‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 179 sur 188 · Vie de Jésus, p · texte numérisé non relu

Vie de Jésus, p

LA yjEBGE MARIE. 433

A TassertioD, ainsi échafaudée, que Jésus avait des frères et des sœurs, M. Renan a ajouté, «dont il semble « avoir été Talné, » — puis il renvoie pour ce mot aîné, àMatth.,1,28.

Tout est calculé et combiné dans Tauteur de la Vie de Jésus, jusqu'à sa circonspection. En recourant au texte évangélique qu'il indique, on lit, au sujet de Joseph et de Marie: « Et il ne la connut point avant qu'elle « eût enfanté son fils premier-né. x> Certes, voilà un texte qui paraît prêter à conjecture et à hypothèse contre la virginité de Marie, pour un ennemi aussi peu scrupuleux que M. Renan. D'où vient donc qu'il s'est borné à cette simple insinuation : « dont il semble avoir été <c l'aîné?»

C'est que l'argument que l'ancêtre de M. Renan, Helvidius, a essayé de tirer de ce texte, a été si mall^eureux, que M. Renan a jugé prudent de ne pas s'attirer cotte mésaventure : mésaventure telle, qu'il y a même de la témérité de la part de M. Renan à risquer cette simple insinuation.

Je pourrais citer à l'appui de ce sentiment bien des autorités. Toutes étant unanimes, je me bornerai à une qui n'est pas suspecte : c'est encore celle de Calvin.

« Sous couleur de ce passage : Et il ne la connut a point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté son fils premiera né, dit-il, Helvidius a, de son temps, ému de grands cf troubles en l'Ëglise, parce que, par iceluy, il voulait

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a m^ntenir gae Mariç a'ayait été vierge, sinon jusqu'à « renfantement, et que, depyis, elle avait eu d'autres i< (Sjifants de sou mari. Saint Jérôme sl fort et ferme a soutenu la virginité perpétueUe de Marie, et en a éerit « amplement. Or, il nous suffit de dire que cela ne (( vient point au propos de TÉvangéliste, et que fi'est « june folie de vouloir recueillir de ce passage ce qui en « a été après l^. naissance du Christ ^ U est noouné « premier-né, ms^s xion par autre raisoQ, ^inon afin <c que nous sachioijiç qu'il est né d'unç n^ra vierge, et u qui jamais n'avait eu d'enfapt. Il est dit que Joseph « ne Tavait point connue jusqu'à ce qu'dllei enfantit : ^( cela se doit aussji r^çtreindrç au même temps. Tou- «c chant ce qui a été depuis l'enfantement, l'Évangile (( n'en dit mot. On sait bien que, selon l'usage commun ik de l'Écriture, ces manières de parler se doivent ainsi <c entendre. Certes, c'est un point duquel jamais homm^ a n'esmouvra dispute, si ce n'est quelque opiniâtre et a raillard*. »

1. « La propre intention de l'Évangéliste, dit Qrotius avec un « sens parfait, nous fait une loi de nous arrêter à ce temps de « l'enfantement dont il parle, n'étant question dans son esprit « d'autre chose que de bien faire connaître que Joseph y avait % été étranger. Ce ^ quoi n'avait aucun trait la mention de ce qui appartenait à un temps postérieur. » [AnnoU ir\ MçlUK)

2. Calvin, Comment, sur l'harm. évang., p. 41. — Voir tout le chap, VII de notre Yierge Marie Saprés VÈvaaagile^ où tout ce qui regarde la virginité de Marie est traij^ à fond, '

On compreod totoeUemeiit, tout à ia fois, ^ lu réserve et la témérité de M« Renan à ce sujet.

Relèverai-je maintenant l'affectation avec laquelle "M. Renan a écrit : « Joseph inoiarat avant que son fils « fût arrivé à aucun rôle publie. Marie resta de la sorte m le chef de la famille, et c'est ce qui explique pour- «c quoi son fils, quand on voulait le distinguer de ses ce nombreux homonymes, était le. plus souvent appelé « Fils de Marie !... x>

Ceci donne lieu aune réflexion, non-seulement rectificadve de celle de M. Renan, mais pleinement démonstrative de la glorieuse importance de Marie.

Bien que pendant la vie de Jésus-Chr isx, la virginité de sa naissance ait été voilée sous la paternité adoplive de Joseph, M est cependant remarquable que celui-ci, dans les soèœs même où il figure (admirablement comprises , e!n ceia , par Tart chrétien) , soit toujours à Tarrière-plan, et que Y Enfant avec Marie sa mère^ soient toujours seuls en lumière. C'est même dans ces scènes de Tenfance de Jésus où Joseph était présent, que la Vierge Marie apparaît le plus dans cet éclat que reflétait sur elle seule la divinité de Jésijts, et les adorations dont il était l'objet de la part du ciel et de la terre. Et c'est de là que vient sous la plume des Ëvan-

\. Matth., H, II ; — xiii, 20, 21; — etc.

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gélisies, dans toute la suite du dhin récit, cette double appellation de FiU de Marie douoée à Jésus, comme n*étaDt fils que de Marie, et de Mire de Jésus donnée à Marie, comme n'étant mère que de Jésus. Tout ceci d'autant plus remarquable, que c'est en opposition a?ec les mœurs antiques, d'après lesqueUes la mère était toujours efiacée par le père, et la femme par le mari.

Aussi, M. Renan, qui aurait eu tant intérêt, d'après son système, à nous représenter Jésus dans ces scènes de son enfance où la virginité de Marie aurait été démentie, selon lui, par la paternité de Joseph, les a toutes évitées et supprimées. Et certainement il ne les a évitées et supprimées que parce qu'elles le démentaient.

Il dit dans un passage : <i C'est seulement après la «( mort de Jésus que Marie acquiert une grande consi- (c dération, et que les disciples cherchent à seTatta- <c cher » ( ce qui est historiquement faux , puisqu'il n'est plus fait mention de Marie après la mort de Jésus, si ce n'est pour la nommer une fois). Mais il se dément lui-même par cette note : a Comp. Luc, I, 28; a II , 35 , impliquant déjà un grand respect pour Mariée »

Un grand respect, je le crois bien ! Respect de l'Ange,

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