‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 141 sur 188 · FiédeJésttô, p. 4H · texte numérisé non relu

FiédeJésttô, p. 4H

Mais èi mon Sauveur, jetant sur mon néant un de cëâ regards qui suscitent, eût fait la grâce à mon amour de me permettre sa défense, voici quel eût été mon plaidoyer.

Il est vrai lilya une loi selon laquelle on a dit qu'il doit mourir, parce qt/il s'est fait Fils de Dieu ^ Cette loi en elle-même est juste, et Taccusateur public qui l'invoque vient de la calomnier, en l'appelant la loi de la férocité antique. Car c'est la loi de lèse-majesté, sur laquelle reposent tous les empires et qui couvre toutes les souverainetés : à Rome, César ; en Judée, Dieu : selon cette parole du divin accusé frappée au coin de la céleste sagesse : « Rendez à César ce qui est à César, et « à Dieu ce qui est à Dieu! »

Mais cette loi. dans son application à Jésus^ présuppose un point à examiner, une question que, selon sa manière ordinaire de raisonner, l'accusation résout par elle-même : c'est qu'il ne soit pas en effet Fils de Dieu, qu'il ne soit pas ce Christ, ce Messie qui doit venir, désiré par toutes les nations, attendu parla nôtre à cette époque, et dont tous les signes indicateurs sont arrivés. J'en appelle à l'interrogatoire. Vous lui avez demandé s'il était b CHRiSTy Fils de Dieu. Il y a donc un

t. iean, xiî, 7.

Christ, fils de Dieu, que nous devons connaître, que nous devons écouter. Et alors, n'est-ce pas celui-là même qui est ici debout au milieu de vous qui serait ce C u r i s t que vous poursuivez de votre haine et que vous devriez suivre de votre amour? Il a r(^pondu qu'il l'était; et cette réponse, dont la majesté aurait dû éveiller votre foi, n'a fait qu'attiser votre rage. Cependant c'était là tout au moins une question préjudicielle à examiner, un grand fait à vérifier : la question même, le fait même du procès, qui vous met tous en cause devant Lui, avant qu'il puisse l'être devant vous. Car, s'il est le Christ, la loi que vous invoquez se tourne contre vous, et vous avez à redouter sa vengeance.

Mais il y a plus : ouvrons cette loi. L'accusateur public qui a été élevé dans la science de l'Écriture ne peut pas l'ignorer : comment l'a-t-il si étrangement éludée ?

Cette loi est la loi de Moïse, chap. XVIII du Deutéronome. Elle se compose de plusieurs articles ou versets étroitement enchaînés et qui se commandent. L'article auquel seul on a fait allusion est l'article 20 ainsi conçu : — « Si un prophète, corrompu par son orgueil, entrece prend de parler en mon nom et de dire des choses « que je ne lui ai point mandé de dire, ou s'il parle au « nom des dieux étrangers, qu'il soit puni de mort. »

Il me serait aisé de montrer, si vous osiez engager la discussion sur la vie et la doctrine de Jésus, auxquelles lui-même n'a cessé d'en appeler, que, loin que ces ca-

IfOUYELLE PASSION. 345

ractères lui soient applicables, il en offire la plus parfaite opposition.

Mais cet article, je l'ai dit, se réfère étroitement à ceux qui précèdent et gui suivent.

Or, écoute, 6 Israël, ces versets de ta Loi, entends la voix de Moïse, la voix de ton Dieu qui s'élève contre toi, qui te poursuit et te poursuivra, toi et toute incrédulité, d'âge en âge !

Versets 1 , 5, 16 et 17 : « Le Seigneur votre Dieu vous « suscitera un prophète comme moi^ de votre nation et c( d'entre vos frères : c'est lui que vous écouterez. — c< Selon la demande que vous fîtes au Seigneur votre « Dieu près du mont Horeb, où tout le peuple était asc< semblé, en lui disant : Que je n'entende plus la voix a du Seigneur mon Dieu, et que je ne voie plus ce feu a effroyable, de peur que je ne meure. — Et le Seic( gneur dit : Tout ce que ce peuple vient de dire est « raisonnable.»

Verset 18 : « Je leur susciterai du milieu de leurs « frères un prophète semblable à vous (à Moïse), je lui c( mettrai mes paroles dans la bouche, et il leur dira (c tout ce que je lui ordonnerai. »

Verset 19 : « Si quelqu'un ne veut pas entendre les « paroles que ce prophète prononcera en mon nom, ce « sera moi qui en ferai la vengeance. »

Puis le verset 20, déjà cité, qui frappe le faux prophète usurpant les droits du vrai.

346 j£sus-CHaiST.

Ënfia les versets 21 et 22 marquant les signes auxquels on devra les discerner.

Voilà la Loi, toute la Loi.

Ce prophète annoncé, semblable à lifoîse, législateur comme lui, thaumaturge comme lui, propî^ète comme fui, est le Messie. Il n'y a qu'une voix dans toute la synagogue à cet égard : j'en appelle à tous \eé vieux rabbis.

Et maintenant, je dis que ce prophète législateur, ce Messie est Jésus de Nazareth que Vous poursuivez, et dont Dieu même fera ta vengeance.

Mille autres prophéties vous le signalent : mais cellelà seule sufiSt à votre condamnation ^

Et ainsi ïa Loi au nom de laquelle vous demandez sa morl le couvre et vous foudroie. Ce n'est pas lui, c'est votre iiOimâme, c'est Moïse qui vous accusera, ainsi qu'il

l.Nousavonsapprëcié cette grande prophétie dans nos Études, t. IV, p. 215 à 221, nous en avons pesé tous les termes, dans leur rapport aVeé d*àu^reâ textes voisins, qùïèn èônt comme les tenants et^ abo\itissaM8. Nous osons dire ({u'il n^y a pas de démonstration qui passe Vévidence de son application unique à Jésus-Christ. Nous y renvoyons avec conéance le lecteur. Nous signWèhg particfulière'Meilt soh râpj^ori a^ec fa TYitnsfiguration où Moïse même, reparaissant, vient témoigner que Celui dont il avait dit : Ipsum audies (Douter., *xviii, 15,) est bien Celui dont le Père céleste dit dans là hué :'lPsuBt iMbiT^ (tfdtth., xvR, 5). Bt qu'on ne dise pas que ee rapt>o^'à étéreonébrféliar rÉvangéliste, car il ne le fait pas remarquer, et je ne sache pas que personne ayant moi l'ait découvert.

VOUS le disait tfaguère dans le temple : — * d Ne petisé^- « pas que ce doit moi qui vous acouâëttli aupf es de mon « Père : votre accusateur c'est Moïse en qui vous espé- «rez. Si vous aviez foi en Moïse, en effet, tous auriez « foi en moi : car c est de moi que Moïse a écrit ' . »

Et ce qui vous confond, éurtout, c'est que ces signes auxquels Moïse vous a dit que vous le discerneriez, il lés âfâîtâeÏÏ ^fànd nombre au milieu dé vous. Il vous l'a dit : « Les œuvres que le- Père di'a doniié de faire, ces « œuvres que je fais, rendent témoignage de moi, que <( lé Père m'a envoyé'^. y> — « Si je n'avais point fait (( parÈdî êiti, aés œuvres que nul autre n'a faites, ils « n'auràieùt point ce péché sur ëlix; mais, maintenant, a ils tint ^ et il^ ont haï inoî et ïnori Père, afin que là <t paWle (Jui est écrite clans là loi s'accomplit aussi : ils «^ lïi'ont haï gratuitement'. »

Maié vos murmures sanguinaires couvrent ma voix. L'iniquité triomphe. Altérée du sang divin, qui brûle lui-même dé se réf>*aiid[re.pour|le sàlùt du mondV, elle fajipëlïe sur èa tête! Éh''biên î^qû'il r^etoAhe donc sur vous, ée sang du Juste, sur vous, et sur ceux qui, plus côupritîes ènéoft qûé vous, du sein des lumières qui vont en jaillir, se porteroùt' un jour les apologistes du Déicide. Pour moi, disciple de Jésus mon Sauveur,

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