LES CONCILES
An de Jésus-Christ 50. — Concile des apôtres ^ Unu ^
à Jérusalem.
Il eut lieu h l'occasion des troubles qui agitaient TE^if d'Antioche, où quelques Chrétiens, qui avaient appartenu i la secte des pharisiens , soutenaient qu'il fallait les gentils, et leur faire observer la loi de Moïse. Kerre fit l'ouverture de ce premier concile , en pronon^ les paroles suivantes : « Mes frères , vous savez que d< longtemps Dieu m'a choisi pour faire connaître l'Evi aux Gentils par ma bouche, afin qulls crussent ; et Dien^l qui connaît les cœurs, a rendu témoignage à leur foi, lenrt donnant le Saint-Esprit comme à nous, sans distinction. Pourquoi donc tentez-vous Dieu , imposant aux disciples ta joug, que nos pères, ni nous, n'avons pu porter? Maisnooi espérons être sauvés par la grâce de notre Seigneur Jésns- Christ, aussi bien qu'eux. « Toute la multitude étant restée en silence après le discours de Saint Pierre , saint Paul et saint Barnabe racontèrent les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par leur ministère chez les Gentils (Act. 15, 13).
An 196. — Concile de Césarée, au sttjet de la célébraUim
de la Pâque.
La question de la Pâque y fut examinée avec {beaucoup
de soin , et il y fdt arrêté quç cette fête serait célébrée le , dimanche. Les Pères y prouvèrent ( saint Jérôme , liv. des Hommes illîistres j ^. US)., par l'autorité d'une tradition non- interrompue depuis les apôtres , qu'on devait la célébrer ce jour- là. Le pape saint Victor convoc^ua vers le même temps un concile à Rome pour résoudre la même difficulté. On voyait encore du temps d'Eusèbe la lettre synodale du concile de Rome ( Eusèb. Hist eccL, liv. 5, cb. 23 , p. 190).
An 243. — Concile d* Arabie,
Dans ce Concile , Origène entre en conférence avec Bérylie de Rostres , évéque , qui était tombé dans plusieurs erreurs au sujet de la Divinité de Jésus-Christ. On voyait encore au temps d'Ëusèbe les actes de tout ce qui s'était passé dans ce concile : les mémoires de Bérylle , le résultat et la décision du synode assemblé contre lui , les questions qui loi furent proposées par Origène, et les conférences qu'ils eurent ensemble dans l'église de Rostres. Socrate a invoqué, l'autorité de ce concile pour prouver que le Verbe| en jse faisant homme , a pris non-seulement un corps , mais aussi une âme humaine (Eusèb. , £i'5^ eccL^ ch. 33, p. 231).
An 246. — Concile d'Asie , contre les erreurs de
ISoétius.
Cet hérésiarque enseignait que Jésus-Christ était la inéme personne que le Père. Il désavoua d'abord ses erreurs devait les prêtres d'Asie, qui l'avaient fait comparaître devant eux, . mais il y retomba bientôt. Mandé de nouveau devant le concile, il persévéra dans son impiété , en disant quel mal il faisait, puisqu'il honorait Jésus-Christ , et qu'il ne reconnaissait qu'un seul Dieu qui était né , qui avait souffert et qui était
mort? Les prêtres lai répondirent qu'ils ne reconnaissaient non plus qu'un seul Dieu , mais qu'ils reconnaissaient aussi Jésus-Christ ; qu'ils reconnaissaient le Tils , qui a souffert pour nous, qui est mort, qui est ressuscité le troisième jour, qui est assis à la droite du Père, qui viendra juger les vivants et les morts. Noétius ftit retranché du sein de l'Eglise (Epiph. Hérés., 58 , p. 489).
An 356. — Concile de Carêhage.
Saint Gyprien présida ce concile. Cécile , évéque de Bilta , s'exprima ainsi : a Je ne connais qu'un baptême dans l'Eglise, et n'en connais point hors de l'Eglise. Cet unique l>aptéme ne peut être que là où se trouve la véritable espérance et la véritable foi ; car il est écrit : « Il n'y a qu'une foi , qu'une espérance et qu'un baptême. » Némésien de Thubunes démontra dans un long discours la nullité du baptême des bérétlques , et appuya son avis de plusieurs passages de TE. criture, en rapportant les paroles de saint Jean , où Jésus- Christ dit : « Si l'on ne renaît de l'eau et de l'Esprit, on ne peut entrer 4an8 le royaume des cieux. »
An 263. — Concile de Rome.
Il fût assemblé par le pape saint Denis , au sujet de la doctrine qu'on attribuait à saint Denis d'Alexandrie, dans une lettre adressée par celui-ci au pape saint Sixte relativement à l'hérésie de Sabellius , qui niait l'incarnation , la descente aux enfers , la résurrection. Saint Dents d'Alexandrie avait écrit dans le même temps ^ au sujet de Sabellius, une lettre àEuphranor et à Ammone,dans laquelle, combattant ses erreurs, et voulant prouver contre lui la distinction des personnes divines , Il insistait sur ce que Jésus-Christ a dit de lui-même : « Je suis la vigne, et mon Père le vigneron. »
DE JÉSUS-CHRIST. Si
Shiint Denis d'Alexandrie répondit au concile par an ouvrage Ayisé en trois livres , intitulé : Réfutation et Apologie , où Il se Justifiait entièrement des erreurs qu'on lui attribuait pUv. des Synod. p. 757).
An 264. — Concile d'Antioche.
Il eut pour objet de condamner les erreurs de Paul de Sa» Daosate , qui avait succédé à Démétrien dans le siège épiscopal d'Antiocbe, qu'il déshonora autant par le dérèglement 9e ses mœurs que par Timpiété de sa doctrine au sujet de Jé- As-Christ et de sa Divinité. Il prétendait , entre autres errtnrs, que Jésus-Christ n'avait commencé d'être que lors de n naissance de Marie, et qu'il avait reçu d'elle le commen- Bonent de son être. Il fallut convoquer successivement trois SSpeiles pour convaincre d'erreur Paul de Samosate , qui mssait toujours espérer sa rétractation. Il fut déposé et extemmunié par le concile (Eu^h,^ Hist. eccL^ liv. 7, ch. 30^ ^ 282).
An 321 . — Concile d^ Alexandrie,
Ce concile condamna Arius, qui niait la divinité de Jésus- Christ, ou qui ne la croyait pas entière et conformément au âogmede l'Eglise. Aii nombre des sectateurs d'Arius, fiîïu- Ment deux évéques , Second de Ptolémaïde dans la Pentajfeple, et Théonas de Marmarique; sept prêtres, Âchillas, ^thale , Carpon , un autre Arius , Sarmate , Corès , Piste , rit onze diacres.
An 325. — Concile œcuménique de Nicée,
r On sait que , dans ce concile célèbre , les Pères assemblés, ^rès avoir réftité toutes les erreurs soulevées par les Ariens, ^ 11. 9.
dressèrent cette profession de foi, qu*on appelle le Symbole de Nieéc. Ce fut Osius, qui fut chargé de la rédaction , et Hermogènes , depuis évéque de Césarée en* Cappadooe, de le transcrire et de le réciter devant le concile. Ce symlMiB est devenu le régulateur de la foi , surtout en ce qui coneene la divinité de Jésus-Christ , puisqu'il y est dit : « Nms croyons en un seul Seigneur Jésus-Christ , fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire de la substance da Père ; Dieu de Dieu , lumière de lumière , vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel au Pèrai par qui toutes choses ont été faites dans le ciel et sur k terre. »
Ce grand et invincible Symbole , comme rappelle saint Bisile (Bas. Lett. 81 , p. 174) , seul capable de ruiner toatn sortes d'impiétés , a servi dans la suite de rempart contre tous les efforts du démon ; il a été comme un roc , contre l^ quel toutes les vagues de Thérésie se sont brisées.
An 351. — Grand Concile de Sirmium.
Les évéques assemblés dans ce concile, ayant recooM que Photin renouvelait les erreurs de Sabellius de Lybie et de Paul de Samosate , le déposèrent. Ils composèrent enntte le célèbre Formulaire, dont nous citons ici quelques paieiges. 11 commence ainsi : a Nous croyons en un seul Dieo, Père tout-Puissant... et en son Fils unique , notre Seigneur, qui est né du Père avant tous les siècles; Dieu de Dieu, lumière de lumière, par qui toutes choses ont été faites au dd et sur la terre., visibles et invisibles ; qui e^st Verbe et sigesse , vertu et vie et vraie lumière ; qui , dans les demiefi temps , a été fait chair pour nous , est né de la sainte Vierge, a été crucifié , est mort, est ressuscité, est monté au del.> Ce Symbole est suivi de vingt-sept formules d'anathèmee. dont la plupart sont dirigés contre ceux qui ne croiraient
DE JÉSDS-CHRIST. 85
pas à la divinité du Fils , telle qu'elle est anuoneée dans le Symbole.
- Tel est ce premier Formulaire de Sirmium , où saint Hilaire remarque , chez les évèques qui le composèrent , une attention extrême à rechercher la vérité; beaucoup de netteté et d'exactitude dans l'exposition de lear croyance. Selon lui 9 leurs sentiments au sujet du Verbe divin, son origine d'un principe existant et de la substance de Dieu, son éternité , sont exposés d'une manière sincère, et de nature à éloigner toutes les ambiguïtés. Ils s'expliquent aussi nettement sur sa divinité et même son identité d'essence avec le Père. En parlant de son incarnation et des infirmités de sa chair, ils lui conservent en tant que Dieu toute sa grandeur (Saint Hifl., iSyn.,p. 1177).
An 341. — Concile de LaotUeée^
Le trente-cinquième canon de ce concile s'exprime ainsi : « Il ne faut pas que les Chrétiens quittent l'Eglise de Dieu pour aller invoquer des anges et faire des assemblées défendues. Si donc on trouve quelqu'un adonné à cette idolâtrie cachée , qu'il soit anathème , parce qu'il a laissé notre Seigneur Jé&us-Christ , Fils de Dieu , pour s'abandonner à l'idolâtrie ( Conc. XXV ).
An 859. — Concile de Eimini
Le concile fit lire les professions de foi des sectes, qui prétendirent toutes avoir la véritable foi , ensuite celle du concile de Nieée, à laquelle seule il s'arrêta , rejetant toutes les autres, et rédigea son décret à peu près en ces termes : « Nous croyons que le moyen d'être agréable à tous les catholiques , est de ne point nous éloigner du symbole que nous avons appris , et dont nous avoDsreconnu la vérité après en
S4 LA BIYI^ITÉ
avoir conféré toas ensemble. C'est la foi qne nous avoDs re- ^ çue par les prophètes de Dieu le Père , par Jésus-Christ notre Seigneur, que le Saint-Esprit nous a enseignée par les apôtres , jusqu'au concile de Nicée , et qui subsiste toij^oars la même à présent. Nous croyons qu'on ne doit rien y ajouter ni ri^n en retrancher. Tous les évêques catholiques, sans en exepter un seul , souscrivirent à ce décret. (St. Hil. fragm.7, p. 1 34 1 .] » Les m^mes évêques ajoutèrent encore à l'occasioD j des hérésie^ d'Arius :«.... C'est pourquoi nous la condamnons avec toutes les hérésies qui se sont élevées eootre la tradition catholique et apostolique , comme elles ont d^ été condamnées par les conciles précédents. Nous anathématisons donc ceux qui disent que le fils de Dieu a été tiré dn néant, ou d'une autre substance que le Père, et qu'il n'est pas vrai Dieu de vrai Dieu. Et si quelqu'un dit que le Père et le Fils sont deux dieux , c'est-à-dire deux principes , neoon- < fessant pas une même divinité du Père et du Fils, qu*il soit anathéme; si quelqu'un dit que le Fils a été fait ou créé, qu'il soit anathéme ; si quelqu'un dit que le Fils de DieD a commencé d'être , lorsqu'il est né de la vierge Marie , ou qQH y avait un temps dans lequel il n'était pas, qu'il soit anathéme si quelqu'un dit que le Fils de Dieu a été fait Am
le temps , ou qu'il est un pur homme , et ne confesse "gM qu'il est né de Dieu le Père avant tous les siècles, qu'il fxA anathéme.... si quelqu'un dit que toutes choses ont été créées non par le Verbe , mais sans lui et avant lui ; qu'il soit anathéme. » Tels sont les principaux anathêmes formulés par ce ! concile contre les diverses erreurs d'Arius, de Photin et de j^ Sabellius ( St. Hil. ibid. ).
Des députés furent envoyés auprès de l'empereur Constantin , pour lui faire connaître le résultat du concile, ^.viec une lettre que le concile écrivit à l'empereur , et qui se trouve rapportée tout entière dans les écrivains ecclésiastiques, entre autres dans les écrits de saint Athanase. Elle commence
DE JÉSUS-€PRI$T. 8ff
en ces termes : « Pour obéir à l'ordre de Dieu et aux inspirations de votre haute piété , nous nous sommes assemblés de toutes les provinces de TOccldent dans la ville de Rim'ini, afin de faire connaître à tout le monde quelle est la vraie foi de l'Ëglise et qui sont ceux qui la combattent par leurs hérésies. Après donc en avoir délibéré, nous avons pensé qn^on devait s'en tenir à la foi qui dure depuis tant de siècles, et que nous avons reçue par la prédication des prophètes, des évangélistes et des apôtres de notre Seigneur Jésus- Christ s protecteur de votre empire. »
An 360. — Concile de ConstanUnople,
Ce concile condamna Aêtius , dont les écrits ont été réfutés par saint Epiphane. Aêtius avait écrit en outre plusieurs lettres à l'empereur Constantin et à d'autres personnes où il s'efforçait d attaquer par des arguments captieux les bases de la religion : ce qui lui avait fait donner le surnom d'athée. Saint Basile parle de ces lettres, et dit que cet hérétique prétendait démontrer la dissemblance des personnes divines par ce pass£|ge de saint Paul « Il y a un Dieu le Père qui est tout, et un Seigneur Jésus-Christ par qui est tout, et un Saint-Esprit en qui est tout ce qui est. » (St. Bas. du Saint- Esprit y tom. 3, ch. 2, p. 4. )
An 361. — Concile de Paris.
Ce concile s'asseinbla pour condamner les erreurs d'Arius. Voilà le commencement de la lettre synodale, qui fut rédigée par les évêques de ce concile : « A leurs bienaimés et très-heureux confrères dans le sacerdoce les évoques de rOrient qui demeurent en Jésus-Christ dans l'étendue de plusieurs provinces, les évêques des Gaules, salut. Nous rendons grâce à Dieu le Père par notre Sei-
gnenr Jésiis-Ghrist dans tout le sentiment de notre vie et de notre fol, de ce qnll nons a établis dans la lomièra deit science de sa fol, par la doctrine des pnq^hètes et des apôtres.... Toute l'espérance pleine et entière de notre saint ot de reconnaître Dieu le père tont-i^uissant par Jésns-Oiilit son fils unique dans son Saint-Esprit... Nous croyons qM le Fils de Dieu est semblable à Dieu son père , puisqu'il est Mmage invisible de Dieu... C'est ce que Jésus-Christ lui -mime a fait connaître, en disant à ses disciples : « Mon Père et moi nous sommes une même chose; » exprimant ainsi- non-seoto* ment l'amour qui unit le Fils au Père, mais aussi TunHéde la nature divine , telle qoe doit la posséder un Dieu qui procède d'un Dieu , suivant ces autres paroles du Christ : « Ceisl qui me voit , voit mon Père: Si vous ne me croyez pas , crqrei À mes œuvres, afin que vous connaissiez et que vous croytai que le Père est en moi et moi dans le Père. » ( St. Jean 10, 9 et 88. ).... Nous croyons aussi que le Fils de Dieu a diél à son Père jusqu'à la mort, même la mort de la croix, puisqu'il a dit en parlant de sa future ascension dans le ciel : « Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vous al dit , que je m'en vais à mon Père , parceqne mon Père est plas grand que moi (Id. 14, 28). » ... Que s'il se troave quelqu'un dans les Gaules qui combatte ce que nous venoDS de confesser, nous protestons etc. etc. (St. Hll. fragm. tl)
p. lasa).
An 363. -^ Concile d^ Alexandrie.
L'un des premiers soins de l'empereur Jovien , lorsqall fût parvenu à l'empire, fut de rendre le gouvernement des Eglises à ceux qui faisaient profession de la foi du concile de Nicée, et de rappeler les évéques bannis sous Julien, et principalement saint Athanase. Il écrivit même à celui-ci une lettre par laquelle il le priait de lui envoyer par écrit une
Instractlon exacte sur les principaux articleft de la foi, alors compromise par un grand nombre de sectes et d*hérésies. Ce fut pour satisfaire à cette demande de l'empereur que saint Athauase assembla le concile d'Alexandrie de Tannée 363. Les évèques réunis écrivirent à l'empereur une lettre , dans laquelle ils disaient : « La véritable foi en notre Seigneur Jésus-Christ peut être facilement reconnue par tout le inonde, puisqu'elle est clairement exprimée dans les di« vines Ecritures , où il est facile de la lire... Saches donc , empereur très-aimé de Dieu, que la foi, établie au concile de Nicée, est la même qui a été préchée de tout temps et dans toutes les églises du monde entier; et surtout dans celles de la Bretagne, des Gaules, de toute l'Italie, dans toutes celles d'Afrique, de Sardaigne, de Chypre, de Crète, de la Pamphilie, de la Lycie, de l'isaurie, de toute l'Egypte et de la Lybie , du Pont , de la Cappadoce , et dans toutes les églises d'Orient , à l'exeption du petit nombre de celles qui ont eu le malheur de tomber dans les erreurs d'Arius.
An 375. — Concile d'IUyrie.
Le concile dlllyrie s'assembla sur le désir et sous les ans* pices de l'empereur Valentinlen ; il avait pour objet de détruire les hérésies qui agitaient les provinces de ce nom.
Les évêques , assemblés en grand nombre , déclarèrent qu'ils professaient au sujet de la consubstantialité des trois personnes divines et de l'incamation du Verbe, ce qui avait été enseigné dans les conciles précédents , tenus à Nicée, à Ro« ,me et dans les Gaules : c'est-à-dire qu'ils croyaient en une seule et même substance du Père , du Fils et du Saint-Esprit en trois personnes; et que Jésus-Christ est un 'Dieu portant la chair, et non un homme portant la divinité.
An 379. — Concile de Rome.
Il eut lieu pour combattre plusieurs hérésies et pour recevoir ceux qui voudraient rentrer dans le sein de l'Eglise. Ce concile rédigea une confession de foi qui approuve en too^ points celle de Nicée. Parmi les formules d*anathéme dirigées contre les hérétiques , nous remarquons les suivantes , relatives à la Divinité de Jésus-Christ : « Si quelqu'un ne confesse pas que le Fils est né du Père , c'est-à-dire de sa si^hstacee divine , qu'il soit anathême... Celui qui ne confesse pas que le Père a fait toutes les créatures visibles et invisibles par le Fils qui s'est incarné, qu'il soit anathême ; de même celui qui nedira pas que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'ont qu'une divinité , une majesté , une puissance , une gloire , qu'il soit anathême.... le nom de Dieux ( au nombre pluriel, ) a été donné par Dieu même aux anges et aux saints , mais il n'a pas été donné au Père , au Fils et au Saint-Esprit ; c'est le nom Dieu (au nombre singulier, ) qui leur a été donné à cause de l'unité et de l'égalité de leur divinité , afin que nous sachions que nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Le salut des chrétiens est donc fondé sur le baptême au nom de la Trinité, c'est-à-dire, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et sur la croyance qu'en cette trinilé , il n'y a qu'une même divinité, une même puissance , une même majesté, une même substance. Telle est la confession de foi du concile de Rome.
An 381. Concile de Constantinople.
Les Pères du concile de Constantinople travaillèrent au rétablissement et à l'affermissement de la foi contre les hérésies. Le symbole qui y fut rédigé , comprend celui de Nicée tout entier ; mais il est plus étendu sous quelques rapports et forme
M JÉSUS-OmiST. 89
avec celui de Nicée le symbole adopté depoiB longtemps par les Chréttens^ e*est le symbole où Ton dit : « Il est descendu des deax et s'est Incarné par le Saint-Esprit et de la vierge Marie, et s'est fait homme; 11 a été crucifié pour nous sous Rmce-Pilate; il a souffert , il a été enseveli; et il est ressuscité le troisième Jour, suivant les Ecritures ; 11 est monté aux deux , il est assis à la droite du Père , d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Son règne n*aura point de fin. Noos croyons en une église catholique. ( Théodor. liv. 5 , èh.9. )
An 381. — Concile, éCAquiUe.
On y reconnut contre les Ariens, Tétemitédu fils de Dieu, 81 divinité , son incorruptibilité et son immortalité selon la génération divine, sa sagesse , sa bonté, sa puissance. Saint Amhroise eot la plus grande part dans tout ce qui se fit dans ce concile; on y discuta et condamna une lettre d'Arius.
An 898. — Concile général d^ Afrique ^ à Hippone.
Saint Augustin , alors prêtre de TEglise d*Hippone , ftit chargé de fidre en présence de cette auguste assemblée une explication du symbole. Cette explication donna lieu an célèbre discours qu'il composa h ce sujet, et qui se trouve parmi ses œuvres , sous le titre de la foi et du symbole. ( vie de saint Aug. chap. 7 , par Possidonius. )
An 897. — Concile de Carthage.
Ce concile fit un assez grand nombre de canons relatife à la discipline. On lit dans le vingt-quatrième : « on n'offrira anr l'autel pour le sacrement du corps et du sang de Notre- Selgneur Jésus-Christ que ce qu'il a ordonné , c'est-à-dire ,
du pain et du yIa mêlé d'eaa. » ( CioDcil. tom. S , peg. 1061, conc. 24. )
An 412. — Concile de Cirthe.
On a de ce concile une lettre synodale, signée par plosieon évéqdes et par saint Augustin qui s'en reconnaît l'auteur dans son second livre des rétractations. C'est aux Donatistes qoe saint Augustin sladresse dans cette lettre , au nom du concile. Il y consigne les aveux des Donatistes, qui reconnais* salent que 1 Eglise de Jésus-Christ était dès ce temps répandue par toute la terre. Ils se trouvent accablés , dit-il , par un grand nombre d'autorités puisées dans les Ecritures , qui montrent que l'Eglise , après avoir pris naissance à Jérusalem , a été croissant dans les lieux où les apôtres ont prêché, et dont les noms et la description se trouvent consignés dam leurs Epîtres ; c'est delà qu'elle s'est étendue jusque cha toutes les nations. ( œuvres de saint Aug. p. 466. )
An 412. — Concile de Brague.
Voici ce qu'on lit dans les décrets de ce concile : Paneratien se lève et dit : « je crois en Dieu , un, véritable, étemdi non engendré, qui ne procède de personne, créateur du dd et de la terrç et de tout ce qu'ils contiennent; et en un Verbe, engendré du Père, avant les temps. Dieu de Dieu véritable, de la même substance que le Père , sans lequel rien n'a été fait et par qui toutes choses ont été créées; et en un Saint-Esprit qui procède du Père et du Verbe, un en divinité avec eux, qui a parlé par la bouche des prophètes, qui s'est reposé
sur les apôtres je crois que dans cette trinité, il n'y a
ni plus grand ni plus petit , ni antérieur, ni postérieur, mais
une seule divinité en trois personnes égales je crois que
notre Dieu a créé Adam et Eve, nos premiers parents; qu'il
noas a visités , par son Fils , né de la race de David , selon la chair. » A chaque article , les évêques répondaient : nous croyons ainsi.
An 447. — Concile de Tolède,
On a de ce concile , qui eut pour objet principal d'arrêter les ravages que produisait Thérésie des Prisciliianistes, une profession de foi. On y établit clairement la réalité des deux natures et leur union en une même personne dans Jésus- Christ. Ce concile déclare que nous devons croire que le monde est créé par Dieu ; que le Père , le Fils et le Saint- Esprit sont trois personnes distinctes ; que le Fils, en se faisant homme y a pris un corps et une âme humaine ; que Tandenne et la nouvelle loi sont d'un même Dieu. ( Goncil. tom. 2, p. 1227. )
An 451. — Concile de Calcédoine.
Le Concile de Calcédoine est Fun des plus célèbres qu'ait en l'Eglise. Il fut divisé en seize sessions , et il fut terminé par une lettre que les membres du concile adressèrent à l'empereur Marcien , qui contient le résumé de toutes les discusi^ons qui avaient eu lieu , et que Ton peut considérer comme une profession de foi. £n voici quelques passages , où le concile explique sa pensée sur la divinité de Jésus-Christ : « Le symbole de Nicée avait suffisamment établi la foi de l'In^ camatioq en disant que le Fils de Dien est descendu du ciel et qu'il s'est fait chair. Mais les hérétiques qi|i ont attaqué la vérité de ce mystère , soit en refusant à la sainte Vierge le titre de mère de Dieu , soit en niant que le Fils de Dieu eût pris une âme raisonnable, soit en confondant les deux natures en Jésus-Christ , ont epgagé les docteurs de TEglise à montrer qu'il est Dieu parfait et homme parfait; qu'en lui ,
les deux fiatores, la divine et l*hamalne, sont unies en une seule personne sans confiision ; qu'on peut dire de lui et qu'il est né dans le temps et qu'il est de toute éternité; qu'il est impassible en tant que Dieu, passible en tant qu'homme. »
Le but de toute cette discussion était de montrer que ee que saint Basile , le pape Damase et plusieurs autres , ont fait autrefois contre les Ariens , les Macédoniens et les Appollinaristes , saint Léon a été contraint de le faire contre k» nouvelles erreurs d'Eutychès. »
Pour démontrer cette conformité de doctrine, les évèqoes du concile terminent leur lettre à TEmpereur en dtaitf divers passages tirés des écrits de saint Basile, de saint Am« broise, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Athanase^ de saint Amphiloque , d'Antioehus de Ptolémalde , de saint Flavien d'Antioche, de Chrysostôme, d'Alticus, de saint Procle et de saint Cyrille , qui tous ont professé la même croyance à Fégard de notre Seigneur Jésus-Christ sur sa di< vinité et son humanité. ( Concil. tom. 4 , p. 820. )
An 494. — Concile à Rome.
La lettre aux évéques de Lucanie semble être le résultat d'un concile. En effet , le pape Gélase en tint un à Rome en Tannée 494 , dont on a le décret relatif à la distinction entre les livres authentiques et apocryphes. Il y est dit : « qu'en* core que toutes les Eglises catholiques du monde ne fassent ensemble qu'une épouse de Jésus-Christ, toutefois l'Eglise romaine a été préférée à toutes les autres , non par la décision de quelque concile, mais par la parole même de Jésus-Christ, lorsqu'il a dit : a 71m «5 pierre , et sur cette pierre féd^k* rai mon Eglise. A saint Pierre a été associé saint Paul. Le second siège a été établi à Alexandrie au nom de saint Pierre par saint Marc son disciple. Le troisième siège, établi à An-
tioche, porte aussi le nom de saint Pierre, parce qu'il y a demeuré avant de venir à Rome, et que le nom des Chrétiens y a commencé. (Conc. tom. 20, p. 1260. )
An 501. — Conférence de Lyon avec les Ariens.
L'exemple de saint Remy, qui, après la conversion de Clovis détruisait partout les autels des idoles et étendait l'empire de la foi, par les miracles qu'il opérait, excita plusieurs évéqaes à se réunir à Lyon pour essayer de ramener les Ariens. (Conc. tom 5 , spécil. ilO. ) Ils allèrent tous saluer le Roi fiondebaud , qui était à Savigny , et obtinrent audience de hi, malgré la vive opposition de quelques Ariens. Saint A vit prit la parole et prouva que les catholiques n^adoraieut prînt plusieurs dieux ; ce qu'il démontra si clairement qu'il le fit admirer même des Ariens. Plusieurs de ceux-ci se con- )fertirent et forent baptisés quelques jours après. Gondebaud loi-même, après avoir terminé la guerre avec Glovis, voyant combien étaient feibles les arguments des hérétiques, confessa devant saint Avit que le Fils de Dieu et le Saint-Esprit sont égaux au Père ( Grég. ch. 34 ).
An 529. — Concile d'Orange.
Ce eoncile rendit vingt-cinq canons pour expliquer la foi eitholique au sujet de la grâce. Il y est dit, entre autres, que par le péché du premier homme , le libre arbitre a été tellement affaibli que personne n'a pu avoir l'amour de Dieu ,
comme il convient, s'il n'a été prévenu par la grâce C'est
pourquoi nous croyons que depuis la venue de notre Seigneur Jésus-Christ cette grâce , dans ceux qui désirent le baptême, ne vient pas du libre arbitre, mais de la bonté de Jé- SQS-Chrlst. Nous croyons aussi que tous ceux qui ont reçu le baptême peuvent et doivent, par le secours de Jésus-Christ , aeeomplir oe qui tend au salut de leur âme. ( Conc. 9 , i o. )
94 LÀ DrVINITÉ
An 529. — Concile de Vaison.
Ce concile se tînt la même année que le précédent. Dans les cinq canons qui restent de ce concile , on lit : « On récitera dans nos églises le nom du pape ; et après le Gloria Pu' tri j on ajoutera , sicut erat in principio , comme on fait à Rome 9 en Afrique et en Italie , à cause des hérétiques qui disent que le Fils de Dieu a commencé dans le temps (Conc. p. 1679).
An 531. — Conférences de Constantinople,
Elles eurent lieu par Tordre de Tempereur Justinien , dans Tespoir de ramener à l'unité de l'Eglise les partisans de Sévère. Il y eut plusieurs conférences. L'empereur assista à la troisième avec le sénat et le patriarche Euphémius. Comme les orientaux cherchèrent à persuader à Justinien que les catholiques n'avaient pas tous une même foi conforme et orthodoxe sur la divinité et rhumanité de Jésus-Christ, lempereur interrogea sur ce point Hypace, archevêque d'Ephèse y qui répondit : « Nous confessons avec l'Eglise catholique que les souffrances et les miracles appartiennent à la même personne de Jésus-Christ , mais non à la même nature. La chair est passible , la Divinité impassible, il est un de la Trinité , selon la nature divine , et un d'entre les hommes , selon la chair. 11 est consubstantiel au Père selon la Divinité, et à nous selon rhumanité (P., p. 1778). »
An 619. — Second Concile de Séville.
Un évêque Syrien comparut devant ce concile. Il était de la secte des Acéphales , qui niait la distinction des natures en Jésus-Christ , et soutenait que la Divinité était passible.
Il résista longtemps aux instructions des évéques catholiques ; mais enfin il se convertit et fut reçu à leur communion; ce qui les n^it dans le cas d'ajouter au décret de ce concile une réfutation très-détaillée de cette tiérésie, à l'aide de FEcriture et des Pères (Act. , 12, 13).
An 635. — Qtmtrième Concile de Tolède.
On lit dans les actes de ce concile : « Quand les évéques convoqués furent tous assemblés dans l'église de Sainte-Léocadie, le roi Sisenand y entra avec quelques seigneurs ; et s'étant prosterné à terre , il leur demanda avec larmes et gémissements de prier Dieu pour lui; puis, il les exhorta à maintenir les droits de l'Eglise et à corriger les abus. Ils firent soixante-quinze canons, dont le premier est une profession de foi, où les mystères de la Trinité et de llncarnation sont expliqués avec beaucoup de clarté et de force contre les principales hérésies. Il y est dit expressément que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (Canon 3). »
An 645. — Conférences de saint Maxime avec
Pyrrus.
Le pape Théodore , ayant reçu les Lettres synodales de Paul , nouveau patriarche de Constantinople , et des évéques qui l'avaient ordonné , lui écrivit en ces termes : « La lecture de vos lettres nous a fait connaître que votre foi est pure et
conforme à la nôtre Cependant vous n'avez point fait ôter
des lieux publics récrit qui y était affiché au grand scandale
des églises : c'est TEcthèse d'Héraclius Si la foi confirmée
par tant de conciles est corrigée par Héraclius et par Pyrrus, c'est en vain que les Pères l'ont examinée avec tant de soin «
Ce même Pyrrus se trouvant en Afrique en même temps
que saint Maxime, le patriee Grégoire , goQvemeor de la province , les engagea à une conférence , qui se tint en sa présence et en celle des évéques qui se rencontrèrent dans ce pays , devant plusieurs personnes considérables. Pymis demanda à Maxime : « Jésos-Clirist est-il un ou non? — ;lTn, sans doute, répondit saint Maxime. — Si donc II est un , reprit Pyrrus , il voulait comme une seule personne , et par conséquent il n'avait qu'une volonté. Saint Maxime répondit : Quand on avance une proposition , sans distinguer les divers sens qu'elle peut présenter, on ne fait que confondre et embrouiller la question ; ce qni est indigne d*un homme Instruit. Dites-moi donc : Jésus-Christ, qui est un, est-il seulement Dieu ou seulement homme, ou Dieu et homme tout ensemble? — Assurément, dit Pyrrus, il est Dieu et homme. Saint Maxime ajouta : Etant donc par nature Dieu et homme, voulait-il comme Dieu et comme homme, ou seulement comme Christ ? SU voulait comme Dieu et comme homme , il est clair qu'il voulait en deux natures et non pas en une seule, quoiqu'il ne fût qu'un. » (Gonc. tom. 160.) Pyrrus , convaincu par saint Maxime , alla à Rome mettre la rétractation de ses erreurs entre les mains du pape.
An 649. •— Concile de Latran.
On examina publiquement dans ce» concile les écrits de Théodore, évéque de Pharan, comme suspects d*hérésie. Après la lecture qui fut faite des passages plus particulièrement signalés , le pape prit la parole pour en relever les er* reurs , surtout celles qui attaquaient la vérité du mystère de rincamation. Théodore voulait prétendre que rincamation du Verbe en un corps hums^in n'avait été qu'npparente, et qu'il n'avait pas eu un corps réel. Le pape opposa aux er« reurs de Théodore l'autorité des Pères, par de nombreuses citations (Gonc, p. 170, I7l), en particulier de saint Cy-
DE JtStTS4aitIST. MT
rille, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Denis, de saint Bazile et du concile de Gaieédoine.
Le concile formula son jugement en vingt canons, où il condamna quiconque ne confesse pas la Trinité et Fincamation du Verbe ; que Marie est mère de Dieu ; que Jésus-Clirist est consubstantiei au Père; que les deux natures subsistent en iui distinctes ; tous ceux qui ne reçoivent pas comme la vérité tout ce qui a été enseigné pà^ tes Pères et par les cinq conciles généraux. On y condamne quiconque n'anatliéma- Use p9i6 tous tes tiérétiques, particulièrement ceux qui otk attaqué la Irinité et l'incarnation du Verbe, depuis Sabellius et Arïus Jusqu'à Origène, Dydime et Evagre ; on y ajoute ceùi qui ont suivi leurs erreurs , savoir : Théodore de Pharan , Gyrus d'Alexandrie , Sergius de Constantinople et ses successeurs , Pyrrus et Paul.
\n 680. — Sixième Concile général.
Ce concile eut dix-huit sessions. L'emp«*eur assista en personne à la dernière; on y comptait plus de cent soixante évéques. On y lut la définition de foi du concile, dans laquelle il déclare qu'il adhère aux cinq conciles précédents^ et rapporte les propositions des conciles de Nicée et de Constant!' nople. Il signale les auteurs des hérésies contre la divinité de Jésns-Christ , savoir : Théodore de Pharan , Sergius, Pyrrus , Paul et Pierre de Constantinople , le pape Honorius , Cyrus d'Alexandrie, Macaire d'Antioche, et Etienne, son disciple. Il approuve les deux lettres du pape Agathon et de son concile, comme conformes au concile de Calcédoine et à la doctrine de saint Léon et de saint Cyrille ; enfin il explique le mystère dé rincarnatiou, et défend d'enseigner une
autre doctrine et il ajoute ces paroles : « Aux quatre saints
conciles mémoire éternelle! au saint concile cinquième, mé moire éternelle ! » (Conc. p. 1044, 1048, 1058, 1069.)