‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 107 sur 152 · I. Jean, xlx · texte numérisé non relu

I. Jean, xlx

34 SUS-CnaST.

Christ, tils dc Dieu, que nous devons connaitre, que nous devons écouter. Et alors, n'est-ce pas celui-là m6me qui est ici debout au milieu de vous qui serait ce Çttt¢tst que vous poursuivez de votre haine et que vous dc,riez suivre de votre amour? Il a répondu qu'il l'était; et cette réponse, dont la majesté anrait dû éveiller votre foi, u'a fait qu'attiser votre rage. Cependant c'Oait là tout au moins une question préjudicielle à examiner, un graud fait à vérifier : la question morne, le fait même du procès, qni vous met tous en cause devalt Lui, avalit qn'il puisse lYtre devant vous. Car, s'il est le Cttls'r, la loi que vous invoquez se tourne contre vous, et vous avez à redouter sa vengeance. Mais il y a plus : ouvrons cette loi. L'accusateur public qui a été éle'é dans la science de l'Ecriture ne peut pas l'ignorer : comment l'a-t-il si étrangement éludée? Cette loi est la loi de Moïse, chap. XVIII du Deutéro- tome. Elle se compose de plusieurs articles ou versets 6troitcment enchaînés et qui se commandent. L'article auquel seul on a fait allusion est l'article 20 ainsi conçu: -- « Si un prophète, corrompu par son orgneil, entre- « prend de parler en mon nom et de dire des choses « que je ue lui ai point mandé de dire, ou s'il parle au « nom des dicux étrat;ers, qu'il soit puni de mot't. » 11 me serait aisé de montrer, si vous osiez engaê,er la discussion sur la vie et la docwine de J st;s, auxqnelles lui-mème n'a cessé d'en appeler, que, loin que ces ca-

IOUVELLE PA SSIOI.

ractères lui soient applicables, il en offre la plus par faite opposition.

Mais cet article, je l'ai dit, se réfère étroitement à ceux qui précèdent et qui suivent.

Or, écoute, ô Israël, ces versets de ta Loi, entends la voix de Moïse, la voix de ton Dieu qui s'élève contre toi, qui te poursuit et te poursuivra, toi et toute incrédulitC d'âge en âge !

Versets 1,5, 16 et 17 : « Le Seigneur votre Dieu vous « suscitera un proph;te comme moi, de votre nation et « d'entre vos frères : c'est lui que ous écouterez. -- « Selon la demande que vous rites au Seigneur votre « Dieu pi'es du mont IIoreb, oit tout le peuple était as- « semblé, en lui disant : Que je n'entende plus la voix « du Seigneur mon Dieu, et que je ne voie plus ce feu « effroyable, de peur que je ne meure.- Et le Sei- « gneur dit • Tout ce que ce petple vient de dire est « raisonnable. »

Verset 18 : « Je leztr susciterai du milieu de leurs « frères un prophète semblable à vous (à Moïse), je lui « mettrai mes paroles dans la bouche, et il leur dira « tout ce que je lui ordonnerai. »

Verset 19 : « Si quelqu'un ne veut pas entendre les « paroles que ce prophète pvononccra en mon nom, ce « era moi qui en ferai la vengeance. »

Puis le verset 20, déjà cité, qui frappe le faux prophète usurpant les droit du x'rai.

3 i Il J ÉSUS-CII RIST.

Enfin les versets 21 et 22 marquant les signes auxquels on devra les discerner.

Voilà la Loi, tt)ute la Loi.

Ce prophète aunoncé, semblable à Moïse, législateur comme h)i, thaumaturge comme lui, prophète comme lui, est le MESStE. 11 n'y a qu'une voix dans toute la nagogue à cet égard :j'en appelle à tous les vieux rabbis.

Et maintcuant je dis que ce prophète législateur, ce Messie, est J asus de Nazareth que vous poursuivez, et dont Dicn mme lera la vengeawe.

Mille atttres prophéties vous le signalent : mais cellelà seule suffit à otre condanmation' Et ainsi la Loi au nom de laquelle vous demandez sa mort le couvre et vous foudroie. Ce u'est pas lui, c'est votre Loi mme, c'est Moïse qui vous accusera, ainsi qu'il

1. Nous avons apprécié cette grande prophétie dans nos Ëtudes, I. IV, 1'. 215 à ~~1, nous en aons pesé tous les termes, dans le,tf rai»port avec d'atttres textes voisins, qui en sont comme les tenants et aboutissants. Nous,.osons dire qu'il n') a pas de démonstration qui passe l'ëvide}ce de son application unique à JÉsus-C4ST. Nous ) renvoyons avec confiance le lecteur. Nous signalons particulièrement son rapport axec la Transligu- .ration oit Moïse mème, reparaissant,, vient témoigner que Celui (l,,llt il avait dit : Irsu xU)tES (Deuter., xvii,, t5), est bien Celui dont. le Père céleste dit dans la nue : lesu ,DITE (Matth., xvII, 5). Et qu'on ne dise pas que ce rapport a été concerté par lÉangéliste, ca," il nele fait pas remarquer, et je ne sache pas que personne jusqu'ici l'ait découvert.

INOUVELLE PASSION.

vous le disait naguère dans le temple : -- « Ne pensez « pas que ce soit moi qui vous accuserai auprès de mon « Père : votre accusateur c'est Moïse en qui vous espé- « fez. Si vous aviez foi en Moïse, en effet, vous auriez « foi en moi : car C'EST I)E 110I QUE [OïSE A ÉCRIT 1. )) Et ce qui vous conforté, surtout, c'est que ces signes auxquels Moïse vous a dit que vous le discerneriez, il les a faits en grand nombre au milieu de vous. Il vous l'a dit : « Les œuvres que le Père m'a donné de faire, ces « œuvres que je fais, rendent témoignage de moi, que « le Père m'a envoyé . » -- « Si je n'avais point fait « parmi eux des'oeuvres que nul atm'e n'a faites, ils « n'auraient point ce péché sur eux ; mais, maittenant, « ils ont vu et ils ont haï moi et mon Père, afin que la « parole qui est écrite dans la Loi s'accomplit aussi : ils « m'ont haï gratuitement 3. »

Mais vos murmures sanguinaires couvrent ma voix. L'iniquité triomphe. AitCée du sang divin, qui broie lui-même de se répndre pour le salut du monde, elle l'appelle sut' sa tête. E bien! qu'il retombe donc sur vous, ce sang du Juste, sur vous, et sur ceux qui, plus coupables encore que vous, du sein des lumières qui vont en jaillir, se porteront un jour les apologistes du I)éicide. Pour moi, disciple de JÉs[s liOr S.VEU,

!. Joan., v. 45, 46.

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