‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 186 sur 188 · DERNIER MOT · texte numérisé non relu

DERNIER MOT

J*ai fini ce pénible travail ; pénible, mais non ingrat : pénible pour la raison autant que fécond pour la foi, qui ressort éclatante de toute la misère intellectuelle et morale de rincrédulité.

L'incrédulité restera profondément atteinte de la tentative de M. Renan, et de tous les avantages que nous en avons recueillis contre elle.

Son passé, désormais, est enterré ; son avenir engagé.

La Vie de Jésus inaugure pour la polémique chrétienne une ère toute nouvelle.

Jusqu'à ce jour, l'incrédulité avait besoin d'être convaincue de déraison ; il fallait la discuter, la poursuivre, la saisir dans les mille sophismes et faux-fuyants parlésquels elle se dérobait autant qu'elle se produisait dans ses évolutions autour de la vérité qui lui était exposée.

Aujourd'hui, c'est elle qui s'expose. Pour la première fois, comme nous l'avons dit en commençant, elle se fait explicative et positive. Elle se risque à aborder le fait chrétien et à en donner la solution critique. Elle

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vient Dous présenter ralternatÎTe de la solution chrétienne : ce qu'il faut admettre pour ne pas croire.

Ce parti audacieux n'apas été facultatif, et M. Renan ne saurait en porter la responsabilité parmi les siens. 11 D'à Haït qu'interpréter une situation commune à Tincrédulité tout entière. C'a été un parti désespéré mais commandé par cette situation. Tant que l'incrédulité a pu révker, elle l'a fait. Mais elle avait été si souvent repoussée avec pertô dans ses assauts; tellement chassée de ses positions parles travaux sdientiSques que sa critique avait suscités, qu'il ne lui restait plus qu'à s'exé^ cuter elle-même par ses aveux, et que, ne voulant pas se rendre, sa détresse Tobligeait à des explications dont elle n'avait pas le choix.

Ce n'est donc pas M. Renan, mais rincrédulilé contemporaine que nous avons discutée en lui. M. Renan seu^ M nous aurait pas fait sortir de notre réserve studieuse. Nous n'aimons pas la poléniique, et trop de milieux nous séparent de l'auteur de la Vie de Jésus pour que nous eussions jamais songé à le prendre à partie. Il a fallu que son œuvre prît les proportions d'une cause générale pour mettre notre zèle en mouvement.

Les résultats que nous avons recueillis n'outdooc rien ^ personnel. Us sont acquis à la Foi chrétienne, comme les dépouilles opimes de l'Incrédulité.

Nous ne les rappellerons pas. Ils sont trop nombreux et trop parlants. Pas une attaque de l'incrédulité qui

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n'ait été retournée en preuve de la foi. Le lecteur a présent à Tesprit chacun de ces avantages, trop singuliers pour ne pas Tavoir frappé. Nous préférons le laisser sous cette vivante impression.

Nous nous bornerons au résultat le plus général et le plus démonstratif de cette grande polémique.

Il n*y a pas d'effet sans cause ; ni, par conséquent, de cause qui ne soit proportionnée à FefTet.

M. Renan a posé lui-même ce fondement de toute logique en ces termes : « Les faits doivent s'expliquer «i par des causes qui leur soient proportionnées. Les « grandes choses ont toujours de grandes causes ^ i»

Voici donc un principe certain^qui, dans le naufrage général du sens commun, surnage encore comme une épave, et dont nous pouvons nous emparer.

Il nous suffit absolument pour conclure que Jésus- C H BIST est Dieu.

La caiise explique Teffet, et l'effet prouve la cause.

a Dieu explique le monde et le monde le prouve^ r> a très-justement dit Rivarol.

Cette belle parole peut s'appliquer à Jésus-Christ par npport à Thumanité.

Si l'incrédulité, forcée par la conscience universelle, en est venue à reconnaitre'que Jésus-Christ explique

\. Viidê Jémt, p. 267.

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rhumanité, elle se sera engagée à reconnaître, sous peine de flagrante déraison, que rhumanité prouve Jésus-Christ dans la même mesure où Jésus- Christ l'explique.

Or l'incrédulité avoue, proclame en tête de la Vie de Jésus que l'histoire entière est incompréhensible sans JésttSj et il n'y a pas de page de ce livre qui ne présente l'effet produit par Jésus-Christ comme incomparable, illimité, affectant toute l'humanité passée, présente et future; plus encore, de nature à affecter toute existence intellectuelle et morale, non-seulement de ce monde, mais de tous les mondes : adéquat enfin à Yabsolu.

J'en conclus que l'auteur de cet effet est supérieur à l'humanité de tous les temps, aux intelligences de tous les mondes, et n'a de mesure que le sans-mesure. Vinfini, l'absolu : ce que nous appelons Dijsu.

Cette conclusion est d'autant plus inévitable que Jésus-Christ ne s'est pas épuisé dans son œuvre, qu'iV est resté un principe inépuisable de renaissance morale, comme dit M. Renan ; et que, loin que teffet soit ici plus grand que la cause, comme dit M. Schérer, et le christianisme plus considérable que son au-teur, c'est le contraire qui est vrai\

Donc, Jésus -Christ est au moins le qu'est son

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