I. lïe de Jésts, p
304 JÉSUS-CHRISTo « I)avid » fut le premier .qu'il accepta, probablement « sans tremper dans les [raudes inocentes, par les- « quelles on chercha à le lui assurer. »
Admirez les charitables atténuations de M. lenan, par lesquelles il prévient les révoltes de ses lecteurs et leur distille le blasphème avec onction! Jésus accepta, il est vrai, un titre qui ne lui était pas dù, et qui égarait l'opinion publique; mais, sas tremper dans la [raude, --. probablement; -- fraude, après tout, inwceute, et dans laquelle il aurait pu, par conséquent, tremper. C'est pourquoi M. lcnan administre le blasphème à plus haute dose, et dit : « La croyance universelle était que le Messie serait fils de David et naîtrait comme lui à Bcthléem. Le sentiment de Jésns n'était pas pr&isé- et cela. Mais l'opinion, ici, lui lit ue sorte de violence. « Il se laissa donner un titre sans lequel il ne « pouvait espérer attcun succès. Il finit, ce semble, par « y prendre plaisir, car il faisait de la meilleure grâce « les miracles qu'on lui demandait en l'interpellant « ainsi. Ici, comme dans plusieurs atttres circonstances « de sa vie, Jésus se plia aux iddes qui avaient conrs de « son temps, bien qu'elles ne fussent pas prdcisdment « les siennes. »
Franchement, M. Ienan, cette manière d'écrire l'histoire, et de déshonorer, je ne dis pas ce qu'il y a de plus sacré, mais ce qui serait le plus vulgaire, ne déshonore que vous-même. Je "tous le dis, non pas par des
SA PERSONNE° 305 ce semble, et par des prol«m«n mais et en bon français.
Jusqu'ici, cependant, le héros de M. Renau n'a été qu'un politique matois, rasant l'imposture : maintenant, nous allons le voir y tomber. Leje«ne démocrate , devenu tout à coup un révolutionnaire transcendmt et un anarchiste, « qui annonce à ses disciples des « m,lés avec la police, sans songer un moment qu'il y « ait là matière à rougir ' (toute police est pour M. Re- « nan la sainte liermandad), » va se démasquer. En effet : « Tout ce qui 6tait en lui se développa et « se produisit avec un degré croissant de puissance et « d'a«dace . Il dut choisir entre ces deux partis, ou « renoncer à sa missiou, ou devenir thaumaturge «. » Or, thaumaturge, ne l'étant réellement pas, c'est jongleur. -- « 11 est des miracles, sans qu'on puisse les « distinguer, où il a consenti à jouter un rôle, sans « qu'on puisse savoir si les circonstances et les traits « qui y sentent la jonglerie sont bien historiq,es, ou 1. Vie deJdsas, p. 277. On s'est moqué joliment, dans la savante Allemagne, mèmc dans les écoles rationalistes, de l'ceuvre de l[. Renan, avec ddversement sur le caractère français : particulièrement au sujet de ce tic qu'on nous attribue de trinsporter dans l'antiquité des tyl)eS contemporains et nationaux, de faire de Jésus, par exemple, un Camille Desmoulins et un sat.-culotte. (Voir la Vie de Jésus et la critique allemande, par l'abbé Meignan.) 2. Id., p. 127.