‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 119 sur 188 · Id.,p. H · texte numérisé non relu

Id.,p. H

Ainsi) l'axiome sur le denier de César, qui a décidé Favenir du Christianisme; ainsi, le Christianisme même, cette transformation religieuse qui a renouvelé la face du monde, ont tenu probablement, dans l'âme de Jésus, à la faute de son devancier Juda le Gaulonite. Ainsi, c'est par réaction contre l'erreur et le sort de celui-ci, que Jésus a évité la voie politique et a pris la voie religieuse, rêvant, dès lors, un autre royaume et une autre délivrance. Ainsi, c'est par calcul d'ambition et non par sagesse préconçue de dessein, c'est comme moyen d'arriver et de ne pas être écrasé, que Jésus de Nazareth est devenu le Sauveur du monde ! ! ! Sans ce Juda-là, Jésus se fût fourvoyé, et le genre humain eût manqué sa glorieuse destinée.

Mais quoi ! cela ne lui profita guère, car il fut écrasé, lui aussi, par le procurateur Ponce-Pilate. Sa fin fut absolument la même. D'où vient donc la petite différence qu'il y a aujourd'hui entre le Christ, présidant encore après deux mille ans aux destinées du monde, et le pauvre Gaulonite^ et tous les autres faux messies ensevelis dans le même oubli? Uniquement de ceci que, comme il apparut sur sa croix même au centurion romain, «vraiment il était Dieu celui-là.» Verè Filius Dei erat iste^.

Yoilà où aboutit la belle invention de M. Renan. Et

i. Matth., XXVII, 54. — Marc, xv, 89. — Luc, xxiii, 47.

SA PBBSOMNE. 303

cette conclusion sort de tous ses blasphèmes, il établit tout ce qu'il veut renverser.

M. Renan, comme nous l'avons vu, conteste à Jésus - Christ sa naissance à Bethléem, par la seule raison qu'elle était prophétisée; et il fait ressortir par là le prodige de l'événement. Il lui conteste avec le même acharnement le titre de fils de David, par l'unique raison aussi que c'était le titre prophétique du Messie. 11 reconnaît cependant que ce titre lui était décerné unanimement. Sur quoi se fonde-t-il donc pour le lui disputer ? — Admirez la divination ! — sur l'opinion de Jésus lui-même. Et où trouve-t-il en lui cette opinion si contraire à toute sa conduite ? Il la lui prête , d'abord; et puis il la concilie avec sa conduite toute contraire, en lui prêtant encore de n'agir en cela que contre son opinion, et par machiavélique acquiescement à l'opinion publique qui flattait sa vanité et son ambition en lui décernant ce titre. Combien M. Renan est-il donc riche de tels sentiments pour en être si généreux !

ik Comme le Messie devait être fils de David, dit-il, « on lui décernait naturellement ce titre, qui était sy- « nonyme du premier. Jésus se le laissait donner avec c( plaisir^ quoiqu'il lui causât quelque embarras, sa a naissance étant toute populaire \ Le titre de c( fils de

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