‹ La divinité de Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 64 sur 73 · Saint Procle , archevéquê'fie Constantinopk · texte numérisé non relu

Saint Procle , archevéquê'fie Constantinopk

et docteur de VEglise.

Saint Procle , dans sa Lettre aax Arméniens ( Goncil. , p. 1217 ), s'exprime ainsi au sujet de la divinité de Jésus- Christ : (£ Quand nous vous annoncerions, dit saint Paul, ou qu'un ange vous annoncerait un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème. ^ (Gai. 9 1 , V. 8 ). Or, quelle est la foi que nous avons reçue des divines Ecritures ? C'est que Dieu a fait le monde par son Verbe; que l'homme étant tombé volontairement dans le péché a pour cela été chassé du Paradis , que Dieu a envoyé pour le racheter le Verbe tout-puissant, qui est sans commencement, qui s'est fait chair en naissant d'une vierge ; que, pour montrer qu'il s'était fait vraiment homme, il a pris les habitudes et s'est soumis aux besoins attachés à la nature humaine. » Saint Procle ajoute que les termes, il a été fait chair ^ dont Tévangéliste se sert en parlant de rincarnation, marquent une union des deux natures si puissante et si forte, qu'elle n'est susceptible d'aucune altération ; de même que l'unité ne peut se diviser eu deux unités , parce qu'elle cesserait dès-lors d'être unité. Ces mêmes paroles , que nous venons de citer, prouvent l'unité de personne dans Jésus- Christ, et l'immutabilité de la nature du Verbe; car il n'est pas dit qu'il a été changé en chair, mais qu'il s'est fait chair... On ne peut dire sans blasphème que Dieu le Verbe soit autre que Jésus-Christ; que, s'il y avait un autre Christ différent de Dieu le Verbe, il s'ensuivrait que le Christ est un pur homme : ce qui ne peut se soutenir, puisqu'il est dit : «Qu'en son nom tout genou fléchit sur la terre et dans les enfers. » ( Philip., 2 , V. lo ). Ne lisons-nous pas dans Baruch : « Notre Dieu a été vu sur la terre, et il a conversé sur la terre? » ( Baruch , 3 ).

DE JÉSUS-ŒRIST. 17«

Saint Procle coDtiDue, dans la même Lettre , à prouver Tufiité et la divinité du Christ , en citant un grand nombre de passages de l'Ecriture.

Dans une Homélie sur la sainte Vierge, saint Procle , dès le commencement de son discours, lui donne le titre de Mère de Dieu. Il prouve que son Fils n'était ni seulement Dieu, ni seulement homme , mais Emmanuel , sans aucune confusion des deux natures (ConciL, tom. 4). Car nous ne prêchons pas un homme déifié , maïs un Dieu incarné.

Le même saint a composé aussi plusieurs Homélies sur la Résurrection de Jésus-Christ.

An 422. — Saint Célestin , pape.

Dans le concile que saint Célestin tint à Rome en 430 , ce pape prononça un discours très-remarquable dont il nous reste quelques fragments. On lit , entre autres , qu'il se souvenait que saint Ambroise , de glorieuse mémoire , faisait chanter à tout son peuple , le jour de Noël , une hymne qui commençait ainsi : « Venez, rédempteur des nations, faitesnous connaître l'enfantement d'une Vierge ; qu'il soit l'objet de l'admiration du monde ; un tel enfantement convient à Dieu. Ti II n'a pas dit , ajoute ce pape , un tel enfantement convient à Thomme ; d'où il conclut que saint Cyrille , en appelant Marie mère de Dieu, s'accorde avec saint Ambroise, et qu'il est vrai de dire que la Vierge a enfanté un Dieu par la puissance de celui qui est tout-puissant (tora. décret, p. 1098 ).

Dans une Lettre adressée à saint Cyrille , saint Célestin disait, en parlant de Nestorius : <t C'est pourquoi vous exécuterez ce jugement par l'autorité de notre siège , agissant en notre place , et en vertu de notre pouvoir ; en sorte que, si dans l'espace de dix jours, à compter depuis cette admonition , il n'anathématise en termes formels sa doctrine im-

pie , et ne promet de confesser à l'aTenlr, touchant la génération de JésnsChrist notre Dieo , la foi qo'enseigne TEglise romaine et votre Eglise et toute la chrétienté , votre sainteté pourvoira aussitôt à cette Eglise, c*est-à-dire à celle de Constantinople y et qa'il sache qo'il sera absolument séparé de notre corps. » .

Dans une Lettre que le pape Gélestin adresse à Nestorins ( Id., Id., p. 1 111 ) 9 il lui fait voir que ce qu'il enseignait du yert)e de Dieu était contraire à la foi commune; il lui représente comment ii est devenu lobjet du mépris public à Constantinople, depuis qu'il y avait répandu ses erreurs; qu'il était digne d'anathème pour avoir osé toucher à la doctrine qui nous est venue des apôtres ; qu*en niant , comme il le faisait y que la sainte Vierge fût mère de Dieu , il avait corrompu le sens du passage du Symbole des Apôtres , où toute l'Eglise reconnaît que Jésus-Christ est né du Saint- Esprit et de la vierge Marie.

An 423. — Saint Cyrille, patriarche d Alexandrie, docteur

de V Eglise et confesseur.

Dans ses Commentaires sur saint Jean , ce saint démontre au livre premier de ses Commentaires , par le texte même de saint Jean et par divers raisonnements, que le Fils de Dieu est éternel, consubstantiel au Père; que la ressemblance entre le Père et le Fils n'implique aucune confusion ni mélange de personnes entre l'un et l'autre. Saint Cyrille cite à cette occasion les paroles de saint Jean : « Je suis sorti de mon Père, et je retourne à mon Père» ( Jean , 16, v. 28 ). Celui qui est engendré est distinct de celui qui engendre.

Le Traité de la sainte et consubstantielle Trinité , qui porte dans quelques manuscrits le nom de saint Athanase, est depuis longtemps attribué à saint Cyrille. Dans le premier livre, il C'xplifitîc ce quo siirnificnt les mots (ycngendré et de non

engendré f et prouve , par plusieurs arguments^ qoMl est uécessaire que le Verbe de Dieu soit de la même substance que celui dont il est le Verbe , ce qu'il appuie du passage de saint Jean où Jésus-Christ dit : « Mon Père et moi sommes une même chose; » car par ces termes une même chose , il marque l'identité de substance , et par le mot sommes , la distinction des personnes.

Dans le second Dialogue, saint Cyrille dit (Dial. 2, p. 417), que le Fils est, selon sa nature, engendré du Père. Il le prouve par les paroles mêmes de Jésus-Christ : « Père saint , dit-il dans l'Evangile selon saint Jean , conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés. » (saint Jean, 17, v. 11.) Et encore : a Je vous rends gloire, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre. » (Matth., 11 , v. 26.) Et encore : « Je suis^ sorti de mon Père , et je suis venu dans le monde. » (Jean , 16,v. 28.)

Dans le troisième Dialogue, saint Cyrille démontre avec la mêmeforce d'argumentation la divinité du Fils (Dial. 3, p. 461 .)

Dans le quatrième Dialogue , saint Cyrille prouve que le Fils n'est point et ne peut être au nombre des créatures. (( Nous savons , dit l'apôtre saint Jean , que le Fils de Dieu est venu et qu'il nous a donné (Jean, 5, v. 20 ) l'intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu... C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. » Le même apôtre dit encore : a Que Dieu a tellement aimé le monde , qu'il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. » Or, pourquoi saint Jean promettrait-il la vie éternelle à quiconque croit que le Verbe incamé est vrai Dieu , s'il ne Tétait pas en effet ? Pourquoi saint Pierre fut-il déclaré bienheureux , sinon parce qu il con* fessa la divinité du Fils ?

Le cinquième Dialogue a pour objet de démontrer que ce qui est de fessence de la divinité se trouve dans le Fils aussi bien que dans le Père.

Voici ce que dit de remarquable saint Cyrille danslelitdtièmc Dinlogue, où il traite du mystère de l'incarnation. H rapporte le passage de saint Paul ( Rom., 1, v. 1 ) , où il dit: a Qu'il est destiné pour prêcher TËvangile de Dieu , touchant gon Fils qui lui est né , selon la chair , du sang de David. ' G'(?st lui qui, suivant le même apôtre, étant Fil^ de Bien, a enseigné l'obéissance par tout ce qu'il a souffert ; qui , étant la splendeur et la gloire du Père, nous a purifiés par Inimême de nos péchés ( ps. 96, v. 7 , et dont il est écrit : K Lorsque le Père a fait paraître son premier-né dans h monde , il est dit : Que tous les anges de Dieu Tadorent. i L'apôtre dit encore (2 Corinth., 4, v. 6) : « Que le même Dieu qui a commandé que la lumière sortît des ténèbres, est cela qui a fait luire sa lumière dans nos cœurs, afin que iioni puissions éclairer les autres [lar la connaissance de la gloin de Dieu , selon qu'elle paraît en Jésus-Christ. » Saint Jean après avoir rapporté plusieurs miracles de Jésus-Christ ajoute : <• Jésus en a fait beaucoup d'autres à la vue de se disciples, qui ne sont pas écrits dans ce livre; mais ceux-c sont écrits afin que vous croyiez que Jésus est fils de Dieu. > ( Jean , 6 , v. 61 . ) Enfin , Jésus-Christ dit lui-même qu'iKest descendu du ciel, et que personne n'est monté au ciel qne celui qui est descendu du ciel, le Fils de Dieu (Jean, 3. V. 13).

De tous ces passages et d'un grand nombre d'autres, saint Cyrille conclut que Jésus-Christ étant ce même Fils qui esl la splendeur du Père, et qui est né selon la chair, qui es adoré des anges , et qui a souffert pour nos pécliés , qui es descendu du ciel et qui y est remonté, il n'y a en lui qu'ui Fils; que , si l'Ecriture dit quelquefois de lui des choses q« paraissent opposées entre elles , c'est à raison des deux na turcs qui sont unies en lui personnellement ; ce que sain Cyrille confirme par ces paroles de saint Paul : « Il n'y a pou nous qu'un seul Dieu , qui est le Père , et qu'un seul Se

'Snear, qui est Jésus-Christ , par qui toutes choses ont été feites. « ( 1 Corinth., 8, v. 6. )

Le même saint ^ dans plusieurs de ses Homélies, s'attache à démontrer la divinité de Jésus-Christ contre les Juifs.

Dans sa Lettre a Successus , évêque de Diocésarée , saint

Cyrille, au sujet de l'hérésie de Nestorius, écrit ce passage

remarquable : « Instruit de la vraie doctrine , tant par les

divines Ecritures que par les saints Pères, il croit que Jésus-

CSirist est un , soit avant , soit après Tincarnation. » Il ajoute

que cette union est produite par le concours des deux na-

Ittres ; qu'après cette union on ne les divise plus , et on ne

sépare point en deux ûls le Fils unique et indivisible ; mais

on dit qu'il est un et seul Fils , ou , comme disent les Pères ,

une nature de Dieu , Verbe incarné. » Ce que saint Cyrille

explique, en ajoutant : « Il y a deux natures unies; mais

Jésas-Christ , Fils et Seigneur , le Verbe de Dieu le Père, fait

. bomme et incarné, est un. »

: An 423. — Socrate^ historien ecclésiastique.

I Socrate commence son Histoire Ecclésiastique au point où Easèbe de Césarée a terminé la sienne , c'est-à dire au règne de Constantin, alors que cessa la persécution que Dioclétien ftvait excitée contre les Chrétiens. Il commence toutefois son ^écit à partir de lar première année du règne de Constantin, c'est-à-dire dès Tan 306, et continue son histoire jusqu'au dix-septième consulat de Théodose le jeune, en l'an 439. . En parlant du concile qui fut tenu â Alexandrie par les évêques que Constantius y avait envoyés en exil, il fait cette remarque importante (Socrate, liv. 3, p. 165) : « Les évéqaes de ce concile, dit-il, en déclarant que le Verbe, en se faisant homme, n'a pas pris seulement un corps, mais aussi une âme, n'inventaient pas pour cela une nouvelle doctrine, et ils ne faisaient qu expliquer Fancienne tradition. « C'est,

dit-il , le sentiment uniforme des premiers doetears. IréDée,^ Clément, Apollinaire , évêque d'Hieraple , et Sérapion, évè>j que d'Antioehe , assurent que c'est là une vérité généralement reçue. Le concile d'Arabie enseigne la même chose dans ( sa Lettre à Bérille, évéque de Philadelphie. Origène prodamttcette vérité dans tous ses ouvrages. Saint Pamphile et Bfrr sèbe de Césarée en rendent un éclatant témoignage (Soer^^ij Hist. delEgl., llv. 3).

Socrate raconte, dans le cinquième Livre, que, lorsqu'on dépQoIit le temple de Sérapis , on y trouva des hiéroglyphes, par lesquels il était prédit que, quand le signe de la croix paraîtrait au jour, le temple de Sérapis serait détruit. Cette circonstance détermina un grand nomhre de païens à recevoir le baptême.

Sosomène^ historien ecclésiastique.

Dans son Histoire de FËglise , Sosomène cite ce que saint Clément, Hégésippe, Africain, et Ëusèbe ont écrit sur THistoire de TËgiise, et il dit, en parlant de Josèphe rhistorien juif, qu'il a rendu un témoignage éclatant à la personne de 4 Jésus-Christ, et qu'il a rapporté comme un fait historique \ incontestable, sa mort sur la croix et sa résurrection ( Hist. \ deFEgi., liv. 1). \

Dans le second Livre, Sosomène fait ce rapprochement, | que la sybille , de même que le prophète Zacharie , avait' i prédit la vertu des instruments de la passion (plusieurs ma- j lades furent guéris par leur attouchement) par ces paroles: que l'arbre fut heureux où Dieu fut attaché.

An 432. — Saint Basile, archevêque de Séleucie,

en Isaurie,

Dans le septième Discours, parmi les quinze qui lui sont

DE ^ÉSUS-CRRIST. l$i

boés çat Phoftias, Basile fiiit une peinture très-toachante idifice d'Abraham , qui était l'image de celui de Jésusit; mais, de même que le glaive de ce patriarche ne le point son filS| de même, dit-il, la croix du Christ Dche point, ne porte aucune atteinte à sa divinité, ns son vingt*quatrième Discours, Basile démontre l'U' le substance, de pouvoir et d'honneur dans le Père et Is ; il établit en outre, avec beaucoup de clarté la dison des deux natures (Id., id., p. 14o).

44o. — Le bienheureux Théodoret, évéque de Tyr, docteur de l'Eglise et confesseur.

éodoret, le savant auteur d'une Histoire Ecclésiastique îstimée , a composé un ouvrage intitulé : Eraniste ou morphe , ainsi appelé parce qu'il y combattait plusieurs lies en même temps. Il est divisé en trois Dialogues, remler a pour titre : Immuable; Théodoret y fait voir le Verbe, en se faisant chair, n'a éprouvé aucun channt.... Le Fils unique de Dieu est immuable , de- même e Père et le Saint-Esprit. C'est, en effet, du Fils qu il It dans le psaume 101 : « Vous êtes toujours le même et nnées ne finiront point... Pour prouver que sa divinité ouffert aucun changement , Théodoret cite encore saint , qui dit : « Nous avons vu sa gloire, comme du Fils 16 du Père , étant plein de grâce et de vérité. » Car , homme, il portait en lui sa noblesse originelle et fai- •esplendir partout les rayons de sa divinité et Téclat de issance par un grand nombre de miracles. Après cela, doret (Dialog. 1, tom. 4, p. 1 ) s'appuie, pour la foi en autabilité du Verbe, des témoignages des Pères; il cite ! autres, saint Ignace, saint Irénée, saint Hyppolite, Méthode , saint Eustate , saint Athanase ; saint Basile , Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, saint

Flavien d'Antioche , saint Amphilogae, saint Jean Cl: t6me et Apollinaire, quoique ce dernier fût d*ailleurs rable à l'hérésie d'Ëutychès.

Dans le second Dialogue du Polymorphe, Théodoret par les Ëcritures , qu'après Funion des deux natures sus-Christ, chacune est restée entière. S'il n'en étai qu'une , comment pourrait-on accorder ensemble les c listes , qui tous ont écrit depuis sur Tunion des deux n^ Or saint Jean , en parlant de Jésus-Christ , dit : « Qu au commencement en Dieu , et que toutes choses faites par lui. » Saint Matthieu , au contraire , ainsi qi Luc, le font descendre d'Abraham et de David. L qu'il est Dieu et éternel , les autres lui donnent des h pour parents, et le font naître dans le temps. N'est-il dans l'Ëvangiie qu'il est né? N'y est- il pas appelé enfa est-il pas dit aussi qu'il fut adoré des pasteurs et qu'i sait en âge et en sagesse ? Théodoret prouve encore des deux natures par Toblation mystique qui se fait saints autels. « De quelles choses , dit-il , le pain et sont-ils les symboles? n'est-ce pas du corps et du s Jésus-Christ. » (Id., id., id., Dial. 2, p. 47. )

Photius ^ après avoir parlé de ces trois Dialogues , que Théodoret composa un autre écrit intitulé : Demi tion par syllogismes , où il établissait , en resserrant i lectique , les trois mêmes vérités qu'il avait établies d trois Dialogues, savoir : que le Verbe est immuabU susceptible de mélange , et impassible.

Dans son Histoire des Hérésies , Théodoret emplo partie du cinquième livre à exposer en abrégé la docti l'Eglise sur les principaux objets de la foi. En pari Fils de Dieu , il dit : « Comme nous croyons en un Diei avons appris aussi à croire en un seul Fils engendré tous les siècles. S'il était créé , ainsi que le disent c< hérétiques, il ne serait pas unique, il aurait la créatur

ir ; mais , dès-lors qu'il est uoique , il n*a plus rien de corn* avec les êtres créés. Ce n*est pas seulement les apôtres le nomment vrai Fils de Dieu ; le Père même lui a rendu témoignage , en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé pans lequel j*ai mis ma complaisance.» Il est égal à son Père, ps la même substance, et aussi puissant que lui; il lui est |p-étemel , et n'en peut pas plus être séparé que le rayon du il dont il émane. » ( Id., id., liv. 5, p. 249. ) Le Fils pouvait-il mieux nous marquer sa parfaite ressemmce avec son Père , qu'en disant à l'apôtre saint Pbilippe : Celui qui me voit , voit mon Père. » ( Id., id., art. 3. )

An 44o. — Saint Léon, pape surnommé le Grande , docteur de VEglise,

Tdci en quels termes s'exprime ce grand pape sur la diifté du Christ et sur rincarnation , dans son vingtième m ( Serra. 20 , p. 70 ) : « Le propre Fils de Dieu, qui avec Dieu dès le commencement , par qui toutes choses été faites , sans rien perdre de sa grandeur et de sa maie , s'est revêtu de notre bassesse , et , demeurant toujours qu'il était , il s^est fait ce qu'il n'était pas. Il a uni la krme d'un esclave à cette substance divine qui le rend égal '^son Père, alliant tellement ces deux natures, que l'infé- ^eure n^a point été absorbée par la gloire et la majesté de la Ipérîeore.... La majesté s'est revêtue de l'humilité ; la force été jointe à l'infirmité, et la mortalité à l'immortalité, pour liyer les dettes du genre humain ; une nature impassible est unie à une nature passible. Jésus-Christ est tout ensemble rai Dieu et vrai homme, afin que celui qui était venu pour hre le médiateur entre Dieu et les hommes pût mourir à anse de son humanité , ressusciter à cause de sa divinité , et aérir par ce moyen tous nos maux.... » Dans le sermon iDgt-deuxième , saint Léon dit : a Si Ton considère Jésus*

Christ soas la forme d'oD esclave, qu'il a prise dans le temps, pour nous racheter, il est au-dessous de son Père ; mais si on le considère sous le rapport de sa divinité , qui est éternelle, il est égal à son Père. »

« Le Christ est toujours égal à son Père dans Tunité de la divinité , soit qu*on regarde la naissance de notre Sauveur par rapport à la divinité, soit qu'on Tenvisage selon la chair; elle est tellement au-dessus des forces de Téloquence homaine , qu'on peut avec justice lui appliquer ces paroles d1> saïe : « Qui pourra expliquer le mystère de sa génération? » Saint Paul a dit : « Que toute la plénitude de la divinité habite en Jésus-Christ corporel lement (Coloss. 2, y. 8).»

Dans son trente-troisième Sermon, expliquant la prophétie relative à la venue du Christ : « Le royaume ne sera point ôté de la famille de Juda , etc. » ( Gren. 49 , v. 10) saint Léon dit , en parlant des Juifs : « Ils ne comprennent pal encore ce qu'ils ne peuvent nier et ce que les Ecritures leur ont appris. La vérité est un scandale aux docteurs insensés; ce qui est lumière pour les autres, se change en tépèbres pour les docteurs aveugles. Ces docteurs étant interrogés, répon* dirent que Jésus-Christ devait naitre en Bethléem ; mai» ils ne profitèrent point de leur science ni dei instructions qu'ils donnèrent aux autres. La succession de leurs rois a été lnte^ rompue; ils n'ont plus ni temples, ni prêtres, ni victimes, ni sacerdoce; ils voient assez que tout est fini pour eux, que tous leurs privilèges ont cessé.

Jrnobe, surnommé le Jeune.

Fenardent et quelques autres attribuent à Arnobe , auteor du Commentaire sur les Psaumes , un Dialogue entre un Catholique , qui prend le nom d'Arnobe , et un Ëutychien do nom de Sérapion , dont le sujet eât la sainte Trinité et le mystère de Tincarnation ( tom. 8 , Biblioth. des Pères ). Le bat de

DE JÉSUS-CHRIST. iS»

mtear est de prouver qu'il n'y a qu'un Dieu en trois per- ; que les deux natures, ia divine et l'humaine, sont en Jésus-Christ et dans une seule personne. On com- , dans cette dispute , par établir la foi de Tunité de E|fen en trois personnes, puis celle de rincarnation. Arnobe ippoie ce qu'il dit sur l'un et Tautre n^ystère des témoignaet de l'autorité des Pères, en particulier de saint Atha- , de saint Cyrille d'Alexandrie, de saint Ambroise, de it Damase , de saint Léon , de saint Bilaire , de saint [oire et de saint Célestin.

Fauste , abbé de Lérins ^ évéque de Riez , en Provence.

Bans sa Lettre à Gratus, diacre, Fauste s'exprime ainsi : Pour nous, nous croyons qu'il y a en Jésus-Christ deux unies en une personne , et que, de même que le corps Tàme font l'homme , de même aussi la divinité et Ihumafont le Christ. Il cite ensuite le passage d'Isaîe où il est W : « Qu'un enfant nous est né et qu'un Fils nous a été don- , » pour prouver que celui qui était Fils de Dieu de toute iemité, est né d'une vierge dans les derniers temps ; qu'ainsi i|Q est à la fois Dieu et homme.

Dans son Traité contre les Ariens et les Macédoniens, fauste de Lérins s'exprime ainsi au sujet de la génération 4u Fils : « De même que le juste n'est pas sans la justice, ie même le Père n'a jamais pu être sans le Fils. Le Fils ne âit-ii pas, en parlant de lui-même, dans Isaîe : Qu'il est le |)remier et le dernier, V alpha et \ oméga , et qu'il n'y a point de plus ancien que lui? »

An 442. — Mammert Claudien , prêtre de Véglise

de Vienne.

On a de Mammert un écrit ayant pour titre : de VEtat et

de la Substance de PAme. Il est adressé à saint SMolne.' y lit , à roecasîon de ces mots de saint Paul : « Les Juifs crucifié le Seigneur de la gloire , » que Tapôtre a pu s'ex] mer ainsi (Gorinth., 1-2, y. 8) à cause de l*an1on des de natures en Jésus- Christ; de même qu'il est vrai homme vrai Dieu , et qu'il y a en lui deux substances unies en seule personne, c'est aussi le même qui eàt Seigneur de gloire, et qui a été crucifié, non dans sa divinité qui est! passible, mais dans son humanité. (Biblioth. des Pèi t. 6, p. 1044).

An 443. — Saint Patrice ^ apôtre d^ Irlande. '

Saint Patrice, se croyant près de mourir, écrivit sa ccvd fession , autant pour rendre gloire à Dieu des grâces qu'il i^ avait reçues , que pour annoncer aux peuples placés sous sali ministère, qu'il tenait de Dieu même sa mission de leur aa noncer l'Evangile. Il explique clairement, dans cette Gonfes^ sion , sa foi en la Trinité , reconnaissant qu'il n'y a qu\d seul Dieu , par qui toutes choses ont été faites , les visibMl et les invisibles; qui a engendré un Fils qui lui est consubM tantiel , qui s'est fait homme , et qui a vaincu la mort ; à qri le Père a donné toute puissance au-dessus de tons les nomi dans le ciel , sur la terre et dans les enfers , afin que toalÉ langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans là gloire de Dieu son Père. Nous croyons et nous attendons soi avènement , on il jugera les vivants et les morts , et rendra à chacun selon ses œuvres. (Confession de saint Patrice, p. 534).

An 450. — Saint Victor y évêque de Vite y et saint Eugène ^

évêque de Carthage.

L'Histoire de la Persécution des Vandales contre les Chré-

DE JÉSus-cmiST. isr

pour antenr saint Victor, évoque de Vite. On y lit, lilfen de tant de persécutions , le peuple fidèle de 1*A- 'affermissait de plus en plus dans la foi ; en quoi Ton 'accomplissement de cette parole de l'Ecriture : « Plus ffligeait , plus ils augmentaient en force et en nom- LU livre troisième de cette Histoire ( p. 42 et suiv. ) , ve la déclaration de foi présentée au prince vanméric, au nom des évêques catholiques. Ils y prola divinité du Fils. Ils confessent en Dieu une 3 substance dans le Père , le Fils et le Saint-Esec la distinction des personnes ; car le Père n'est pas e que le Fils, ni le Fils que le Saint-Esprit. Le Père s engendré ; le Fils est engendré du Père. L'Eglise 3 que le Fils est égal à son Père. Nous confessons i deux natures en Jésus-Christ , c'est-à-dire qu'il est m et vrai homme. Lorsque le Fils dit de lui : « Mon moi nous sommes une même chose, » il parle selon ité ; lorsqu'il dit : « Mon Père , pourquoi m'avez-vous iné, 9 il parle selon son humanité... Si le Fils n'était a même substance que le Père , il ne serait pas vrai- »n Fils, ou il aurait dégénéré en naissant, ce qui ne dire.... Si la génération du Fils est ineffable, elle pas moins vraie , et il ne nous est pas permis de Tiaprès que le Fils nous a si souvent instruit dans FE- [u'il est né du Père... Nous faisons profession de croire «'ils est Dieu de Dieu, lumière de lumière... Le Père dré le Fils , non dans le temps, mais dans Féternité, 'il y ait eu aucun intervalle dans la génération du Fils, e qu'il n'y en a point entre la production du feu et irté... Sous le nom de Dieu, nous comprenons les trois es. Ce nom marque l'unité de substance et non de es , comme nous Fapprennent ces paroles de FEcri- Faisons Fhomme à notre image. »

profession de foi finit par ces mots : « Telle est la doc-

à$$ U DIVINITÉ

trine dont nous faisons profession; elle est appuyée sar Fai torité des évangéiistes et des apto'es , et fondée sur la de tontes les églises du monde. » (Yict, iiv. 3).

Saint Eugène fit preuve d'une grande constance au de ces persécutions. Il écrivit une Lettre aux fidèles de thage, dans laquelle il les conjure, par la majesté-de Dieo,| par i*avèuement de Jésus-Christ au terrible jour du jugement,] de demeurer fermes dans la foi catholique , en confessant i le Fils est égal au Père , et que le Saint-Esprit a la même Tinité que le Père et le Fils.

Antonin, évéque de Cyrthe.

Antonin , dans sa Lettre à Arcade, lui explique en peu de mots la doctrine catholique sur la Trinité. 11 dit comment le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font qu'un seul Dieu; <pe le Fils seul s'est incarné , sans que le Père et le Saint-Esprit aient été faits chair, ni que le Fils, en s'incarnant, ait été séparé du Père et du Saint-Esprit. Il se sert , pour cette démonstration , de Texemple de Tinstrumeot de musique qu*oi nomme harpe , il dit : « Pour que cet instrument rende un soi mélodieux , trois choses doivent y concourir : l'art musical la main et la corde ; l'art indique ce qu'il faut toucher. Il main touche , la corde rend le son ; trois choses opèrent, mai la corde seule rend le son qui se fait entendre. C'est ainsi qa Jésus-Christ seul a pris la chair. » (Anton. Lett. à Arc.)

Jean dAntioche.

Jean, qui de grammairien devint prêtre d'une paroiss d'Antioche, écrivit contre ceux qui refusaient de confesse deux natures en Jésus-Christ , démontrant par l'autorité de Ecritures qu'il y a en lui une personne divine et une personB humaine; deux natures ^ celle de la chair et celle duVerh

d'Ântioche est cité par GeoDade dans son livre des Hommes illustres.

Vigile, évéque de Tapse, en Afrique.

\ U écrivit plusieurs livres contre l'hérésie d'Eutychès ; il di- , en commençant : « Nous confessons qu'il n'y a qu'un BU , et que le même qui est Fils de Dieu est aussi Fils de Hiomme. Nous n'admettons pas deux Fils. Nous croyons que te Verbe s'est fait chair dans le seiû de la Vierge , sans que ia nature du Verbe ait été changée en chair. Nous disons de ^éme que la nature de la chair est tellement passée en la ^personne du Verbe , par son union avec celui qui s'en est rel^vétu, qu'elle n'a pas été consumée dans le Verbe. Les deux k^Hatures demeurent, celle du Verbe et celle de la chair; et de toutes les deux qui subsistent ensemble, est un seul Christ et Une seule personne ( Vigil., liv. 1, contre Eut., p. 4 ).

Vigile blâme les hérétiques de son temps, qui, entendant les Catholiques dire , en parlant de Jésus-Christ : « Qu'il est Dieu et 'homme , » inféraient de la conjonction e^, qu'ils admettaient en lui deux personnes. « Cette manière de parler , leur disait Vigile , est la même que si l'on disait : Celui qui est Dieu s'est aussi fait homme, non en perdant ce qu'il était, mais en prenant notre nature. » (Id., id. ) Plus loin. Vigile établit la doctrine catholique des deux natures sur les deux naissances différentes que l'Ecriture reconnaît en Jésus- Christ, Fune par laquelle il procède du Père dans l'éternité , l'autre selon laquelle il est né de la Vierge. L'apôtre donne à ces deux naissances le nom de forme, en disant : « Soyez dans le même sentiment où a été Jésus-Christ, qui, ayant la forme et la nature de Dieu , s'est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature du serviteur. » ( Philip., 2, v. 6).

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