‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 33 sur 39 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Continuation de la lecture de la Bible et du Discours sur l'histoire

uoi?erselle.

Tout , dans la Bible , me frappait de plos en plus. La définition de Dieu donnée par Moïse : « Je suis celui qui suis, » me parut digne de TËtre infini. Ces mots : « Il a dit que la lumière soit , et la lumière fut , » m'étonnaîent par leur grandeur. Toutes les erreurs des païens, des athées et des panthéistes sont détruites par un seul verset de TÉcriture: Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Par un seul acte de sa volonté, Dieu a tiré l'univers du néant. Dieu est la source de tous les êtres ; tout remonte à cette nature bienheureuse , à cette bonté immense, à cette beauté si désirable , à cette source de la vie , à cette lumière spirituelle, à cette sagesse inaccessible. Dieu est le principe de tout ce

, qui existe. Ces mots si simples détruisent tous les systèmes -des sages du siècle. Ils sont la révélation de l'origine du p monde, et la preuve de sa fin. Les choses visibles n'ont comimencé qu'après les invisibles. Le monde spirituel a précédé s le monde sensible,

La parole de conseil dont Dieu se sert pour la création de fc l'homme : « Formons Fhomme à notre image et à notre resi semblance , » me fit profondément réfléchir. Dieu , se par^ r Jant à lui-même, parle à des personnes. L'âme, créée à l'if lûage et ressemblance de la nature divine , doit toujours demeurer unie à celui qui l'a formée ; c'est ce que signifie le souffle divin qui l'a fait naître. L'homme porte en lui l'image de deux grands mystères : le mystère de la Trinité et le mystère de l'Incarnation. Si. Ja Trinité nous présente un Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit , la vie , la puissance et l'amour ; l'âme de l'homme nous offre en elle trois attributs distincts , l'être , la raison et l'amour, tous trois ne faisant qu'une seule âme. la nature humaine et la nature; divine en Jésus-Christ forment une seule personne. L'homme aussi est une substance spirituelle unie à une substance matérielle. Ces deux mystères de l'homme et de Dieu se soutiennent donc et s'éclairent l'un par l'autre. La nature humaine et la nature divine sont unies dans le Rédempteur , comme en nous la' nature matérielle et la nature spirituelle. Sans doute ce sont là des mystères ; mais s'ils sont au-dessus de mon intelligence ils n'ont rien de contraire à m? raison , et ils sont démontrés vrais dès qu'ils sont démontrés révélés. Tout consiste à s'assurer de la révélation. Dieu a parlé par Moïse , il parle par l'Ecriture, et l'Ecriture rend témoignage de deux grandes vérités : la création et la rédemption. Jésus- Christ est aussi visible dans l'Ecriture que Dieu dans Funivers.

La prophétie de Daniel sur la date de la naissance du II. «5.

^ flISTOIRË D'UNE ÂME.

Messie m'étonna par sa précision , et le grand évoque 4e Meaux développe admirablement cette preuve éclatante de la religion. Daniel , pendant la captivité de Babylone, annonce que le Christ paraîtra et sera mis à mort , Christus occidetur^ soixante-dix semaines d'années après Tédit publié par Artaxerxès pour, rebâtir Jérusalem ; que le peufile qvi Taara renié ne sera plus son peuple | et qu'on autre peuple , dépendant d'un autre chef, viendra et détruira la ville et le« sanctuaire ^ Prophétie merveilleuse accomplie par la iBort.de Jésus et rentrée des Romains à Jérusalem I Gomment donter de l'existence de cette prophétie antérieurement à Jésus-Christ? Et comment ^pliquer sans Jésus-Chriat nonseulement les prédictions qui déterminent le temps de la venue du Messie, mais encore celles qui décrivent sa personne, Fœuvre accomplie par lui dans le monde , et les moyens qu'il devait employer pour l'accomplir? Toutes ces prophéties , si frappantes aujourd'hui , étaient interprétées par la Synagogue avant la venue du \fess)e comme nous les interprétons nous-mêmes depuis sa venue ; c'est depuis la mort de Jésus^hrist que les Juifs ont cherché à les obscurcir. Comment comprendre, sans le dessein formel de Dieu de manifester le Messie à l'univers « l'état actuel des Juifs dispersés dans le monde entier^ pour attester la promesse d'un Messie?

Dans toutes les parties du monde connu, on trouve une Synagogue, et l'on voit un peuple à genoux devant le livre qui contient son histoire, devant la loi qui lui fut donnée au Sinaî , devant les oracles annonçant le Sauveur du monde. Ce livre est fermé depuis plus de deux mille ans, et le peuple qui le conserve fidèlement atteste son authenticité, ce people

1 Les soixante-dix semaines d*années fonnent , depuis la captivité de Babylone, lesqnatre cent quatre-vingt-dix ans après lesquels le Messie devait paraître dans le monde.

]ae cinq mille ans n'ont pn détruire ni même altérer, qui est à Péprenve dn temps , de la fcNrtane et des conquérants, ot dont les lois, les moeurs et les rites dureront autant que le monde, malgré les haines et les persécutions du genre humain; ce peuple était le seul, avant la venue de lésus-Christ , qui crût à l'unité de Dieu ; les autres nations étalent alors plongées dans Tidolâtrie. Le livre des Juifs, porté par eux dans tout l'univers , et qui intéresse à un si haut élegré l'humanité , contient la grande promesse faite à Adam , à Seth', à Noé, à Abraham , à Isaac, à Jacob ; il est conservé par un grand peuple sorti de la famille de Jacob, il est le plus anci^imonumentderhistoire du monde primitif. Le commencement de ce livre a été conservé par les Samaritains quand ils se séparèrent de Jérusalem , et le texte se Ht encore entre les mains de quelques débris de Samarie retrouvés au pied du Liban. Trois cents ans avant Jésus-Christ, la Bible a été traduite en grec par les Septante, et cette traduction a rendu Impossibles les altérations du texte et les falsifications qu'auraient pu vouloir y introduire les Juifs et les Chrétiens. Ce livre , qui annonce au monde un Messie , on décrit d'avance tons les traits.

Gomment un envoyé de Dieu pouvait-il prouver sa mission autrement que par des prophéties et par des miracles? Et je vois Jésus-Christ établissant son autorité d'abord sur des prophéties, ensuite sur des miracles. Sondez les Ecritures^ dit Jésus-Christ , elles vous parleront de moi; voyez mes œuvres, elles me rendent témoignage. Ce n'est que plus tard que j'ai appris à soulever les voiles mystiques dont PEcriture est couverte , et à trouver le sens caché renfermé dans le sens littéral.

Je m'étais dit souvent : Les miracles , pour être admis comme preuve d'une révélation, doivent être des faits publies, palpables 9 visiblement contraires aux lois de la nature , et non pas des prestiges propres à fasciner les yeux.

408 HISTOIRE D'UNB AMB.

Les témoins de ces miracles doivent être à l'abri de tonte illusion et de tout soupçon d'imposture.

Il faut que les faits miraculeux n'aient pu être exagérés, altérés ou supposés.

Et ces miracles de Jésus- Christ , qui étaient toi» des bioifaits, ont eu des témoins, et ces témoins sont morts pour attester ce qu'ils ont vu, et ces témoins sont les apôtres 1 Ils assurent qu'ils ont vu Jésus-Christ , qu'ils ont mangé et conversé avec lui depuis sa résurrection, qu'ils l'ont va monter au ciel. Leur témoignage a été scellé de leur sasg. 11 a reçu pendant trois siècles le sceau de la certitude historique par le témoignage de leurs disciples et des àîar ciples de leurs disciples. Ceux-ci ont soutenu par milliers, Jusqu'à la mort, qu'ils avaient vu les miracles des apôtres, et le monde a été changé parce qu'il a vu les merveilles opérées au nom de Jésus-Christ.

Jq remarquai dès-lors la grande différence qui existe entre les martyrs du Christianisme et les martyrs des autres religions. Les martyrs des chrétiens sont de véritables témoins dans le sens du mot grec martùr. £n effet, les apôtres ne sont pas morts pour affirmer que Jésus-Christ était Dieu , comme les Mahomêtans ont pu mourir pour soutenir que Mahom^ était un prophète ; ils sont morts pour attester des faits qu'ils ont vus et sur lesquels ils n'ont pu tromper ni être trompés. Ce ne sont pas des fanatiques séduits par un grand homme, mais des témoins de faits miraculeux y et de faits sur lesquels leur témoignage pouvait s'exercer comme sur des faits naturels. Cette distinction me frappa ; elle était de Ja lumière pour moi.

Je dois dire que, dans mon examen du Christianisme, je n'ai jamais cédé sur aucun point sans être arrivé à la conviction , sans avoir donné une adhésion complète à chaque point, objet de mes doutes. J'ajouterai encore qu'à mesure que j'étudiais la religion , j'avais le sentiment intérieur

HISTOIRE lyUNË AME; 40»

de sa vérité, et qae ce sentiment était une impression de lumière et de force , impression vraiment irrésistible.

Bossnet me fit encore entrevoir que Ihistoire était soumise à l'action providentielle, et qu'il y avait une raison divine des évéaements de ce monde. Cette vérité m^apparut seulement alors. Aujourd hui elle fait ma joie et ma contemplation. L'ensemble et la liaison secrète de. tout ce qui se passe autour de nous prouvent que les caprices et les passions des hommes ne changent rien aux 4essei&s de Dieu. Je ccHnprends aujourd'hui que Dieu est aussi grand dans le gouvernement moral que dans le gouvernement physique de l'univers , dans la marche des empires que dans la vie d'une âme. Mais Thistoire a été longtemps pour moi un livre fermé.

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