‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 8 sur 152 · ls., vii, 15. Matth · texte numérisé non relu

ls., vii, 15. Matth

font que l'une d'elles ne peut tre mise en question sans que les dux autres le soient, ct sans que le soit aussi l'ordre social tout eniier. « Qui vous méprise, » a dit .IÉsvs-CnnST lui-mme h l'Église, « me méprise;- « et qui Ie m6prise, » a-t-il ajouté, « méprise Celui qni « m'a envoyé t. »

La guerre qui leur est faite est (.uverte ou cach6e, ,t elle est plus funcste en un sens quand elle est cach6c que quand elle est ouverte, plus funeste quand elle s'attaque à l'Église que quand elle s'attaque h Jsus- Cns'r, que quand elle s'attaque h 1)iêu; parce qu'elle rallie h elle pins d'intelligences tromp6es et honni.tes, qui s'en d6tachcraient si elles en d6couvraient fond.

M. P, enan se trouvera donc avoir rendu un r6el service h la cause de l'ordre et du bien, en d6masquant question de Jsus-CnnlST implicitement agit6e dans celle de l'Église, d'autant que, comme nous le vcrrons, il ne peut attaquer la croyance h JÉsvs-Cns'r, sans entreprendre sur celle de Oieu, et par là même, et sans découvrir le vrai fond de la Réwlution et d, l'impidt6 : l'ath6isme et la déraison.

Telle estla question dans toute sa port6e et avec tontes ses «ons6quences, avec tous ses tenants et aboulissants

. Luc x, t6.

CHAPITYE III

LA MÉTHODE

(LA N»TIHr. )

Les d.,ux chapitres que nous allons domersm'la tlo.le solt des plus imporlanls. A eux seuls ils dwraienl. faire préjuger la question. Telle m6thode, ch effet, telle thèse; tel chemin, tel bnl.

Si nne méthode est rati«,nnclle, logique, vraie dan. ses procéd6s; si elle appelle la lumière sur la question; si elle en appelle au juge, à l'adversaire lui-même, à sa raison, à sa conscience; si enfin elle met en jeu les cipes élémentaires de toute conviction, tellement qu'elle prépare la condamnation éclatante de celui qui s'en sert si sa thèse est fausse, -- il y a tont lieu de croire que cette thèse est vraie, en vertu de la m..me droiture qui a présidé à la méthode, et surtout de l'intért.t de celui qui n'a pas craint de l'employer.

Par contre, si une méthode est excessive, Ch dehors des voies communes du raisonnement; si elle se dome des ilnmunités et s'arroge des dispenses; si elle se retranche dans le parti pris et se donne en preuve d'elle-même; si

elle s'impose par la hardiesse ou se glisse par l'insinuation ; si elle en est réduite, malgré ses licences, à récuser ouvertement la conscience et le sens commun, et à crécr pow le besoin de la cause une morale et une logique exceptionnelles dont l'application en toute aulrc mati5e serait taxée d'improbité et de déraison, --.ie laisse h juger ce que peut 5tre une telle cause ! Or la prcmiSre de ces méthodes a toujours ét6 celle du Christianisme; la seconde est celle de M. Ilenan.

Le C]ristianisme, a dit I:onlenclle, est la selde reli- io qui ait des pretves. Et quelles preuves! imposangles, nombreuses, diverses, de nature à frapper toutes sortes'.d'esprits et de caractères; à frapper un même esprit dans les différentes dispositions off il peut se trouver, sans le laisser jamais dans un doute légitime. Preuves colossales, palpables, irréfl'agables, pour qui ne veut pas volontairement s'aveugler : les prophéties, les 6vangiles, les miracles, la personne de Js t: s-Ca R ST, l'établissemênt du christianisme, sa doctrine, ses fl'uits, sa stabilité et sa perpétuité invincibles dans le miracle permanent et grandissant de l'Église. Et indépendamment de ces preuves fixes et générales faites pour les esprits de tous les lieux et de tous les temps, le Christianisme réserve encore, pour chaque siècle et pour chaque évolution de l'esprit humain, des preuves toutes spéciales, qui ne sont appréciées qn'au moment où elles

LA IIÉTHODE, devieunent nécessaires, et qui répondent d'nne manière exacte et parall(,le à la tendance des besoins, des idées t des situations de l'humanité.

Le Christianisme est uu système de foi hérissé d'un appareil de pruves. La foi est au centre d'nn bataillon carré et en marche, opposant de toutes parts à l'incrédulité les arguments historiques et ratinnels d'une démonstratioa invicible.

Arguments historiques et rationnels, dis-je, qui n'elnpruntent rien à la foi, qni y concluent, mais partant tonjours de la raisç, n : eu prouvant la divinité de l'institution par des faits, ces faits par des t6moignages, ces témoignages par l'écriture et la tradition ; faits, témoignages, écriture et tradition comme tous ceux sur lesquels repose l'histoire, et qui n'en diffèrent qne parce qu'ils sont ineomparablement plus certains, plus véridiques, plus authentiques et plus garantis : tellemeut, qu'on ne peut les récuser sans voir crouler tous les foudements de la crédibilité humaine.

Quels faits, en effet, que ceux qu'il a fallu pour convertir le monde! Quels témoignages que ceux dont les auteurs se font égorger ! Quelles écritures, quels procèsverbaux que les Évangiles, que dix-huit siècles de disenssion n'ont pu entamer, et dont l'authenticité est avouée aujourd'hui par la critique la plus subversive Quelle tradition, enfin, que celle qui s'adapte immédiatement allx Évangiles par toutes les églises qui en sont

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sorties, et qui se prolonge jusqu'à nos jours dans la grande Église !

II ne fallait pas moins, j'en conviens, pour alCerminer la raison à croire : à croire des choses qui ne la choquent pas sans doute, qui la ru'tissent même quand elle vient à les pén5trcr, mais qni la dépassent. Dieu se devait et rions devait des prenves qni ne permissent pas h la conscience éclairée de douter de son intervention, pour qu'elle n'eét plus après qu'à croire à sa parole. Mais antant il le devait, autant il ne devait pas se plier attx mauvaises ,'xigences de l'incrédulité de parti pris, qui n'appelle les preuves que pont les fnir, et qui n'y cherche que des prétextes de ne pas s'y rendre. Dieu ne devait pas ëtre la dupe de l'homme.

Le Christianisme est donc éminemment et sagement proa,t, remplissant toute la mesure de la conviction humaine qui ne s'y soustrait pas.

Ce caractère l'a distingué dès son origine. Son leur, JÉst:s-Cnns'r, tont Dieu qu'il s'affirmait, ne prétendait pas être dispensé de faire la preuve de son affirmation, ni être son propre témoin à lui-même : Si te.'timonium per]ieo cle ,e il»so, disait-il, testi»- i«» me«n non est ver«m'. Posant, le premier, de ses divines mains, les colonnes de l'apologétique chrétienne, il en appelait, contre l'incrédulité qui s'agitait autour de lui, d'abord au témoignage de Jean, son mer-

t. Joan., v..31.

LA MÉTHODE 29 vcilleux précurseur, alors en si grand crédit dans la Judée'; puis au t6moignagc plus grand de son Père c61estc, par les lniracles qu'il lui 6tait dolm6 de faire =; h celui des  " ' " Ecntures et des proph6ties, qui lawueut annonc6 3 ; h celui de ses ap5tres, t6moius de sa tral,s- " liguration et de sa r6surrection, et d616gu6s de sa puissauce par toute la terre; à la r6volutiou tmiversellc qu'il allait op6rer après sa mort, en atirant le nloude h sa croix » ; entin, à l'exp6rience de sa doctrine, attestant sa v6rit6 par ses fruits .

Les Ap6tres maintinrent au Christianisme ce caractbre testimouial et d6monstratif, attquel d6jh la fausse 6rudition de l'impi6t6 tentait d'opposer ses chimères.

t.  os misisfis ad Joannenl, et lestimoniuln lerhilJuit verilali. (Joau., v, 33.) 2. Ego attteln habeo tesinmlfiun lllajtls Joanne : opera enim qum dedit lnihi Pater, ut lerliciam ca, ipsa opera qu;e ego l'cio, leslimonium perhibent de me, quia l'aler misit me. (Joan., c. v, . 36.} 3. Scrutamini S«ripturas : et ilhe sunt, qu¢e testimonimn perhibent de nm. {Joan., c. », v. 39.) Si euim cl'ederRis Mv}si, crederitis forsilan et lnihi : de me elfin ille scripsit. (Joan. c. v, »-. 6.) .  os autem lestes estis horum. (Lut., c. xxtv, . 28.) Et eritis mihi testes in Jerusalem et in muni Ju(hea, e Samaria, ci usque ad tfltimmn terne. (Act., c. t, . 8.) 3. Quando exaltatus fuero a lerl'a, omtfia traham ad me ipsmn, c. sit, . 32.

;. Si quis oluerit voluntatent Patris lnei facere, cognoscet de doclrilm utrfim ex Deo sit, aa ego a me ipso loquar. (Joan., «. vn, x. 17.)

Ce n'est point par de doctes lames, disait saint Pierre, que nous vous avons fait connaitre la puissance et l'avéncment de 1Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mds c'est après avoir été nous-mêmes les spectateurs de sa m;tjesté; -- nous avons, en outre, les oracles des l'rophètes, dont la certitude est inattaquable, nulle prophétie ne pouvant s'expliquer par une vue particulière de l'homme, mais uniquement par le mouvenient de l'esprit divin t. » __ « Ce qtti a été dès le commencement, dit saint Jean, ce que nous avom o«ï, ce quc nous avom eu de nos yeux, ce que nous avons ccmsidéré, ce que nos mabs ont louché concernant le Yerbe de vie .... c'est ce que nous vous mmonçons . » -- « Comme plusieurs ont entrepris de composer l'histoire des choses qui se sont passées parmi nous, dit saint Luc, selon que nous les avo[ts apprises de ceux q«i les oto w«es eux-mêmes dès le commcnccment, et qui ont été les ministres de it p;arolc ; j'ai aussi jugé à propos, très-excellent Théophile, de vous les écrire toutes avec quelque ordre, les ayant suivies exactement dès leur première origine, afin que vous connaissiez la vérité de ce qui vous a été enseigné s. » Et saint Paul annonçait attssi

!. Saint Pierre, 2 « épître, c. , 16, t9, 20, 21. Tout ce passage de saint, Pierre est à l'adresse personncl]c de M. I./enan. 2. Saint Jean, t"« épitre, c. i, t, 2, 3.

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