Vie de Jésus, p. U
LA MÉTHOBE. 58
a dans sa noblesse, est hautement louable. Mais celui « qui prend l'humanité avec ses illusions, et cherche à « agir sur elle et avec elle, ne saurait être blâmé. César a savait fort bien qu'il n'était pas fils de Vénus ; la France a ne serait pas ce qu'elle est, si l'on n'avait cru mille ans (( à la sainte ampoule de Reims. Il nous est facile à nous « autres, impuissants que nous sommes, d'appeler cela c( mensonge, et, fiers de notre timide honnêteté, de « traiter avec dédain les héros qui oqt accepté dans a d'autres conditions la lutte de la vie. Quand nous au- « rons fait avec nos scrupules ce qu'ils firent avec leurs a mensonges, nous aurons le droit d'être pour eux sé- (( vères.... Au moins faut-il distinguer profondément (( les sociétés comme la nôtre, où tout se passe au plein « jour de la réflexion , des sociétés naïves et crédules , a où sont nées les croyances qui ont dominé les siècles. « Il n'est pas de grande fondation qui ne repose sur a une légende. Le seul coupable en pareil cas, c'est « l'humanité qui veut être trompée ^ »
Ainsi, selon M. Renan, non-seulement Jésus-Christ a menti, mais il a dû mentir; le mensonge a été la condition licite de son œuvre, comme il a été le caractère de toutes les grandes choses de l'humanité.
Nous nous bornons ici à dénoncer cette théorie; nous la jugerons- ailleurs .