Bevue des D Mondes, aril t85, p
LA IIÉTItODE, 83 « les formules élevéesl. » m Ce en quoi seulement M. Renan diffère d'eux. -- Eniin, parlant de M. Feuerbath, qui a été la personnification la plus avancée de l'athéisme allemand dans ce siècle, il réclame pour lui contre la qnalification dathée, ou, s'il était athée, dit-il, il l'était « dévotement et avec une sorte d'ont- « tion . »
Nous n'accusons pas M. Renan de l'être autrement : ou plut6t nous l'accusons précisément de l'être de cette faç:on, beaucoup moins franche et plus dangereuse. Nier Dieu en face l'ait tro tbrt : on irait se henrter par lb contre legenre humain. D'autres l'ont tenté et s'y sont brisC. Ons'yprcndta dittërcmmcnt. Ou nieraDieu en Jgsus-Cn ST, et le surnaturel dans l'Évangile, par Ulle présupposition qui impliquera la néaion de Dieu daus celle du surnaturel, et qu'on fera passer sans discussion, mais « dévotement et avec onction ..... » Oh la franche manuvre La Vie de Jésus surprend ainsi la religiosité du lecteur frivole. Elle cache la face hideuse de l'Ath('ismc sous une vapeur d'encens. lais la profusion même du (li¢,i l'y dénonce.
Aimez-vous le divin, on en a mis partout.
Comme ces essences parfumées dout parle Juv6nal,
1. Ret't«e des Deux ]llondes, aw'il t858, p. 504. 2. Liberté de pense', t. ¥1, p. 3¢'/.
8 l. JSUS-CtmlST.
qui trahissent par leur excès le mal dont celui qui en abuse est atteint.
Qui bene olet, maie olet.
Voilà le fond de la Vie de Jésus.
Voilà la méthode.
Voilà la question.
La méthode ! elle a pour procédés auxiliaires la diviuation et la conjecture; le roman et le libelle; la théorie de l'imposture et de la folie. Mais elle a pour criterium la négation indiscutable du surnaturel en possibilité et en essence : l'athéisme. (l'est là le creuset où l'histoire la plus véridique devient légende, et oh le Cntsa" qu'adorent les anges, devient celui que patronne M. Rcnan.
La question ! elle n'est plus que J É s u s soit Dieu; mais quc D.u soit. Elle n'est plus de sa,oir si nous devons re,enir au paganisme, mais si nous de,éns aller à ce qui était en horreur même au paganisme.
Montrons que nous devons rester au Dieu de l'Évan- ;-ilc, au FiLs I)U DIEU VlVAIT t. ))
!. MM. Renan et llaet donnent la main à M. Proudhon, dans son livre de la Justice dans la tlévohttion et dans l'Église. Ce li re en etlt roule sur lëlimination de Dieu, sous le nom d'absoht, (le la conscience humaine, comme la Vie de Jésus roule sur l'éliraination du surnaturel. C'est ce que ,I. Proudhon appelle la Doctrine (le la Itévohttion. Ce n'est pas que celle.ci soit athée, M. Proudhon l'en défend. « La Réoh{tion n'est point athée, elle est tmti-
LA MÉTIIODE. 85
« théisle, » elle ne nie pas l'al, so/u, elle le chasse, elle dHicro" la Fl'ttnce. MM. Benan et Haet sont en "progr6s sur i. Proudhon. Pour eux, le surnaturel, l'absolu n'est 'ien, rail ël'e comptë »oat.»" "ien. il n'v a pas à éliminer lieu et à lui faire la guerre : il n'est pas; ou mieux encore il n'est que i'lminanité. C'est I»eaueoup plus simple. « L'absolu de la jusli«e ci « de la raisou ne se manifeste que «lan i'humanité. Enxisaé « hors de l'humanité, cet absolu n'est, qu'une abstraction; envi- « sagé dans l'humanité, il est une réalit6. L'Criard n'ee&re ,itte « «luoml il ïevèt oe foc'me finie. » (Article de M. Renan sur nHaphysique de M. Vacherol.)