Nousl qui vous poursuivons de cette preuve
« lent s'il peut seulement ne pas être forcé, ou ne pas se « croire forcé à le nier... Pour lui, TÉvangile est sacré, c( tout doit y être présumé vrai^ Ces sortes de livres « (nos démonstrations évangéliques) peuvent satisfaire (( un lecteur qui a la même foi, mais ils ne répondent (( pas aux véritables libres penseurs. Les deux critiques a sont sans action Tune sur l'autre. Ce sont des lignes c( qui ne peuvent se rencontrer, quoiqu'elles ne soient c( pas du tout parallèles, parce qu'elles ne sont pas dans « le même plan.
« On. comprend donc que je ne m'engage pas plus c( avant dans cette voie, et que je rentre sur le terrain « philosophique. L'impossibilité et le néant essentiel a du miracle^ l'indéfectibilité des lois naturelles, la na- « ture toujours pareille à elle-même, dans le monde a moral aussi bien que dans le monde physique'^, la « naissance du christianisme et l'apparition de Jésus, <c purs phénomènes historiques, magnifiques phéno- (( mènes, à la bonne heure, mais phénomènes comme
1. C'est pour vous que, l'Évangile étant sacré, tout doit y être présumé fattx; et c'est là le pivot de votre manœuvre. Pour nous, nous n'allons pas du caractère au fait; mais du fait à son caractère. Nous allons le voir.
2. Grosse erreur philosophique : le monde physique, essentiellement contingent, ne portant pas en lui le caractère absolu du monde moral, essentiellement nécessaire. Comment, du reste, ces messieurs peuvent-ils parler de l'indéfectibilité de l'ordre moral, eux qui professent, M, Renan du moins, qu'i7 y a pour la sincérité plusieurs mesures?
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« les autres, et dont Tétude doit se faire suivant les (( mêmes procédés que toute autre étude, voilà le fond « solide sur lequel le livre est bâti. Mon examen s'ap- « puie sur les mêmes principes, et j'ai dû les proclamer « d'abord, sans effort et tranquillement, comme choses « toutes simples, mais non sans fierté et sans joie, « puisqu'on peut en mesurer le prix à ce qu'il en a a coûté pour les conquérir*. »
Je permets tout à M. Havet, excepté d'intervertir les situations et de cumuler celles qui s'excluent, comme il le fait dans cette .déclaration de principes. Je lui donne le choix : qu'il accepte la discussion, ou qu'il renonce à s'appeler un libre penseur et à parler de sa fierté et de sa joie. Qu'il ne se permette pas surtout de nous prêter son rôle, pour mieux s'emparer du nôtre.
Nous acceptons, nous, la discussion ; plus que cela, nous la proposons, nous la provoquons. Nous n'avons qu'une crainte, c'est de ne pas être assez discutés, bien que nous le soyons depuis dix-huit siècles. Nous veillons et nous attendons au pied du trophée de notre foi que quelque nouveau mécréant vienne y toucher de sa plume téméraire, pour nous mesurer avec lui et le frapper de nos arguments. Nous ne partons pas de la foi au surnaturel, et nous ne nous abritons pas sous la fin de non-recevoir de son affirmation, quelque préjugé uni-