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gratuite de M. Renan, elle n'est pas une supposition, conséquence obligée de l'incrédulité au caractère messianique de Jésus.
M. Renan n'évite pas seulement Bethléem, mais tous les mystères de l'enfance du Sauveur, toutes ces scènes sublimes et touchantes de l'Annonciation, de la Visitation, delà Nativité, de la Présentation, de la Fuite en Egypte et de la Vie cachée à Nazareth. La raison d'art est un bon guide^ dit-il. C'est pourquoi il la foule aux pieds, aussi bien que la raison historique, pour ne suivre que la raison d'impiété. Quelle autre raison, en effet, a pu lui faire supprimer aussi arbitrairement, dans une Vie de Jésus, des faits aussi importants, des récits aussi véridiques, des tableaux aussi inspirateurs de l'art et qui nous ont valu tant de chefs-d'œuvre? D'où leur est venu le privilège d'être dissimulés et lacérés, plutôt que les autres parties du même Évangile? La chose est claire, et M. Renan la confesse en la cachant : c'est que la divinité du Sauveur reçoit, de la terre et du ciel, dans ces mystères de son enfance, les témoignages les plus éclatants de prophétique adoration. C'est ce que nous avons montré dans nos Études sur la Vierge Marie et le Plan divin. M. Renan vient nous donner raison; il justifie à la lettre ce que nous disions ainsi dans l'Introduction de ces Études: — « Il n'est personne aujourd'hui qui n'admire, qui n'exalte et ne glorifie
Jèsus-Christ docteur, Jésus-Christ consolateur, Jésus -Christ réformateur. Il n'estpas même jusqu'au Jésus crucifié, autrefois scandale aux Juifs et folie aux Gentils, qui ne soit accepté comme un héros de constance, de grandeur d'âme, de dévouement à la cause du genre humain dont il est mort la victime. Tout cela est reçu, parce que, dans tout cela, Torgueil peut se retrouver, en imputant à un homme et à l'humanité dans cet homme des vertus qui nous flattent et dont on reçoit l'encens. — Mais Dieu enfant. Dieu dans lesls^nges, Dieu dans la Crèct^e, dans le sein, dans les bras de Marie, et Marie même honorée comme si elle était réellement Mère de Dieu^ et parce qu'elle est Mère de Dieu: tout cela est dédaigné, et pourquoi? Parce que cela ne peut être vrai que si Jésus -Christ est réellement Dieu ; parce que l'homme n'a aucune part, ne joue aucun rôle dans ces mystères ; ne sert qu'à y humilier Dieu, et qu'à être un instrument passif de la grande leçon d'humilité que ce Dieu humilié nous y donne ; parce qu'enfin tout le développement delà vie de Jésus- Christ et de son œuvre en reçoit un sens absolu, rigoureux, pratique de Divinité K »
Mais à la place de tous ces tableaux, dont les merveilles de reproduction seraient retranchées de nos mu-
i . La Vierge Marie et le Plan diDtn, 1. 1, introduction.
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sées, comme ils sont retranchés de rÉvangile, si M. Re^ nan en devenait le conservateur, il nous donne, pour nous en consoler, un paysage de sonpinceau, le paysage de Nazareth : — a Nul endroit du monde ne fut si bien .« fait pour les rêves de l'absolu bonheur.» ccLapoc< pulation est aimable et souriante ; les jardins sont « frais et verts. La beauté des femmes y offre le type « syrien dans toute sa grâce pleine de langueur, etc. tt Tel fut r horizon de Jésus ^ »
Le paysage joue un grand rôle dans Tœuvre de M. Renan. Ce n'est pas une simple décoration de fantaisie (M. Renan n'est pas homme à rien faire qui ne porte coup) : Le paysage donc, dans sa pièce, est un acteur et un grand acteur, nous ne tarderons pas à le voir.
c( Il apprit à lire et à écrire », observation importante , qui laisse entrevoir la noble intention qui l'a dictée. Scrupuleux de la justifier, plus que celles qui précèdent, M. Renan renvoie aussitôt à Jean^ VIII, 6. Nous courons au texte, et nous voyons qu'il y est dit seulement que, dans la scène admirable de la femme adultère, « Jésus, se baissant, écrivait sur le sable, avec « le doigt ; » mais [qu'il ait appris à lire et à écrire ?