‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 143 sur 188 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Il faut que nos lecteurs se résignent à une nouYelle douleur, celle de voir le supplice de Notre-Seigneur Jésus- Christ dégradé et aggravé par M. Renan.

Fidèle, en effet, à son parti pris d'altération de rÉyangile, au seul gré de son intérêt d'impiété, il ya suivre le divin récit à la trace, pour éviter, supprimer ou effacer tout ce qui porte un caractère historique de grandeur divine et de vérité.

Sa méthode est toujours, pour cela, des plus simples.

Une circonstance, un trait, quelles que soient ses conditions historiques d'attestation, n'est jamais vrai, ou faux, ou douteux en lui*méme : mais il le devient par rapport à sa portée dans le débat.

D'où il suit qu'on est toujoiu*s sûr avec M. Renan de savoir quels sont les traits qui portent, qui concluent, qui ont une grande valeur de témoignage et de vérité.

Ce sont tous ceux qu'il révoque en doute, qu'il dissimule ou qu'il altère.

Par là, son livre a, une utilité rare, je ne saurais trop le redire ; c'est le critérium à contrario de la vérité de notre foi.

C'est ce que nous avons vu jusqu'ici; c'est ce que nous allons voir encore jusqu'au bout.

La réflexion que nous avons faite, au début du chapitre précédent, sur le caractère du récit évangélique de la Passion de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ, grandit, ce semble, davantage encore à mesure qu'on arrive à son supplice et à sa mort. Ces instants solennels se contractent, en quelque sorte, sous la plume des Évangé-. listes, en des traits de plus en plus sobres, précis, comptés. Aucun détail oiseux; aucune réflexion propre; aucun tremblement d'émotion. Tout, jusqu'à un iota, y est dicté par la vérité même et buriné par l'authenticité. C'est un Testament, reçu par les officiers publics de l'histoire. Ce sont les Novissima Verba de l'Amour éternel s'immolant à la Justice infinie pour le salut du monde, recueillis par une piété filiale dont le respect garantit la fidélité. C'est tout le passé prophétique et tout l'avenir ÉvangéUque témoin et garant de la vérité de ce point éternel où ils se consomment. C'est enfin la loi de grâce ou de réprobation éprouvée à jamais par la vie ou par la mort du monde.

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&etÊ kcélA ijoe vient s'attaquer IT. Bfeilttir. CefsX au pied de eette croix que le serpent de sa' critique se replie, exhale son venin, et use ses dents.

n commence par priver la victime deFintérèt compatissant de cette foule pieuse et de ces saintes femmes qui la suivaient en pleurant sur le chemin de son supplice. Et pour effacer cette circonstance rapportée par saint Luc, honorable pour la nature humaine,, et (yie tous les bienfaits dont Jésus avait semé la Judée rendent si vraisemblable, il lui suffit de cette simple note : «La a circonstance, Luc, xx]ii^27-31,.est.de celles où Ton ce sent le travail d'une imagination pieuse et attendrie. a Les paroles qu'on y prête à Jésus n'ont pu être écrites ce qu'après le siège de Jérusalem ^ »

Ces paroles,» on doit se le rappeler, sont celles où le Sauveur, reportant (bonté admirable dans un tel moment!) sur ces saintes femmes les pleurs dont il était l'objet, prédit les horreurs du sac de Jérusalem. C'est le témoignage de divinité résultant de cette prophétie qm nous vaut cette suppression.

Or cette prophétie est rapportée ailleurs par saint Matthieu et par saint Marc, et finalement avouée par M. Renan lui-même, comme nous Favons vu à la fin de notre chapitre sur les prophéties.

C'est donc gratuitement qvie M. Renan, powrla nier,

i. Vie de Jésus, ip. J^iS.

met sur le compte de Timagination pieuse et attendrie de saint Luc un épisode dont la vraisemblance ne peut échapper qu*à une imagination prévenue et ennemie.

La grande parole : « Père, pardonne-leur ; car ils tt NE SAVENT CE Qu'jLs FONT », parolo si couformc au caractère du Sauveur, si applicable aux ennemis de Jésus-Christ, et par cela même si méprisée par eux, devait l'être par M. Renan. M. Renan toutefois reconnaît que cette parole dut être dans le cœur de Jésus ; mais il n'admet pas qu'elle ait pu être sur ses lèvres. — Pourquoi?— Sans doute, parce qu'elle était dans son cœur. — « Selon une tradition^ dit- il, Jésus aurait prononcé a cette parole, qui fut dans sop cœur, sinon sur ses c( lèvres : c< Père^ pardonne-leur, ils ne savent ce qu'ils a font. » — Puis, comme si ce n'était pas assez de cette suspicion jetée sur l'Écriture qu'il appelle tradition, il dit en note : — a En général, les dernières paroles pré- « tées à Jésus, surtout telles que Luc les rapporte, c( prêtent au doute. L'intention d'édifier ou de montrer c< l'accomplissement des prophéties s'y fait sentira »

V intention à' édiiier et de montrer l'accomplissement des prophéties pourrait assurément être avouée, quoiqu'elle ne paraisse pas dans les Évangélistes, et surtout ici où il n'est pas question de prophétie. Mais que dire de l'intention de scandaliser et de démentir les prophé-

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