Vie de Jësus, p. LIX
SA PERSONNE° 299 a»oindri. M. Renan a choisi ainsi le plus angélique idéal du dévouement et de l'abnégation tendre et humble, pour en faire un rival de fortune, et pour faire de Jésus son affidé.
Le lecteur n'est pas tenu de me croire sur parole, il faut citcr.
« Jésus quitta la Galilée, et se rendit avec sa petite « dcole auprès de Jean. Les nouveaux venus se fircnt « baptiser comme tout lc monde... Les dcux maitres « étaient jcuncs; ils s'aimèrent et luttèrent devant le « pt«blic de prévenauces réciproques... Les denx jeunes « enthousiastes, pleins des mêmes espdrances et des « mêmes ],aines, ont bien pu faire cause commune, et « s'appuyer réciproquement. Un vieux maître, voyant « venir h lui un homme sans célébrité, et 8ardcr vis- « à-vis de lui des allures d'indépendance, se frit ré- « volté... Mais la jeunesse est capable de toutes les ab- « négations, et il est permis d'admettre que Jean « accepta Jésus sans arrière-pensée personnelle... Mais « loin que le Baptiste ait abdiqud clevat Jdsus, Jésus, « pendant tout le temps qu'il passa près de lui, le re- « connut pour supérieur, et ne développa son propre « génie que timidement. A toutes les époques, d'ail- « leurs, Jésus cdda beaucoup à l'opio, et adopta bien « des choses, dont ilsesot«ciait assez p, par l'unique « raison qu'elles étaient populab'es... Le baptème avait « été mis par Jean en trbs%rande faveur; il se crut
300 JÉSUS-EHRIST, « obligé de faire comme lui, il baptisa... L'élève Cala « bientôt le maître, et .çon bapt('me [«t [ort rec]er- « c]d... La supériorité de Jean était d'aillenrs trop in- « con(cstée pom" que Jésus, encore peu connu, sogedt « à la combattre. Il voulaitseulement gradi" à son « ombre, et se croyait oblig, pour gagner « d'employer les moyens extérieurs qui avaient valu « Jean de si dtomats succès '. En somme, l'influence « de Jean avait été plus fâchense qu'utile h Jésus. Elle « fut un arrçt dans son développement... Toutporte « crob'e que ce fut par une sorte de concession qu'il « inclina un moment vers le baptême . La seule chose « qu'il dut à Jean, ce fiu'ent eu quelque sorte des le- « çom de prddicatiou et d'actio populaire... Jésus ne « sera plus seulement un ddlicieux moraliste; c'est le « rdvolutiomaire transcendant ! » -- « Après la mort « de Jean, Jésus, comme co[rère affldd, fut un des « premiers avertis de cet événement a. ))
t. Vie de Jëst,s, p. 106, 10S.
2. Cet u momett est incroyable, et montre à quel point M. Renan ose tout dans les ténèbres d'ignorance où il suppose ses lecteurs. Qui ne sait, en effet, que JÉSUS-CHIIST a prèché le baptème jusqu'à la fin, et qui n'entend cette grande parole (lui ferai)lit les siècles, par laquelle, tel'llfinant sa mission, il imprilna h l'Église le caractère de celle qu'elle relnplit à jamais : Allez, dotc, et iast'ttisez tous les peaples, LES BAPTISANT AU 1NOlI Du PÈnE, ET DU FILS, ET DU SAllT-ESPRIT, et leur app'en«tt d observer ce lte je votts ai commadé ?