‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 178 sur 188 · Vie (2e Jésus, p · texte numérisé non relu

Vie (2e Jésus, p

LA yi£RG£ MARIE. 431

son hypothèse ainsi démasquée, il n'y a plus lieu d'examiner celle-ci.

Ne lui faisons pas grâce, cependant^ de cet examen.

Cette hypothèse est moulée sur la difficulté. Celle-ci consistant dans la fable des deux Marie étant données rune et F autre pour mère de trois ou quatre fils portant les mômes noms, Thypothèse consiste à supposer deux séries de fils de ces deux sœurs, deux séries de frères de Jésus : les uns, ses cousins germains, sous le nom de frères j les autres, ses vrais frères, étant les yrais fils de Marie sa mère.

Il est vrai que le même Évangile qui se refuse à la difQculté ne se refuse pas moins à Thypothèse qui la résoudrait ; que nulle part il n'est fait la moindre allusion à l'existence de ces vrais frères de Jésus , parce que nulle part il n'est fait la moindre allusion à la maternité de Marie, si ce n'est comme Mère de Jésus, qui est le seul nom par lequel elle soit désignée. Mais M. Renan ne connaît de difficultés que celles qu'il invente, a Tous « (ces prétendus vrais frères de Jésus) sont restés obc< curs, » dit-il. — a Leur nom était inconnu. » — «Ils i< sont restés toujours obscurs *. »

Mais alors que devient votre hypothèse ?^

N'importe : les quatre fils de Marie de Cléophas étant donnés (Matth., XIII, 55; Marc, VI, 3) comme fils de

i. Vie de Jésus, p. 23, 24.

Marie mère de JésuSy selon l'invention de M. Renan, — il faut bien que Jésus ait eu de vrais frères. — Seulement, leur nom était inconnu. Et, loin que cette obscurité impénétrable des vrais frères de Jésus, même aux yeux de ses contemporains, s'élève contre l'hypothèse de leur existence, elle vient au secours de cette hypothèse en expliquant comment on ne les a pas nommés; plus que cela, comment, à leur place, on a toujours nommé les cousins germains de Jésus.

Vous croyez, cher lecteur, que je me moque de M. Renan en lui prêtant cette logique. Nullement : c'est lui plutôt qui se moque de vous. Je n'ai fait que le citer. Voilà ses propres termes : « Leur nom était inconnu, à <( tel point que quand l'évangéliste met dans la bouche ce des gens de Nazareth l'énumération des frères selon (( la nature (ce selon la nature est de pure invention), tt ce sont les noms des fils de Cléophas qui se présentent « à lui tout d'abord. » — «L'évangéliste, entendant apc< peler ces quatre fils de Cléophas « frères du Sei- « gneur », aura mis, par erreur, leur nom au passage « à la place des noms des vrais irères restés toujours « obscurs ^ »

Incrédulité, à quoi en es-tu réduite ! Comment qualifier cette logique et cette tactique? Je ne le ferai pas; et cela n'est pas nécessaire : il m'aura suffi de l'exposer.

Page 1