‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 17 sur 188 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

(la leur)

M. Renan a une méthode que nous n'aurons pas besoin de déduire de son livre ; car il l'avoue, il la professe et il l'affiche. Cela nous dégage d'une grande difficulté : celle d'être cru et de ne pas être taxé de malveillance. M. Schérer et M. Havet, ses panégyristes, seront d'ailleurs, au besoin, nos garants.

Le moyen, en effet, de faire croire, sans leurs propres déclarations, que, dans une Vie de Jésus^ où on s'est proposé de nous donner le véritable Jésus, et de renverser tout Tédifice reUgieux, moral et social fondé sur l'Évangile , on ait banni systématiquement la preuve, la discussion, la certitude , et on se soit armé seulement de la supposition, de l'allégation et de l'a peu près?

Ce n'est pas que l'auteur de la Vie de Jésus n'ait pas entrevu la difficulté qu'il y avait à faire surgir, au bout de dix-huit cents ans, un nouveau Jésus, et à le faire accepter à la place de celui qu'adorent les siècles, et

cela sans aucun document historique, contre tous les documents historiques: non, il ne se dissimule pas que c'est là une grosse entreprise. Mais il a des procédés à lui. Ces procédés sont au nombre de cinq : nous allons les passer en revue.

I. (c Dans un tel effort^ dit-il, une part de divination tt et de conjecture doit être permise * . »

Une part : c est déjà beaucoup, surtout lorsque nous verrons combien M. Renan se la fait grande. Eh bien! on regrette encore, pour l'honneur de M. Renan, que ce ne soit qu'une part^ et que tout ne soit pas simplement de la divination et de la conjecture dans son œuvre; car, ce qu'il y a de plus, nous le verrons, est bien pis.

De la divination et de la conjecture : voilà donc ce qu'il y a de plus rationnel et de plus avouable dans la méthode de M. Renan.

De la divination : qu'est-ce à dire ici? C'est-à-dire une manière d'imaginer, de créer un personnage ou un événement, abstraction faite des faits, de l'événement réel, de la certitude historique ; à la guise de la conception historique et de l'idéal que. s'en fait l'écrivain. Ce n'est pas une figure réelle, qui fait son moule dans l'histoire, comme Jésus dans TÉvangile ; c'est une figure imaginaire que l'écrivain moule sur son cerveau. C'est un

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