‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 36 sur 39 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Mes études philosophiques.

Je ne puis trop redire le bonheur que j'éprouvais de voir toutes mes objections disparaître une à une. Je me suis déjà servi de la comparaison des brouillards des Alpes, et de la lumière qui les dissipe ; je la retrouve dans le Dante. Permettez-moi de la citer ici :

Ricorditi, lettor, se mai nçU' Alpe Ti colse nebbia per laquai vedessi Non allrimenti che per pelle talpe , Come, qiiando i vapori umidi e spessi A diradar cominciansi, la spera

Del sol debilemente entra per essi :

£ fia la tua immagine leggiera In giiigoere a veder, coin' io rividi Lo sole.

a O lecteur^ si jamais , dans les Alpes , tu as été surpris par un brouillard à travers lequel on ne pût pas plus distinguer les objets , que certains animaux ne peuvent les reconnaître à travers la peau qui recouvre leurs yeux, rappelletoi comment le rayon du soleil pénètre peu à peu les noires et humides vapeurs , quand elles commencent à se dissiper, et tu auras une faible idée de Taspect que m^offrit le soleil, d

J'avais lu la philosophie sèche de Gondillac, et je n'en avais rapporté que des doutes. Je me vois encore emportant dans mes promenades le Traité d^s sensations y que me vantaient mes camarades de collège, imbus alors de tous les préjugés philosophiques. Ce livre me glaça. Cette statue recevant l'esprit successivement par ses sens me paraissait une idée froide et triste. Mais Voltaire m'avait tant répété Taxiôme d'Aristote : Rien ne peut être dans Tesprit qu'il n'ait été auparavant dans les sens, nihil est in intellectu quàm priùs fuerit in sensu y que je subissais encore son influence, même à mon insu. Je crus donc quelque temps , avec Condillac , que nos pensées étaient des sensations transformées^ et avec Locke , que la matière pouvait être susceptible de la faculté de penser.

D'après Hume et d'après Locke , il n'existe ni esprit ni matière ; il n'existe que dès esprits sans objet , sans sujet ; ombres vaines que Timagination retient suspendues en quelque sorte sur l'abîme du néant universel.

Locke , Berkeley et Hume anéantissaient l'esprit et la matière. Le scepticisme universel est le résultat de cette philosophie.

J'étudiai Platon, Descartes, Malebranche, et le Traité

416 IISTOltE ïïXmE AME.

de la connaissance de Dieu H de sai-méaie, dm Bossiet, et toutes ces études m^amenèfCHt à ces «ndiiBaiis phiksophiqoes si simples et si daires:

« Il T a en dehors de nous vue raisoo enmtîeUe^ cou- OMoe É tootes les inteUî^mees, «ne Innièfc clenMilf, sapérieare à nos esprits, qm eontient en dle-mênK tons le prindpes des seîcnees et des arts, tons les princ^es de b nxMraJe et des lob que nous devons sniTie; en nn mot, ane raiaon suprême, neeessairanoit rrHtantf

«fljaen nons une raison nataiciie, commune à tons les hommes, qm est nn don dn Gréateor ; c*esl rmîi, ponraiBii d*re, qoe noos avons reçn pour eontempler la Inmiàcdeb raison sapréme . ponr en recevoir ki rajonsdans notretae et pov les développer par notre attention.

«^ il T a anssi dans le mondaine mpeee de raison'arbitraire, one raison €setîee on de imilâiin purement humaine qncciiaron se Sait a Ini-mésne sein» ses vues partiettiiereS: pour b sttlelîtucr à la place de la nKon nnivcrseile dans ses rai- >4MiDfments« et plus CBCore dans sa eondnite. » Noire rai- <:.« e^ done le resard ée notre ime, et doit s'aitacber à re- «rhc^reber la veiite^ a Tabieée la rainnde Dieu, qui coiisene iie> (oamMXfikatioQS 'LoeiS&hfas aveir la raison de rhomme. »

Vecld Sa pkiSQ6oç>&iif à laq|Qelle J^airivafi après avoir Ira- \irr$e eelle de Locke tt de Cnaditfae.

Avee Desimrtes et MaMraneiK /avais trouvé nn terrain !$ol:d^. et je dos afoutaripie les onvraes de M. de Booaid sur Ta natftaçhTsîqQe fotfttoent en mot la piûlosophie spinluafe>Ceet eathioliqQe» Ses duseit^ùns sur cette belle qw^tkmp^^^isiîe par K-Kiâseoix: La parole a éfee nécessaire à lliomine pour isiveoter fa poroie . me la v it e nt d*admîralion. « Poor (BK^ X vlxl RiXifis^fim ^ oimvmDisii de nmpaBsîhttUé presque dé BQb.'iHt'Vi^ q«e 'e$. hm^eoes aient pn naître et se former par des iM>>^^ttc^ yunfmeot btumam»^ ]e {aisée a qui voudra leotre-

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