II
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qais ma répugnance et en lus quelques feuillets que je compris à peine. Je ne sais si j'aurais eu le courage de continuer mes recherches; mais il jne manqua en entendant une conversation entre quelques jeunes gens de ma famille , qui, revenant un soir du temple , s'égayaient entre eux spr le chapitre de la Bible, qu'ils y avaient entendu lire, disant qu'on devrait avertir les parents afin qu'ils n'y menassent pas déjeunes personnes ces jours-là. Je fus extrêmement scandalisée de ce discours , dont, après leur départ, je demandai Texplication. On me répondit qu'effectivement il y avait, dans cet admirable ouvrage, beaucoup de chapitres qui ne devaient pas être lus par tout le monde. Je me rappelai alors quej'avais souvent entendu reprocher aux catholiques de ne donner que l'abrégé de la Bible, et ce reproche me parut dès-lors une inconséquence. J'abandonnai donc la lecture de cet ouvrage et je me livrai entièrement à celle de la liturgie , seul moyen qui me restât de connaître la vérité , car j'étais persuadée que , puisqu'il n*y a qu'un Dieu , il ne pouvait y avoir qu'une seule religion vraie. Je ne pouvais former aucune comparaison avec la religion catholique , puisqu'elle m'était inconnue. Je ne savais de la réforme que ce qu'en disent les protestants, et je trouvais déjà qu'ils s'étaient trompés en jugeant que la Bible devait être entre les mains de tout le monde , puisqu'elle ne pouvait pas être entre les miennes. Je compris qu'ils pouvaient fort bien s'être aussi trompés sur d'autres points.
ce Je méditai avec soin les trente-neuf articles; celui qui traite de la communion fixa surtout mon attention. Les paroles de Jésus-Christ y sont rapportées avec exactitude. En les lisant, elles me parurent si claires, queje crus à la présence réelle et que je crus fermement, la seule fois que je communiai avec les protestants , recevoir le corps et le sang de notre adorable Sauveur. Ma foi ne fut point ébranlée par le paragraphe suivant qui laisse à chacun la liberté de croire ou de
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ne pas croire; il me semblait qae sur un point aussi essentiel on aurait dû être plus positif. J'eus bientôt à ce sujet des discussions avec mon père , dont les idées calvinistes étaient toujours en opposition avec la liturgie; et la liturgie, seule autorité des protestants, toujours en opposition avec ellemême , me prouva la fausseté de cette religion. Mon âme alors n'était plus dans ce triste état d'indifférence ; l'exemple de ma tante, la grâce de Dieu, qui commençait à opérer en moi 9 tout me faisait vivement sentir la nécessité d'avoir une religion, d'aimer Dieu et de lui rendre le culte public que tout être raisonnable lui doit comme à son auteur. Ma tante comme Je l'ai déjà dit , s'était abstenue , par délicatesse , de traiter avec moi aucun point de controverse ; mais elle n'avait rien négligé pour réveiller moi des sentiments religieux ; elle ramenait toutes mes idées au but unique de Tamour de Dieu , qu'elle m'avait accoutumée à régarder comme le meilleur des pères.
« Ce fut à ce père adorable que je résolus de m'adresser avec confiance. Je m'étonnai de n'avoir pas eu plutôt cette pensée : mon âme était fort triste et fort troublée. Je me jetai à genoux; je demandai à Dieu avec ferveur qu'il éclairât mon ignorance,' puisque je ne désirais rien que de le connaître et de le servir ; après avoir prié , je me relevai beaucoup plus calme. Je sentis que c'était le seul moyen de trouver ce que cherchais , et , pendant plusieurs mois, je réitérai cbaque jour cette prière. A la fin , je me sentis pressée du désir de Ja renouveler plusieurs fois dans la journée. Depuis dix-huît-mois j'étais tout-à-fait avec matante. Un soir qu'elle était sortie, je me prosternai devant Dieu en lui demandant, avec plus d'instance qu'à l'ordinaire , de me faire connaître la vérité. J'avais à peine fini ces mots , que j'entendis une voix qui prononça distinctement ces paroles : Sois catholique.
(• Je ne puis penser à ce moment sans me sentir pénétrée
d'amour et de reconnaissance; mais Je ne pourrais exprimer ce qui se passa alors en moi : je me rappelle seulement que je me relevai précipitamment, regardant autour de moi , et que je fondis en larmes en reconnaissant que Dieu lui-même avait daigné parler à une créature aussi indigne que mol. L'état de mon âme n'était connu de personne, pas même de ma tante. L'idée de me rapprocher d'elle par une conformité de foi ne me vint pas seulement à l'esprit dans ce moment. Dieu m'avait fait la grâce tout entière, ne permettant pas qu'aucun sentiment humain m'eut influencée. Quand je fus plus calme , ma première pensée fut d'aller dire à mon père tout ce qui s'était passé. Il était heureusement sorti. Je rentrai à la maison, et je bénissais Dieu toute en larmes lorsque ma tante rentra. Frappée de l'état où elle me voyait, <e qu'as-tu? me demanda-t-elle vivement; as-tu vu tes parents ? est-ce pour la religion? — Oui , oui , lui dis- « je en me jetant dans ses bras, je suis catholique ! » Qu'on juge de l'excès de sa surprise et dé sa joie, en voyant s'accomplir ainsi ce qu'elle ne cessait de demander à Dieu depuis trois ans. Aucune parole ne peut peindre ce que nous éprouvâmes alors. C'est un bonheur qu'il me semble qu'on ne peut goûter que dans le Ciel. Nous avions tant de choses à nous dire , que la nuit entière se passa à bénir et à remercier le Dieu de bonté. J'exprimai à ma tante le dessein que j'avais d'aller dès le matin annoncer à mes parents que j'é» tais catholique. Elle m'en détourna en m'expliquant que j'exposerais les prêtres et les émigrés à une persécution cruelle. Il fallut toute ma confiance en elle pour me persuader qu'il y eût plus de danger à se faire catholique^ qu'à passer d'une secte dans Tautre comme je le voyais faire journellement, et surtout ayant entendu répéter qu'on pouvait se sauver dans toutes les religions sans en excepter la catholique. Elle me fit observer de plus que, devenue catholique par la grâce spéciale de Dieu , je devais , avant de me déclarer , coniiaitre
à fond les dogmes de cette religion divine pour laquelle sans dente Bien me destinait à combattre. Ma tante , ne possédant aucun livre de controverse , et sentant la nécessité du plus grand secret , s'adressa à son confesseur, un vénérable prêtre français , émigré , étalili depuis bien des années dans rile. Il fat tellement pénétré de terreur au récit qu*elle lui fit, qu'il déclara qu'il ne' voulait Jamais en entendre parler hors du coofessional ; il ne voulut pas lui remettre laimême les livres qu'elle lui demandait , et se contenta de lui indiquer l'endroit où elle pourrait les trouver dans la chapelle catholique. Dans une circonstance aussi délicate^ ma tante crut devoir s'adresser à M. l'abbé de Latil , dont le zèle et les vertus lui étaient connus ; il décida que nous devions garder le plus profond secret jusqu'au moment où je serais parfaitement instruite. Ce ne fut qu'après quinze mois d'une étude presque continuelle , que M. l'abbé de Latil me crut en état de faire mon abjuration, quoique, n'ayant pas encore atteint ma majorité , le danger subsistât toujours. Mes parents avaient d'abord consenti à ce que je fisse un voyage à Londres avec ma tante ; mais ils le retardèrent sous différents prétextes , jusqu'à l'époque de la communion , qui n'a lieu que tous les trois mois pendant trois dimanches consécutifs. J'éludai l'ordre qu'on me donna pour le premier, en alléguant que n'étais pas préparée; mais on me déclara que je ne partirais qu'après avoir rempli ce devoir le dimanche suivant. La crainte d'éveiller des soupçons ne nous permettant pas d'insister pour notre départ, ma tante ne retint nos places dans un vaisseau que pour la seconde semaine. Nous passâmes en prières celle qui précéda le jour qu'on m'avait fixé pour un acte auquel je ne pouvais refuser de me soumettre qu'en déclarant ma conversion , et j'y étais fermement résolue si Dieu le permettait ainsi. Le matin même du jour fatal , je me réveillai incapable de sortir , ce dont on ne put douter ^ mon visage étant enflé de manière à me défigurer.
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Mes parentf ae flattèrent que le vaisseau serait relent par le
vent contraire , et que je pourrais communier le dimanche suivant. Tout semblait s'arranger pour ce|a ; car le vendredi on vint nous avertir que nous ne partirions que le lundi dans la soirée. Qu'on juge de notre chagrin à cette triste nouvelle. Ma tante et moi, ne voyant aucun moyen humain d'échapper au malheur qui nous menaçait, nous eûmes recours à la sainte Vierge en faisant un vœu qu'elle daigna accueillir ; car , le samedi au soir, le vent affreux qu'il avait fait toute la journée s'étant calmé, le capitaine voulut absolument partir surle champ , et notre embarquement se fit avec tant de précipitation, que mes parents n'eurent pas le temps d'exprimer le désir qu'ils avaient de nous retenir.
a Madame la comtessse de Mansigny, si connue par sa haute piété, son zèle et sa charité, était , après M. l'abbé de Latil , la seule personne qui fût dans la confidence. Elle avait eu la bonté de nous louer un petit logement à rextrémité de
Londres, tenant au village de , dans la maison même
où se trouvait une petite chapelle catholique dont la situation presque isolée faisait notre sûreté. J'eus pour la première fois le bonheur d'entendre la messe. C'est là que M, l'abbé de Latil voulut bien me préparer lui-même à la réception des sacrements de baptême et d'Eucharistie , que j'ai reçus de ses mains après mon abjuration , qui se fit le 15 juillet, dans le plus grand secret, sans autre témoin que ma tante et madame de Mansigny, chez laquelle la «•cérémonie eut lieu. Le secret étant toujours nécessaire, nous fûmes obligées de quitter Londres. Nous nous rendîmes en Ecosse , où nous restâmes jusqu'à la restauration. Ma tante désirant alors rentrer en France, mes parents la pressèrept de passer par Jersey. Monseigneur Tévêque d'Edimbourg décida que je ne devais y aller qu'après m'étre déclarée catholique ; je ne trouvai pas dans la réponse qu'on me fit la sévérité que j'avais appréhendée. Mous partîmes pour «fersey où nous
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restâmes cinq semaines, qui furent pour moi un temps d'épreuves d'autant plus pénibles que je n'y étais pas pré* parée. Dieu me fit la grâce de persévérer dans ma foi, malgré tous les efforts qu'on crut devoir faire pour me ramener dans Terreur. Ma tendresse pour mes bons parents, qui , au milieu de tous les préjugés dans lesquels ils ont été nourris, conservent toutes les vertus morales, m'aurait fait désirer de me rapprocher d'eux le plus souvent qu'il m'eût été possible ; mais je me suis convaincue dès ce temps-là que ma présence ne leur causait que du chagrin. Je n'avais plus de patrie , j'adoptai celle de ma tante; c'était autrefois celle de mes parents. Je ne cesse d'adresser à Dieu les plus ferventes prières pour ceux qui me sont chers : j'espère qu'en devenant catholique, mes sentiments pour eux n'ont point changé. »
An 1820.— -Jf. le baron Edouard de Grouwnsteinsy attaché au département des affaires étrangères, à La Haye, s'est fait catholique en 1820. Le hasard l'ayant conduit à une cérémonie dans.une église catholique, il en fut touché, et à son retour, à La Haye, il eut des entretiens avec M. l'abbé Raynal, curé de cette ville. Cet ecclésiastique, homme de mérite, lui exposa les preuves en faveur de notre Eglise, et M. de Grouvensteins se rendit à la vérité. Ce jeune homme, d'un caractère aimable , continue à professer et à pratiquer la foi ; et il honore la religion par sa piété franche et par une conduite courageuse et loyale. Une autre conversion remarquable est celle de M. le Sage Ten Broeck , fils et frère de ministres protestants. Il avait à peu près trente ans quand Dieu permit qu'il connût l'Eglise catholique. Son retour à la religion ne fit d'abord aucun bruit; mais depuis, ayant pris la plume pour essayer de détromper ses parents et ses amis sur la véritable croyance de l'Eglise catholique, les écrivains
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et les jocrnauit protestants l'attaquèrent avee une extrême chaleur. Il rédigeait en hollandais un recueil périodique , qui portait le titre d'Ami de la religion , et paraissait une fois par mois. On y traitait de toutes les matières qui se rapportent à la religion. M. Ten Broeck publiait encore un autre journal 80US le titre de Bibliothèque catholique pour le royaume des Pays "bas. Cette bibliothèque est destinée à rendre eompte des ouvrages nouveaux , et principalement à réfuter les a&sertions des protestants contre l'Eglise catholique. Le même auteur a encore traduit la Vie de saint Vincent de Paul « par le comte de Stolberg.
An 1 82 1 . — Za comtesse Frédénque- Guillelmine^Louise de SolmS'Bareuth y veuve du comte Burgheven de Silésie. Cette dame, dont la mère était princesse d*Anhalt-Bembourg, alla à Rome en 1789, après son veuvage, et y resta plusieurs années. Elle se fixa à Tivoli en 1812. Depuis ce temps, elle réfléchissait sérieusement sur la religion, et comparait l*£glise catholique et les églises protestantes. Elle eut à cette occasion de rudes combats à souffrir; mais les motifs humains ne purent l'arrêter, et , docile à la grâce, elle fit son abjuration le jour du Sacré-Cœur en 1821 , et embrassa la religion catholique. Toute sa vie et son testament témoignent hautement de la sincérité de cette démarche. Elle ût construire à Tivoli un hôpital où les convalescents des deux sexes sont reçus pendant trois jours. Elle fit réparer le Conservatoire de Sainte-Gésule, et le dota d*une rente annuelle pour Tentretien de six orphelins. Elle appela dans la même Tille les frères des écoles chrétiennes, et leur acheta une maison qui était autrefois celle des Carmes, et qu'elle fit réparer pour eux. Elle leur assura des fonds pour ouvrir des écoles publiques et pour entretenir six orphelins. Elle don-
Hdt à pleines mains aux pauvres, dotait des filles, fonrnis- KBit des lits et des vêtements aux indigents, payait les dettes ^ gens dans l'embarras , enrichissait les églises de vases sanés et d'ornements. Par son testament , elle ordonna que fancien couvent de Capucins, qu'elle avait acheté et qu'elle liabitait, fût consacré à une œuvre pie, qui parut de trop difficile exécution. Aussi son exécuteur testamentaire a-t-il em rempir ses intentions en rendant le couvent aux Capupins. Tonte la ville applaudit à cette mesure , et donna des PKgrets à la vertueuse comtesse, qui mourut le 27 décembre 1832 , et qui a été enterrée , suivant ses désirs , dans l'église ûe Saint-Jean-des-Flbrentins, à Rome.
t. An 1822. — - M, Paul Latour, pasteur de Téglise protestante des Bordes et président de Féglise consistoriale du Mas- ^'Asil ( Ariége) , a fait abjuration en 1822. Ce pasteur était le même qui avait fondé à Toulouse la première église profeBgtante. S'étant appliqué , depuis plusieurs années , comme pu le dit lui-même , à approfondir la doctrine catholique , il a ^oeonna que là seulement se trouvait la vérité. Encouragé par ^exemple de son ancien paroissien . M. Damboit de Larboux, IMfié par la lecture de la lettre de M. de Haller, il rédigea me déclaration de ses sentiments, datée du 1®' septembre 4822, à Montagnes, paroisse des Bordes, canton. du Mas- 4'Axil. Dans cet acte, M. Latour embrasse la doctrine de FE^ise catholique sur la présence réelle , sur la succession des pasteurs et sur l'autorité de TËglise pour interpréter TEcriture et décider les controverses; il abjure les erreurs de Calvin et des autres novateurs, et demande pardon à ceux à qui il a si longtemps enseigné des doctrines trompeuses. BidBn , il se soumet aux décisions du concile de Trente , prie IMeo de lui accorder le temps nécessaire pour recevoir les sa-
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crements, et adresse sa déclaration a Monseigneur Tarchevéque de Toulouse, en le priant de recevoir au plus t6t son abjuration. Cette cérémonie eut lieu , le 19 du même nu>is, dans la chapelle de rarchevéché de Toulouse, entre les mains diu prélat.
An 1833. — L'honorable et révérend George Spencer, fils de lord Spencer et frère de lord Althorp , dans une lettre du 3 janvier 1884, raconte ainsi Thistoire de sa propre oon*version :
« Je fus , dit M. Spencer, ordonné diacre dans Téglise anglicane , vers Noël 1 822 ^ persuadé alors que tout était bien dans cette église, quoique je n'eusse pas pris beauc<mp de peines pour étudier les fondements et les principes de son établissement. Quand j'entrai dans le ministère actif comme ecclésiastique,jecherchaià m'en instruire plus pleinement Je lisais et j'admirais souvent la liturgie de l'église , et je m'étonnais aussi comment un aussi l)el ouvrage avait pu naître au milieu de la confusion et de la perversité qui, comme l'apprenaient les histoires protestantes , avaient ae* compagne tous les procédés des principaux acteurs dans l'établissement de la réforme en Angleterre. J'avais été élevé dans Thabitude de regarder l'Eglise catholique comme un amas d'erreurs, et je ne pensais pas alors que tout ce que j'admirais dans la liturgie de l'église anglicane, n'était qu'un abrégé mal entendu des beaux offices de TEglise catholique. Ce qui contribua à modifier mes vues relativement à l'ortliodoxie et à l'excellence de l'église d'Angleterre, furent les entretiens que j'eus avec différents ministres protestants des églises dissidentes.
Je recherchais volontiers leur conversation dans l'espérance d'en amener quelques-uns , ainsi que leur troupeau, à
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réglise établie , qu*& mon avis ils n'avaient pA eu de bonnes faisons de quitter.
« Mais chaque secte que j*eus occasion de connaître, sem- Haft avoir des choses assez raisonnables à alléguer en sa faveur et contre Téglise anglicane. Je compris bientôt que ces sectes ne pouvaient être toutes vraies et fondées dans leurs doctrines contradictoires et dans leurs règles pratiques, et je *vis clairement des erreurs palpables dans leurs divers systèfines; mais en même temps je découvris , par leur conversa- 9ttAn, que Je ne pourrais défendre chaque partie de mon pro- ■gra système , et que ces ministres pouvaient m'opposer des arguments auxquels je n*avais rien à répondre de satisfai- -flant. A la fin je rencontrai , sur les trente-neuf articles, une fliifficalté qui me prouva que je ne pouvais rester ce que j*é- !• En signant ces articles , on me demandait mon assenti-
it à certaines doctrines , sur ce fondement exprès qu'elles pouvaient être prouvées par des témoignages certains de la ^■Hdnte Ecriture; et même les protestants tiennent , comme un principe général , que la sainte Ecriture contient tout ce qui ^mH nécessaire pour le salut , tellement que tout ce qui n'y est ^BB renfermé, ou ce qui ne peut se prouver par elle, on ue 9BDt exiger de le croire comme un article de foi , ou le re- ::^prdier comme nécessaire pour le salut. Maintenant je ne puis ^ilrer de TEcriture seule une preuve claire et satisfaisante des ^betrines dont il s'agit, et pour les établir, je me trouve oblige ^ recourir aux arguments tirés de la raison et indépendants A TEcriture, ou bien d'en appeler à l'assentiment général
chrétiens dans la succession des temps, en d^autres ter-
, à la tradition de TEglise.
Je sentis que je ne pouvais signer de nouveau les trentcif articles, à moins que cette difficulté ne fût résolue. Je Il proposai à mes supérieurs; mais, comme les explications 9*ils me donnèrent ne me satisfirent point, après avoir longtanps médité là-dessus , je déclarai à la fin ma résolution de
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ne plas souscrire anx trente-neuf articles. J'étafs alors plv libre de chercher la vérité, quelque part qu^elie pût se trotver ; mais je n'avais pas lldée qu'elle put se trouver diu rEgiise de Rome. Mes amis me détournaient d'avoir aueune communication avec les prêtres catholiques; je crus pourtant quMIs ne devaient pas être exclos du plan général de réunicm que je voulais suivre , et, en conséquence Je leur parlais Mquemment. D'abord je m'attendais à les trouver fort igno- j rants du véritable esprit de la religion , servilement attachés aux formes, et absolument incapables de défendre ee que j'appelais les absurdités de leur croyance ; mais, à moa grand étonnement, chaque conversation que j'avais aveeeax me faisait voir combien je m'étais trompé. Je trouvais qnlb entendaient très-bien les dogmes de leur religion , et qalb savaient même les expliquer et les soutenir d'une manièrt victorieuse. Je commençai donc à songer qu'il y avait dans la religion catholique plus que je ne soupçonnais, quoique je ne fusse pas convaincu qu'on eût tort d'être séparé d'elle, et que je la crusse dans Terreur sur plusieurs points et en op* position avec lEcriture.
« La première chose qui changea entièrement mes idéei sur l'Eglise catholique , ce fut une correspondance que j'eu pendant six mois avec une personne inconnue qui avait voyagé sur le continent , et qui , étant entrée souvent daiii les églises catholiques, avait été surprise de la beauté et de la piété des cérémonies , et en était venue à douter de la sa^ gesse de la réforme et à faire des recherches sur ce sujet Je crus la remettre dans le bon chemin en lui indiqiiant quelques arguments contre les catholiques , tirés , comme je le pensais, de l'Apocalypse et d'autres livres de 1 Ecriture. La personne soutint aveo force que ces raisonnements n'étaient point tirés de l'Ecriture , et , en effet , je me convainquis qu'ils ne m'étaient venus à l'esprit que parce qu'ils avaient été employés par des commentateurs protestants. Je me dé-
eidai donc à m'en tenir à la parole de Dieu seule. Je n'ai su ^rI était ce correspondant que lorsque j'allai sur le continent pour me préparer à recevoir les ordres. J*appris alors que c'était une jeune dame qui était sur le point de se faire catholique, mais qui, pour s'éclairer de plus en plus, m'écrivait, ainsi qu'à un ou deux autres ministres protestants, pour voir ce que nous pourrions alléguer en faveur de notre ^lise.
« Nos réponses affermirent bien plus qu'elles n^ébranlèrent son attachement à la foi catholique. Elle embrassa en effet cette religion , et était sur le point de faire profession chez les dames du Sacré-Cœur, lorsqu'elle mourut de la manière la plus édifiante.
« Cette correspondance me disposa à écouter favorablement les catholiques , mais il se passa trois ans avant que j'en vinsse â me décider pour leur croyance. Voici comment la chose arriva. Je us connaissance, vers 1829, avec M. Ambroise Philips, fils aîné d'un membre du par- Iranent. La conversion de ce jeune homme à la foi avait eu lieu sept ans auparavant , et m'avait beaucoup surpris quand j'en entendis parler. Son caractère et sa conversation m'intéressèrent , et j'acceptai avec plaisir l'invitation d'aller passer une semaine chez son père , à Garrenden-Park. Je ne songeais point à combattre ses sentiments , car j'étais convaincu qu'on pouvait être bon chrétien étant catholique. Je partis pour Garrenden-Park le. dimanche 24 janvier 1830 j 9ur le soir, après avoir prêché deux sermons dans l'église protestante de Brington , dans le Northamptonshire , dont j'étais recteur. Je ne pensais point alors que ces sermons seraient les derniers que je prêcherais dans une église protestante. Tout le temps que je passai à Garrenden fut presque consacré à des entretiens sur la religion, et je m'aperçus )>ientôt qu'au lieu d'être capable d'apprendre à mieux penser en religion, j'étais obligé de reconnaître que, sur plu-
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sieurs points, M. Philips poavait être mon maître. Je le tmvai très-en état de défendre la foi catholiqpie contre moi et contre quelques autres théologiens protestants plus esqpérimentés, qui se Joignirent par occasion à notre conyersàtioB. A la fin, m^apercevant que Je disputais avec obstination, «t non avec la candeur dont Je fais profession , Je me déeUii à considérer la chose sous un nouveau Jour et avec une déta^ mination sincère de suivre la vérité.
« Cette résolution me soulagea beaucoup et me dâivrade tous mes doutes. Je devais retourner le samedi à Brington y reprendre mes fonctions; mais nous allâmes le vendredi à Leycester avec M. Philips , et nous y passâmes la soirée avee M. GaestriC; missionnaire , qui y réside depuis quelques années. La bonté et la patience avec lesquelles il écouta mes objections , ses explications , ses raisonnements achevèrent de m'ôter toute incertitude. Je sentis que je ne pouvais ni ne devais résister plus longtemps, et, avant la nuit, Je déclarai qoe J étais soumis à TËglise de Dieu. Mon entretien avec M. Gaestric me convainquit pleinement que TEglise catholique était TEglise fondée par le Sauveur; celle à laquelle II a promis que les portes de Tenfer ne prévaudront point contra elle , et que lui et son Esprit saint résideraient au milieu d'elle; celle qull a ordonné d'écouter sous peine d'être considéré comme un païen et un publicain. Je fus convaincu qu'en lui ol)éi8sant^ j'obéissais à celui en qui j'avais placé mon espérance, et qu'ainsi je ne courais aucun risque de m'égarer. Grâce à Dieu , je chassai la pensée qui s'offrit d'abord à moi de retourner dans ma résidence et de remettre à me décider à la semaine suivante. La démarche que je fis le jour suivant en me déclarant catholique , est telle que je n'y pense Jamais sans consolation. Il m'était démontré que l'Eglise catholiqoe avait les quatre marques de l'Eglise de Jésus-Ghrist, qu'dle avait la parole infaillible de Jésus-Ghrist, et qu'elle devait dorer jusqu'à la fin du monde. Les protestants nous disent Ues
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qo^dle était d*abord TEglise véritable , mais qa*elle tomba «unité dans l*idolâtrie et dans des doctrines perverses ; ils le disent, mais ils ne peuvent montrer comment, quand et où elle tomba dans ces excès. Je crus donc plus prudent de m'en rapporter à la parole du Sauveur qu'à celle d'un homme, et si ma résolution de me faire catholique fut prompte, je déûe de prouver qu'elle fut téméraire et inconsidérée.
« Je vis que l'occasion présente était la plus favorable. J'^voyai de nuit un messager à Brington pour annoncer ma résolution , et., le samedi matin 30 janvier, je fis mon abjuration du protestantisme dans la chapelle de Leycester. Je n'avais d'autre pensée que de servir Dieu dans cette Eglise que je venais de reconnaître comme la véritable. En conséquence, j'allai m'offrir au docteur Yalsh, évéque catholique du district du milieu, qui m'envoya au collège anglais à Rome.
« J'y ai été ordonné, pour la mission d'Angleterre, le 26 mai 1 832 , jour de la fête de saint Augustin, dans l'église de Saint-Grégoire, du pontife qui donna la mission à saint Augustin d'aller travailler à la conversion de l'Angleterre. Je demande à Dieu d'être, par sa grâce , un humble instrument de la conversion de mon pays , événement qui n'est peut-être pas si éloigné, et qui est le désir le plus ardent de mon cœur. »
An 1822.-— Z^ prince Henri-Edouard de Schœnbourg^ veuf de la princesse Pauline de Schwartzenbei^h.
An 1 823— J!f. Charles Fleischer, de Francfort, homme instruit et cultivant les lettres, a abjuré , en 1 823, entre les mains de M. Orth , curé de la cathédrale. Depuis sa conversion il a
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tradoit la RéfiUation da livre de M. de Stonrdu. GettB réfutation a été publiée à Mayence , et a iDéme eontriboé à la conversion de la femme de M. Fleischer, qui a fiiit abjuration depuis son mari. Plus récemment, an profissacDr d'histoire au lycée de Dusseldorf , a prononcé son abjuration entri les mains do docteur Binterim , curé de Biek et dn fiiubourg de Dusseldorf. Cette conversion a été surtout remarquabli par une circonstance tout-à-fait singulière. Dusseldorf est ana ville catholique, et on devait espérer que le consistoire d'inir traction ne placerait dans le lycée que des professeurs cathi^ liques ; néanmoins le professeur en question fut nommé maW gré les réclamations des catholiques; comme s'il n*y avait pas eu dans tout le pays nn catholique asses instruit pour occuper cette place I Eh bien 1 c*est précisément œ profiessev si éclairé qui abandonne le protestantisme. Sa conversion a fait quelque bruit ; les protestants ont jeté les hauts cris; oa dit même qu'il a été question d'éloigner ce professeur de Ite seldorf.
An 1824. — Un ministre anglican de Londres , M, /. Tittj âgé de quarante ans, desservait Téglise de Toussaints , dans cette capitale , et remplissait avec exactitude et bonne foi les fonctions de sa place ; il avait signé les articles de la confession anglicane , et y conformait son enseignement et sa pratique , lorsqu'il entendit parler du miracle opéré par les prières du prince de Hohenlohe sur Barbe O'Gonnor, religieuse à Newhall. Sa première idée fut de se moquer de cette goérison; mais le rapport du médecin protestant, M. Badeley, lui donna quelques doutes. Il commença donc par s'assurer des faits , et un examen attentif de toutes les circonstances le persuada qu'il y avait eu une guérison surnaturelle. Il étudia ensuite la question décisive , car si l'Eglise catho* lique voit s'opérer des miracles dans son sein , c'est une
preoTe qu'elle n'a pas perdu le privilège d*étre TEglise véritable de Jésus-Christ. Or, M. Tilt se convainquit que le pouvoir de faire des miracles n*avait point cessé dans l^Eglise, et chaque siècle lui en offrit dlllustres exemples. De là le ministre fut réduit à conclure que Féglise à laquelle il était attaché n'était point la vraie Eglise; qu'elle s'était séparée du tronc, et que le ministère qu'il exerçait était un ministère sans mission et sans autorité : c'est là qull fût amené par les discusi^ons auxquelles il se livra, par ses entretiens avec un Jeune catholique, et par ses propres réflexions. Jusque-là il n'avait conféré avec aucun prêtre catholique , et son parti était d^à pris lorsqu'il alla voir M. Rolfe, un des ecclésiastiques attachés à la chapelle catholique de Sainte-Marie de Mo(Mrfields. Il convint avec lui de la marche qu'il avait à suivre, et fit son abjuration le 29 Juillet 1824, dans la saeristie de cette chapelle. Sa femme, élevée aussi dans l'église anglicane, céda comme lui à la voix de l'autorité, et ne put méconnaître , dans l'Eglise catholique, les caractères distinctifs de l'épouse de Jésus-Christ; elle fit abjuration même avant M. Tilt. Rien n'arrêta ces généreux amis de la vérité, ni les préjugés de la naissance et de l'éducation, ni les avantages temporels auxquels ils renonçaient, ni les embarras où ils allaient se trouver eux et leur famille, car H. Tilt avait des enfants , et quel allait être leur sort , lorsqu'il perdait sa place avec les émoluments qui y étaient attachés ? M. Tilt ne fit point ces calculs , il ne vit que l'obligation de suivre la voie que le ciel lui montrait, et il se Jeta pour le reste entre les bras de la Providence. Il ne voulut point cependant abandonner le poste qu'il remplissait sans prévenir des motifs de sa démarche, et il adressa , le 29 Juillet, au titulaire et aux marguilliers de l'église de Toussaints , deux lettres pleines de franchise pour annoncer sa retraite. Il ne leur dissimula point qu'il abandonnait l'élise anglicane et quil était fermement persuadé que l'Eglise catholique était
S&l LA DIVINITÉ
celle que Jésus-Christ a instituée et avec laquelle il a promis d'être jusqu'à la fin. Dans sa lettre aux marguilliers , il àonr nait sa démission de *la place de prédicateur de leur église. La démarche de M. Tilt a pu étonner ses amis; mais tous ont rendu justice à la droiture et à la pureté de ses motifs. Cet homme estimable a reçu la confirmatioa des mains de M. l'évéque de Londres. Il a joint, dans cette occasion, le nom de François à son nom de baptême Jean. Il remercie tous les jours le ciel de lui avoir ouvert le chemin de la vérité , et se montre digne par sa piété de la faveur qu'il a re* çue. Il vint en France, où ses sentiments, sa candeur, son dévouement et son courage ont été un siget d'édification pour tous ceux qui ont eu occasion de le voir.
An 1824. — Une conversion qui eut beaucoup d^éelat dans le diocèse de Nîmes, est celle de M. Gages j juge d'instruction au tribunal du Vigan. Ce magistrat , à qui ses excellentes qualités et ses talents ont acquis l'estime générale, a fait son abjuration le 6 mai, apr^ un examen long et sérieux, et une étude attentive des points controversés. Il a été secondé dans cette démarche par le zèle d'un digne ami , M. le vicomte d'Alzon , ancien député , qui aimait à s'associer à toutes ces bonnes œuvres. Cette conversion a d'autant plus réjoui les catholiques , qu'elle se présentait sous les caractères les plus honorables. On ne saurait, en effet, prêter des motifs d'intérêt à un homme placé par sa fortune au-dessus de tels soupçons , ni taxer d'ignorance celui qui a fourni dans le barreau une carrière distinguée , ni flétrir, par d'indignes motifs, une réputation prot^e par cinquante ans de travaux et de services. Au commencement de Tannée 1826, il y eut une mission dans la ville de Nîmes; les protestants vinrent entendre les missionnaires , et , dans la seule
DE JfiSHS-CHRIST. fiStt
par^itee de Salnt-Baudille , il y eut trois abjurations. La plus éclatante est celle de M. d'Aldebert , Juge an tribunal de Nîmes. Ce magistrat, issu d'une famille honorable du pays, et Jouissant personnellement de l'estime de ses concitoyens, avait été révolté, dès 1815, de la conduite de ses coreligionnaires. Les doutes qu'il avait sur la religion se fortifièrent peu à peu. Enfin , les missions ayant eu lieu , il en suivit les exercices dans l'église de Saint-Baudille , sa paroisse. Après -Itvoir entendu un des missionnaires, il désira avoir des entretiens avec lui; le résultat fut son abjuration, qui eut lieu le 27 janvier, dans Téglise de sa paroisse. Il fit cette démarche avec toute la joie d'un homme longtemps agité de doutes et d'incertitudes. M. Jean Pierre d'Aldebert était âgé d'enyiron soixante ans ; on pense bien que ce n'est pas sans combat qu'il en est venu à prendre ce parti. Son fils , ministre protestant dans le Dauphiné , est arrivé exprès à Nîmes pour détourner le coup | et est resté assez longtemps dans cette ville. Deux sœurs de M. d'Aldebert n'ont rien négligé pour le retenir dans la communion protestante ; c'est à elles qu'il a écrit une lettre sur sa conversion.
Nimes, le GfëTrier i8a6.
« L'on vous a dit vrai^ mes très-chères sœurs ; subjugué , non par des considérations mondaines , qui n'auront jamais aucune influence sur moi ; mais par la force irrésistible de la vérité, j'ai suivi l'exemple de M. Bragassargues et de M. le Prieur de Bragassargues, mes deux oncles paternels; celui du frère de M. Laval et de M. d'Aldebert de Roux , mes grands-oncles maternel et paternel ; celui de plusieurs parents collatéraux ; celui enfin d'une foule de n^es concitoyens ; et comme eux j^ai abandonné la religion tronquée où le seul hasard de ma naissance m'avait placé , et j'ai embrassé sans hésitation et en son entier, la seule véritable, celle qui a été
établie par Jésas-Christ et ses apôtres, et que mes aïeux ont constamment professée pendant plus de quinze siècles.
« Je n'ai fait , comme vous pouvez bien penser , une telle démarche qu'après y avoir longuement réfléchi, qu'après avoir mûrement pesé les raisons pour et. contre, en un mot qu'avec grande connaissance des choses , et lorsque , ne pouvant plus fermer les yeux à l'évidence, je suis resté convaincu qu'il n'y avait plus à hésiter à sacrifier les préjugés da monde au seul intérêt vraiment précieux , celui de mon salut.
« Je prévois, nonobstant tout cela, que la calomnie ne manquera pas de m'attribuer d'autres motifs : les uns se plairont à répandre le bruit que ma conversion a été le résultat de la faiblesse; que j'ai cédé aux diverses influences dont on m*a accablé ; que le cœur et la conviction n'y ont eu aucune part. Ils se fonderont , pour faire croire à cette faiblesse^ sur une démarche antérieure qui , à leurs yeux , aurait été le comble de la pusillanimité, tandis qu'aux miens ce fut celui du courage, puisque, pour satisfaire à ma conscience^ j'eus à fouler aux pieds tous les préjugés et les avantages de ce monde. D'autres, plus méchants encore ^ iront peut-être jusqu'à dire que j'ai été séduit par des promesses éblouissantes ; Ils me supposeront assez vil pour avoir sacrifié mon âme à des avantages temporels.
« Que ne dira-t-on pas encore ? Mais , fort de ma conscience , Je dépose toutes ces humiliations au pied de la croix de Jésus-Christ qui fera , tout le reste de ma vie , mon unique gloire , et je m'estime trop heureux de l'avoir conquise à si bon marché. Quant à vous, mes chères sœurs, qui avez été à même de sonder les replis les plus cachés de mon cœur ^ qui savez que je suis animé des sentiments d'honneur , de droiture et de loyauté, que je les pousse même jusqu'au fanatisme, vous me jugerez plus sainement, et vous n'hésiterez pas à penser que, si j'ai fait une démarche susceptible
d'être mal interprétée, Je ne pais m'y être décidé qu'après avoir acquis l'intime conviction que le salut de mon âme en dépendait.
. c Vous m'exhortez dans votre lettre à ne point me perdre^ et Je vous sais bon gré de cette recommandation, que je ne pois attribuer qu'à votre amitié. Mais, hélas! mes chères MBurs, que je me crois fondé avec plus de raison à vous faire en sens inverse la même exhortation , et à vous dire:Trem* Uez 1 oui , tremblez pour vous si vous ne m'imitez ! Ah ! si J'avais le bonheur de vous voir réaliser ce souhait, ce serait Uen alors que ma joie serait à son comble ! Mais je sens que pour cela il est indispensable que Dieu vous accorde les mêiks grâces dont il a bien voulu me favoriser. Je lui en fais donc la plus ardente prière, et je ne cesserai de la lui réitérer .tous les Jours de ma vie. Mais, quoi qu'il en arrive, je n'en serai pas moins à votre égard , mes très-chères sœurs, toujours le plus tendre des frères.
« Signé d'Albebebt. »
An 1825. — M: Drack. — La conversion de ce savant rabbin a eu un grand retentissement et a produit les plus heureux résultats. Nous donnons ici quelques passages d'un écrit qu'il a publié lui-même sur sa conversion et qui en font connaître les véritables motifs. Il s'adresse aux Juifs ses compatriotes :
« Oui, mes chers frères, je vous le répète, la religion catholique, apostolique et romaine est celle de nos ancêtres, laquelle a reçu son dernier développement à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ , ce Messie promis tant de fois à notre nation. Le divin Sauveur l'a déclaré lui-même à nos pères assemblés : a Ne pensez pas, leur dit-il i que Je sois
« venu abolir la loi et les prophètes; je ne sais pas venu les a abolir, mais les accomplir. » Nolite putare quoniam veni solvere legem aut prophetas y non veni solvere y sedadim^ plere. (Math., 5, 17.) Et dans la parabole du mauvais riche, qu'il proposa aux pharisiens ( Luc , 16, 19), quand ce réprouvé prie nQtre père Abraham d'envoyer Lazare instruire ses cinq frères, le patriarche ne fait que cette réponses a Ils ont Moïse et les prophètes , qulls les écoutent. » Habent Moîsen et prophetas , audiant illos.
En effet , le volume sacré dont Dieu vous a constitués les conservateurs dans Tintérét de son église , renferme toutes les vérités du christianisme. Ah ! que ne vous est-il donné de le lire , dégagés du fatal bandeau qui vous tient dans un aveuglement vraiment inconcevable s*il n'avait été annoncé par les prophètes comme la punition de votre désobéissance. Puisque vous reconnaissez Tauthenticité de ce volume, ;9/i» précieux que les perles et que les choses les plus désirables (Prov., 3, lô), je n'ai qu'à vous recommander de l'ouvrir.
Depuis la promesse faite à notre père Abraham , que de lui sortirait le Rédempteur annoncé au premier homme , jusqu'à Malachie , dans la tombe duquel notre nation enferma le privilège de posséder des hommes de Dieu , prédisant les événements futurs , vous verriez une suite de prophéties q^ précisaient d'avance , et à des époques d'une distance énorme de l'événement, les moindres détails de l'œuvre de la rédemption, laquelle fut accomplie sur la croix. Certains chapitres des psaumes et dlsaïe sont de véritables évangiles de notre Seigneur Jésus-Christ; d'autres passages de l'ancien Testament seront toujours pour vous, malgré la subtilité des rabbins , des lettres closes et un chaos inextricable de difficultés , tant que vous aurez le malheur de rejeter les explications si claires, si simples qu'en donne Tévangile, et de repousser la doctrine qui en est la conséquence nécessaire.
(Test au miliea de notre nation que daigna s'incarner le Plis de Diea, ce Messie descendant, selon la chair, de la ttge de David , si révérée parmi noas; Messie en même temps l'opprobre et de gloire , que les justes , parmi nos ancêtres, dfflnandaient avec une sorte d'impatience. A tel point que le INTophète Isaîe, en parlant d*un événement, lequel éloigné encore de plus de deux cents ans , devait précéder de près de quatre siècles la venue du Juste par excellence , s'écrie dans une sainte extase, comme pour presser les pas du tempà : •. Cieux, faites découler le Juste d'en haut , et qu'il distille des nuées; que la terre s'ouvrant, fasse germer en même lemps, comme des fruits précieux , le Sauveur et la justification. » ( Isaïe , 45-S.)
* C'est dans les mêmes dispositions que notre père Jacob , mi annonçant à ses enfants assemblés ce qui devait leur arliYer à la fin des jours , après avoir déterminé d'une manière «I précise l'époque de l'incarnation de notre Seigneur Jésus- Christ, auquel adhéreront les peuples de la terre, s'inter-
lompt tout à coup par cette exclamation : J^espère en ton 4aMf 6 Seigneur!
Mais les justes de l'ancienne loi , seuls vrais Israélites , n'attribuaient pas au Messie qu'ils attendaient , la mission de ramener dans la terre sainte les Juifs exilés, comme l'enttigne la synagogue actuelle particulièrement dans ses treiie articles de foi , mais celle d'opérer notre salut , ainsi que l'a fait notre Seigneur Jésus-Christ. La preuve incontestable en subsiste dans la prière appelée les dix-huit bénédic* tiùns que vous récitez trois fois par jour. Cette formule de prière fàt rédigée plusieurs siècles avant la naissance du Sauver, par la grande synagogue où siégeaient cent vingt docteurs, dont plusieurs prophètes, présidés par le scribe Esdn». La bénédiction qui a rapport à la venue du Messie est ainsi conçue : « Fais bientôt fleurir le rejeton de David, et élève sa puissance par l'effet de ton salut ; car , tout le jour ,
nous espérons en ton salut. Sois béni, 6 Seigneur, qui ftii fleurir , la puissance du salut. » Dans celle de ces bénédietions , où les docteurs tracèrent aux fidèles la manière ded^ mander le retour de leurs frères encore dispersés, et lièrement des dix tribus , il n*est nullement question Messie. La voici toute entière. G*est la dixième : « Sonne la grande trompette pour annoncer notre liberté. Lève ti bannière pour rassembler nos frères dispersés. Bassem nous des quatre coins de la terre. Sois béni , 6 Seigneur qit rassembles les exilés de ton peuple Israël. •
Par ces mêmes motifs , notre nation fut la première à le Seigneur annonça le royaume des cieux , d*abord par Ji son précurseur, ensuite de sa propre boucbe. G*est eonuob roi d'Israël que le Seigneur parut sur la terre (Joan. 1 12-13 ), et comme Sauveur et Rédempteur tt Israël qi souffrit. (Act. c. 13. — Luc. 25, 21.) G^est an milieu notre nation qu'il opéra ses miracles si authentiques, confirmer la bonne nouvelle qu'il nous apportait. ( Matt. 23.— Marc. 1-23. — Luc. 4-33. — Joan. 4-46. .— Aet Sf 22 , 10 ; 37-39. ) Cest dans notre nation qull choisit ses ciples et ses apôtres; que s'établit d'abord non-seulement II première église , mais aussi le centre de la religion chrétieDie (Act. c. 15); et c'est encore au milieu de notre nation qse^ triompha le premier un de nos frères ( Ibid. c. 6 et 7 ) , qri I scella de son sang la vérité dont il avait été témoin. Akxi 4 s'ouvrit cette glorieuse carrière du martyre , qu*ont fourniB 1 d'une manière toute surnaturelle , premièrement les apAtnHi 1 en témoignage de ce qu'ils avaient entendu eux-mêmes ;(Aet 1 4, 20. — 1 Gor. 9, 1.—- 1. £p. Joan. 1,1.) ensuite taat ! de milliers de soldats de Jésus-Christ. Enfin , selon l'eipnision du juste Siméon, la lumière qui venait éclairer les d*- ' tions , devait être la gloire de son peuple Israël : LmM ad revelationem gentium , et gloriam phbis tuœ IstêA (Luc. 2, 31.)
DE JÉSUS-CHRIST. â4i
Paul, que la grâce a changé, de zélé pharisien qn'il avait été, en apôtre ardent de Jésus -Christ, s'exprime en ces termes: « Je ne rougis point de l'Evangile du Christ, parce qu'il est la vertu de Dieu pour servir de moyen de salut à tout croyant^ premièrement au Juif^ puis au Grec (au Gentil). (Rom. 1 , 16.)
En effet, le divin Sauveur a dit lui-même à ses disciples , quelques instants avant sa glorieuse ascension : « D fallait que le Christ 'souffrit de la sorte^ qu'il ressuscitât le troisième jour d'entre les morts , et qu'on prêchât en son nom (a pénitence et la rémission des péchés parmi toutes tes nations, en commençant par Jérusalem, » (Luc. 24; 46, 47. )
L'Israélite converti retrouve dans TËglise , avec un charme inexprimable , les cérémonies de la Synagogue. Les passages des divines Ecritures qu'il entend à tous les offices, lui rappellent sans cesse le souvenir de ses ancêtres jusqu'à l'antiquité la plus reculée. Que ces paroles du cantique de la Saïote- Vierge sont touchantes pour lui : « Il a relevé Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde ^ comme il l'a promis à nos pères , à Abraham , et à sa postérité à jamais ! Jt
L'Eglise, comme la Synagogue, récite des prières, matin et soir, avec le symbole de la foi. L'une et l'autre observent l'usage de prononcer une bénédiction avant les repas , et des grâces après. Notre Seigneur Jésus-Christ, dans la sainte Cène , rompit le pain , et le distribua après avoir prononcé dessus la bénédiction d'usage, et il bénît la coupe de vin dont il fit goûter à tous ses disciples; il en usa de même aux miiracles de la multiplication des pains. (Matth. 14, 19. 15 , 36. — Marc. 6, 41. 8,6. — Luc. 9, 16. — Jean. 6, il.) la Synagogue observe encore ces pratiques, ainsi que toutes les autres de Tancienne loi. L'Eglise et la Synagogue solemnisent également la fête de Pâque en mémoire de la délivrance figurative de l'une , et réelle de l'autre. Le cinquantième jour n. 14 .
après , la fête de la Pentecôte rappelle la promulgation de la loi de Dieu en pareil jour aux Juifs , et Teffusion du Saint- Esprit, auteur de cette loi, sur les disciples de notre Seigneur Jésus<]!hrist. Le prêtre catholique, ainsi que le sacrificateur Juif, porte en officiant des ornements particuliers, selon le degré de sa consécration; Tun et Tautre se lavent les mains afin de commencer le sacrifice (Ëxod. 30, 17); l'un et Tautre ont Tobligation d'étudier la loi de Dieu et de l'enseigner; l'un et l'autre ont seuls le droit de donner la bénédiction au peuple. L'Eglise prie au nom et par les mérites de notre Seigneur Jésus-Christ , qui s'est sacrifié sur la croix; la Synagogue prie au nom et par les mérites d'Isaac , qui s^est offert sur l'autel. L'usage de prier ainsi existe de temps immémorial» Le texte chaldaîque de la Bible , ( Michée. 7, 20. — Cantic. 1 , 13.) en fournit la preuve. L'auguste sacrifice de la messe le matin, et la visite au très-saint Sacrement le soir, rappellent ce sacrifice perpétuel offert en holo^causte , mâtin et soir, au temple de Jérusalem , et dont la Synagogue fait commémoration aux mêmes époques du jour. Ce dernier sacrifice n'était que la figure de l'oblation pure, comme s'exprime Malachie, qu'on offre maintenant au nom du Seigneur en tout lieu de la terre. ( Malachie. 1 > il. )
C'est par erreur ou par malveillance que s'est répandue parmi le commun des Juifs Topinion que les chrétiens adoraient les images 1 Que diriez-vous si Ton vous accusait d'adorer les quatre lettres du nom de Jéhova ?
A la messe, la lecture publique de l'Evangile, précédée d'un passage analogue, tiré souvent, ainsi que cela se pratique pendant toutes les fériés du carême , des livres de Tancien Testament , correspond parfaitement aux parschiot et haphtarot de la Synagogue. A TEglise , les jours de fête on explique au peuple, en langue vulgaire, l'Evangile du jour; la Synagogue, après le retour de la captivité de fiabylone, avait des interprêtes qui rendaient en chaldéo-syriaque ,
DE JÉSUS-CHRIST. â45
îÉlors langue yolgaire de notre nation , la section du penta- Hmqae et du prophète du Jonr. A l'IEgiise , pendant la lectare lia saint Evangile , ainsi qu'à la Synagogue pendant celle du fentateuque , on doit se tenir debout. La récitation publique tdes psaumes a lieu à TEglise comme à la Synagogue. ^ En un mot , et pour ne pas trop prolonger ce parallèle , Pirates les cérémonies de Tune se retrouvent dans Fautre , P^rec la différence que l'Eglise possède la réalité de ce dont la Ntynagogue n'offre que les figures. Je ne parle pas ici des ^lyiatiques superstitieuses de cette dernière, fruit des rêveries Nb talmud et de celles des rabbins qui sont venus après la [jiflMtQre de cette compilation monstrueuse, véritable encyclopédie on Ton trouve tout , hors le bon sens.
-' Une chose qu'il importe de vous faire observer^ c^est que k'fEglise n'adore que le Dieu d*Abraham , d'Isaac et de Jacob y hikMit la Synagogue a perdu la vraie notion ; Dieu de l'unité rh plus parfaite dans son essence. Les rabbins en vous perftnadant que le dogme de la Sainte-Trinité constitue un pole, calomnient la religion chrétienne pour vous en
Igner. La Divinité uni-ternaire^ qu'adore l'Eglise, est slle aunoncée par Moïse dans ce verset du Deutéronome , où il en exprime en même temps l'unité et la trinité :
« Ecoute , 6 Israël ! Jéhova , notre Dieu , ( Elohênou ) Jihova un. » (Dent. 6,4.) Cette triple répétition du nom du Seigneur est contraire aux règles de la grammaire et au génie de la langue. Jérémie , dans une phrase pareille , dit simplement : Et Jéhova Dieu vrai (Jérémie. 10 , 10 ), sans Yépéter Jéhova vrai; c'est qu'il n'avait pas en vue ici, comme Moïse , de faire connaître l'essence de la Divinité. Les rabhins sentent fort bien l'inconvénient de la triplication insolite da nom de Dieu en cet endroit. Voyez les commentaires Hhezkouni, Sephorui, Imré-Nognam. Le commentaire Behhaî dit expressément que Moïse énonce ainsi l'unité de Dieu , afin de prescrire à notre croyance que les trois principaux
attribats de la Divinité se réunisseijit en un , savoir : Tâ^rnité , En soph ; la sagesse , Hhohlima ; la prudence , Bioa. Or, qu'est-ce autre cliose que la Sainte-Trinité : le Père Eternel; le Fils, appelé dans les litanies, d'après les proverbes , (passim, ) Sagesse étemelle, Sapientia œtema; le SaiDt-£s< prit , appelé dans les litanies , d'après Isaîe (il, 2 ), Esprit de conseil et de prudence, Spiritus consilii, fortitudinis , seientiœ et pietaUs.
Voici comment s'exprime , au sujet de ce verset, le Zobar ( Nomb. ch. 13 ), pour lequel vous professez un respect sans bornes , et qui se recommande effectivement par son antiquité:
« Il y a deux auxquels se réunit un , et ils sont trois; et étant trois ^ ils ne forment qu't^n. Le mot Elohéntm {nQXxe Dieu ) , se joint aux deux noms ineffables : Jéhova , Jéhovfly dans le Schemagne ( c.-à-d. le verset 4, ch. 6 du Deuter.)? et c'est le sceau de la vérité ; et quand ils sont réunis , ils forment un de Tunité la plus absolue : / noun hhad bihhouda hhada. »
La Sainte-Trinité est encore expdmée entre autres , Gren. 1 , 26 : « Et Dieu dit : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance, (v. 27,) Et Dieu créa l'homme à «on image. »
Plus loin M. Drach dit, en s'adressant toujours aux Juifs:
« Je ps^courrai donc avec vous , mes chers frères, les plus saillantes prophéties qui ont rapport aux circonstances de la vie , de la passion et de la résurrection de notre Seigneur. Ces circonstances sont établies d'une manière si authentique, que les ennemis de la religion de Jésus-Christ, qui étalei^t presque ses contemporains , n'ont jamais osé les contester. Il n'appartenait qu'aux rabbins de les défigurer de la manière si absurde que vous connaissez. Ils ont défiguré tout ce gui tient à l'histoire , même quand ils n'étaient pas intéressés à le faire. Je me contenterai de vous rappeler celle de ^itus,
et je vous laisse à juger à vous-mêmes s*il convient de s'en rapporter à de pareils narrateurs. »
« Les ouvrages des principaux Pères de l'Eglise, grecs et latins, dit plus loin M. Drach, qqi figuraient dans la bibliothèque que je m'étais formée, devinrent alors ma lecture habititelle.
En m'instruisant ainsi de la religion qui avait pris insensi* U^ment racine dans mon cœur , je fus frappé des reproches fondés que ces Pères adressent aux juifs d'avoir corrompu le texte hébreu. Je m'étais aperçu moi-même depuis longtemps qu'en bien des endroits ce texte est altéré ou tronqué de manière à présenter des lacunes insoutenables. Je m'occupai à conférer l'hébreu avec le grec dés Septante, parce que cette interprétation fut faite par des docteurs de la synagogue, revêtus de toute l'autorité requise , au commencement du troisième siècle avant la naissance de notre Seigneur : c'est-àdire , quand ils n'avaient encore aucun intérêt de toucher aux prophéties.
Dans les nombreuses leçons divergentes des deux textes, le grec m'ayant paru le plus correct, j^entrepris de restituer le texte original sur ce dernier qui a visiblement servi de type aux autres traductions orientales , notamment à la syriaque. Il est encore à remarquer que presque partout où le nouveau testament en citant Tancien , s'écarte de Thébreu , il se trouve conforme aux septante. Comme Gen. 1 ; 24. — Matth. 19; 6. — Marc 10; 8. — 1 Cor. 6; 16. — Ephes. 5; 31. — Gen, 12; 1.— Act. 7; 3. — Gen. 47; 31. — Hebr. 11 ; 21. — Deut 6 ; 13. — Matth. 4. 10. — Luc 4 ; 8, et ailleurs.
Apostoli consonanty dit saint Irénée (contra hœres L 3. cap. 2S.J prœdictœ interpretationi (des LXX) et interpre' tatio consonat Apostolorum traditions
Cette conformité du N. T. avec les LXX est également attestée par Origène fEp. ad Rom. c. iS.J et saint Cyrille Mrosalémite, catéch. 4. On en voit des exemples jusque dans Fépltre aux Hébreux de Saint-Paul qui ne pouvait point igno-