II
dont il iiooora notre maison. Je sentais pour lui je ne sais quoi de tendre et de filial , qui ressemblait au sentimeat dont mon cœur a toutours été rempli pour vous , mon cher père ; et , quoiqu'il ne me parlât point alors de religion , je me disais d'une manière vague qu'il était impossible qu*ttn homme qui prêchait d'une manière si paternelle, si raisonnable et avec un ton de conviction si persuasif , conduisît à la perdition ceux qu'il venait visiter ; je remarquai même dans lui , pour tous nos Vaudois , des manières de prédilection qui ont touché, je lésais, bien d^autres cœurs que le mien , quoique tous n'aient pas suivi mon exemple. Enfin , 'mon cher père, j'ai vu sur les marches de l'autel d'où il prêchait, ce prélat baigné de larmes en parlant de notre séparation , et en nous invitant à une réunion qui serait si belle; et j'ai su que , dans plusieurs autres églises des paroisses mixtes , il sanglotait quelquefois en adressant la parole à ceux qu'il appelait ses chers enfants , c'est-à-dire aux Vaudois. Tout cela, je vous l'avoue encore, m'avait singulièrement prévenu en sa faveur et disposé plus facilement à passer de l'estime du pasteur à celle de sa doctrine. Ayant été ensuite dans le cas de le voir à Pignerol pour des commissions de M. le curé de Rora, il me retint pendant quelques heures auprès de lui , et , en me parlant de son affection pour moi , il ajouta qu'elle ne saurait être parfaite que lorsque nos esprits seraient d'accord aussi bien que nos cœurs , et que nos principes ne différeraient pas plus que nos sentiments. lime répétait quelques-uns des raisonnements qu'il avait faits, dans ses visites, contre notre schisme , et, au fond , je n'eus ni le moyen ni le courage de lui répondre ; il n'abusa point de mon embarras, et, cessant de parler de controverse avec moi, il se contenta de me dire : « Mon cher Daniel, c'est la « grâce qui touche les cœurs et éclaire l'entendement; je de- <t manderai donc à Dieu qu'il achève par sa miséricorde « l'œuvre qu'il a commencée par mon amitié , si je dois
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« avoir la consolation de vous voir rentrer dans le sein de R Tunité catholique , je ne puis devoir qu'à lui cet événe- « ment , que j'appelle de tous mes vœux. Je ne vous demande « qu'une seule chose, Daniel, c'est que tous les jours vous « fassiez cette prière avec franchise et de bonne foi : Mon c Dieu y faites-moi connaître si je suis dans Perreur; c'est « de tout mon cœur que je votis en demande la grâce.. t» Je fus fidèle à faire cette prière. Ah ! mon père , mon tendre père, vous souvient-il de l'état soucieux , inquiet , rêveur, où je fus pendant assez longtemps , quoique je m'efforçasse de cacher à vos yeux et à ceux de ma chère mère l'agitation de mon ame? Dieu me poursuivait , j'en suis certain ; ce qui se passait dans moi-même avait un caractère surhumain , et chaque jour je sentais que ma prière était exaucée; je ne voyais de sécurité pour mon salut que dans mon changement « et je ne trouvais dans mon trouble un sentiment de paix qu'en tournant mes pensées vers le Dieu des catholiques. Ah i pardon , mon cher père , cette expression m'échappe , parce qu'en effet il y aurait deux dieux si nos deux religions si différentes étaient également véritables. Dans cet état d'agitation intérieure , j'écrivis à monseigneur Févéque de Pignerol pour lui faire part du résultat de ses conseils et lui avouer que j'éprouvais au-dedans de moi un mouvement irrésistible qui me poussait vers lui , et que je voyais assez que le calme ne reviendrait qu'entre ses bras où je désirais vivement me jeter. Sa réponse , pleine d'une tendresse pa« ternelle , porta la consolation dans mon cœur, et la mission qui eut lieu ensuite à Eora acheva de me déterminer. Ma mère s'étant aperçue de mon empressement à écouter, quand je le pouvais, ces dignes et pieux missionnaires^ conçut quelques soupçons de mon dessein et me témoigna son chagrin et son opposition absolue ; je vis bien que, puisque mes projets de conversion s'ébruitaient dans ma famille, on allait multiplier les obstacles autour de moi. En conséquence, le
dimanche matiii , 26 février, je quittai la maison paternelle , et je me rendis à Pigoerol auprès du tendre et respectable ami que ia Providence m'avait ménagé. Je restai qoelqnes jours au palais épiscopal , et je fus ensaite placé par Monseignear an petit séminaire , où je me sois livré à une étnde assidcrer de la religion. O mon père ! que de choses j'ai dâ apprendre peikdant ce premier mois, et avec quelle évidence j'ai compris le malheur et Flnjustiee de notre séparation religieuse 1 combien la religion catholique et ceux qui la professent m'ont paru différents du portrait qu'en font nos préjugés! Oui, mon cher père, j'ai acquis l'entière conviction que les Yaudois sont dans Terreur, et qu^il est itnpossible de se sauver sous leur bannière. Je n'hésite pas à dire qn'iln'y a pas un de mes chers compatriotes , pas un seul Yaudois qui ne prît le même parti que moi, s'il voulait réfléchir ainsi que j'ai eu le bonheur de le faire ; et , s'il faisait franchement la prière qui a produit en moi un si grand changement , je n'ai aucun doute que Dieu ne parlât clairement à son coeur comme il a parlé au mien. Hélas ! ce n'est pas l'intérêt temporel qui m'a fait tout quitter pour suivre la voix de Dieu: j'ai abandonné tout ce que j'avais sur la terre; un père respectable que la nature, l'éducation et les bontés constantes que j^en ai reçues rendaient si cher à mon cœur; une mère tendre que j'aimais plus que moi-même , une famille , des amis auxquels j'étais si dévoué... £h bien ! oui , tout eela ; mais le souvenir des paroles du Christ , qui dit que l'on n'est pas digne de lui quand on aime quelqu'un plus que lui , l'a emporté dans mon cœur sur les affections de la nature les plus viyes et les plus légitimes. Ah I mon père , il faut une grande grâce comme une grande conviction pour surmonter de pareils obstacles et se déterminer à de tels sacrifices; mais aussi il faut , pardessus tout, faire son salut, et il m'est démontré qu'on ne le peut pas chez les Yaudois.
« Yous avez appris, mon cher père, que j'avais fait ab»
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jonitloii , le Jour de Pâques ^ entre les mains de monseigneur Pévéque de Pigneroi , assisté de messeigneurs les évêques de Tarantalse et de M aurlenne , en présence de plus de deux mille personnes rassemblées dans Féglise cathédrale. moa père, quel beau jour pour moi ! Ah I si la paix dont mon eœnr jouit depuis cet instant vous était connue telle que je réprouve , elle serait pour vous un argument de plus en faveur delà vérité! Votre lettre du 31 mars , dont les reproches m'ont fait tant de peine, semble m'accuser d'avoir manqué de tendresse envers vous, en vous quittant de cette manière ; ah ! mon père , mon tendre père , jamais je ne vous ai autant aimé que depuis que le bon Dieu a eu pitié de moi en m'appefant dans la seule véritable Eglise. Non, mon père , Je n'aime personne autant que vous sur la terre; mais j'aime Dîen par-dessus tout; c'est lui seul que j'aime plus que vous, ete^est le seul dont vous ne deviez pas être jaloux. »
An 1826. — Un Américain d*un nom illustre abjura le protestantisme et rentra dans le sein de l'Eglise. M. Washington^ né aux Etats-Urris, âgé d'environ trente ans, et petit-fils du fameux Washington, était venu en Europe pour embrasser la cau^e des Grecs. Les journaux annoncèrent dans le temps son dévouement ; il passa en effet quelque temps en Grèce , et quitta ce pays peut-être par suite de la mésintelligence et des divisions qu'il vit régner parmi les chefs. Etant venu à Paris, il eut occasion de s'instruire de la religion catholique , qu'il ne connaissait que d'après les préjugés protestants. Il apporta à cet examen toute l'attention et le sérieux que méritait une si grande affaire , et , ayant reconnu la vérité , il l'embrassa avec un généreux empressement. Son abjuration a été précédée d'une retraite de huit J<Nirs. Elle eut lien au château de M. l'abbé duc de
Rofatan , l6 dimanche 24 septembre ; c'est monseigoeac l'évè* que de Strasbourg qui la reçut. Le même prélat donna aussi la commumoD et administra ie sacrement de confirmation au jeune étranger, qui édifia tons les assistants par sa piété, sa ferveur et la fermeté de sa foi.
An 1826. — Le comte d^Ingenheim^ frère du roi de Prusse, a embrassé le catholicisme.
An 1827. — Le 14 décembre 1827, miss Anne DoUinç, nièce de Tamiral Brooking, a fait son abjuration à Toumay. Miss Dolling n'avait qu'une seule fois rencontré un prêtre catholique en Angleterre , et avait encore , lorsqu'elle arriva dans les Pays-Bas , tous les préjugés si communs parmi les protestants contre nos pratiques et notre croyance. Du reste , elle était instruite et parlait l'italien , l'allemand et le français. A Toumay, elle fréquentait assidûment l'église Saint- Brice, parce qu'il n^y avait point d'église de sa communion, mais sans cesser d'accuser les catholiques d'idolâtrie. Quel* ques livres commencèrent à dissiper ses préventions. Elle lut avec plaisir V Imitation j et fut étonnée de voir, par la lecture de la Bible , le danger de vouloir expliquer seul l'Ecriture sainte. La procession du Saint-Sacrement lui fit une forte impression , d'autant plus qu'elle n'avait jamais eu de répugnance pour admettre le dogme de la présence réelle. Elle découvrit ses hésitations à miss GeorginaPonsonby, fille de l'ambassadeur anglais au Brésil, qui l'exorta à retourner promptement en Angleterre. Miss Dolling ne suivit point ce conseil ; elle cherchait de bonne foi la vérité , mais ne se rendit pas trop aisément. Dans ses entretiens avec l'ecclé^ siastique auquel elle exposait ses doutes , elle n'épargnait pas
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les objections et les difûcultés. On lui conseilla de lire VEx» position de la doctrine catholique , de Bossuet ; la DiscuS' sion amicale , de M. de Trévern ; la Fin de la controverse y par le docteur Miiner. Ces lectures achevées , elle voulut se livrer à ses réflexions dans une retraite de son choix et consulter en même temps quelques-uns de ses compatriotes. Elle écrivit en Angleterre à un professeur de Cambridge, à Tévéqoe anglican de Londres et à un jeune ministre de la même communion et issu d'une grande famille. Le premier ne répondit à aucune objection et ne ût autre chose que de déclamer contre les papes. L'évéque de Londres s*étonna beaucoup que miss Dolling eut Fidée de se soustraire à son autorité , mais il ne se donna pas la peine d'établir sa mission. Le jeune ministre , loin de blâmer miss Dolling , lui répondit que , quant à lui , loin d'avoir le moindre éloignement pour le pape et TËglise romaine , il détestait les grossières et mensongères inculpations dont tant de sectaires s'étaient rendus coupables à leur égard , et qu'il était prêt à se faire catholique, si Dieu lui faisait connaître qu'il dût le faire. Puisse la Providence favoriser les bonnes dispositions de cet anglican , ave« lequel il paraît qu'un ecclésiastique des Pays-Bas est entré en correspondance ! Quand mis Dolling eut reçu ces différentes réponses , elle n'hésita plus ; la crainte même de perdre Tamitié des siens ne put l'arrêter, et elle fit son abjuration le 14 décembre 1827.
An 1827. — M. J, Probsty professeur à Bâie , a fait son abjuration du protestantisme et publié à Spire , au bureau do Catholique y un écrit sous ce titre : Du protestantisme et A< catholicisme , ou exposition des motifs qui ont engagé Uft protestant à retourner dans le sein de l'Eglise catho- ^que.
âB8 l DIVINITÉ
An 1828. — Le 24 avril 1828, le chevalier Louis-Constant de RebecquCy député , frère dn fameux Benjamln-Gonstant , abjura le calvinisme à Poligny, diocèse de Saint- Claude.
An 1829. — Conversion extraordinaire êun jeune An^ glais, — Il dit que quand il communiqua à sa famfilleson plro- Jet de voyage en France, son père, sa mère, sa sœur lui témoignèrent les plus vives inquiétudes, lui répétant que les prêtres papistes , qu'il ne manquerait pas de rencontrer, avaient Fart d'ensorceler les gens et de les attirer au papisme malgré eux. Il leur promit bien d'être sur ses gardes et de revenir aussi bon protestant qu'il allait partir. Débarqué en effet, à Lorient , sa principale attention fut d'éviter la rencontre d'un prêtre. Mais le hasard voulut que dans l'hôtel où il s'adressa , il n'y eux plus de disponible qu'une chambre à deux lits , dont l'un était justement occupé par un prêtre catholique. L'embarras du jeune homme fut extrême. Toutefois il s'arma de courage. En se couchant , il mit deux pistolets chargés sous son chevet, passa la nuit sans fermer l'œil , résola de tirer sur le prêtre s'il s'avisait de venir de son côté. Cependant le prêtre dormit profondément toute la nuit, et le jeune homme eut le temps de s'apercevoir que seis craintes étaient mal fondées. Au^bout de quelques mois, ces craintes étaient tellement diminuées, qu'il alla demeurer chez un ecclésiastique , qui l'instruisit dans la foi catholique et reçut son abjuration. C'est de la bouche même du jeune homme que l'on tient ce récit.
On conçoit alors combien de préjugés de cette nature durent faire évanouir la présence et la bonne conduite des évêques et des prêtres français en Angleterre. Le vertueux abbé Carron y ût en particulier un bien immense, et reçut un grand nombre d'abjurations. A Jersey seulement, on
comptait environ quatre-vingts protestants qui s*étaient depuis peu de temps faits catholiques. Cette impulsion continue en Angleterre. Un catholique anglais, qui habite Londres, disait , il y a quelque temps, que Ton y voyait presque chaque Jour des conversions de protestants; un seul ecclésiastique anglais qu'il nommait, en avait constamment plusieurs commencées, et chacune des congrégations de Londres offrait à cet égard les faits les plus consolants.
An 1829. — Un Anglais d'environ vingt -cinq ans , M, Sharp^ avait étudié à l'université d'ÛAford, pour devenir ministre de Téglise anglicane. Mais en étudiant , il aperçut bientôt le vide et Tinconsistance de langlicanisme : ni son esprit ni son cœur n'étaient satisfaits ; il éprouva des doutes et des inquiétudes de conscience. Aussi , sur le point d'être reçu ministre, il recula, quitta l'université et vint en France remplir les fonctions de précepteur dans la maison d'un général anglais qui habitait Lorient. Après un an ou deux , il retournait en Angleterre, toujours inquiet et toujours sollicité au fond de son cœur de se réunir à TEglise catholique. En passant à Rennes , ses inquiétudes et ses désirs devinrent si véhéments qu'il demanda absolument déparier à un prêtre catholique, quoiqu'il ne dût passer que deux fois vingt-quatre heures dans cette ville. Il alla trouver un ecclésiastique. Les premières paroles qu'il lui dit, et il les dit avec l'accent d'une âme altérée qui cherche depuis longtemps la source d'eau vive , fut de demander en latin : ISumquid Ecclesia catholica non est vera ? Est-ce que l'Eglise catholique n'est pas la véritable ? On lui répondit que, sans aucun doute, TEglise catholique est la véritable Eglise du Christ. On lui donna un catéchisme catholique en anglais. Il le lut avec attention, demanda sur quel* ques articles s'il avait bien compris , et enfln déclara qu il
flSrO LA DIVINITÉ
croyait ainsi de tout son cœur. Puis ii demanda sll y aurait pour lui beaucoup de difficulté de devenir catholique. — Aucune, lui répondit le prêtre ; vous l'êtes déjà dans votre cœur. — Mais , reprit-il avec quelque embarras , combien coùtcrat-ii pour être reçu dans TEglise ? — Rien , que votre bonne volonté. — Doutant s'il avait bien entendu , il réitéra sa demande; on réitéra la réponse. Alors il se mit à pleurer d'attendrissement. Gomme il devait partir le lendemain , il demanda s'il pourrait faire son abjuration en Angleterre, ou bien s'il fallait revenir en France. On lui apprit , à sou grand étonnement^ qu'il y avait à Londres plus de cent mille catholiques avec un évêque , et que rien n'était plus facile que de s'adresser à lui. Il demanda encore si , devenu catholique, il pourrait se consacrer à Dieu dans un monastère. On lui répondit que rien ne s'y opposait. Enfin, comme il devait s'embarquer à Saint-Malo , on lui donna l'adresse d'un ecclésiastique des environs , avec lequel il pût s'entretenir en anglais.
Il alla effectivement le voir, lui parla avec la confiance la plus intime , et , apprenant de nouveau qu'il ne coûtait point d'argent pour devenir catholique il fondit en larmes. L'ecclésiastique , craignant qu'il ne se trouvât dans quelque besoin , lui offrit généreusement de l'argent pour ses frais de voyage. Le jeune homme attendri assura qu'il ne manquait de rien , ne voulut rien accepter, et partit en pleurant de joie.
An 18S0. — Au mois de février 1830, une princesse protestante donna un grand exemple de foi et de courage; c'est la princesse Charlotte-Frédérique, fille du grand duc régnant de Mecklenbourg-Schwerin, et première femme du prince royal , actuellement roi de Danemarck. Elle est née le 4 décembre 1784, et était sœur du prince Adolphe-Fré'
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déric , dont la conversion fut aussi éclatante , et qni monrat à Magdebottrg , à l'âge de 87 ans. Elle avait toujours eu de Finclination pour la religion catholique, et en défendait même la cause, encore enfant, contre le docteur luthérien qui rinstruisait. Elle était fort attachée au prince Adolphe, et ressentit vivement sa perte. Ils s'écrivaient souvent , et on peut croire qu'ils se fortifiaient mutuellement. La princesse Charlotte eut à souffrir des peines cruelles. Mariée au prince royal de Danemarck , déjà mère , elle fut séparée de son époux au bout de quelques anùées. Reléguée à Altona , puis dans le Jutland , sa seule consolation dans sa disgrâce fut d'implorer le secours de Dieu , pour accomplir le dessein qu'elle av^it formé depuis longtemps. La Providence lui en fournit les moyens en la conduisant dans les états de l'empereur d'Autriche , en Italie. Elle se fixa à Yicence , et y fut éprouvée par de douloureuses infirmités. Elle voulut visiter le pèlerinage de Notre-Dame du Mont-Bérice, pour y implo* rer l'assistance de la Mère du Sauveur. Elle s'adressa ensuite à l'évéque , M. Peruzzi , et lui fit part de sa résolution de renoncer au luthéranisme. Le sage et pieux prélat la loua de ce généreux dessein et l'exhorta à s'instruire et à s'appliquer aux bonnes œuvres. La princesse reçut ses avis comme venant du ciel. Elle eut à soutenir de grands combats. Ses affections de fille, d'épouse et de mère, les suites qu'aurait sa démarche, le mécontentement de deux cours, les réflexions qu'on lui suggéra , les menaces qu'on lui fit, tout cela était pour elle autant de pénibles assauts ; mais elle s'éleva au^ dessus de toute considération humaine , et se jeta dans les bras de la Providence. Elle commença par défendre sévèrement que dans sa maison personne parlât mal de la religion catholique Le rigoureux hiver de 1829 à 1830 lui donna lieu de montrer son bon cœur et sa piété. Elle répandit beaucoup de largesses dans le sein des pauvres, accompagnant ses bonnes œuvres de ferventes prières. Enfin, ses
vœux furent couronnés , et son abjuration çat lieu le %7 lé* vrier 1830 , daBs Ja chapelle épiscopale. Sa fermeté à rendre aux demandes du vénérable prélat , son émotion et les larmes touchèrent tous les assistants, et M. Peruzzi fdt (Mfji de se faire violence pour achever, la cérémonie. Le 8 maiSj la princesse reçut les sacrements de pénitence, de confiniuh tion et d*eucharistie. Ses sentiments à la réception dechaqpf sacrement se manifestèrent de la manière la plus touchante. Elle voulut s'inscrire dans la confrérie du Saint Sacrement d6 sa paroisse, et elle suivit la procession des quarante heures. Elle supportait avec résignation les suites de sa démard», et sa joie semblait augmenter avec les contradictions, kl pertes et les privations. La pieuse princesse de Danemarcà se retira depuis à Rome, où elle est morte le 18 juillet 1840| après une longue maladie, âgée de 56 ans.
An 1830. — Le 10 février 1830, un jeune homme d'une ancienne et noblefamille d'Ecosse , M. Thomas Stetvarij distingué par ses talents et ses connaissances, fit publiquement abjuration du protestantisme à Montréal, en Sicile, entre les mains de Farchevéque de cette ville. Non content de se faire catholique , il prit ensuite Thabit de bénédictin dans le monastère de cet ordre , à Montréal. Dès Tannée précédente, à Bristol , Tavocat Love fit une abjuration publique de la re* ligion protestante, dans laquelle il avait été élevé, et embrassa la foi catholique ; la cérémonie eut lieu le dimanche 26juillet, dans la chapelle catholique, Tenchard-Street. H. Hugues Dickson, qui avait été lieutenant dans le 60^ régiment, publia ses motifs pour avoir renoncé au protestantisme et être rentré dans le sein de TEglise catholique.
An 1831. — Le IB jain 1831 , M. Louis Zandt^ architecte prussien , âgé de trente-quatre ans , fit son abjuration * i Taris. Ses propres réflexions l'avaient dégoûté du protestantisme , et l'avaient porté à écouter les instructions de M. Heoberger, missionnaire, qui au mois de mai avait déjà reçu à Chambéry l'abjuration d'une dame anglaise et de ses dmix filles.
' An 1831. — Un homme distingué de Suisse, M, Esslini (pr, rentra au sein de l'église et embrassa même l'état ecclé- ^riastique. M. Jean-Georges Essiinger naquit à Zurich , en l Susse, le 26 février 1790, de M. Félix Essiinger , négociant lu bourgeois de Zurich , et de madame Anne- Catherine , née [ Vogler. 11 fut baptisé par le pasteur G. Lavàter , célèbre phy- ^lionomiste, qui se distingua toujours par un sincère attache- I ment au christianisme , tandis qu'autour de lui le rationa- >48me faisait déjà des progrès qu'il déplorait amèrement. On rqua dans le jeune Essiinger , dès ses plus tendres an- , les plus heureuses dispositions et beaucoup d'aptitude l'étude des sciences. Son caractère étai gai et aimable. entra fort jeune au collège de sa ville natale , et s'y disa constamment par son application et un grand amour ^pour le travail. Il eut l'avantage d'avoir pour professeur d'hu- ^BiaDité le savant professeur Briimi , sous la conduite duquel il fit de grands progrès, particulièrement dans la connaisnnce des langues savantes.
En 1813 , M. Essiinger, ayant achevé les cours de phiicJosophie et de théologie à l'académie de Zurich , subit avec -onction ses examens devant le conseil ecclésiastique, après lesquels il fut placé , comme pasteur adjoint , à Richterswyl , grand et beau village du canton de Zurich. Pen- ^nt quatre ans qu'il remplit les fonctions de son ministère, H Sut mériter l'estime et l'affection de ceux au milieu des*
quels il vivait, et chez qui il a laissé les soavenln les pins honorables pour lui.
Au milieu des devoirs que lui Imposait sa place , il ne essait d'éprouver cette inquiétude religieuse qui le poussait ven les vérités catholiques. Pendant ses loisirs, le jeune ministn s'occupait à étudier , à comparer; et ce qui le frappait fu^ tout , c'était l'unité et Timmutabilité de cette église, qui atraversé les siècles sans souffrir d'altération dans ses dogmes, tandis que les contradictions du protestantisme devenaient pour lui de jour en jour plus palpables. Voici comment 11 s'exprime lui-même sur ce qui se passait en lui a cette époque de sa vie : « Dès l'époque où je fus confirmé par un ml^ nistre respectable , je commençai à réfléchir sur la rdigbn plus sérieusement et plus profondément que la plupart ta jeunes gens de mon âge. Un goût passionné pour la leeturci qui s était manifeste en moi de très bonne heure etqa'avalaiti alimenté jusqu'alors tous les livres sans distinction que le hih sard m*avait présentés, se dirigea dès lors presqu'exclusivemeut sur les matières theologiques et s'accrut encore du besoin quVprouvait mon esprit de trouver un fondement soUdfl à ma foi. Ce qui me frappa d'abord , ce fut la différrace on plutôt les contradictions entre les opinions théoiogiques de mes professeurs et les articles de foi , tels qu'ils sont exposéi dans les livres syml>oliques de notre église , et appuyés su les textes mêmes de la sainte Ecriture. J'avais lo, pendant mon séjour à Richterswy I. une foule d'ouvrages où les dogma reconnus par la foi universelie de PEglise étaient tour à tour attaques et défendus, et de part et d'autre, par les armes de Texegèse, o*est-à-dire de Imterpretatlon derEeriture; ouvrages où Von examine si les protestants doivent accepter implicitement toutes les paroles de Jésus-Christ et de ses apôtrt^s, ou préalablement les soumettre à l'examen de leur raison iudi^iduelle; et je conclus de ces lectures qu'il «»tait impossible , pour tout protestant conséquent , de ne pas
adopter cette dernière opinioû , comme la seule eompatlUe avec le principe fondamental de la réforme. »
Ce fut alors nn besoin pour lui de voir de plus près la religion catholique et de la connaître dans ses pratiques et dans ses cérémonies. Pour y parvenir , il était comme indispensable qu*il quittât son pays. Il demanda donc et obtint, en 1 8 1 7 , la place d'aumônier du 7® régiment de la garde royale, ]«r régiment suisse au service de France. Dans la position nouvelle et difficile où il se trouvait, il sut se conduire de manière à mériter l'estime de ses chefs et des officiers du corps. Partout oà le régiment se trouvait en garnison, M. Esslinger cherchait à se mettre en rapport avec des ecclésias* tiques distingués, afin d'acquérir de nouvelles connaissances sur Tobjçt de ses continuelles méditations. Ses relations avec le clergé catholique étaient partout , soit à Paris , soit ailleurs, bienveillantes et amicales , tandis qu'il n'en avait presque aucune avec les ministres protestants.
Les lumières de la vérité avaient déjà pénétré si avant dans son esprit, que les instructions qu'il faisait à son régiment étaient étrangères à toute polémique , et qu'elles traitaient uniquement de la morale ou des vérités fcmdamentales du christianisme, sans faire mention des erreurs introduites par Zwingle et les autres soi-disant réformateurs. Il a même dit depuis que les sermons qu'il avait faits comme aumônier protestant auraient pu s'adresser à des catholiques sans inconvénient.^ Aussi cette manière de prêcher lui attira- t-elle un jour des reproches de l'un des officiers. M. Ëssiinger lui répondit que les opinions protestantes étant si diverses , il faudrait , pour contenter tout le monde , faire un sermon pour chaque individu ; que la chose étant impossible , il fallait nécessairement s'en tenir à sa méthode; que là où il n'y avait point d'autorité , chacun était maître d'interpréter TËvangile comme il l'entendait.
La conversion de M. de Haller , membre du conseil sou-
are la divinité
verafn de la république de Berne et savant publiciste , arrivée en 1821 , ût sur lui une grande impression, et dès que celui-ci se fut fixé à Paris, Tannée suivante, M.. Essiinger forma des relations avec lui. Il le voyait très-sbuyent pendant que son régiment était en garnison à Paris ou à Versailles. En général, il. était heureux d'apprendre quelques nouvelles conversions , parce qu'elles venaient en aide à ses convictions et servaient beaucoup à les affermir. Cependant pour lui le moment de la grâce n'était pas encore arrivé. L'ennemi des hommes employait toutes les subtilités imaginables pour le retenir dans Terreur et Tempêcher de faire le pas décisif, indispensable pour son salut. II pensait comme plusieurs protestants convaincus de la vérité, mais qui luttent encore contre elle , qu'il suffisait d'être catholique dans son cœur; que ce serait un trop grand chagrin pour sa famille de le voir changer de religion; qu'au bout de quelques années il aurait sa pension , et qu'alors il serait plus libre, etc., etc.
A cette époque , il entra en relation avec les principaux rédacteurs du Mémorial catholique , qui, la plupart , étaient prêtres. Il leur disait dans Tintimité : Je suis des vôtres ; et se consultait avec eux sur les moyens ôe servir mieux la cause du catholicisme. C'est dans ces dispositions qu'il fournit à ce journal plusieurs articles remarquables qui parurent successivement depuis 1827 et dont voici la liste :
De l'amour de la vérité comme principe de salut, 1827.
Quelques réflexions sur la maxime chrétienne : Hors de TEgliseil n'y a point de salut, 1827.
Eclaircissement sur cespatvles de saint Paul : Bationabile sit obsequium vestrum.
Réflexions d'un ministre protestant sur le système de TE» glise anglicane , 1828.
Quelques fragments de la seconde partie de l'ouvrage de M. Mœhlery sur Funité de l'Eglise^ 1828.
La théorie sociale de V Evangile. — Paroles de paix aux :^aUicans et aux ultramontains , 1829.
Examen d*un mémoire pour ^abolition du célibat pressait au clergé catholique ,1830.
Le procès de Galilée , diaprés le Staatsmann (journal al- Jmand)^ 1830.
*' Synode dUlster^ en Irlande, 1830.
' Le rationalisme récompensé et protégé par des gouver- 'tièments protestants ^ 1830.
^ Dans tODS ces articles, écrits avec beaucoup de mesure et
^adresse , il n'y avait pas la moindre trace de protestan-
. De plus , il traduisit en allemand Fouvrage de M.
hé Gerbet : Sur les fondements de la certitude , et il re-
NheiHait dans les journaux étrangers , sous le titre de Nou-
Bes et Variétés , les faits les plus curieux, toujours choisis
ee discernement et dans l'intérêt de la religion catholique.
voit qu'il aimait à défendre notre foi , sans lui appartenir
eore autrement que par ses convictions ; mais il avait dès
emps formé la résolution de Tembrasser un jour, et
de se dévouer à Tétat ecclésiastique. Une dame catho-
e lui ayant demandé à cette époque sll était marié : Non,
ame, répondit-il brusquement; vous me verrez plutôt
itre catholique que mari.
■ ' Cependant Tannée se passa sans qu'il se décidât à faire son
d)]iiration; mais la révolution de 1830 survint, et M. Es-
iHnger perdit sa place d'aumônier , par le licenciement des
lAnipes suisses, et se trouva sans pension de réforme , mais
'r Bon sans ressources , puisqu'il avait le fruit de ses épargnes
l ^ son patrimoine futur. Peu de mois après son retour dans
Sr«i patrie , on l'appela à Fribourg pour travailler à la rédac-
tei d'un Journal politique religieux qu'on venait d'y fonder,
«t qu'il rédigea bientôt presque seul et avec un véritable ta-
fct. Entre autres articles remarquables qu'il publia dans le [. ^éfidique ( c'était le titre du journal ) , les publicités appré-
cièrent surtout les deux suivants , qui parurent dans une suite de numéros : Sur le système fédératif et les concordats politiques^ contre le système de l'unité révolutionnaire; et l'autre : Sur les moyens de rétablir la ligue suisse.
Cependant le moment marqué par la Providence pour le retour à l'Eglise de cet homme au coeur droit et aux convictions profondes s'approchait. M. Ësslinger, en venant diriger à Fribourg un journal de principes tout catholiques , s'était déjà prononcé aux yeux du public et surtout de ses compatriotes. Un concours de circonstances extraordinaires , et en particulier la conduite d'un ancien ami , M. Fuessli , aujourd'hui antistes ou président du consistoire zuriquois , qui , dans l'intention de retenir son collègue dans le protestantisme, fit justement ce qui devait l'en détacher^ amenèrent enfin le triomphe de la vérité dans le cœur de celui dont l'esprit lui était acquis déjà depuis longtemps.
M. Esslinger adressa, en février 183t , une lettre au conseil ecclésiastique de Zurich pour lui annoncer sa réunion prochaine à l'Eglise catholique, rédigée par lui-même en allemand et en français ; elle a été rendue publique par la voie de l'impression. « Cette lettre , au jugement de M. de Hal- 1er, bien à même de l'apprécier, est un chef-d'œuvre de logique et de haute philosophie, par l'opposition nette et précise des principes fondamentaux du catholicisme , toujours conséquent avec lui-même, et du protestantisme , qui réduit ses partisans à d'éternelles contradictions. »
Voici comme il s'exprime dans l'avant-propos :
« L'indifférentisme seul peut s'élever d'une manière absolue contre ce que Ton appelle changement de religion. Mais ce droit , le protestantisme ne l'a pas ; car, prescrire à l'homme d'examiner^ c'est le mettre sur la vole qui peut le conduire à ce changement; et ajouter, comme il le fait, que les paroles de l'homme doivent toujours être d'accord avec les convictions de son esprit , c'est poser un principe qui peut
rendre enfin ce changement une impérieuse obligation de conscience.
« Tout ce que l'on peut exiger de l'homme qui change de religion , ou , pour parler plus exactement , qui passe d'une Ëglise dans une autre , c'est qu'il agisse sans précipitation et avec franchise.
a Or, je crois avoir rempli l'une et l'autre de ces conditions.
« Ma conviction de la vérité de la religion catholique ou ( ce qui revient au même pour quiconque veut être chrétien), de la connexion intime et indissoluble entre la révélation et le catholicisme , est pour moi le résultat d'un examen prolongé pendant plusieurs années. J'ai même jeté dans la balance tout ce qui pouvait servir de contre-poids à cette conviction , et ma raison , éclairée par la grâce divine y avait commencé depuis longtemps dans mon esprit l'œuvre de ma conversion, avant que mon cœur pût encore se décider à rompre les liens qui m'attachaient au protestantisme. Je ne me suis donc déterminé que lorsque hésiter plus longtemps eût été non-seulement fermer les yeux aux démonstrations les plus évidentes , mais encore fermer l'oreille aux avertissement les plus formels , aux invitations les plus distinctes , le» plus pressantes que m'adressait la divine Providence.
a Toutes les sociétés humaines , monarchies et républiques , sont ébranlées dans leurs fondements, au moment où je trace ces lignes ; c'est une raison de plus pour s'attacher à cette société immortelle que Jésus-Christ a fondée, en disant : « Vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon « Eglise , et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre « elle. »
L'auteur expose, au commencement de sa lettre, la circonstance qui l'a engagé à l'écrire; puis il en vient aux motifs qui le déterminent àrépudier le protestantisme pour em? brasser le catholicisme.
« Lorsque la connaissance de la langue anglaise me permit d'étudier l'état de TEglise, ou, pour mieux dire , des sectes innombrables qui divisent l'Église d* Angleterre , et qu'en même temps de fréquentes discussions avec des membres distingués du clergé de France, et la lecture des meilleurs ouvrages français de littérature ou de controverse catholique, eurent achevé d'éclairer mon esprit , alors mes derniers doutes se dissipèrent , et les propositions suivantes me furent invinciblement démontrées :
« 1^ Si, en établissant le Christianisme ( et j'entends ici ce mot tel qu'il avait toujours été compris jusqu'à la nouvelle confusion des langues en Allemagne ) Dieu a youlu donner aux hommes une révélation surnaturelle, c'est-à-dire imposer à leur foi des dogmes que n'enseignait pas la religion dite naturelle , des dogmes obligatoires et des préceptes nécessaires au salut , alors la religion protestante ne peut être vraie, car ces mêmes dogmes, articles fondamei^taux de la loi chrétienne , de l'aveu même des premiers réformateurs, ces dogmes , qu'ils ont proclamés hautement avec toute la chrétienté , tels , par exemple , que la nature divine de Jésus-Christ, l'expiation des péchés par le sacrifice de la croix , etc., etc., ont tous été depuis et successivement niés et rejetés par les protestants modernes , plus conséquents que leurs devanciers, et cela en yertu du principe même du protestantisme , qui nie et rejette ce que l'examen particulier décide être inadmissible.
« 2"" Si Dieu a donné aux hommes une révélation (telle que nous venons de la définir), en même temps il doit leur avoir donné le moyen de connaître avec certitude les dogmes révélés dont la connaissance est nécessaire ; et ce moyen ne pouvait être que l'établissement d'une autorité visible , perpétuelle, infaillible , telle enfin qu'elle existe dans l'Eglise catholique.
« 3** Pour être conséquent, il faut donc purement et sim-
^^flement admettre la révélation , ou la rejeter purement et iplement ; il faut , en matière de foi , attribuer le jugement litif , soit à la raison individuelle de chaque homme, soit iTautorité de l'Eglise universelle, c'est-à-dire qu'il fautopentre le rationalisme et le catholicisme.
« Cependant , si , tout en hésitant encore à prendre un ^|Brti décisif, je penchais déjà depuis longtemps pour le ca< l tholicisme , c'était par les considérations suivantes :
« 1** D'un côté , le besoin qu'éprouvait mon esprit d'être iséquent , et, de l'autre, le besoin que mon cœur éprou- It de. continuer à croire les articles de foi qui m'avaient enseignés dans mon enfance , conformément à nos catéismes et nos livres symboliques.
« 2^ Je me disais que le rationaliste , s'il est prédicateur pétien , ne peut enseigner dans ses sermons tout ce que raient ses auditeurs, pour ne pas dire plus, ni ce qu'il croit Uméme, et que, dans les prières publiques qu'il r.e peut mger, il est souvent réduit à proclamer en présence de tteu , tant en son nom qu'au nom des fidèles , telle vérité Ptnijàses yeux, a cessé de l'être. Or, une semblable con- Ibite est déclarée déloyale par beaucoup d'hommes d'hon- Ipeur, bien qu'elle soit défendue ou du moins excusée par des PHinistres protestants de Suisse et d'Allemagne, qui, moins ^nsciencieux sur ce point que plusieurs de leurs confrères fl*Angleterre, n'ont pas eu , comme eux , le courage de renoncer aux émoluments attachés à leurs fonctions ecclésiaslaques.
^ « 3* Une fois que l'on a reconnu philosophiquement la fBonnexion intime entre la vérité de la révélation et la néces- Mlé d'une autorité visible et perpétuelle qui la conserve toulovrs pure et inaltérable , ^ i doit croire aussi que Dieu , qui île refuse jamais à l'homme de bonne volonté les lumières indispensables au salut , lui fera découvrir, par le témoignage des faits, qu'effectivement cette autorité nécessaire