‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 10 sur 39 · SUR LES CONVERSIONS LES PLUS CÉLÈBRES · texte numérisé non relu

SUR LES CONVERSIONS LES PLUS CÉLÈBRES

OPÉRÉES DAR8 CBS DBBmERS TEMPS

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An 1780. — Jean Auguste Starckj fils du président da consistoire luthérien de Schwérin. — Il fat de bonne heure professeur de langues orientales à Pétersbourg. La lecture de YHistoire des VariaHons le détermina k quitter sa chaire pour venir faire son abjuration à Paris , dans Téglise de Saint-Sulpice , le 8 février 1766. On conserve à Paris Tacte de son abjuration, signé de lui, de Tabbé Toubert, savant orientaliste , et d'un vicaire de Saint-Sulpice. Dans le dessein de travailler à la réunion des églises chrétiennes , il accepta la charge de surintendant-général des églises réformées de la Prusse , et publia son fameux ouvrage du Banquet de Théoduie. Ce livre célèbre eut cinq éditions en huit années. On peut le regarder comme le testament religieux de l'auteur, qui mourut en 1816 , après avoir abandonné ses fonc* tiens. On lui doit encore un autre ouvrage, Triomphe de ia PhUasophiey où il montre que là révolution française, même dans ce qu'elle a eu de plus horrible , n'est que l'enfant du philosophisme, comme celui-ci l'est du protestantisme.

An 1788. — Georges Zoéga, fils d'un ministre luthérien, Daqnit le 20 décembre 1755, h Daliler, dans le Jutland ( Da- Demarck ). A seize ans, Thistoire , la géographie, les langues latine, anglaise et française, lui étaient devenues familières; Il étudiait le grec avec assiduité, commençait à traduire Thébreu, et faisait dans ces diverses connaissances des progrès rapides. L'amour de l'exactitude historique, qui demeura Tun des traits les plus saillants de son esprit , s'unissait , dans les compositions de sa première jeunesse, à la vivacité de Vimagination. En 1773, il alla continuer ses études dans l'éeole d*Altona, et puis dans Funiversité de Gœttingue, où les écrits de Winckelmann produisirent sur lui une profonde Impression et développèrent dans son âme ce sentiment élevé do beau , qui le conduisit au même terme. Vers le printemps de 1776 , dans un voyage académique, il prit sa route à , travers l'Italie, dont sa famille se prétendait originaire. Veî Bise et surtout Rome, les beautés de la nature, celles de Tart , \ Itt pompes de l'Eglise romaine , laissèrent dans son imagi- Ballon une trace ineffaçable. Dès ce moment, son âme appartint à cette contrée illustre, qu'il ne fit pourtant que parcourir. Revenu en Allemagne, et voyant le vague et le scepticisme qui régnaient en philosophie , il se rejeta dans le sein k la religion pour échapper au doute. Dans de petites compositions qu'il fit alors à ce sujet , Ton entrevoit déjà sa secrète préférence pour le catholicisme. En effet, il n'y a de npos pour l'esprit et le cœur que là. En 1780 , il fit un se- \ cond voyage en Italie, revit la capitale du monde chrétien «a grand jour de la fête de Saint-Pierre, et s'y retrouva comme âans la patrie de son cœur. Il se livra sur-le-champ, avec son ardeur accoutumée , à l'étude des monuments , dont il entreprit une revue générale, considérant son séjour actuel comme Une simple préparation à un plus durable , et formant peuttoe en secret, dès cette époque, le dessein de se fixer à Rome. Ce qui me la rend doublement chère, disait-il , c'est qu'on

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trouve à la fois dans son enceinte la ville kit la ëftihi^à^, Tantiqae et le moderne, la simplicité et lift ttiagnlficeiioei ^ rinfinie variété de formes qu'offre le spectacle de la hatore / et Jusqu'à la misérable richesse d'an art snrchai^ MÙÉ^ but. En 1782, il passa six mois à Vienne, en Ailtrlcii^ à étudier la numismatique, sons la direction du savanki abbé Eckhel. 11 y vivait entre les monuments et les H-^ vres, plongé dans ses études, mais toujours aïpirakit à Il< talie. Après les savants , il n'avait guère de iMyclété qoè cdh du nonce apostolique, Garampl , le même qui ^ à DterilB| avait reçu TabJuVation de Winckelmann. En i7]Sl8,iinUl des lettres de recommandation du même noâcè, Il fit un ïr^ sième voyage à Rome. Il y fht inthddnit dails le palais dÉ célèbre Borgia , depuis cardinal , alors iseerétaire de la Fnipagande. Ce prélat , passionné pour les sdencêé et pônr fcett qui s'y consacraient sans réserve , l'accnelllit UêntAt fi¥ii une distinction particulière entre tous les jenttés Danois ifS^ tiraient chez lui la libéralité éclairée de son caraétèriB «t ih précieuses collections. Dans ce troisième séjour daAs h elpitale du monde chrétien , Zoëga abjura le InthéWiiHsmè embrassa l'antique foi de ses pères , et épousa la fille A^ peintre. Mais pour ménager la sensibilité de toii père, è^ aussi pour éviter la persécution du Danemarck, sa patrff, dont les lois défendent de tolérer quiconque embraëse le tholicisme , il garda un secret absolu sur sa conversioA. mois de Juillet 1784 , il fut saisi d*une fièvre ardente qui mit à deux doigts de la mort. Borgia , désormais son père, l'entoura de tous les soins les plus délicats durant Si longue convalescence. Ce ne fut que dans ce moment suprénM qu'il apprit à sou protecteur qu'il était catholique et mariii Après bien des travaux sur l'archéologie, qui l'ont rendu oé* lèbre dans toute TEurope, Zoëga mourut à Bome le 13 avriE 1809, et fut enterré dans l'église de Saint- André délie Fratto.

An 1783. — Thayer. Od a annoncé dans les papiers publies la conversion d'un ministre protestant , opérée à Rome IFoccasion des miracles du vénérable Labre. Il en raconte lltasi lui-même les circonstances : i « Je suis ce protestant converti à la foi ; J'y al été conduit une providence spéciale que je ne puis méconnaître, ime Taveugle de TEvangile miraculeusement éclairé , je fais un plaisir et un devoir de publier les miséricordes Di^u débouté à qui je dois la lumière et la vie de la grâ- Ma conversion a été publique et mon abjuration solen- Ile à Rome. Ayant passé ensuite en France , j'ai raconté histoire, ou plutôt celle de la divine Providence sur i, à un grand nombre de personnes respectables qui délent d'en apprendre les particularités. D'ailleurs, quelamis m'ont pressé d'en donner au public une relation igée , pour une plus grande édification et pour la plus gloire de Dieu. Je me suis rendu à leurs raisons et leur autorité, et me suis déterminé, selon leur conseil, à présenter en anglais et en français en faveur de ceux qui ident que l'une de ces deux langues. Quant au fran- (, qui ne m'est pas encore bien familier, j'avoue que j'ni obligé d'emprunter du secours et de faire retoucber mon

trop incorrect.

« Je suis né à Boston , d'une famille assez fortunée ;

ai été élevé dans la religion protestante , la seule do-

ite et presque la seule connue dans la nouvelle An-

rre. J'avais d'abord refusé de faire mes études ; mais,

^Pâge de seize ans, par réflexion et par je ne sais quel

d^apprendrç;., je le demandai moi-même ;à mes pa-

i; alors, à force d'application , je réparai le temps per-

et, avec le secours d'un bon maître, je fis des pro-

assez rapides. Mes études finies, je fus fait ministre dans

iiecte puritaine, et j'en exerçai les fonctions pendant deux

j m'appliquant à l'Ecriture sainte et à la prédication.

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