maisqa'^ Dieu de toute éternité, il s'est fait chair par nn acte dej volonté , et a hahité dans une créature passible conmie un temple. »
Théodoret cite encore de Flavien une explication sur 1' vangile de saint Luc , dans laquelle il disait : a Que J^ Christ a prouvé par ses œuvres miraculeuses que ladivl opérait en lui par Fintermédiaire de la nature humaine.
Saint Paulin y évêque d'Antioche.
Saint Atlianase et saint Epiphane rapportent une pi sion de foi de Paulin , écrite de la main du premier, et Paulin signa dans l'espérance de ramener dans le sein l'Eglise Vital , qui avait été entraîné dans quelques ci ariennes. Ce formulaire était ainsi conçu : « Moi, Pî ( Epiph., p. toi 5 ), je crois , comme j'ai appris , un Père sistant, parfait; uu Fils subsistant, parfait, et le Saint-1 prit subsistant, parfait. Car on doit croire et confesser Trinité dans une seule divinité. Je crois que le Verbe a
DE JÉStfS-CMiST. 14r
hit chair, selon ce qne dit saint Jean ; non qu*il ait souffert lu changement, comme disent les impies.... J'anathématise lonc ceux qui rejettent la foi de Nicée , et qui ne confessent pas que le Fils est de la substance du Père et consubstantiei Biu Père. »
An 390. — Saint Epiphane, archevêque de Salamine
et docteur de l'Eglise,
On doit à ce saint plusieurs traités d'une grande importance : le Panarium, ou Traité des Hérésies , figure en tête fle ses ouTrages. On y trouve la description des nombreuses kctes de Thérésie , s'élevant et périssant sans cesse autour pe Farcbe de TEgiise orthodoxe. Le second écrit de saint Xpipbane est intitulé : Anchorat. 11 y traite de toutes les preuves de la foi ; il pose pour objet de cette même foi la Croyance en un seul Dieu en trois personnes , le Père , le ïils et le Saint-Esprit, toutes les trois éternelles et de la même essence. Saint Epiphane invoque, pour prouver la ditinîtédu Fils, les mêmes autorités qu'il a citées dans son ^narïum sur le même sujet , où il disait : « Le Verbe est iton-seulèment Dieu , subsistant en Dieu , mais encore subsistant éternellement, selon ces paroles de saint Jean : Le Verbe Hait en Dieu , c'est-à-dire dans le Père , qui ne peut être lui- Imême le Verbe qu'il contient; et encore, selon ces paroles isk prophète : Votre Verbe demeure éternellement. » . « Nous confessons, dit saint Ëpiphane dans son Panarium (ch. 3, p. 514), aussi une unité dans une Trinité, et une Trinité dans une unité , et une seule divinité du Père , du Fils [Ct du Saint-Esprit. Le Père a été Père de toute éternité ; il est iDigours parfait et subsistant ; le Fils est aussi parfait et llpbsistant; il est engendré du Père sans aucun commencement et d'une manière ineffable ; il est Dieu de Dieu, lumière de lumière , vrai Dieu d'un vrai Dieu , qui n'a pas été créé, fiais engendré. »
(c L'adoration des Mages , dit encore saint Epfphane,] traitant de la divinité de Jésus-Christ, est encore une évidente (Id., id., ch. 29, p. 154) que Jésos-Christ nV pas seulement homme t mais qu'il était Dieu et hommei môme temps. Ces paroles du prophète Isale : « Un petit fant nous est né , et un fils nous a été donné » (Isaîe, cl y. 5) montrent que Jésus-Christ était une seule pei composée de la nature divine et de la nature humaine, il avait pris toutes les propriétés, la chair ^ Tâme et W dément, excepté le péché.
An 39 ] . — Saint Jean Chrysostôme , archevêque de
tantinople , docteur de V Eglise et confesseur.
Dans les nombreux ouvrages écrits par cet illustre d^ seur de la foi , nous ne citerons que les passages qui pliquent le plus directement à notre sujet. Dans sa cinqi Homélie, il dit que le Fils de Dieu seul, à l'exclusion toute créature , connaît la nature du Père , selon quil le lui-même dans saint Jean : « Pei*sonne n'a vu le Père celui qui vient de Dieu. » La connaissance que le Fils a Père est parfaite, parce qu'il est de même nature que le et Dieu comme lui.
Saint Chrysostôme traite en particulier de la divinité Jésus Christ^ dans sa sixième Homélie contre les Anomi Il remarque, entre autres, qu'il est de l'essence de toute néraUon que l'engendré soit de même nature que celui d( il est engendré.... La vie de Jésus-Christ a été un mélai^l d'actions et de paroles divines et humaines, afin de prou^ à tous qu'il était en même temps Dieu et Homme.
Dans THomélie dixième , saint Jean Chrysostôme trait
encore le même sujet; et, en citant l'Ecriture pour prouve la divinité de Jésus-Christ, voici les passades sur lesquels insiste plus particulièrement : « Faisons l'homme & noti
DE JÉSUS-CflRIST. 149
ftge. » (Gen., 1, v. 26. ) « Un enfant nous est né , et il sera jpeié l'ange da grand conseil. » (Isaîe , 9, v. 5. ) « Le Seijinur a dit à son Fils : Votre trône, ô Dieu, subsistera dans I siècles des siècles. » ( Hébr., 1, v. 7. ) Et encore : « Que m honorent le Fils comme ils honorent le Père. » (Jean , I V. 23. )
[Sans l'Homélie onzième, ce père traite en particulier de Rilité du Père et du Fils, d'après ces paroles du Christ : jKon Père ne cesse point d'agir jusqu'à présent, et j'agis ksi sans cesse comme lui. » (Jean, 5, v. 15.) Dfins son Traité contre les Juifs et les Gentils, saint Chry- Ktôme se propose pour but de prouver contre les infidèles, \si que contre les Juifs, que Jésus-Christ est véritablement eu. Les motifs les plus propres à persuader aux infidèles divinité de Jésus-Christ, sont : la fondation de TËglise, propagation de TËvangile , la conversion des Romains et 8 Barbares à la foi chrétienne, opérée en très-peu de temps r douze apôtres , pauvres , ignorants et sans ressources. Saint Chrj'sostôme , dans l'avant-dernière Homélie contele au troisième tome de ses œuvres (p. 71 et 87), remarque le les miracles que fit Jésus-Christ , soit par lui-même , soit ur ses disciples après sa résurrection, furent plus grands le ceux qu'il avait faits avant sa mort. 11 dit que cela ne revenait pas d'une différence de vertu et de pouvoir , mais Dc c'était pour donner au monde des preuves plus éclatantes tplus évidentes de sa résurrection et de sa divinité. En efît, ces prodiges firent tant d'impression sur les esprits, oe plusieurs de ceux qui n'avaient pas voulu reconnaître le hrist pour Dieu avant sa mort , ou qui l'avaient abandonné, on fessèrent sa divinité après sa résurrection et firent proîssion de le suivre.
Saint Chrysostôme a composé huit Discours sur la Genèse, utre un grand nombre d'Homélies sur le même sujet. Il y xpllque > contre l'interprétation des Juifs , que ces paroles :
« Faisons l'homme, etc., » ne s'adressent point aux anges aux archanges, à qui n'appartient pas la puissance de c; mais au Fils unique de Dieu ( deux. Disc, p. 65t ).
Ce Père attaque les Anoméens dans son Homélie sur psaume 8; il y fait voir que c'est de Jésus-Christ qu'il est que son nom esc devenu admirable dans toute la terre, loi quil a vaincu la mort, enchaîné les démons, ouvert le dd, envoyé le Saint-Esprit, rendu libres ceux qui étaient esclir. ves; il prouve aux Juifs que ce psaume ne peut s'entendre qnft< de Jésus-Christ, puisque Dieu se plaint dans Isaîe qu'ils faisaient blasphémer son nom parmi les Gentils. Il tire de Tétat où se trouvaient alors les Juifs, et dans lequel ils sont encore aujourd'hui , une preuve de la divinité de celui qalli ont mis à mort : « Car, dit-il aux Juifs , tant que vous n'avez péché que contre les serviteurs de Dieu et contre ses prophètes, vous en avez obtenu le pardon; mais, depuis que vous avez porté la main sur le Seigneur , vos maux sont d» venus sans remède; et il y a quatre cents ans que votre cité est détruite , qu'on vous a ôté le sacerdoce et la royauté, qne vos tribus sont confondues , et qu'il ne reste aucun vestige de ces magnifiques prérogatives qui vous distinguaient autrefois... Vous êtes dispersés par toute la terre, afin que voni appreniez par vos propres malheurs ce que vous n'avez pas voulu apprendre de la bouche de vos prophètes, et afin que vous serviez de témoins à l'accomplissement des prédictions que Jésus-Christ a faites sur la ruine du temple et sur la destinée de votre nation. »
Saint Chrysostôme explique la fin du même psaume et y trouve la distinction des personnes du Père , du Fils et du Saint-Esprit.
Il applique encore à Jésus Christ le sixiènce verset du psaume 44 , et il l'entend de l'union sacrée de Jésus-Christ et de TËglise : « A cause de la vérité, de la douceur et delà justice, votre droite vous fera faire des progrès miraculeux. »
DE JÉSUS-CHRIST. iSi
i il est dit par le psaimiste : « Dieu est monté au mieris de joie, » ces paroles expriment la puissance s-Ghrist, par la vertu de laquelle il s'est élevé luians Le ciel. Ces paroles : « Dieu régnera sur les nadoivent s'entendre de l'empire que la doctrine de irist aura sur toute la terre.
Chrysostôme puise dans le psaume 109 des argu* L des vérités pour combattre un grand nombre d'hét en particulier l'incrédulité des Juifs 5 car il y trouve elles preuves de la divinité de Jésus-Christ. N'y lit-on effet, que le Fils est engendré avant l'étoile du jour, ire de toute éternité. N'y lit-on pas encore, ce qui est 'hérésie d'Anus , que le Fils est engendré et non y trouve aussi la résurrection annoncée, itient que ces paroles du psaume : « La pierre que 1 bâtissaient ont rejetëe , a été placée à la tête de » contiennent une prophétie qui ne s'applique qu'au î Jésus-Christ.
de saint Chrysostôme une Homélie , conservée par is , sur ces paroles do Christ : « Le Fils fait ce qu'il e au Père. » (Jean , 6 , v. 19. ) Il y démontre que le égal au Père. Il avait établi la même vérité dans un précédent, par ce passage où Jésus-Christ dit : « Mon cesse point d'agir, et j'agis aussi avec lui. » Il op- X hérétiques, pour répondre aux objections qu'ils ent à tirer des paroles précédentes , ces paroles : j choses ont été faites par le Verbe , et rien de ce qui t n'a été fait sans lui. » Pour faire voir la confusion laient soutenir les hérétiques entre le Père et le Fils, lit (Id., id., p. 255) : « Lequel des deux s'est fait m du Père ou du Fils ? N'est-il pas connu de tout e que c'est le Fils. II faudrait donc , selon ces héré- [ue le Père aussi se fût incarné , puisque, selon eux, e fait que ce qu'il voit faire au Père ? N'est-il pas dit
i»% U DlVhNITÉ
«ncore, que le Père ne juge personne , mais qu'il a tout pouvoir de Jager an Fils ? » ( Jean , jS, v. 30.) Comi Mla peut-il être vrai , si le Fils ne fait que ce qu'il voit au Père ? Ces paroles , citées plus haut, n'ont donc pour Jet que d'expliquer la parfaite unanimité entre le Père Fib. C'est ce qui est dit dans saint Jean : « Gomme le ressuscite les morts , ainsi le Fils donne la vie à qui il platt ; » et encore lorsqu'il est dit : « Mon Père et moi mes une même chose. »
On attribue à saint Chrysostôme THomélie sur le unième chapitre de saint Matthieu , sur ces paroks des risiens à Jésus-Christ : « Par quelle autorité faites-Tous cedl Il les renvoie à ses miracles, à la guérison du paràlytl et aux autres œuvres merveilleuses rapportées dans VR} gile, pour les convaincre qu*il n'y a qu'un Dieu qui en faire de semblables.
II. prouve ensuite la divinité de Jésus-Christ par ces rôles : « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous êtes le seul Dieu véritable. » (Jean , t7, v. 3. ) Ces pareil dit saint Chrysostôme, s'appliquent aux Gentils, qui raient plusieurs dieux ; et les suivantes : « Et Jésus-Chrli que vous avez envoyé , » ont pour objet de réfuter les Ji et tous ceux qui nient Tincarnation du Verbe. Dans le Discours, ce père prouve l'unité de substance et d'opératiai dans les trois personnes de la Trinité.
On trouve , dans le tome septième des Œuvres de saint Chrysostôme , les douze premières Homélies sur saint Mat thieu. Elles contiennent des choses très-remarquables sur ci grand et inépuisable sujet de la divinité de Jésus-Christ.
C'est dans la cinquième de ces Homélies , qu'il explique l prophétie de Jacob sur la venue du Messie, où il est dit (( Les princes ne cesseront point dans la tribu de Jnda, i les chefs sortiront toujours de sa chair , jusqu'à ce que ceh qui a été destiné de Dieu soit venu. » (Gen., 49, v. 10. )
DE JÉSUS-CHRIST. Iff5
An 394. — Saint Augustin, évéque d'Hippone.
[t Augostin , dans son ouvrage de TAccord des Evan- ;es, qu'il écrivit vers l'an 399 , emploie le premier livre ce traité à combattre ceux qui , ayant l'air d'honorer hrist comme un homme extrêmement sage , ne vout pas se soumettre à l'Evangile, parce qu'il n'aurait pas écrit par Jésus-Christ même, mais par ses disciples, qui auraient à tort attribué la divinité. Saint Augustin , en ittant cette erreur, remarque que, sur les quatre Evan- , il s'en trouvait deux qui faisaient partie des apôtres, deux qui n'en faisaient pas partie , savoir, saint Marc et bit Luc. Saint Jean s'est surtout occupé , dans son Evan- !«, de nous faire connaître la divinité de Jésus-Christ; et, Hdis que les trois autres Evangélistes semblent converser ^ec Jésus-Christ sur la terre, saint Jean s'élève jusqu'au él pour y découvrir qu'au commencement était le Verbe , ■e le Verbe était avec Dieu , que le Verbe était Dieu , et que est par lui que toutes choses ont été faites. Saint Augustin Ift voir que la doctrine que le Sauveur a enseignée , relatijfanent au culte d'un seul Dieu , est la même qu'ont ensei- Ibée les prophètes , qui ont prédit que le Messie la prêchebtsur la terre, qu'elle serait publiée et reçue dans le monde Atier.
Dans le deuxième Livre, il examine le texte de l'Evangile ^Q saint Matthieu, depuis le commencement jusqu'au HDgt-sixième chapitre, où il est parlé de la Cène, Comparant lei trois autres Evangiles avec celui-ci, il démontre leur (irfait accord. Dans son troisième Livre , il poursuit cette temparaison. Il remarque ce qui caractérise chacun des EraDgélistes , et concilie quelques différences plus apparentes pe réelles qui se trouvent quelquefois entre eux. Saint Augustin a aussi composé plusieurs traités pour I. «.
combattre les Ariens. Il leur oppose ces paroles Au Christ; tt Tout ce que fait le Père, le Fils le fait aassi; » et eneon «es autres paroles : « Je ne suis pas seul , et mon Père qui m't ! envoyé est avec moi. » Il nous apprend par là que le Père et] le Fils sont deux personiïes. Mais, en disant ailleurs : « Mon Père et moi nous ne sommes qu*une même chose, » il établit une parfaite égalité entre le Père et le Fils, et détruit ainsi Thérésie arienne. Jésus-Christ lui-même nous met aussi en garde contre Thércsie des Sabelliens , en disant du Père et de lui : << Nous sommes une même chose ; » ce qui suppose nécessairement , puisqu'il parle au pluriel , que le Père et le Fils sont deux.
Saint Augustin oppose aux absurdités des Donatistes, qui voulaient réduire l'Eglise catholique à un petit coin de l'Afrique , ce passage de Tévangile de saint Jean , où il est dit : <c Que Jé^NUs- Christ est une victime de propitiation pour nos péchés, et non-seulement pour nos péchés , mais aussi pour ceux de tous les hommes. » ( Jean , c. 1, v. 2.)
Saint Augustin , au sujet de la grâce ^ qui consiste surtout à s'unir à Jésus-Christ, cite ces paroles du Sauveur rappo^ tées par saint Jean (eh. 15, v. 4) : « Comme la branche de la vigne ne saurait porter du fruit d'elle-même, si ellene demeure attachée au cep, ainsi vous ne pourrez porter aucun fruit si vous ne demeurez en moi. » Il rapporte encore vet autre verset du même évangéliste sur la divinité de l'action de Jésus-Christ : a Je suis le cep de la vigne et vous en êtes les branches ; celui qui demeure en moi et en qui je demeore produit beaucoup de fruits, car vous ne pouvez rien faire sans moi. 9 (Saint Jean, v. 5.) Il explique dans le mtoe sens ces autres paroles du Christ : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi , mais c'est moi qui vous ai choisis. »
Saint Augustin , dans son livre de la Foi et du Symbole, dit, contre les Manichéens, qu'on appelle le Fils de Dieu, Verbe, parce que c'est par lui que le Père nous est connu,
i même qae nos paroles servent à faire connattre ce que nous Basons ; que le Père Ta engendré de lui-même et de sa proie substance, en sorte que le Fils est égal à son Père, et l'est point créature , étant engendré et non créé de rien ; |ii*en se faisant chair, il a revêtu Thomme entier, c'est-à-dire mu corps et une âme.
Les Manichéens voulaient tirer une objection de ces paroles du Christ à sa mère : « Femme, qu'y a-t-il entre vous et moi? » Et encore de celles-ci : « Quelle est ma mèraet qui sont tues frères? » Saint Augustin répond que Jésus-Christ ne s>st exprimé de cette manière que pour montrer que, comme Dieu, il n'avait point de mère, et que, pour preuve de sa divinité, il allait changer Teau en vin.
Saint Augustin remarque encore , dans sou livre de la Foi et du Symbole, qu'il était nécessaire de faire ligurer dans le symbole le nom de Ponce-Pilate , afm que le temps où Jésus- Christ a été crucifié fût constaté historiquement.
Dans son livre intitulé Enchiridion , saint Augustin a dit : «Qucint au véritable et parfait fondement de la foi catholique , c'est Jésus-Christ. »
Dans son Livre de la Foi, saint Augustin dit que tous les hommes ayant été enveloppés dans le péché originel , il fallait un réconciliateur pour effacer cette tache par l'offrande d'un sacrifice unique, dont tous les sacrifices de la loi et des prophètes n'étaient que les ombres. Ce réconciliateur est Jé- 8DS-Christ, Fils de Dieu et homme tout ensemble; Dieu avant tous les temps et homme dans le temps ; Dieu parce qu'il est le Verbe de Dieu , et homme parce que le corps et l'âme raisonnable se sont joints au Verbe dans l'unité d'une seule personne.
Saint Augustin , dans le dixième livre de la Cité de Dieu, raconte, d'après le saint vieillard Simplicien, évêque de Milan, qu'un philosophe platonicien disait: « Qu'il fallait écrire en lettres d'or, dans les lieux les plus apparents des
temples , ce commencement de l'évangile de $aint Jean : L$ Verbe était dès le commencement. »
Dans le dix-septième Livre du même ouvrage, saint Augustin explique la prophétie relative à Jésus-Christ et à son Eglise , renfermée dans le psaume 44 , et il fait voir que son sacerdoce et sa passion sont prédits dans les psaumes 109 et 21 ; qu'à Tégard de sa mort et de sa résurrection , la prédiction se trouve dans les psaumes 3 , 40, 15 et 67. 11 est vrai que les Juifs ne voient point dans les psaumes ce qui y est prédit sur Jésus-Christ : c'est qu'il est prédit , dans ces mêmes psaumes : « Que leurs yeux seront obscurcis , afin qu'ils ne voient point. »
Dans son Traité contre les Juifs, qui est quelquefois aussi intitulé : Discours sur V Incarnation du Seigneur^ saint Augustin oppose aux Juifs un grand nombre de passages de TAncien-Testament , qui prédisent clairement la venue de Jésus-Christ et sa p.'tssion , et qui prouvent en même temps que leur loi devait finir et être changée en une loi nouvelle.
Dans les quinzième et seizième livres de son Traité contre Fauste, saint Augustin dit que TAncien-Testament n'est qu'une prophétie du Nouveau; il se moque de ceux qui trouvaient à redire que les Catholiques se servissent des livres reçus des Juifs pour appuyer la religion chrétienne ; il leur dit que les témoignages que Ton en tire pour prouver la divinité de Jésus-Christ, ont d'autant plus de poids, qu'ils sont tirés des livres mêmes de ceux qui blasphèment contre lui.
Dans le vingt-deuxième livre du même Traité, saint Augustin explique comment la loi a été donnée par Moïse , et la grâce a été apportée par Jésus-Christ. La grâce a été apportée par Jésus-Christ, afin que Tindulgence des péchés nous ayant été accordée , nous fassions , avec le secours de Dieu , ce qui nous avait été commandé ; et la vérité ai été
DE JÉSUS-CHRIST. imT
leompUe, lorsqae ce culte de Diea, qaî n'était d'abord l'en ombres et en figures y a été anéanti par la présence e Jésus-Christ.
Les sept derniers livres du même ouvrage contiennent les èponses de saint Augustin à quelques vaines subtilités de fanste au sujet de la généalogie, de la naissance, de la mort ït des actions de Jésus>Ghrist.
Dans ses Réponses aux Sermons des Ariens , saint Augustin leur demande si le Fils a été tait de rien ; et , comme ils n'osaient répondre affirmativement, il en conclut que le Christ est Dieu de Dieu , et que par conséquent la nature du Père et du Fils est une et la même. En effet , de même qu'on ne peut concevoir que Thomme engendrât des enfants d'une autre nature que la sienne, de même Dieu n'a pu engendrer an Fils d'une nature différente de la sienne.
A l'objection tirée de ce passage de l'épître aux Hébreux (c. 2, V. 7 ) : « Vous Tavez rendu pour un peu de temps inférieur aux anges , » il répond que ces paroles doivent s'entendre de Jésus-Christ selon sa nature humaine, de même que celles qu'on lit dans saint Jean : « Mon père est plus grand que moi. » Il explique dans le même sens ce que Jésus- Christ dit dans le même évangile : « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. »
Dans sa Conférence avec Sigisoult, compagnon de Maximin, saint Augustin dit que les Catholiques , interrogés si le Père était Dieu, si le Fils était Dieu, si le Saint-Esprit était Dieu, répondaient affirmativement; mais, qu'interrogés si ces trois personnes étaient trois dieux, ils répondaient par ces paroles de T Ecriture : « Ecoute, Israël , le Seigneur ton Dieu est un seul Dieu. » (Deut., 6, v. 4. )
Saint Augustin , dans son premier livre du Traité de la Trinité, se fait à lui-même Tobjection que les Ariens avaient coutume de tirer de ces paroles de l'Evangile : « Mon Père
est plus grand que moi » (Jean, 14, v. 28), et répond que - Jésus-Christ, en tant qu'tiomme, est moindre qae le Père; or, c'est en faisant remarquer la nécessité de distingiiOT ce qui est dit de la nature humaine d'avec ce qui est dit de la nature divine, unies en une seule personne dans Jésus-Oirist, qu'il explique tous les passages de TEcriture.
Il explique de même contre les Ariens ce passage de FEvangile selon saint Matthieu ( saint Matth., 12, v. 32) : « Si quelqu'un parle contre le Fils de Thomme, il lui sera pardonné ; mais s'il parle contre le Saint-Esprit , il ne lui sera pardonné ni en ce siècle , ni en l'autre, v Ce passage doit s'entendre de Jésus-Christ, non selon la forme divine, mais selon sa nature humaine; c'est, au contraire, de Jésas- Christ comme Dieu que l'on doit entendre ce qu'il dit dans saint Jean : « Tout ce qu'a mon Père est à moi. »
Dans le second livre de l'ouvrage sur la Trinité, saint Augustin continue de démontrer, en prenant ses preuves dans les Ecritures, l'égalité et l'unité de substance entre le Père et le Fils.
Dans le quatrième livre du même ouvrage , saint Augustin traite du mystère de l'incarnation ; il fait voir et explique comment le Verbe fnit chair dissipe nos ténèbres et nous rend capables de connaître la vérité; comment , par sa mort et sa résurrection , il rend la vie à notre âme et lui donne l'immortalité; il nous délivre ainsi de deux morts à la fois, quoiqu'il n'en ait souffert qu'une , celle du corps.
Dans les deux livres suivants, saint Augustin explique quelques paroles de saint Hilaire au sujet du Père et du Fils : M En disant que l'éternité est dans le Père, la ressemblance dans l'image, et l'image dans le don, saint Hilaire a seulement voulu spécifier les attributs des personnes de la Trinité, indépendamment de l'unité et de l'égalité de leur nature. Le Père (ft le Fils sont la même sagesse et la même essence; Tun est la sagesse et Tessencc engendrant? s; l'autre, la sagesse
et l'essence engendrées ; le Fils est la sagesse procédant de la sagetsse du Père , comme il est la lumière de la lumière, v
Saint Augustin finit son Traité de la Trinité par une profession de foi éloquente en la sainte Trinité, et par conséquent en la divinité de notre seigneur Jésus-Christ : « Car, dit-il , si la sainte Trinité n'existait point , la vérité n*aurait pas dit aux apôtres : Allez , baptisez toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
Dans son livre de l'Unité de TEglise , qu'il écrivit contre les Donatistes , saint Augustin cite les prophéties qui se rapportent à Jésus-Christ. L'établissement de l'Eglise et la venue du Christ sont clairement annoncées dans ce verset (Gen. , 22, V. 1 8 ) : a Toutes les nations de la terre seront bénies par celui qui sortira de vous , parce que vous avez obéi à ma voix. 11 cite ensuite ce passage dlsaïe (Is., 2, v. 9 et 10 ) : « La terre doit être remplie de la connaissance du Seigneur, coinme la mer des eaux dont elle est couverte; le rejeton de Jessé sera exposé comme un étendard devant tous les peuples ; il régnera sur les nations , et les nations espéreront en lui. » Qui, parmi les Chrétiens, a jamais douté que le deuxième psaume ne dût s'entendre de Jesus-Christ, et que Ton ne doive également appliquer à l'Eglise la promesse de Théritage faite en ces termes : « Le Seigneur m'a dit : Vous êtes mon Fils; je vous ai engendré aujourd'hui; demandez-moi et je vous donnerai les nations pour héritage , et j'étendrai votre domination jusqu'aux extrémités de la terre. » (Ps. 2, v. 7.) Il n'y a personne qui ne reconnaisse que c'est de Jésus- Christ dont il a été dit (Ps. 21, v. 17) : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os... Ils ont partagé entre eux mes habits, et ils ont tiré ma robe au sort.» Et dans le psaume 71 , v. 8 , n'est-ce pas encore de Jésus- Christ qu'il est dit : « 11 régnera depuis une mer jusqu'à une autre mer, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre? Les Ethiopiens se prosterneront devant lui, les rois de Tharsc
et les îles lai offriront des présents; tous les rois de la twra l'adoreront ; toutes les nations loi seront assqjéties ; tons les peuples de la terre seront bénis; toutes les nations rendnmt i gloire à sa puissance. » \
Saint Augustin fait voir ensuite que les promesses de l'AncienTestament, relatives à Jésus-Christ et à son Eglise, ont eu leur accomplissement. Selon ce qu*a dit Jésus-Christ à ses disciples , il était nécessaire pour accomplir les Ecritures , « Qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés dans toutes les nations, en commençant par Jérusalem. » (Saint Luc, ch. 24, y. 45, 46, 47.)
An 394. — Rufin , prêtre d'Aquilée.
L'Exposition du Symbole , par Rufin , auteur d'un grand nombre de traductions , est fort estimée.
Sur le second article du Symbole, celui où nous faisons profession de foi de croire en Jésus-Christ , Rufin rassemble toutes les preuves de sa divinité, de son éternité, par nature et non par adoption. En parlant de la Trinité, il fait voir que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, sont un en substance, mais distincts en personnes. Il rappelle les prophéties qui sont relatives au Sauveur , ainsi que les faits qui prouvent leur accomplissement.
On doit à Rufin un Traité des Bénédictions des enfants de Jacob. Il les fit à la prière du prêtre Paulin. Sur ces paroles de Jacob : « Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu à ce que celui qui doit être envoyé soit venu , » Rufin dit qu'il est constant que le commandement s'est toujours conservé dans la tribu de Juda , jusqu'à ce que Hérode, qui, selon la remarque de Josèphe, était un étranger , s'empara de la couronne de Judée par usurpation. Aussitôt que le sceptre a cessé d'appartenir à la maison de Juda, on a vu Taccomplissement du reste de la
prophétie de Jaeob : « Alors celai-Ià est venu, qui était l*attente des nations ; » ce qui s'est yérifié par l'établissement de l'Eglise et la prédication de l*EvangiIe. Rufin explique ces mots : « Il layera sa robe dans le vin , >» du sang de Jésus-Christ, dans lequel TEglise est lavée parle baptême et l'eucharistie. (Rufin, p. 9, Gomment.)
Sainl Jérôme f prêtre et docteur d^ V Eglise,
Ce père, dans sa préface du Commentaire de Daniel , fait remarquer qu'aucun des prophètes n'a parié plus souvent et d'une manière plus claire au sujet de Jésus-Christ. « Il n'a pas seulement, dit-il, prédit que Jésus-Christ devait venir dans le monde, ce que les autres prophètes avaient également annoncé; il a encore marqué le temps précis où il devait venir, la suite (tes rois qui précéderaient sa venue, le nombre exact des années , et les signes frappants qui manifesteraient son arrivée. »
Saint Jérôme , dans sa Lettre au pape Damase , qui lui avait demandé une explication de XHosanna^ dit que l'i^osanna au fils de David est une prophétie du psaume cent diX'Septième, qui devait s'accomplir et qui s'est accomplie en effet en la personne du Messie , lorsque les enfants des Hébreux , au jour de l'entrée triomphante de Jésus« Christ dans Jérusalem, crièrent Hosanna au fils de David. Hosanna s\q,m^^ sauvez-nous ^ot^^, vous qui êtes le Rédempteur.
En plusieurs de ses écrits , saint Jérôme réfute Thérésic d'Ebion et de Photin , qui niaient la divinité de Jésus-Christ. Il soutient contre ces hérétiques que Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble; que les Mages l'ont adoré en cette qualité, lorsqu'ils lui offrirent des présents... Il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule et même personne , qui est tout à la fois Fils de Dieu et Fils de Thomme... C'est pour nous que
Ida LÀ DIVINITÉ
le Verbe s'est fait chair et qu'il a habité parmi nous. «(Saint Jérôme , Gomm. sur les Ëpit. de saint Paul. )
Synesiusj archevêque de Ptolémaide en Lybie.
On a de Synesius des hymnes au nombre de dix. Il reconnaît en Dieu une Trinité de personnes en unité de substance (Synes., hym. 4 , p. 336 }. Il s'exprime d'une manière très-claire sur l'incarnation et l'union des deux natures en Jésus-Christ.
Saint Gaudenee , évêque de Bresse.
On a de ce saint un assez grand nombre de discours. Le quatorzième roule sur ces paroles de Jésus-Christ : « Quand le consolateur, cet esprit de vérité, sera venu. » Il en tire une preuve de la divinité du Saint-Esprit , en avertissant qu'il avait, dans un autre discours, démontré la divinité du Fils, et que le Fils a la même divinité que le Père. Il dit qu'il n'y a dans la Divinité adorable qu'une même Trinité, et que Tunité de la divinité dans les trois personnes ne souffre aucune division; en sorte qu'il n'y a pas plusieurs dieux, mais un seul. Cest pour cela que Jésus-Christ, en prescrivant la formule du baptême, n'a pas dit qu'on le conférera aux noms , en se servant du pluriel , mais au nom de la Trinité; car le Père est Dieu, le Fils est Dieu , le Saint-Esprit est Dieu, et c'est pour cela que la Trinité n'a qu'un nom, qu'une vertu , qu'une divinité , qui subsiste dans tous les siècles (quatorzième Disc, p. 965).
Le dix-neuvième Discours de saint Gaudenee , auquel on a aussi donné le titre de Lettre , parce que c'était une réponse à Paul, diacre, est une explication de ces paroles du Christ : a Mon Père est plus grand que moi. » Il remarque que Jésus-Christ, avant de parler à ses disciples» leur avait
t *|roQ¥é de diverses manières quMl était Dieu et n'avait qu'une même substance avec son Père ; en un mot , qu'il lui était eoDsubstantiel et de la même essence , et que ce fut après cela qu'il leur dit : « Mon Père est plus grand que moi , » paroles, dit saint Gaudence, qui donnent une nouvelle plénitude de science à ceux qui sont fermes dans la fui , et fournissent aux perfides des prétextes ai leurs blasphèmes , parce que la parole de Dieu est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs.... Celui qui, dès le commencement , était dans le Père , Fils de Dieu et Dieu Verbe , a commencé d^être fils de Thomme en naissant d'une vierge sans tache ; le même donc , qui en tant que Dieu avait dit aux Juifs : <i Mon Père et moi nous sommes un, » dit, en tant qu'homme : a Mon Père est plus grand que moi. » ( saint Gaud., Discours dix-neuvième , p. 973. )
An 395. — Bachiarius,
Grennade dit qu'il ne connaissait des écrits de Bachiarius que celui qui est adressé au pape , intitulé : Le Livre de la Foi. Il fait dans cet écrit une profession de foi que le pape avait demandé de lui ; il la donne très-détaillée et très-exacte. Il confesse qu'il y a un Dieu , qu'il a toujours été et est toujours le même^ que le Père est Dieu , que le Fils est Dieu, que le Saint-Esprit est Dieu , et que cependant il n'y a qu'un seul Dieu , un seul Fils du Père, et que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils ; que les trois personnes de la Trinité ont une même substance et une même volonté... Bachiarius ajoute que le Fils est engendré du Père avant tous les siècles; que le Fils, dans les derniers temps, est né de la Vierge, en prenant une chair humaine; qu'il a souffert dans cette chair, qu'il est ressuscité des morts , qu'il est monté au ciel , d'où il viendra juger les vivants et les morts.... (Bachiarius, p. 14 et suiv,)
Saint Paulin j sénateur et consul romain ^ puis évéque
de Noie.
On a de saint Paulin plusieurs Lettres remarquables. Dans celle adressée au prêtre Âmand , on lit ce qui suit an sujet de saint Jean l*Ëvangéliste : « Il est le dernier des écrivains sacrés selon le temps; mais il est le premier par la sobllmité des mystères qui lui ont été révélés, puisqu'il est le seul des quatre fleuves qui ait pris son origine dans le sein même de la divinité. Les autres évangélistes n'ont commencé leur récit sacré que par la naissance humaine et teniporelle da Sauveur; mais saint Jean^ prenant son vol plus haut, pénètre jusqu'au sein de Dieu , et commence son évangile par la naissance éternelle et ineffable du Fils de Dieu, annonçant qu'il est consubstantiel ^ son Père éternel, tout-puissant et auteur de toutes choses... « Oui, s'écrie-t-il , l'esprit de Dieu et le Verbe de Dieu sont véritablement Dieu, et un seul Dieu avec le Père. »
Dans sa Lettre à saint Victrice de Rouen , saint Paulin dit encore sur le même sujet : « Le Seigneur est votre défense et la lumière de votre cœur. C'est lui qui vous a instruit dans Tesprit de la vérité , afin que , pénétré de la doctrine de saint Paul , vous leur annonciez le mystère de Jésus-Christ dans la pureté de la foi catholique dont vous faites profession. Vous croyez qu'il y a un Dieu (Epît. 37, p. 229 ), une Trinité de personnes, toutes trois co-éternelles et qui ont la même divinité, la même substance... la même puissance, le même empire. Vous croyez que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, que le Saint-Esprit est Dieu, et que ces divines personnes sont indivisiblement celui qui est^ qui était et qui doit venir.,.. Vous croyez et vous enseignez que Jésus-Christ est tellement Fils de Dieu , que vous ne rougissez pas de confesser qu'il est aussi Fils de Tbomme...
Qu'il est le Fils de Dieu avant tous les siècles , parce qu'il
est Dieu et le Verbe de ûleu qui était dès le commencement
en Dieu... Il était nécessaire que le Fils de Dieu , qui est la
vérité même et le Créateur de Thomme , en sunissant à notre
humanité , prit tout ce qui était de Thômme et tout ce qui
eompose la nature humaine pour nous sauver pleinement ; le
salut serait nul s'il n'était plein et entier. »
Sedulivs , prêtre et poète chrétien.
Sedolius a composé un poème qu'il adressa à l'empereur Théodose , père d'Arcade. Il l'intitula Poème Pascal^ parce que Jésus-Christ, dont il raconte Thistoire , est notre agneau pascal qui a été immolé pour nous. Dans le premier livre, le poète recueille les prophéties relatives au Messie; dans le second^ il raconte sa naissance d'une Vierge, l'adoration des Mages, le baptême du Christ , son jeûne dans le désert , la vocation des apôtres; le troisième poème commence par le récit du miracle que fit Jésus-Christ aux noces de Cana en Galilée, et ensuite d^un ^rand nombre d'autres miracles opérés par le Sauveur ; le quatrième poème est consacré au récit de tout ce que fit ensuite le Christ jusqu'à son ascension. Ce poème est en vers héroïques.
An 396. — Jean Cassien, prêtre et abbé de Marseille.
Jean Cassien écrivit sept Livres sur l'Incarnation contre Nestorius. Il démontre, dans le troisième Livre, que Jésus- Christ est Dieu et homme , qu'il est né de la vierge Marie selon la chair ; qu'il est Dieu par nature et non par adoption, étant, selon saint Paul, Dieu élevé au-dessus de tout et béni dans tous les siècles (R. 9, 5), au lieu que les hommes, qui sont quelquefois appelés dieux dans l'Ecriture, ne le sont que dans un sens impropre , comme lorsque le Seigneur dit
à Moïse : « Je vous ai établi le Dien de Pharaon , » p<nr marquer qu'il lui avait donué autorité sur ce prince. Il cite , en preuve de la divinité de Jésus-Christ ces paroles du même apôtre : « Si nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nous le connaissons d'une autre manière. » [S Corinth., 5 , v. 16.) Saint Paul explique encore plus clairement la même pensée au commencement de son épttre aQX Galates, lorsqu'il dit : « Qu'il n'a pas été établi apôtre par les hommes ni par un homme , mais par Jésus-Christ et Dieu son Père. » (Gai. , l , v. 2.) Il montre que Jésus-Christ est la vertu et la sagesse de Dieu ; que si les Juifs et les Gentils ont rejeté la prédication de l'Evangile, c'est ^arce que les apôtres leur annonçaient que Jésus- Christ crucifié était Dieu, que Marthe l'a reconnu pour Fils du Dieu vivant ; que saint Pierre, le prince de la foi et do sacerdoce , a confessé hautement sa divinité ; que Jésus-Christ lui-même a' dit , en parlant de lui : a Que ce n'est ni le sang, ni la chair qui lui ont inspiré sa doctrine, mais Tesprit de Dieu; » que la foi de saint Pierre est celle de toute l'Eglise ; que c'est la même que celle que saint Thomas professa en touchant de ses mains les cicatrices des plaies du Sauveur ressuscité; que Dieu le Père a proclamé cette vérité sur les bords du Jourdain , lorsqu'on entendit une voix disant : C'est mon Fils bien-aîmé en qui j'ai mis toute mon affection. « ( Matth. , 3, v. 17.)
Il est dit, dans l'épître aux Galates , « que Dieu a envoyé son Fils formé d'une femme. » Ce Fils était donc auparavant. Saint Cassien prouve ensuite , par divers passages de l'Ancien et du Nouveau-Testament, que Jésus -Christ est Dieu de toute éternité.
Saint Cassien cite encore ces paroles de saint Jean- Baptiste : « Il viendra après moi un homme qui a été fait avapt moi, parce qu'il était avant moi. » ( Jean , 1, v. 30. ) Comment, en effet, le précurseur pouvait-il dire que celui-là viendrait après lui, qu'il dit avoir été avant lui. Il faut donc
dire que la poitériorité de rhomme et l'antiquité du Verbe se trouvent dans un seul Seigneur Jésus-Glirist ; en sorte que c'est un même Seigneur qui a été avant saint Jean et qui est venu après lui, parce que, selon la chair, il est postérieur à saint Jean, et avant lui, selon sa divinité (saint Gass., liv. 7 , sur llncarn.).
Leporiusy prêtre de V église d'Hippone.
Leporius avait été longtemps engagé dans Terreur. Il revint à la vérité et fut reçu dans la communion des évéques. Il dressa, avec Tordre de saint Augustin, I^acte de sa rétractation , et le signa dans Téglise de Garthage.
Dans cet acte, ii confesse sa présomption et son erreur; il revient à la vérité et déclare qu'il reconnaît ( Lépor., Rétr. toro. 1 , p. 348 ) que Jésus-Ghrist est né de la sainte vierge Marie. « Nous confessons donc , ajoute-t-il , que Notre-Seigneur et Dieu Jésus-Ghrist , Fils unique de Dieu , qui est né du Père avant tous les siècles , a été fait homme du Saint- Esprit et de Marie toujours vierge, dans les derniers temps, et né de Dieu. Nous confessons de même que les deux natures de la chair et du Verbe ne font qu'une même personne, qui est Dieu et homme tout ensemble , sans que , par Tincarnation du Verbe , il se soit fait un mélange et une confusion des deux natures , puisqu'un tel mélange serait la destruction de Tune ou l'autre partie. Le Fils seul s'est incarné, non le Père ni le Saint-Esprit. Le même est Dieu et homme, un seul Fils de Dieu , Jésus-Ghrist, n'y ayant qu'une personne de la chair et du Verbe, G'est pourquoi nous ne craignons pas de dire que Dieu est né, qu'il a souffert , qu'il a été crucifié selon la chair. Nous croyons encore qu'il est h Fils unique de Dieu , non adoptif , mais proprement dit ; non imaginaire , mais véritable; non pour un temps, mais éternel ; qui a tout souffert pour nous selon la chair, et non pour
168 LA BÏVINITÉ
lui-même , puisque ce n'est pas pour lui qu*il est descendu ds J» ciel , mais pour nous qui étions morts par la désobéissanee / d'Adam. »
An 397. — Acace , évéque de Berée en Syrie.
En l'an 397, Acace vint à Rome, où il défendit la Yérité des deux natures en Jésus-Christ en présence da pape ]>amase contre l'hérésie d'AppoIlinaire.
Paul y évéque d*Emese.
Vers la même époque , vivait Paul , évéque d'Ëmèse. On trouve, dans l'Histoire des Conciles, la déclaration que cet évéque fit à l'occasion des erreurs de Nestorius. « Moos tenons , dit-il , Nestorius pour déposé; nous embrassons sincèrement votre communion (il parle à saint Cyrille), suivant l'exposition que nous vous avons donnée sur l'Incarnation du Verbe. » (Conc, tom. 3, p. 1089.)
Capreolus y évéque de Carthage.
On trouve , dans la Lettre de Capreolus à Vital et Tonan* tins, des pensées et des arguments fort remarquables au sujet de la divinité de Jésus-Christ. Il dit, entre autres : a Le second Adam est donc appelé céleste par Tapôtre, parce que le Verbe s'est fait chair et qu'il a habité parmi nous. » Il prouve ensuite l'unité de personnes dans les deux natures, par divers passages de l'Ecriture, en distinguant les propriétés de chacune. Il est dit dans l'Apocalypse , que Capreolus redonnait être de Tapôtre saint Jean (Capreol., épit. à Vital) : « Je suis le premier et le dernier. Je suis celui qui vis. J'ai été mort et je vis maintenant dans les siècles des siècles. » Jésus-Christ est appelé le premier à (cause de sa divinité ,
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Mirce qu'il est le principe de tout ; et il est appelé dernier , i cause de son humanité, dans laquelle il a souffert la mort x>ur nous... Il dit encore plus loin : ^ L'éternel, Timpassible, l'immortel , ne pouvait ni naître , ni soufMr , ni mourir , lans se faire homme. Voilà la raison de son incarnation. Il faliait qu'il se fît homme pour racheter Thomme. »
An 400, — Saint Nil, prêtre et solitaire.
Voici quelle était sa profession de foi à Tégard de la sainte Trinité : « Il n'y a qu'une divinité du Père et du Fils et du 'Saint-Esprit; qu'une nature, qu'une puissance, qu^une volonté. Nous prêchons, nous glorifions, nous adorons la Trinité d'une essence ; elle est une en essence , et trois en persœines. » Il soutient que le Verbe , le Fils de Dieu > subsiste de sa nature; qu'il a droit à notre adoration, créateur de tontes choses , incompréhensible , et qu'il n'est ni créature ûl engendré de rien , mais engendré du Père avant tous les siècles et avant tous les temps, lumière de lumière, vrai Bleu du vrai Dieu, semblable en tout au Père, créateur de tout avec le Saint-Esprit ( saint Nil , ép, 39 , liv. 2 ).
An 405. — Evagre.
Dom Martene indique, à la tête de son recueil, un ouvrage très-ancien , intitulé : Dispute entre Théophile^ chré- Uen, et Simon ^ juif y qu'il attribue à Evagre, prêtre et moine sous saint Martin-de-Tours. On y lit : « Que Jésus- Christ , étant né de la vierge Marie , qui était de la race de David , il est lui-même descendu <ie David , suivant la même prophétie d'Isaîe : Qu'il n'était pas plus impossible à Dieu d'ordonner qu'une vierge enfanterait , que de commander à on rocher de se fendre , et d'en faire sortir une fontaine. » Evagre est auteur du livre connu sous le titre des Consul-
talions de Zachée et Apollonius, Ces Gonsaltalions sont en forme de dialogues. Apollonius, qui joue le rôle d'uD philo^ sophe païen, propose, contre la religion chrétienne, lei difficultés et les objections qui paraissent les plus fortes; et Ëvagre , sous le nom du Chrétien Zachée , les résout. An sujet des objections faites par Apollonius sur la divinité de Jésus-Christ, Zachée démontre à Apollonius, que les écrivains païens eux-mêmes ont rendu témoignage de la divinitéde Jésus-Christ; qu'ils l'ont également reconnu dans son ' humanité , puisqu'ils ont parlé de la mort qu'il a soufferte sur la croix. 11 cite à ce sujet Platon et un vers de la Sybiltei qui signifie : « Heureux est le Dieu qui est suspendu aa^^ bois :
Félix ille Dcus ligno qui pendet ab alto.
(Spicilege, p. 6.)
Il, prouve encore la divinité du Christ par les miracles qu'il a faits, et par les prodiges opérés par la seule invocation de son nom , qui met en fuite les démons , ces dieux des j païens.
An 417. — Marias Mercator, défenseur des vérités
d%i Christianisme,
11 était originaire d'Afrique et laïque. Dans son livre, qu'il composa pour répondre aux livres de Julien , il combat en même temps quelques erreurs attribuées à Théodore de Mopsueste , dont Julien se vantait d'avoir été le disciple, et il conclut ainsi : « Le Verbe Dieu est homme , et Thomme est Verbe Dieu ; et, comme il est un dans la gloire et .la majesté de Dieu , il Test aussi dans la nature infime de l'homme. 11 n'y a aussi qu'un seul Seigneur Jésus-Christ dès le sein de la Vierge; il est substantiellement Fils de Dieu et une
même chose avec le Père et le Saint-Esprit , un seul Dieu lans la Trinité. »
Mercator fut un de ceux qui combattirent le plus vivenent l'hérésie de Nestorius , dont il réfuta les douze Anahèines; c'est ainsi que Nestorius avait intitulé le manifeste [u'il publia. Il confesse sa foi sur le mystère de Tincarnation ît la divinité du Christ en ces termes : a Nous (Merc, ). 160) confessons que Jésus-Christ est Dieu ; que le Verbe, :o-éternel au Père, s*est fait chair, c'est-à-dire fait homme, lyant pris un corps et une âme raisonnable; que la nature livine, par laquelle il est un avec le Père et le Saint-Es- »rit, demeurant en lui sans changement ni altération , il ne ait qu'un tout indivisible avec sa chair et son âme qu'il a »ris dans son humanité ; qu'ainsi , on ne peut dire qu'il y ait leux fils ni trois ; pas mieux qu'on ne peut dire qu'un homme rdinaire en fasse deux, parce qu'il est composé de deux obstances, c'est-à-dire d'un corps et d'une âme. Il en est le même de l'ineffable mrjesté divine du Fils de Dieu, qui le fait de Dieu et de l'homme qu'un seul Seigneur Jfsusïhrist , qui est Dieu avec le Père et le Saint-Esprit dans ous les siècles.
Saint Isidore de Peluse.
Dans sa Lettre à Théologius contre les Nestoriens ( Epît. ►4), il s'attache à prouver la naissance miraculeuse du Christ lar les miracles qu'il a faits pendant sa vie mortelle. N'a-tl pas rendu la vue aux aveugles , la santé aux lépreux , la »arole aux muets, l'ouïe aux sourds? Ne s'esl-il pas promené ur les vagues de la mer? N'a-t-il pas commandé aux flots it aux tempêtes? N'a-t-il pas chassé les démons, ressuscité es morts? Ceux qui ont été témoins de ces miracles nous en ►nt transmis l'histoire; et, ce qui augmente la confiance [u'on doit à leurs récits, c'est qu'ils nous racontent en même
temps les souffrances que le Fils de Dieu a souffertes comme homme de la part de ses ennemis. Ils ont été témoins encore de sa résurrection qu'ils ont racontée dans leurs écrits, et qui confirme les preuves de sa divinité (saint Isid., ép. 54).
Dans un autre endroit , saint Isidore fait remarquer à up Sabellien qui abusait de ces paroles : a Mon Père et moi sommes une même chose , » qu'il n'est pas dit : Mon Père et moi, je suis un, mais sommes une même chose. Le mot un marque l'unité de l'essence dans le Père et le Fils ; tandis que le mot sommes exprime que le Père et le Fils sont deax personnes distinctes.
Dans sa 303® Lettre, adressée à Léandre, il s'exprime ainsi : a Le premier homme ayant, en abusant de son libre arbitre, perdu le salut, Jésus-Christ, né de lui, et ayant ainsi pris réellement notre nature, a rendu à l'homme le salut qu'il avait perdu ; car, étant vrai Dieu , il s'est fait vrai homme.»
Dans sa 99® Lettre , il dit , en parlant de la génération du Verbe : <x Quand l'Ecriture se sert du mot génération pour exprimer la manière dont le Fils procède du Père, c'eil pour marquer J'identité de sa nature avec celle du Père; l'engendré et celui qui engendre étant toujours de même nature , et afin qu'on ne pense pas qu'il y ait une distance de temps dans cette génération , il est dit dans l'Evangile selon sairtt Jean : Au commencement était le Verbe. Ces paroles et celles qui suivent expriment sa consubstantialité, son union avec le Père , son éternité et sa divinité.
An 420. — . Saint Eucher, archevêque de Lyon,
Saint Eucher commence son ouvrage , connu sous le nom de Traité des Formules y en rendant gloire à la sainte Trinité et à la divinité de Jésus-Christ , en disant : « Dieu toutpuissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, est un en trois;
1 en nature, trois en personnes. La seconde personne est Fils du Père , c'est-à-dire Jésus Christ notre Seigneur, qui t appelé la bouche de Dieu par le prophète Isaie. » Dans son livre des Institutions à Salone , le même saint iplique la généalogie de Jésus-Christ.
Dans ce même livre , saint Eucher explique comment Jés-Christ a pu dire, sans que ce langage impliquât contraction : a Mou Père est plus graud que moi; » et ailleurs : \f ci et mon Père sommes une même chose ; » parce que , iDS une circonstance , le Sauveur parle de lui-même selon n humanité, et dans Tautre selon sa divinité. Dans la pre» ière , son Père est plus graud que lui ; daus la seconde , il I est égal et un avec lui.
Claudien Mamert , prêtre de Vienne, cite, en parlant de me incorporelle, plusieurs passages pris dans les homélies 1 saint Eucher, entre autres î?ur Tincarnation, où il dit e l'Etat de TAme , par Mamert , liv. 2 , ch. 9 ) : « Quelqucsis ont coutume de demander comment l'homme et Dieu ont être mêlés et confondus en Jésus-Christ; ils demandent veulent savoir la raison de ce mystère , qui ne s'est acmpli qu'une fois, tandis qu'ils ne peuvent rendre raison ce qui se fait tous les jours; comment, par exemple, me est unie au corps pour former un homme. Je leur rends que, de la même manière qu'une chose incorporelle ; unie aune chose corporelle, Tâme avec le corps pour •mer un homme, de môme l'homme est uni à Dieu pour •raer le Christ. L'union de 1 âme avec Dieu, deux choses îorporelles, est plus facile que celle qui se fait dans lliomme l'âme avec le corps , pour en former l'ensemble qu'on aplle homme. »