l'le de Jësts, p. 4
3{J8 JÉSUS-CIIIST, reposer et rver quelque résurrection à la manière de celle de Lazare, selon M. lenan i.
Le Sauveur f6t-il réellcment mort, il y aurait encore moyen de masquer la résurrection, et de se tirer de ce pas par des suppositions quelconques. Toutes sont bonues pour cela. L'incrédulit6, Cil fait de raison, n'est pas difficile.
« Le dimanche matin, les femmes, Marie de Mag- « dala la première, vinrent de très-boune heure au « Iombcau. La pierre était d6placée de l'ou'erture, et « le corps n'était plus à l'endroit où on l'avait mis. En « mmc temps, les bruits les plus 6tranges se répan- « dirent dans la cotnmunauté chrétienue. Le cri : « Il « est ressuscité! » courut parmi les disciples comme « un éclair. L'amour lui fit trouverpartoutune créance « [acile... Telle était la trace que Jésus avait laissée « dans le cur de ses disciples et de quelques amies « d6vouées, que, durant des semaines encore, il fut « pour eux vivant et consolateur. Son corps avait-il été « enlevé, ou bien l'enthousiasme, toujours crédule, fit-il « éclore après coup l'ensemble de récits par lesquels « o« che'cha à établir la foi à la résurrection? C'est ce « que, aute de docume»ts cont'adictoires, nous igno-
!. Il parait que depuis le livre de M. Renan, les dovtes qu'il a insim,ds à ce sujet ont élé exploités (laqs une publication sortie, colnme tant d'autres, de ce puits de l'abime qu'a ouvert la Vie de ,lésus.
LA RÉSUIECTION.
« ferons à jamais. Disous cependant que la forte h»a- « ,qi««tion de Marie de Magdala joua, dans cette oir- « constauce, uu réle capital. Pouvoir diviu de l'amour ! « moments sacrés off la passion d'uue hallucin6e donne « au monde un Dieu ressuscité ! »
M. Renan, qui croit en être quitte à si peu de frais, n'a fait que nous préparer un triomphe facile. En cffet:
La résurrcction de JÉsus-CHRlST est chim,h'ique, selon M. Rouan, parce que les choses se ont pasdcs comme il les explique.
Si donc les choses se sont passées au contre-pied de cette explication, la résurrection de JÉst/s-CnntST n'est pas chimérique.
Sur ce point capital, comme sur tous ceux qui pr,cèdcnl, il nous aura donc fourni la réplique, comme un conférencier qui, par de fdutcs objections, se fait écraser par le soutcuant, pour l'édification de l'auditoire. C'est ce que nous allons voir.
Disons tout de suite que la savante Allemagne, qui ne se laisse pas aussi aisément surprendre que le lecteur français, et l'Allemagne rationaliste en particulier, qui n'est nullement flattée des mauvais emprunts que M. lenan lui a faits, en profite pour se donner la disciplitc.., sur le dos du Strauss français.