I. Constitutionnel du 7 septembre
2. Ni pour nous : car pas plus M. Larroque "que M. Renan ne saurait s'en tirer.
SA rrtsorr. ç7 « ici à partie, ce n'est pas h ilous de l'en tirer '. » Ces messieurs ne sont pas généreux. M. Renan s'est compromis pour la cause commune, et ils le laissent dans ses propres/ilets; ce n'est pas à eux à l'en tirer. Mais ils se flattent. Ils y sont pris eux-mêmes, et l'incrédulité en eux.
M. Renan a posé le principe, sans calculer la force des conséquences; ses consorts out tirWles conséquences, sans calculer la force du principe : et tous ont concouru ainsi au malheur commun.
Le principe en effet, est aussi solide que les conséquences sont justes. Ce n'est pas M. Renan, c'est la conscience universelle, comme il le dit très-bien, qui a, non pas décerné, mais confessé et ratifié en Jsus- Cttns'r le titre de Fils de Dieu; et saint Pierre n'en était que l'organe prophétique, lorsque, se prosternant aux pieds du fils de Marie, il s'Criait : « Vous êtes le « C]rist, le Fils du Dieu vivant .r » C'est à cette conscience que nous en appelions nous-mêmes dans nos Études, pour iustifier le caractère absolu de grandeur et de perfection que nous constations en Jsus- CUnlST. « Il y a tant de vérilé dans tout ce que nous « venons de dire, ajoutions-nous, que nous ne crai- « gnons pas d'en appeler au sens moral de chacun de « nos lecteurs, et d'être taxé d'exagération. Et ceci est
t. Opinion des déistes rationalistes sur la Vie de .lésus, selon bi. ltenan, p. t7.
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enco'e un trai de plus de la perïection surhumaine de JÉsçs-Es'r, que nous devons relever. Elle est si réelle que tout le monde s'accorde h la sentir, et qu'il n'est pas besoin de la justitier. L'exagération n'est pas possible dans sou panégyrique. Quel est l'homme dont on pourrait parler comme nous enons de parler de Jss-CunST La vdrit5, atttant que l'amour-propre, s'en ottçnserait justement, et il n est pas de sujet appartenant a cette terre, dont la louange puisse ainsi passer sans quelque juste restriction. Lui seul épuise tous les discours, lui seul autorise la louange jusqu'à l'adoration. Le mot de divb, qui est du style figuré et hyperboliquc pour tout autre emploi, devient, en s'appliquant à lui, du style propre; et nul, mème parmi les incrédules, n'en est instincti'ement choqué" l'humanité le souffre saus orgueil comme saus en'ie, parce qu'elle sent que le sujet aie lui en appartient pas. Nous cro ons exprimer ici justement le seutiment universel, et il en sort uue bien éclatante confirmation de la vdrité de notre fi, i' ,, C'eçt donc la conscience universelle qui proclame en JSVS-CHnST et dans son oeuvrcl'absolu de laperfec-
t. Tome IV, l ). 42. -- On ne se méprendra pas sur le sen|iment qui nous dic|e ces citations et ces renvois à nos premiers travaux, t't Oll ,IOlIS le pardonnera : c'est un témoignage de la érité de I'éÏi[(F l'o'rtl,r par aance.
SA PEISONE. °69 tion. Voilà leAi/et oh a été pris M. lenan. Il pouvait l'Citer; mais alors il n'aurait pas eu cette conscience pour lui; et, comme il voulait l'égarer, il fallait qu'il la prît par quelque endroit : c'est son malheur, si lui-même ) a été pris.
M. Schérer est de notre avis : « Le christianisme, « dit-il, avec la révolution qu'il a consommée, avec la « civilisation qu'il a produite, doit son origine à l'ira- « pression q«'ue personnalité incomparable a lais- « sée dats la conscience de l']t«matitd... -- Jésus s'est « offert au monde dans la pureté de son caractère mo- « ral: voilà son oeuvre...-- Il a montré en sa personne « tout ce q«i peut paraltre d« la diviité sur terre... « --L'humataité a vu se lever en lui un iddalouveau, « commencer pour elle une vie meilleure et divine... « -- Telle est la profondeur et la pureté du sentiment « qui s'exprime de ses paroles, qu'elles deviennent « pour l'Homme une grande révolution; les curs « s'élancent au-devant de lui, il est accueilli de toutes « parts comme le Sauveur de l'àme humaine... Et « qu'on n'imagine point que l'effet ici soit plus grand « que la cause, c'est le contraire qui est w'ai, etc., etc. « --M. Renan a admirablcment senti tout cela t. » Mais M. Renan a nne autre caution, qui assurément n'est pas suspecte de cette complaisaice pote" la lé-
Journal le Temps, 7 juillet 863.
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gende que lui reproche M. Havet. C'est Strauss. Tel[e est, en effet, la conclusion de son livre, le plus hardi qui ait été fait contre Jesus :
« A la réflexion qui s'inquiète, on doit imposer si- « lencc tant qu'elle n'est pas en état de démontrer dans « la vérité une personne qui, à l'endroit de la Rcli- « gion, ait le courage et le droit de se placer à côté de « Jésus.-- Le Christ ne saurait être suivi de personne « qui le dépasse, ni mtmc qui puisse atteindre après « lui et par lui le même degré absolu de la vie reli- « gicuse.- Jamais, en aucdn temps, il ne sera pos- « siblc de s'élever au-dessus de lni, ni de concevoir « un législateur qui lui soit même égal . »
11 u'y a rien à ajouter ni à retrancher à de tels aveux. La discussion est close sur ce chapitre.- Caractèt'e absolu de perfection en Jgs[s -Ctttl ST: conséquence décisive de sa divinité : et cela posé et déduit par l'incrédulité elle-lnêtne. -- Nous n'avons qu'à prendre acte de la conclusion :
J,svs-Crtts'r EST DIEU.
t. Slrauss. Vie de Jësus, traduction de M. Littré, t. 11, p. 769, 7î0 773.
CttAPITRE X
LA PEBSONNE DE JÉSUS-CHBIST