‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 116 sur 188 · CimsUtutUmnel du 7 septembre · texte numérisé non relu

CimsUtutUmnel du 7 septembre

« jamais. » Il a bien compris que le meiQeur trait pour effacer la divinité de Jésus- Christ était le trait du rire. Voltaire riait du S advbcr ; M. Renan le fait rire : il y a là un progrès. Mais il y a là aussi une preuve nouvelle dont nous nous emparons, et que nous retournons contre l'impie.

On a remarqué que Jésus-Christ n'avait jamais rt ^ Mais je ne sache pas qu'on en ait jamais donné la raison. Elle est double, ce me semble : raison d*intel- Hgence et raison de cœur. Le rire, qu'on l'observe bien, ne jaillit jamais que d'une surprise faite à Tesprit par une opposition de choses ou de situations qu'il n'a pas prévues. Aussi, le génie comique, qui crée les situations qui font le plus rire, n'est pas rieur. Il voit trop le fond des choses pour en étre"surpris. Molière ne riait pas. Combien donc le rire est-il incompatible avec la divine intelligence qui voit tout, qui sait tout, et à qui les cœur? sont découverts, comme Jésus nous apparaît dans l'Évangile ! Mais, surtout, le rire est incompatible avec cette immense compassion, avec cette infinie miséricorde qui s'est inclinée de la félicité des cieux dans l'abîme de notre misère, et qui l'a revêtue pour nous en guérir.

C'est le sentiment de cette infinie sagesse et de cette

1 . Je ne dis pas souri. Le sourire n'est pas le diminutif de rire. Il n'a rien de commun avec lui. D est le rayon de la bienveillance réfléchie, comme le rire est Téclat d'une surprise à la personnalité.

infinie miséricorde, qui rend le rire impossible à nos yeux, dans la sublime figure de I'Homme-Dieu, et qui fait ainsi de la dissonance du portrait qu'en a fait M. Renan, un témoignage de divinité ; et d'une raison de goût une raison de foi.

M. Renan a donc offensé, en tout ceci, le goût autant que la raison, que la vérité historique et que la foi ; et par toutes ces offenses, il a fait éclater autant de témoignages de cette divinité de Jésus-Christ qu od ne peut insulter sans tout insulter : — tant elle est véritable !

Venons au Jésus politique.

Cette joyeuse vie ne pouvait avoir qu'un temps, car elle ne faisait pas le compte de Tambition du héros de M. Renan. <c II sentait déjà que pour jouer un rôle de « premier ordre ^ il fallait sortir de la Galilée, et attacc quer le judaïsme dans sa place forte, qui était Jérutt salem*. »

Il y avait préludé en faisant servir à ses desseins l'engouement dont il était l'objet de la part des femmes et des enfants de Galilée. « Ces derniers faisaient autour «ç de Jésus comme une jeune garde pour l'inauguration a de son innocente royauté, et lui décernaient de pe-

i. Vie de Jésus, it. 206.

« tiles ovations aitxquelles il se plaisait fort^ Tappe- « lent <K fils de David, » criant Hosanna, et portant des <x palmes autour de lui. Jésus était bien aise de voir ces « jeunes apôtres , qui ne le compromettaient pas, se « lancer en avant et lui décerner des titres qu'il « n'osait prendre lui-même. Il les laissait dire, et quaiid « on lui demandait s'il entendait, il répondait d'une <c façon évasiveque la louange qui sort de jeunes lèvres « est lapins agréable à Dieu*. »

Arrétous-nous pour respirer; car la conscience est oppressée.

Nous avons déjà le ton du Jésus politique. M. Renan ne l'a trouvé nulle part; pas plus que le Jésus idyllique. Comme celui»ci a été une création de son goût, celuilà l'est de sa conscience : et tous deux de son impiété. Et voyez comment il procède. Il trempe sa plume dans l'Évangile, pour colorer son roman d'un teinte historique. Il y prend un peu de vérité, parce qu'il en faut, et que ce n'est que là qu'on en trouve. Puis, il altère aussitôt cette vérité, en pluralisant les traits les plus sin-» guliei*s, comme le trait unique de la Madeleine dont il dit : des femmes venaient verser de l'huile sur sa tête; comme celui de l'ovation du Sauveur à Jérusalem, dont il fait de petites ovations auxquelles Jésus se plaisait fort, et où il représente Jésus, tantôt sur une mule au

\. Vie de Jésus, p. 191.

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ffrand œil nair^ tantôt sur l'ânesse prophétique, brisant et éteignant ainsi les traits les plus saillants et les plus lumineux de la vie du Sauveur. Cela fait, il prête à ces traits des intentions qui ne résultent que de cette fréquence qu'il leur a donnée mensongèrement. Et quelles intentions ! Où en a-t-il trouvé Tombre dans toute la vie de l'humble de ceeur , qui, dans la pleine conscience de sa grandeur, sachant que tout avait été remis par le Père entre ses mains y et que^ sorti de Dieu, il allait retourner à Dieu, 9e prit à laver les pieds de ses opd^res^? Des intentions abjectes de rouerie, qui diffameraient l'ambitieuïle plus vulgaire, et que M. Renan ne craint pas d'infliger à celui qui est l'honneur comr mun de tout ce qui porte un cceurd homme ^. Ayms-\e raison de dire que les baisers et les génuflexions alternent avec les soufflets et les crachats dans la Vie de Jésus?

Mais l'ambition de Jésus va rencontrer un rival qui a pris les devants dans la popularité à laquelle il aspire, et avec lequel, en fin politique et en profond diplomate, il va lutter d'artifice, d'hypocrite déférence et de con^ cessions intéressées. Ce rival, c'est, ne vous récriez pas, le précurseur Jean-Baptiste, Pami de VÉpaux, qui se proclamait indigne de délier les cordons de sa chaus^ $ure, et dont il disait : c*est à lui à croître , et d moi à

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