‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 122 sur 152 · I. Jean, xx · texte numérisé non relu

I. Jean, xx

LA RÉSI3RltECTION. 387 termes absolus, la divinité de JI8u8-CHRIsI'. 11 est remarquable entin que ce même Apôtre, d'abord le plus incrédule, soit celui qui ait porté ensuite la foi le plus loin, et qni, isolé de tous les autres, dans les I&des et en Chine, ait vécu le plus de sa foi propre et individuelle : tant l'év(nement de la résurrection l'avait convaincu! -- Tont cela est admirable et rax'issant d'évidence.

Une septième apparition de Jsus-Cnnsr à ses disciples eut lieu près de la mer de Tibériade l, et là encore J:sus est obligé de se faire reconnaitre à des signes palpables d'existence.

La huitième et dernière apparition fut celle qui eut lieu à l'Ascension de NoTg-Stçrçn. Là encore, il s'en trouva qui doutèrent . Là encore Jsus reprocha à ses disciples leur incrédulité et la dureté de leur cœur ; là, enfin, il leur ou-rit une suprême fois les Écritures, et les en-oya porter dans le monde le flambeau de la foi qu'ils n'avaient pas eux-mêmes complétement encore, et qui devait gtre le don de ce Saint-Esprit, de cette Yertu d'en haut qu'il promet de leur en-oyer en s'en allant.

1. Jean, xxt, 1, 2. Quidalu auteln dubitaxcrunt.- Matth., xxvflt, 17. 3. Et exprobravit incredulitatem eoruln et duritiam cordis, quia iis qui viderant eum resurrexisse, non crediderunt. -- Marc, xvt, 14.

388 JÉSUS-CIUIST.

Voilà l'hisloire aulhentique, véridique d" la rdsurrection du Sauveur.

Je demande s'il y a, dans toute l'histoire, un fait aussi éprouvé, par l'incrédulité même et le désintéressement des témoins. L'incrédulité des Apôtres à la résurrection est provc'biale. Le récit qu'ils en font eux-mêmes est une confession. On ne peut pas imaginer plus de garanties, si ce n'est la foi quïls déployèrent lorsque le fait, si @rouvé, les eut enfin convaincus.

Si donc, pour admettre que la résnrrection du Sauveur a été chimérique, il faut supposer avec M. lenan une prédisposition à y croire et une facilité de persuasioll dans les Apétres, décidément c'est l'événement le plus attesté, le plus réel de l'histoire.

¥oilà pour la preuve historique.

Voyons maintenant la démonstration morale.

Cette démonstration, on peut le dire, ne laisse pas d'issue à ceux qui auraient pu échapper à la prenve historique. Elle pourrait se passer de celle-ci, qni pourrait à son tour se suffire à elle-même, lIais toutes deux forment un corps de certitude qui subjugue le scepticisme en saisissant la conviction par tous ses éléments. Aussi a-t-elle vu l'incrédulité la plus aventureuse baisser devant elle son pavillon.

LA nÉSUnnECTIOX. 389 Elle peut prSter à de beaux d6veloppcments; mais elle peut aussi se réduire à des termes bien simples. L'auteur de l'Art de penser et «le raisonner, Condillac, la formulait ainsi :

« Comment ces hommes si làches sont-ils devenus « si courageux? C'est qu'ils ont 6té convaincus; et ils « l'ont été parce qu'ils ont vu. Tontes les circonstances « des apparitions de Notre-Seigneur prouvent qu'ils « n'ont pas cru lgèrement.-- Si je ne parlais que des « motifs que nous avons de croire (que de la prenve « historique), l'incrédule pourrait dire que les Évangé- « listes ont inventé ces faits. Mais les Apôtres n'auraient « pas pu croire sur des faits que les lvanglistes « raient nventés depuis. S'ils ont cru, ils ont donc vu; « et les faits n'ont pas été inventés. 0r, il n'est pas « douteux qu'ils n'aient cru . ), Saint Jean Chrysostomc rduisait cette dmonstration à ces termes encore plus simples :

« Il n'est que trop comm un d'oublier après leur mort « ceux qu'on a aim6s le plus tendrement. Les hbtres « ont abandonné et renoncé JÉSUS-ÇHIIST pendant « qu'il vivait; ils meurent pour lui quand il a été cru- « cifié. Ils l'ont donc vu ressusci|é. »

Je ne comprends pas ce qu'on peut rpondre à ce!a. C'est la nature humaine qui, dans la conduite des Apô- !. Considérations s«r le. i)ro,.lrds ,le I,« leli9hm ,ht. les trois premiers sidcles.

390 JÉsus-cu nlST.

tres, supposc et prouve invinciblement le fait de la résurrection.

Étudions nn peu cette conduite.

Il est certain (car les Évangélistes doivent 5tre crus au moins dans ce qu'ils nous disent con tre eux-mêmes) que, pendant la ,ie de J ¢, s  s - C n n  s'r, les Apôtres n'avaient pour lui qu'tm attachement inintelligent et grossier, qui les faisait se reCrendre à chaque instant »ur le sens spirituel de la félicité et de la puissance qui faisaient le fond de toutes ses promesses. Souvent on les • it h6sitcr entre lui et, ses ennemis, quelquefois même partager de ceux-ci l'incrédulité et les murmures. L'un d'eux le trahit ou'ertemcnt. Toutefois ils restèrent aupr5s de sa personne tant qu'elle fut l'objet de l'admiration publique, et qu'ils purent s'enorgueillir de faveurs. C'est à ce prix qu'ils avaient quitté leurs filets, qu'un secret penchant d'habitude et de défiance leur fit reprendre plusieurs fois : pêcheurs et apôtres en même temps, biais le moment de la grande épreuve arriva. Pour les fortifier, ce bon Maître leur donna, dans un dernier banquet, les témoignages les plus touchants de son amour, et les assurances les plus réitérées du prochain accomplissement de ses promesses. Il ne lent dissimula pas les ignominies, les souffrances et la mort qu'il avait à traverser; mais il tit briller au travers l'cspérancc de sa résurrection, et l'eifusion de cet Esprit qui devait leur apprendre toutes choses et réaliser par

LA I,ÉSURIEGTION. 391 eux cette domination uuiverselle qui était la grande attente héréditaire de leur natiou. Éi)louis de cette espérance, et sans doute aussi touehés de tant d'amour, ils promirent d'être fidèles. Pierre surtout, leur chef, ]ura de rester inébranlable quand mme tous les autres fié- «hiraient. Mais raines promesses! chimérique ardeur que la confidënce s]fmpathique de JSt'S-CnIST allumait dans ces âmes simples, mais que l'affreuse réalité (le sa passiou et de sa mort ignomiuieuse allait abattre ch s'iuterposant entre eux et lui. Bientôt, en effet, il ne nous apparaît plus que seul entre les mins de ses bonrreaux. Dans le commencement, Pierre le suit encore, mais de loin, et po«r voir ce q«e tolet cela deciemb'a . Un instant après il le renie à la voix d'une simple servante, et, par trois fois, il proteste qu'il ne l'a jamais connu. Enfin, cette troupe timide, digne d'un tel chef, se dissipe si bien, qu'on n'en rencontre plus un seul dans la suite, si ce n'est Jean, dont la compatissante amitié reparaît, parmi les femmes, au pied de la croix, alors que la mort de la victime désarme ses bourreaux, et qu'il n' a plus à lui donner que llt sépulture. Toutefois, dans ce profond naufrage de la fidélité apostolique oh nos pêcheurs se montrèrent si parfaitement hommes, tout espoir n'aurait pas dù, ce semble, les abandonner, pnisqu'il n'était rien arrivé que leur

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