II
An 809. — Huitième Concile génércd.
Après les canons formulés par ce concile , on publia la définition du concile; Métrophane de Smymect Cypriem Glaudiopolis en firent la lecture en même temps aux extrémités opposées de rassemblée. Nous faisons mention ce concile, en ce qu*il confirme et continue la perpétuité la foi catholique sur tout ce qui se rapporte à la divinité Jésus-Christ. L'histoire ecclésiastique rapporte que lad^ tion du concile, lue à haute voix , est un long discours contient une très-ample et très-explicative profession de avec anathême contre les hérétiques , en particulier les Monothélites et les Iconoclastes. On approuve les conciles généraux qui ont précédé , auxquels on Joint ci comme le huitième , et on confirme la condamnation nonce contre Photius par les papes Nicolas et Adrien. L' pereur Basile assista à ce concile , où il prit même la sur les questions qui s'agitaient.
An 868.
La discipline ecclésiastique s'était relâchée, vers cette que , en Germanie ainsi qu'en d'autres lieux. Ce fut un motifs qui donnèrent lieu au concile de Yormes. Le roi! voulut y assister en personne. Les prélats, qui le salent , commencèrent par une profession de foi fort d^ lée , dans laquelle ils s'expliquent très-clairement sur les articles contenus dans le Symbole , en particulier sur Trinité ; ils reconnaissent que , bien qu'il y ait en Dieu personnes distinctes l'une de l'autre, en vertu de leur tion mutuelle , il n'y a toutefois qu'une seule nature , substance, une même divinité. Ils reconnaissent que le Esprit procède du Père et du Fils, et que le Fils seul s'est ii né pour la rédemption du genre humain (Gonc, t. 8 , p.
An 1 1 66. — Concile de ConstanUnopk.
Ce concQe ent lieu à la prière de l'empereur Manuel au
fet d'une question sur la divinité de Jésus-Christ. Elle avait
soulevée par Démétrius, de Lampe, bourgade d'Asie. Il
it accusé les Allemands avec qui il avait eu des rela-
I d'errer sur un point capital de la religion , celui de
;allté du Père et du Fils. L'empereur Manuel eut lai-méme
conférence à ce ^ajet avec Démétrius. Peu de temps
i, celui-ci présenta un livre qu'il avait composé et dans
)I il essayait de faire prévaloir ses erreurs. Le concile
nous parlons fût présidé par Luc Chrysoberge , patriar-
de Constantinople. H fit neuf canons qui contiennent, en
Lce , que ces paroles de Jésus-Christ : « Mon père est
grand que moi » , doivent, suivant les interprétations
saints Pères , s'entendre de Jésusdhrist selon son huma*
dans laquelle il a souffert; que le Verbe, en prenant la
ire humaine, ne l'a pas changée en divinité. Le concile
anathême à tous ceux qui ne recevaient pas les paroles de
s-Christ : Mon Père est plus grand que moi^ comme les
les ont expliquées et comme l'ont résolu les conciles.
canons de ce concile furent signés par l'empereur Ma*
et gravés sur des pierres que l'on déposa dans l'église
i Sainte Sophie.
An 1209. — - Concile de Paris.
On répandit en ce temps, disent les actes de ce concile,
Paris et les environs , de nouvelles erreurs qui y cau-
it de grands troubles. Elles avaient pour auteur un sieur
lury , clerc, natif de Bène, au Pays-Chartrain. Il atta-
et rabaissait la divinité de Jésus-Christ, en soutenant
chaque chrétien est obligé de croire qu'il est membre de
Jésus-Christ , et que personne ne peut être sauvé sans cette croyance dont Q foirait un article 4^ ^- Ses erreurs furent déférées au pape Innocent III qui le condamna après l*avoir mtCQdu «t après avoir exaioiné les o^ijections élevées par Vuniversité d^ Paris contre les doctrines d'An^aury. Il ne 9e rétracta point, et il eut quelques disciples qui cherchèrent à propager ses erreurs en y ajoutant de nouvelles. Le çon- <41e «^9seml)lé condamna le mémoire d*Amaury et l'ej^commqoia. Seci disciples furent aussi condamnés par le même concile. Outi» les erreurs d*Amaury qu'ils embrassent , ils niaient de pfus la résurrection et la présepce réelle.
An }2l$|. «jT* Onçatrième cmoik ie latranki douzième
concile génér(U.
Quatre cent douze évêqoeg assistèrent à ce concile , et il fût présidé par le pape Innocent III. On y dressa soixantedix déorets ou canons. Ces canons commencèrent par Texpoaition de la foi catholique , et cela était nécessaire à cause des Albigeois et des Vaudois qui troublaient alors plusieurs ppoiFinees. On lit dans cette profession 4e foi qu'il n*y a qu'un aeul Dieu en trois personnes , le Père , le Fils et le Saint-Eaprit; qu'une seule essence, une seule substance, une seule nature ; que le Père ne tient sa substance de personne , que le Fils la tient du Père, et que le Saint-Esprit procède de Tun et dé Tautre, sans commencement ni fin ; que le Père engendre, que le Fils est engendré, que le Saint-Esprit procède; qu'ils sont consubstantiels et égaux en tout, également puissants, également étemels,, un seul principe de toutes choses , créateur des choses visibles et invisibles y des spirituelles et des eorporelles. Cette sainte Trinité , indivisible selon son essence, a donné au monde le fils upiqoe da Dieu , Jésus-Ghrist , qui s'est incamé par la vertu commun^ de twte la Trinité, et conçu de Marie tiKUonrs vierge : im*-
DE JÉSUS-CHRIST. iOi
mortel et impassible selon sa divinité, il sVst fait passible et mortel selon son humanité. Il est mort , descendu aux enfers, ressuscité d'entre les morts et monté au ciel , etc
En conséquence de cette exposition de la foi catholique , le concile condamna le livre de l'abbé Joachim contre Pierre Immbard sur la Trinité. Ce concile condamna aussi la doctrine d'Âmaury comme contraire à la foi sur la divinité de Hsiis-Christ. Âmaury avait déjà été condamné par le concile de Paris.
An 1260. . — Concile d'Arles.
Florentin , évéque d'Acre en Palestine , venait d*étre transféré à l'archevêché d'Arles , en Provence , et il célébra avec ns suffragants un concile provincial , où il publia dix-sept pbmons. ( Goncil. , tom. 1 1 , p. 2359. ) Dans la préface il est Nit : « Il s'est élevé de notre temps de faux docteurs qui veu- 'tait établir une doctrine pernicieuse; et , sous prétexte d'hovt le Saint-Esprit , diminuent Teffet de la rédemption du de Dieu en le bornant à un certain temps.
Ainsi , la secte des joachimistes anéantit la rédemption de i-Ghrist et prétend que les sacrements doivent finir, en it que toutes les figures et tous les signes cesseront , et
la vérité paraîtra à découvert C'est pourquoi, de
itorlté de notre concile provincial, nous condamnons leurs Its tels qu'ils sont venus entre nos mains , etc.
An 1302. — Concile de Rome.
*' Le pape Boniface assembla un concile à Rome en l'année ttOS. Aucun des prélats français n'y parut à cause des diffé-
Pto qui existaient alors entre le roi de France et le S. Pontife. regarda comme l'œuvre de ce concile la fameuse décrétale sanctam , dont voici le préambule qui rentre dans le II. ft.
lOa LA DIVINITE
sajet de cet ouvrage : « pfous croyons et confessons une église sainte, catholique et apostolique, hors de laquelle il n'y a point de salut. Nous reconnaissons aussi qu*elle est unique, que c'est un seul corps qui n'a qu'un chef. Ce seul (sbef est Jésus-Christ, et saint Pierre , son vicaire , et le successeur de saint Pierre, Ainsi , soit que les Grecs ou d'autres 4îseç( qu'ils ne sont pas soumis ^ ce successeur , il faut qu'ils avouent qu'ils ne sont pas des ouailles de Jésus-Qifist, puisqu'il a dit lui-même qu'il n'y a qu'un troupeau et i^n pasleur. (Jean, 10, v. 16.)
An 1438. — Concile de Ferrare.
Au commencement de cette année , le pape Bugène passa de Bologne à Ferrare pour y tenir le concile universel avec les Grecs, en vertu de sa bulle doctoris geniium. Le pape entra le premier et prit place sur son trône , au c6té septeor trional de l'Eglise ; ensuite l'empereur s'assit au côté méridional. Du côté du pape étaient huit cardinaux et près de deux cents évoques. Mais au milieu de TEglise, et devant l'autel , sur un trône , était l'Evangile représentant Jésus- Christ comme présidant le concile , et de chaque côté les ehefs des apôtres, saint Pierre et saint Paul.
An 1489. — Concile de Florence.
Le concile de Ferrare , dont il est question dans l'article qui précède, fut transféré à Florence. Dans cette session et les sept suivantes , Jusqu'à la vingt-cinquième , on parla de l'addition au saint symbole^ tant sur la forme, si elle était nécessaire, que sur le fond , s'il est vrai que le Saint-Esprit procède du Fils comme du Père. On convint que les mots JUioque devaient être conservés.
Dans l'une des sessions si nombreuses de ce concile ce-
DE JËSUS-rCHRIST. 105
lèbre à eaqfie des âivislons entre les grecs et les latins, on demanda son avisa chacun des assistants. Le patriarche grec prit la parole et dit : « Nous avons oui les paroles des Pères , tant d'Occident qne d'Orient; nous croyons que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils. » L'empereur parla ensuite et dit : « Je crois que ce saint concile n*est inférieur à aucun de ceux qui ont été célébrés jusqu'à présent. Je dois donc suivre ma jugement et le soutenir comme empereur , parce que je mis persuadé que TEglise ne peut errer dans les doctrines, étant assemblée en concile. » Dorothée de Mitylène dit : « Mon avis est que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme d'un seul principe, et c'est ce que je confesse devant Dieu et devant les hommes. »
L'pnion des Grecs fut consacrée par une bulle à la suite dn concile par le pape Eugène. Elle commence ainsi : « Nous décidons comme vérité de foi que le Saint-Esprit procède du Fère et do Fils, comme d'un seul principe et par une seule Inspiration, déclarant que c'est dans le même sens que quelqaes-nns des Pères ont dit qu'il procède du Père et du Fils... Et plus loin, la bulle dit : « Nous décidons aussi que le saint Siège de Rome, et le pape qui le remplit, a la primauté dans tout le monde; que le pape est le successeur de saint Pierre, le vrai vicaire de Jésus-Christ , le chef de toute l'Eglise, et que Jésus-Christ lui a donné, en la personne de saint Pierre, la pleine puisssance d'enseigner et de gouverner l'Eglise universelle , comme il est ainsi exprimé dans les actes des conciles universels et des canons. ( Fieury, Hist. eccL^ t 4.)
An iSlSti — r Concile de la province de Sens^ tenu à
Paris.
Ce concile fut assemblé par le cardinal Duprat, archevêque de Sens et chancelier de France, qui voulait opposer les bimières de ce concile aux envahissements de Thérésie en
France à cette époque. Ce concile eut deux <rf>Jets pribdpanx en vue : la condamnation des erreurs de Luther et la réforme de la discipline. Il fit sur le dogme seize décrets, qui embrassent la plupart des points, décidés depuis dans leconc^ de Trente.
L'Eglise étant le représentant de Jésus-Christ sur la terre, on peut dire que ce qui concerne sa naissance, sa durée et sa perpétuité , rentre dans notre sujet de la Divinité de Je-sus-Christ Le concile déclare donc que l'Eglise ne peuttom« ber dans une erreur sur la foi, et touchant les mœurs, étant la colonne et le soutien de la vérité. Dans son deuxième décret , il dit qu'elle est une, sainte , infaillible, indéfectible 9 visible i dans le troisième, qu'elle est représentée par les conciles généraux , qui ont le pouvoir de décider les articles qui regardent la foi , Textirpation des hérésies et la réforme des moeurs...
Dans le onzième décret , ce concile déclare que la nécessité du sacrifice de la messe est appuyée par un grand nombre de témoignages de l'Ecriture, et particulièrement de saint
Luc (ch. 22) : Accepta pane Hoc facile in meam com^
memorationem... ; que cet holocauste, cette victime pour le péché, ce sacrifice continuel, est cette oblation pure que le prophète M alachie a prédit qu'on devait offrir dans tous les lieux du monde. ( Fleury, Hist. eccL^ t. 4. )
An 1 546. — Concile de Trente.
La quatrième session de ce concile eut lieu le 8 avril. On y lut deux décrets du concile. Dans le premier,, les Pères disent en substance, qu'ayant toujours présent à l'esprit le devoir de conserver dans l'Eglise, par la destruction de toutes les erreurs , la pureté même de l'Evangile promis par les prophètes , publié par Jésus-Christ et prêché par ses apôtres , auxquels il donna mission de l'annoncer à tous les hommes ,
DE JÉSUS-CHRIST. lOff
eomme la source de tonte vérité , qui regarde le salut et le régiraient des mœiirs; et considérant que cette vérité et cette règle de mœurs sont contenues dans les livres écrits ou dans hs traditions reçues par les apôtres de la bouche de Jésus- Christ même, ou inspirées aux apôtres par le Saint-Esprit, et venues de main en main jusqu'à nous, le concile reçoit eomme canoniques les livres qu'il désigne , et frappe d'anathème tons ceux qui rejettent cette décision ou qui ne la suivent pas.
Le même concile, dans sa cinquième session , rendit plusieurs décrets qui contiennent implicitement ou explicitement TafOrmation et la confession de la Divinité de Jésus- Christ (Hist dn Conc. de Trente).