‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 142 sur 188 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

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qui m'a préservé de cet aveuglement, je ne demande en finissant qu'une grâce : c'est de le suivre au supplice, de l'aider à porter sa croix au Calvaire, et d'y mourir avec Lui.

Voilà ce que j'aurais dit, avec une franchise simple et vraie, dans le procès qui se déroula devant Pilate. Voilà ce que je dis dans sa révision.

Mais que fais-je de défendre mon Dieu et d'accuser ses ennemis? J'ai bien plutôt à me défendre moi-même. Car ce ne sont pas les Juifs, ce n'est pas M. Renan, c'est moi, c'est nous chrétiens, c'est Jésus lui-même qui reste coupable et responsable de l'iniquité qui, en son nom, a continué à verser le sang des justes. C'est ce que M. Renan a déjà insinué, c'est à cette moralité qu'il revient et par elle qu'il termine :

« Hélas I il faudra plus de dix-huit cents ans pour <c que le sang qu'il va verser porte ses fruits. En son a nom^ durant des siècles, on infligera des tortures et a la mort à des penseurs aussi nobles que lui. Âujour- « d'hui encore, dans des pays qui se disent chrétiens, a des pénalités sont prononcées pour des délits relitt gieux. Jésus n'est pas responsable de ces égarements. c( n ne pouvait prévoir que tel peuple à l'imagination <c égarée le concevrait un jour comme un affireux Mo-

« loch, avide de chair brûlée. Si au lieu de poursuivre « les Juifs d'une haine aveugle, le christianisme eût « aboli le régime qui tua son fondateur, combien il <c eût été plus conséquent, combien il eût mieux mé- « rite du genre humain^! »

Ainsi, ce n'est pas sur Pilate, ce n'est pas sur Judas , ce n'est pas sur les Juifs, c'est sur le Christianisme et en ce sens sur Jésus lui-même que retombe l'odieux de tout ceci.

Mais sur qui retombe l'odieux de cet odieux...?

Du reste, pour mieux assurer cette conclusion, M. Renan , en même temps qu'il charge le Christian nisme, s'attache encore une fois à décharger les ennemis de Jésus-Christ. Gomme si le sang qu'il veut cfEacer de leurs mains et de leur front reparaissait toujours pour l'accuser de complicité, il ne craint pas, dans un chapitre spécial ayant pour titre Sort des ennemis DE Jésus , d'insulter à la conscience humaine, à la Providence et à rhistoire^ en présentant Pilate « comme ne «c songeant pas un moment, dans sa retraite, à Tépi- <c sodé oublié qui devait transmettre sa triste renomce mée à la postérité la plus lointaine, d — Hanan, « passant pour un des hommes les plus heureux de « son siècle, et le vrai coupable de la mort de Jésus

i. Vie de Jésus, p 412,413.

a finissant ga ne aif. comble des honneurs et de la çona sidérationp) et .enfin 4e Judas, qui ne partit avoir d'autre tort aux yeux de M. Renan que de s'être repenti de son crime, il dit avec un r^neinent d'impiété morale : « Peut-êtrç, retiré .(|au$ son chaç^p de a Hakeldama, y> (c'eçt-à-dire champ du fang, qpmme il fut appelé pcM" les /uif$ evLx-inâpie§, parce qu'il pait ét/è acheté du prix du déicide^) <i JMdas mena-t-il une <x vie douce et obscure, pendant que ses aiicieuç amis a conquéraient le nionde et y semaiept jl|e l^ruit ^e son <c infamie^... »

Si, entrant dans la voie que jaa'ouvre M. Renan, je 1

voulais me donner ccuçnme lui la licence des coajec- I

tures, je paurTais dire i Peui-étre que Judas n'est pas mort, ej; qu'il est resté vagabond sur la terre... Peutêire que, possédé toujours du même e^rlt d'apostasie et de haine qui l'anima, il cherche en tout ten^>s à trahir le Fils de l'Hovme par un baiser... Peut- ,

être que M. Renan n'est que son pseudonyme, et que llscariote est le véritable auteur de la Vie deJéstts...

Chimère ! direz-vous. J'en conviens. Cependant, chimère pour chimère, celle-ci n'est pas contre toute vraisemblance morale, comme celle de H. Renan. ;

Il est certain, en effet, que l'esprit de Judas, cet ^<- |

prit qui entra en lui qu^nd il eut commis son sacri- i

i. Actes, I, 18, 19.

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