Vie de Jésus, p. llo
Il suffit de citer ces choses, et de les livrer à la vindicte du dégoût. M. Renan a été trompé par sa haine. Il a tiré trop bas. Son trait passe au-dessous de la conscience humaine, autant que ce qu'il veut atteindre est au-dessus.
Jésus , toutefois, ne sut pas d'abord quel caractère (politique ou religieux) il donnerait à son entreprise. Heureusement que la faute d'un autre rival vint l'éclairer et lui faire éviter l'écueil. Ce rival était Juda le Gaulonite, qui, sous couleur de messianisme, tenta un mouvement politique et fut écrasé par le procurateur Caponius. — ce Jésus, dit M. Renan, vit peut-être ce u Juda, qui conçut la révolution juive d'une façon si « différente de la sienne ; il connut en tout cas son « école, et ce ivX probablement par réaction contre son « erreur qu'il prononça Taxiome sur le denier de Cé- « sar. Le sage Jésus, éloigné de toute sédition, profita « de la faute de son devancier^ et rêva un autre (c royaume et une autre délivrance ^ » M. Renan est très-frappé de cette idée, et il tient a la faire passer dans l'esprit du lecteur. Il y revient donc ailleurs : c( Dès lors, sans doute, Jésus avait renoncé à la police tique, dit-il ; l'exemple de Juda le Gaulonite lui avait « montre l'inutilité des séditions populaires.^... »